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Comment réussir à rentrer chez soi en toute sécurité quand on habite un quartier à problèmes

Publié le 30 juillet 2012
Petit manuel de "combat" en 4 leçons...
Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr ...
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Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr ...
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Petit manuel de "combat" en 4 leçons...

Comme beaucoup de Parisiens, j’aime notre capitale pour une denrée de plus en plus rare à trouver: la mixité sociale et ethnique. Les quartiers huppés et monocolores de l’Ouest parisien (qui commence, n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, place de Bastille et s’étend jusqu’à Saint-Germain-en-Laye et au-delà) m’ennuient. J’habite les hauts de Belleville, où coexiste pacifiquement une foule bigarrée de groupes ethniques et religieux venus des quatre coins du monde, et d’une large palette de milieux sociaux. Il faut voir le marché de la place des Fêtes, le dimanche, pour mesurer la richesse humaine du quartier.

La seule ombre à ce tableau, c’est le groupe de jeunes fumeurs de joints encapuchonnés qui avait décidé de squatter l’entrée de mon immeuble quatre ou cinq fois par semaine pour chahuter jusqu’à deux heures du matin. Pas forcément violents, ni hostiles. Mais quand vous rentrez chez vous à minuit, vous retrouver côte-à-côte avec cinq ou six gaillards tapis dans une obscurité qu’ils vous imposent (puisqu’ils ont dévissé les ampoules du hall), et qui vous épient pendant que vous ouvrez votre porte, reconnaissez que cela rend l’exercice «rentrer chez soi» moyennement agréable.

Il m’a fallu six mois pour dissuader ces jeunes adultes de continuer leur manège (même s’ils ont la tentation de revenir tous les trois mois). Voici comment:

1 - Se rappeler que la sécurité n’est pas une valeur d’extrême droite, mais un droit imprescriptible de l’Homme reconnu en 1789. Cela va beaucoup mieux en le disant, parce que, si l’on se fie aux bien-pensants (qui habitent généralement les beaux quartiers), rentrer chez soi sans stress le soir après une journée de boulot, c’est une revendication néo-fasciste. Vous vous sentirez beaucoup plus à l’aise pour mener vote combat si vous rétablissez la vérité historique et morale: la sûreté, comme on disait en 1789, est aussi importante et essentielle que la liberté ou la résistance à l’oppression (article 2 de la Déclaration de 1789).

2 - Comprendre l’inertie policière: dans votre petit combat citoyen, vous vous appuierez parfois sur les forces de police. Malheureusement leur guéantisation depuis 10 ans est une catastrophe. Un policier raisonnable n’a aucun intérêt à vous aider. S’attaquer aux incivilités prend du temps et de l’énergie, sans aucun résultat statistique à produire à la fin du mois. Il vaut beaucoup mieux arrêter un maçon malien ou une maman chinoise qui conduit ses enfants à l’école: vite fait, sans risque, et très bon pour la carrière.

Si vous intervenez auprès des occupants de votre hall, il faut donc viser juste: avant 22h ou après minuit (entre les deux, c’est la relève et personne n’intervient), et toujours chercher la qualification pénale pour les faits. Le tapage nocturne n’intéresse pas. La menace de mort non plus (le «je vais te niquer ta mère, et t’égorger, connard!» ne donne lieu à aucune sanction). En revanche: le «sale pédé», «sale pute» (si vous êtes un homme), éventuellement le «va te faire enculer!» sont très bien car les procureurs poursuivent systématiquement les injures homophobes. Si vous êtes une femme, vous préférerez donc le «grosse lesbienne», qui donne lieu à poursuite, au «je vais te violer».

Le mieux reste: «sale Juif», voire: «pédé de Juif», qui est poursuivi sans relâche, puisque homophobe et incitant à la haine raciale.

 

3 - Précautions à prendre quand vous engagez le combat. Vous prenez votre courage à deux mains, et vous descendez parler à ces jeunes pour leur dire, le plus calmement possible: «vous êtes dans une propriété privée, je vous demande de la quitter». Prévenez toujours quelqu’un de votre expédition. En principe, rien ne devrait arriver, mais on ne sait jamais.

Ayez un objectif simple et retenez deux règles fondamentales. L’objectif : vous ne remonterez pas chez vous tant que ces gêneurs ne seront pas partis. C’est la stratégie de la présence. Vous leur demandez de partir, et vous ne bougez pas tant qu’ils sont là, coûte-que-coûte.

