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L'illusion du retour de François Hollande avant la réunion du PS à La Rochelle
Publié le 19 août 2018
Le Parti socialiste se réunit à la Rochelle pour son université d'été, et une rumeur d'un retour de François Hollande semble masquer les enjeux que va devoir affronter le nouveau Parti Socialiste.
Chloé Morin est Chargée de projets internationaux chez IPSOS, ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls, de 2012 à 2016.
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Chloé Morin est Chargée de projets internationaux chez IPSOS, ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls, de 2012 à 2016.
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Le Parti socialiste se réunit à la Rochelle pour son université d'été, et une rumeur d'un retour de François Hollande semble masquer les enjeux que va devoir affronter le nouveau Parti Socialiste.

Atlantico : Alors que les élus PS se réuniront du 23 au 25 août à la Rochelle, François Hollande songerait à rejoindre les siens à cette occasion, réintégrant ainsi la vie politique française d'une manière plus claire. Peut-on maintenant parler de « vrai retour » de l'ancien président ? 

Chloé Morin : Il est vrai que, depuis la sortie de son livre, François Hollande manifeste de plus en plus ouvertement son désir de revenir dans le débat politique. S’il nie - à ce stade - tout velléité de se présenter à nouveau à des élections, on l’a vu prendre position sur de multiples sujets ces derniers temps, et il ne semble manquer aucune occasion de critiquer son successeur… En réalité, il n’a jamais réellement quitté la vie politique. Non seulement il a pris la parole très tôt après sa sortie de l’Elysée, mais il l’a fait de manière « politique » alors qu’on eût pu s’attendre à ce qu’il observe une sorte de période de réserve, en donnant à son successeur le bénéfice du doute. Par conséquent, à la différence de responsables politiques - on pense à Juppé, par exemple, ou même à ce que Nicolas Sarkozy avait tenté de faire à travers une diète médiatique entrecoupée de cartes postales entre 2012 et 2015 - qui prennent leurs distances pour mieux revenir, lui n’a pas bénéficié d’une période de diète médiatique. Du coup, la plupart des Français n’on apparemment pas reconsidéré leur opinion sur lui et son bilan : dans les baromètres de popularité IPSOS/Le Point, il navigue autour de 20% de popularité (21% en Juillet) depuis sa sortie de l’Elysée. 

Il n’est donc pas possible de parler de rédemption ou de « Hollande nouveau », d’autant que plusieurs personnalités de gauche sont plus populaires que lui : Christiane Taubira (27%), Jean-Luc Mélenchon (27%), Martine Aubry (25%), Anne Hidalgo (23%) ou encore Benoît Hamon (23%). Même auprès des sympathisants PS, Hollande est populaire (51% de bonnes opinions), mais devancé par Lang (62%), Hulot (58%), Taubira (57%) et fait jeu égal avec Hamon. Il est vrai qu’un certain nombre de ces personnalités de gauche sont plutôt en retrait du champ politique, ou ne manifestent pas d’ambition nationale à ce stade… Par ailleurs comme la nouvelle génération peine à émerger - une difficulté structurelle, due à la nature du paysage médiatique, que l’on retrouve à LREM mais aussi chez LR -, Hollande occupe habilement l’espace laissé vacant, en tentant de se positionner comme premier opposant à Emmanuel Macron. 

Quelles sont ces attentes des sympathisants socialistes, et celles qui animent ceux qui ont pu quitter le parti au bénéfice de LREM ou de la FI ? En quoi François Hollande peut-il correspondre à cette « envie », y a-t-il un réel appétit à gauche pour le retour de l’ancien Président ? 
 

Il existe incontestablement, chez les sympathisants socialistes restants ainsi que chez un certain nombre d’ex-socialistes ayant voté LFI ou LREM, une aspiration à voir émerger des idées nouvelles, et à davantage de justice sociale dans la politique menée. Pour une bonne partie des sympathisants de gauche, Jean-Luc Mélenchon ne peut incarner l’avenir de la gauche de gouvernement - il est perçu trop à gauche, certaines de ses solutions sur l’Europe ou l’économie peuvent paraître irresponsables ou susciter des craintes… Un certain nombre - moins conséquent qu’on n’eût pu le penser - des électeurs LREM venant de la gauche sont également frustrés par une politique dont ils estiment qu’elle oublie certains principes, notamment celui de justice sociale, ou l’humanité dans le cas de l’accueil des migrants. 

