En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Reuters
En Allemagne, chaque parti représenté au Parlement a une fondation associée, financée sur les deniers publics, qui s'occupe d'activités politiques non partisanes.
Le nettoyeur

Comment faire pour que la prochaine campagne soit un tant soit peu intelligente ?

Publié le 27 avril 2012
Cette semaine, le "nettoyeur" Pascal Emmanuel Gobry compare la vie politique française à celle des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne. Et regrette la discrétion des groupes de réflexion, ou think tanks, en France.
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pascal-Emmanuel Gobry
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Cette semaine, le "nettoyeur" Pascal Emmanuel Gobry compare la vie politique française à celle des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne. Et regrette la discrétion des groupes de réflexion, ou think tanks, en France.

Quel bilan tirer de cette campagne présidentielle à la conclusion annoncée ? S'il y a un thème global à retenir, c'est son indigence intellectuelle. On l'a vu, cette indigence était telle que les candidats extrêmes avaient parfois des propositions économiques plus cohérentes que les candidats de gouvernement. Et cette indigence est particulièrement condamnable à un moment de crise économique ou, précisément, les propositions devraient être les plus ambitieuses et innovantes.

Mais pleurnicher n'est pas tout. Cette élection fut un raté en termes d'idées. Faisons le deuil. Il faut maintenant réfléchir à préparer la prochaine.

Si l'on compare la vie politique française à celle des autres pays, une des différences les plus remarquables est l'absence relative de groupes de réflexion, ou think tanks. Il en existe bien quelques uns, mais beaucoup moins qu'au Royaume-Uni, en Allemagne ou aux États-Unis. Que faire ?

Un modèle que nous devrions imiter est le modèle allemand (c'est à la mode...) des fondations de partis politiques. De quoi s'agit-il ? En Allemagne, chaque parti représenté au Parlement a une fondation associée, financée sur les deniers publics, qui s'occupe d'activités politiques non partisanes. Elles ne font pas campagne, mais organisent des travaux de réflexion, des séminaires, de la formation. Elles ont des dizaines de bureaux dans les régions et à l'étranger, où elles font de l'éducation et de la recherche. En somme, ces fondations contribuent à la vie intellectuelle de leur parti et de la société en général.

Ces fondations sont de vraies institutions : par exemple, la Fondation Konrad Adenauer, liée à la CDU, actuellement 560 employés. Elle gère une académie basée à Berlin, qui est un centre de recherche et de conférences en sciences politiques, une grande bibliothèque dédiée à l'histoire politique allemande, un centre de recherche et d'éducation sur la politique internationale, un think tank interne, et des départements qui gèrent des programmes de “participation citoyenne”, des bourses pour étudiants, etc.

On voit comment un tel organisme peut contribuer à donner un “poids” intellectuel aux propositions et aux réflexions d'un parti. On a admiré, à juste titre, le travail de la “direction des études” de l'UMP, sous la tutelle d'Emmanuelle Mignon, entre 2004 et 2007, qui a élaboré un vrai projet, mais ce travail, pour admirable et réel qu'il soit, n'est rien par rapport aux moyens dont dispose une institution comme la Fondation Konrad Adenauer.

Le nouveau Président, quel qu'il soit, devrait faire passer une loi créant des fondations pour les partis représentés au Parlement, avec un nouveau financement proportionnel au financement public qu'ils reçoivent déjà. Ces fondations devront avoir une mission claire de recherche, et être contrôlées par la Cour des comptes et soumises à des obligations de transparence afin d'éviter des dérives. A part le président et le conseil d'administration de la fondation, mandats politiques et partisans devront être incompatibles avec l'emploi dans cette fondation.

Ainsi, les partis politiques auraient de vrais moyens à mettre au service d'une vraie réflexion politique et économique et de l'élaboration de vrais programmes et projets, ce qui tirerait le niveau de nos débats un tant soit peu vers le haut. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

02.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

03.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

04.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

05.

Comme Richard Ferrand, nous appelons à un « sursaut collectif contre la violence ». Oui, mais contre toutes les violences !

06.

Pourquoi le ralentissement économique occidental n'a que peu de liens avec la guerre commerciale sino-américaine

07.

Au Yémen, les Emirats Arabes Unis défendent leurs intérêts... au détriment des Saoudiens

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

03.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

04.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

05.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

06.

Comment se fait-il qu'un pays aussi beau que la Pologne ait un gouvernement de m... ?

01.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

02.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

03.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

04.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

05.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

06.

Italie : quelles leçons pour la droite française ?

Commentaires (4)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
De France et de plus loin
- 27/04/2012 - 22:50
Grossière erreur d analyse,
Grossière erreur d analyse, les idées on les a et nos perspectives sont claires (et dures) . Tout le monde sait déjà ce que devra faire le prochain président .. Si la campagne est indigente, ce n est pas parceque les français sont bêtes mais parcequ ils sont résignés . D ailleurs, l auteur ne nous cite pas d idées géniales venant de l étranger non plus
walküre
- 27/04/2012 - 19:25
Simple
Pour une campagne intelligente, il suffit de liquider levcparti socialiste et d'interdire les hordes rouges de Mélenchon.
Karamba
- 27/04/2012 - 16:19
La campagne 2012
a été à l'image de l'opposition antisarkozyste du quinquennat : forcenée, besogneuse, haineuse, simpliste, sectaire,... Parce que cette campagne dure depuis l'entrée de Sarkozy à l'Elysée. Et donc pour faire une bonne campagne il aurait fallu un candidat d'opposition qui veuille débattre d'idées et non pas juste flinguer le président sortant.