En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Manan VATSYAYANA / AFP
Dérive

Élections au Cambodge : mauvaise nouvelle pour la démocratie... et pour l'économie

Publié le 29 juillet 2018
Les résultats des élections législatives au Cambodge s'annoncent comme un plébiscite pour le Premier ministre Hun Sen, qui n'a face à lui aucune réelle opposition.
Sophie Boisseau du Rocher est docteur en sciences politiques, chercheure associée au Centre asie IFRI. Elle travaille sur les questions politiques et géostratégiques en Asie du Sud-Est.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sophie Boisseau du Rocher
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sophie Boisseau du Rocher est docteur en sciences politiques, chercheure associée au Centre asie IFRI. Elle travaille sur les questions politiques et géostratégiques en Asie du Sud-Est.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les résultats des élections législatives au Cambodge s'annoncent comme un plébiscite pour le Premier ministre Hun Sen, qui n'a face à lui aucune réelle opposition.

Atlantico : Le résultat des élections législatives au Cambodge qui ont lieu ce dimanche semble couru d'avance avec la victoire déjà annoncée du Parti du peuple cambodgien, la formation du Premier ministre Hun Sen. Concrètement quelles conséquences cette élection pourrait avoir pour le pays ?

Sophie Boisseau du Rocher : D'ancrer plus durablement le Cambodge dans une dérive dont il mettra plusieurs décennies à se remettre. Après le choc Khmers Rouges, le choc Hun Sen. Le système mis en place par le Premier ministre depuis 33 ans est un système de contrôle non seulement sur le pays mais sur la société. Un système d'ailleurs pas très éloigné de celui mis en place par les Khmers Rouges qui surveillaient tous et partout. A cela s'ajoute une corruption endémique qui atteint les strates les plus lointaines du pouvoir. Ce qui se passe est très grave et n'est possible que grâce à l'aval du grand frère chinois qui entretient à coups d'investissements une illusion de croissance dont profite la population à la marge. Le jour où Pékin décidera de lâcher ou de punir le Cambodge, les conséquences sur l'économie et la structure du pouvoir seront dramatiques. 

Est-ce que la consolidation des progrès économiques faits par le Cambodge est conditionnée à la stabilité du régime ? 

Les progrès obtenus depuis plusieurs années ne doivent pas impressionner. Certes la croissance avoisine les 7 % mais ce n'est pas vraiment significatif car il y a des manipulations statistiques. Et seule une petite frange de la population - entre 10 et 15 % - voit une réelle amélioration de la situation. Le système, très spéculatif, est loin d'être équitable et l'enrichissement scandaleux de certaines familles proches du pouvoir devraient nous interroger. Si plus que 15 % de la population vit dans l'extrême pauvreté, beaucoup ne sont pas loin du seuil de pauvreté établi par la Banque mondiale. Et les inégalités ne cessent de progresser. Enfin, cette croissance va avoir des répercussions négatives durables comme la déforestation sans avoir permis la mise en place d'une base industrielle émergente. L'économie cambodgienne reste dans des logiques de sous-traitance. 

Cette victoire annoncée serait-elle une bonne nouvelle pour les entreprises françaises implantées au Cambodge, la France étant pays occidental dont les entreprises sont le mieux implantées dans le pays?

Non bien sûr car on s'éloigne un peu plus de l'Etat de droit et d'une industrialisation qu'elles pourraient encourager et dont elles pourraient profiter. A nouveau la valeur ajoutée obtenue au Cambodge reste assez modeste faute d'un système éducatif approprié, d'efforts à long terme et d'une base industrielle solide. En outre, l'écart entre les investissements asiatiques (et notamment chinois) et les investissements occidentaux est colossal: au final, la part des entreprises françaises reste discrète dans la dynamique économique locale. Elles vont continuer à profiter d'une main d'oeuvre à bas coût mais on ne peut par parler d'un partenariat économique déterminant, pour les deux partis. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

02.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

03.

Pourquoi l’euro pourrait bien être le prochain dommage collatéral de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis

04.

L'arrivée du Pape François et la fin d'une Eglise dogmatique

05.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

06.

Qui a dit « j’ai une intolérance aux homards, je n’aime pas le caviar, le champagne me donne mal à la tête » ?

07.

Yémen, la situation évolue discrètement cet été à l'abri des regards des vacanciers

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

03.

Pour comprendre l’après Carlos Ghosn, l’affaire qui a terrassé l’année 2019 dans le monde des entreprises

04.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

05.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

06.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

01.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

02.

M. Blanquer, pourquoi cachez-vous à nos enfants que les philosophes des Lumières étaient de sombres racistes ?

03.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

04.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

05.

Réorganisation de la droite : cette impasse idéologique et politique qui consiste à s'appuyer uniquement sur les élus locaux

06.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires