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Flambée des tarifs

Producteurs de Pétrole, Etat, ou marges des entreprises pétrolières...mais qui profite le plus de la hausse du prix de l’essence à la pompe ?

Publié le 09 août 2018
Les prix à la pompe ont considérablement augmenté l'an dernier. Comment se décompose cette hausse des prix entre les différents postes, du prix de la matière première aux taxes, en passant par les marges ? Qui sont ceux qui profitent de cette hausse ?
Francis Perrin a travaillé pendant plusieurs années comme journaliste et consultant indépendant sur l’énergie et les matières premières. Il est chercheur associé au Policy Center for the New South (Rabat) et directeur de recherche à l'IRIS (Paris).
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Les prix à la pompe ont considérablement augmenté l'an dernier. Comment se décompose cette hausse des prix entre les différents postes, du prix de la matière première aux taxes, en passant par les marges ? Qui sont ceux qui profitent de cette hausse ?

Atlantico : Au cours de la dernière année, les prix à la pompe ont pu considérablement augmenter, le gazole passant d'environ 1.20 euro le litre au début août 2017 à 1.44 à ce jour, alors que le SP98 passait de 1.40 à 1.61 aux mêmes dates. Comment se décompose cette hausse des prix entre les différents postes, du prix de la matière première aux taxes, en passant par les marges ? Qui sont ceux qui profitent de cette hausse ? 

 
Jean-Pierre Favennec : La hausse du prix des carburants entre 2017 et 2018 est due :
- à l'augmentation du prix du pétrole brut qui a augmenté de 50 % en un an (50 dollars par baril en juillet 2027, près de 75 dollars aujourd'hui)
- a l'augmentation des taxes sur les carburants décidée par le gouvernement en 2017 pour freiner les consommations et lutter contre le changement climatique. Cette augmentation a été de 3 centimes pour l'essence et 6 centimes pour le gazole au 1er janvier 2018. L'objectif est de rééquilibrer les prix du gazole et de l'essence. Le gazole étant moins cher pour l'instant, son prix augmentera plus vite que celui de l'essence de manière à mettre les deux carburants progressivement au même prix.
 
En Juillet 2028, le prix de l'essence de 1,61 euros par litre se décompose environ comme suit 
- prix de l'essence hors taxes sortie raffinerie : environ 0,55 centimes
- frais de distribution : environ 10 centimes
- taxes : environ 0,95 centimes
 
Les taxes comprennent la TICPE (Taxe Intérieure sur les Consommations de Produits Énergétiques fixée chaque année pour un an par l'administration et qui est en 2018 de l'ordre de 70 centimes par litre) et la TVA qui s'applique à l'ensemble des coûts y compris la TICPE et qui est de l'ordre de 25 centimes par litre
 
Francis Perrin : La hausse des prix des carburants routiers en France depuis un an s'explique par deux facteurs: la hausse des prix du pétrole et des produits pétroliers sur les marchés internationaux et l'augmentation des taxes. Le premier élément a été quantitativement plus important que le second sur les 12 derniers mois. On ne relève pas d'accroissement significatif des marges sur cette période.
 
Le gazole est le carburant le plus consommé en France avec 80% des volumes commercialisés sur les 12 derniers mois. Vient après l'essence sans plomb 95 (SP95). Si l'on se concentre sur ces deux qualités, la hausse des prix du pétrole explique de l'ordre de 56% et 66% de l'augmentation des prix du gazole et du SP95 respectivement et la hausse des taxes 43% et 38%. 
 
C'est l'Etat qui profite de ces hausses car les taxes contribuent à alimenter le budget national. A ce jour, l'augmentation des prix des carburants n'a pas entraîné une baisse de la consommation. De juillet 2017 à juin 2018, la consommation française de carburants routiers a cru de 0,5%.
 

 

Quel est l'impact réel de la hausse des prix du baril sur les prix à la pompe ? Quel serait l'impact d'une hausse et d'une baisse de 20% de ces prix sur ce que nous payons dans une station service ? 

 
Jean-Pierre Favennec : La hausse du prix du baril représente une bonne part de l'augmentation des prix des carburants. Le prix du super est passé de 1,30 Euros environ en juillet 2017 à 1,50 en juillet 2018. La hausse du prix du baril représente environ 60 % de l'augmentation du prix, l'augmentation des taxes 40 % ( la hausse de la TICPE représentant la moitié de ces augmentations des taxes)
 
Une hausse supplémentaire de 20 % du prix du baril conduirait à une augmentation du prix des carburants, toutes choses égales par ailleurs, de l'ordre de 10 à 15 centimes par litre
 
Francis Perrin : Le prix du pétrole représente actuellement de l'ordre de 30% du prix des carburants à la pompe. Cela signifie qu'un accroissement de 20% du prix du pétrole conduirait à une hausse des prix des carburants d'environ 6%. L'impact baissier serait similaire. C'est évidemment approximatif et cela suppose une stabilité des taxes et des marges.

 

Quels sont les consommateurs les plus affectés par ces variations ? 

 
Jean-Pierre Favennec : Tous les consommateurs sont affectés. Cependant l'augmentation des taxes sur le gazole pénalise davantage les utilisateurs de véhicules diesel. Jusque récemment le gazole était réputé plus écologique puisque le même véhicule consommait environ 20 ¨de moins de carburants s'il était équipé d'un moteur diesel que s'il était équipé d'un moteur à essence. Les études démontrant la nocivité des particules fines émises par les moteurs diesel ont conduit le gouvernement à augmenter la taxation sur le gazole et à rendre moins attractifs les véhicules diesel.
 
Francis Perrin : Tous les automobilistes sont affectés et, en dehors des carburants, les personnes et familles qui se chauffent au fioul domestique. Pour les carburants, ceux qui sont le plus frappés sont ceux qui roulent plus que les autres, les catégories populaires à faible pouvoir d'achat et ceux qui n'ont pas accès à des réseaux de transport en commun bien développés, notamment en milieu rural. Il y a là évidemment un impact négatif sur le pouvoir d'achat des Français.
 
L'augmentation des prix mondiaux du pétrole se répercute également sur les prix du gaz naturel car les prix du gaz que nous importons de plusieurs pays producteurs sont souvent indexés sur les prix du pétrole brut et des produits pétroliers.
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