Mais à ce stade, ces aspirations restent en suspens, elles ne trouvent aucune incarnation suffisamment forte - ni Hollande, ni aucune autre figure de gauche - pour les porter. Les sympathisants de gauche social-démocrate n’ont pas le sentiment qu’il existe une offre réellement nouvelle, en prise avec les enjeux d’aujourd’hui et de demain. C’est là un défi incontournable pour le PS : savoir faire émerger des personnalités, mais aussi et surtout des idées, des propositions qui puissent parler au coeur des français et répondre à leurs préoccupations quotidiennes. De ce point de vue, François Hollande joue sur la notoriété acquise dont il dispose, mais il ne semble pas avoir investi le champ des idées et des propositions… Cela lui sera d’autant plus difficile que son exercice d’explication de son bilan, réalisé à travers son livre, ne semble pas réellement avoir modifié le jugement de la plupart des Français. Or, comment proposer, quand on peut constamment vous demander pourquoi vous ne l’avez pas fait quand vous auriez pu? C’est un piège dont Nicolas Sarkozy, et toute la génération qui a exercé le pouvoir avec lui, a eu le plus grand mal à se sortir...

Au regard d'une telle situation, quels sont les enjeux pour Olivier Faure, nouveau secrétaire général du parti ? Peut-il capitaliser sur l'ancien président, ou est-il nécessaire pour lui de parvenir à faire tourner la page au parti ? 

Le premier défi d’Olivier Faure est de se faire connaître au delà du cercle des militants socialistes, qu’il a su convaincre - avec un score plus élevé que prévu - pour parvenir à ses fonctions. On constate, avec le renouvellement profond du personnel politique du printemps 2017, qu’il est aujourd’hui extrêmement difficile d’émerger sur la scène politique. Plus de la moitié des Français interrogés dans le cadre du baromètre IPSOS Le Point ne connaissent pas Olivier Faure - mais c’est aussi le cas du porte parole du Gouvernement Benjamin Griveaux, et d’autres poids lourds du gouvernement comme J-M Blanquer ou A. Buzyn sont méconnus de la moitié des Français… Ainsi, même un parti dominant comme La République En Marche connait encore bien peu de « figures » connues du grand public - cela a d’ailleurs posé quelques difficultés quand il a fallu organiser la riposte médiatique sur l’affaire Benalla. Mais pour le Premier secrétaire socialiste, cet exercice est rendu d’autant plus difficile que le PS n’est plus LE parti dominant, le prétendant logique à l’alternance à gauche. 

Olivier Faure doit donc, en même temps, s’imposer et remettre le PS dans le paysage politique. Ajoutons, pour compliquer encore les choses, qu’autour de lui il compte de nombreux élus, notamment dans les territoires, mais que bien peu disposent d’une notoriété dépassant le périmètre de leur circonscription. Il a donc à ce stade peu de relais médiatique puissants, ce qui donne le sentiment, dans un système médiatique très centralisé, où croit souvent que tout ce qui compte se passe à Paris, qu’il est seul. Auparavant, le fait d’avoir des réseaux, des relais, des militants pour tracter, était un atout conséquent pour un parti politique. Avec internet et les réseaux sociaux, un certain nombre de barrières à l’entrée qui empêchaient autrefois de nouveaux « entrepreneurs politiques » d’émerger sont tombées. Les vieux partis, structurés et comptant plusieurs dizaines de milliers de militants dévoués, ont ainsi perdu un avantage considérable. Emmanuel Macron, ou Jean Luc Mélenchon, ont montré qu’un leader pouvait s’imposer sur la scène politique sans avoir de troupes nombreuses et organisées, pour peu qu’il sache habilement jouer un jeu médiatique qui valorise les coups d’éclats, le charisme, et les mises en scène habiles. Mais pour un parti comme le PS, qui a une culture du collectif et s’est toujours méfié de la personnalisation du pouvoir, les règles du jeu médiatique représentent un handicap… 

Si le principal défi pour le Premier secrétaire est d’émerger par lui-même, il doit aussi parvenir à faire en sorte que les Français de gauche qui ont été déçus par le PS sous Hollande en viennent à réviser leurs jugements. C’est à dire leur faire la démonstration que le PS a changé. Sans cela, l’étiquette du PS risque de rester pendant un moment un handicap important. Or, de ce point de vue, et même si les querelles de personnes sont un des éléments comportementaux du PS qui ont écoeuré militants et électeurs ces dernières années, il n’est pas certain qu’Olivier Faure ait intérêt à laisser François Hollande occuper le devant de la scène comme il le fait… Ne serait que parce que, rappelons le, chaque parti a un temps d’antenne défini par le CSA. Or, chaque minute de « temps PS » accordé à Hollande est une minute de moins pour la jeune génération d’élus qui cherchent à se faire entendre...

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