Les deux règles fondamentales. Premièrement, ne vous laissez pas piéger par la question raciale. Vous vous entendrez très vite dire: «tu es raciste, c’est pour ça que tu nous fais chier». Ne répondez jamais à cette provocation, sauf si vous êtes étranger vous-même, auquel cas vous le faites savoir. Deuxièmement, face à eux, ne cédez jamais un pouce de terrain et transformez-les en trouble caractérisé à l’ordre public. Faites monter le ton au maximum pour ameuter le voisinage. C’est la meilleure façon de les faire partir.

4 - Les suites pénales. Quand le ton monte, faites appeler la police par la personne que vous avez prévenue. Il faut qu’elle indique que vous êtes en danger physique: dans ce cas, la Brigade Anti-Criminalité (BAC) intervient, qui est généralement plus efficace que les policiers de quartier, et rédige un rapport d’intervention. Si possible, allez porter plainte le lendemain contre vos agresseurs.

Répétez l’opération trois ou quatre fois, en prévenant vos voisins à l’avance de vos intentions. Et vous pourrez, au bout de deux semaines, rentrez chez vous au calme.

 

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Decebal
- 05/08/2012 - 02:36
QU IL PASSE LE PERIPHERIQUE
Que ce monsieur aille voir derrière le perif, si il aura le temps de finir son discours avant de s'en prendre une ou de se faire dévaliser, ou les deux? Les gamins qu'ils présentes habitent surement dans son immeuble, j'ai les même a la maison!! Des gosses qui restent dans l'entrée car il pleut, enfin "les miens disent bonjour et parfois tiennent la porte !! Ce type s'est fait un film en pensant ou en nous faisant penser qu'il les affrontait, seul armer de son seul courage et inspirer par ces années universitaires qui sont une vraie école de la vie. J'aimerai le voir a l'oeuvre a la Courneuve, aux Tarterets ou la Grande borne . J'espère que ces élucubrations dangereuses ne pousserons qqs braves a affronter, sans diplômes Uni, des ados encapuchonner !!
Audrey33
- 05/08/2012 - 00:34
à saturne 92
mes données sont de sources officielles et je n'entends pas du tout votre raisonnement vis à vis d'une population carcérale étrangère supérieure à sa représentation dans la population.

Des chiffres je veux bien...

A bordeaux la délinquance existe oui bien sûr, il y a des quartiers dits sensibles et je ne comparerai absolument pas une ville comme Paris ou Lyon ou Marseille à Bordeaux, pas du tout le même type ou niveau de délinquance ou criminalité.

J'essaie juste de dire que les amalgames ou généralisation sont mauvais et erronés.

Je suis d'accord avec vous qu'il y a des zones prioritaires à réinvestir dans la sécurité, les nouveaux dispositifs de la circulaire sur les ZSP que j'ai postée à votre attention et celle des intervenants soulignent ce besoin.

Mais en parallèle, ce que je veux vous faire entendre et admettre, c'est que l'insécurité peut avant tout se glisser ( et les chiffres le montrent bien) dans le quotidien le plus banal des hommes et des femmes, ce qui est en soi plus grave.

La racialité n'a rien à voir là dedans et je vous mets au défi d'établir une étude sérieuse avec des critères objectifs disant le contraire.


Saturne92
- 04/08/2012 - 23:20
@Audrey (suite)
Si j'habitais Neuilly ou similaire, je tiendrais sans doute les mêmes propos que vous. Mais Neuilly n'est pas la région parisienne. Que vous ne rencontriez pas beaucoup de personnes étrangères dans votre travail n'est pas un indicateur valable pour tout le pays et notamment les zones les plus touchées comme Paris, le Nord, Lyon, Marseille...

C'est bien pour cela que j'aurais aimé que vous répondiez aux points que j'ai abordés : films, demandes de mutation dans le 93, natalité d'origine africaine en région parisenne et projection dans l'avenir, nécessité de cette immigration, sondages CSA sur la population musulmane en France...

J'ajouterai que je ne comprends pas que votre attrait pour l'exotisme, et que je rencontre aussi dans mon entourage, ne se manifeste pas par une émigration vers ces pays. Pourriez-vous aussi m'expliquer pourquoi ces populations musulmanes émigrent en masse vers des pays de culture chrétienne et non vers des pays de même religion ? Serait-ce pour la seule raison que le salaire mensuel moyen en Algérie est de 70 € et que l'on peut gagner 10 fois plus en France sans rien faire ? Peut-on construire un pays viable selon de tels critères ?