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Coup d'envoi de la Coupe du monde de foot : ces enjeux géopolitiques qui se jouent derrière le match d'ouverture Russie-Arabie Saoudite
Publié le 14 juin 2018
Le match d'ouverture du Mondial oppose le pays hôte, la Russie, à l'Arabie saoudite, ce jeudi, à Moscou.
Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné...
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Le match d'ouverture du Mondial oppose le pays hôte, la Russie, à l'Arabie saoudite, ce jeudi, à Moscou.

Atlantico : Le match d'ouverture de la coupe du monde, qui se tiendra ce 14 juin à Moscou, opposera l'équipe de Russie à l'Arabie Saoudite. Quels sont les enjeux d'une telle rencontre concernant ses aspects diplomatiques ? De l'opposition sur le terrain syrien aux intérêts communs concernant le pétrole, comment évoluent les relations entre les deux pays ?

Cyrille Bret : Entre la Fédération et le Royaume, les relations sont tourmentées. Et historiquement marquées par les tensions et les rivalités. Sur le marché des hydrocarbures, ces deux leaders des exportations de gaz et de pétrole sont concurrents. Cette concurrence est avivée par le fait que la Russie a refusé constamment de devenir membre du cartel de l'OPEP et poursuit donc une stratégie propre en matière de volumes et de cours. Cette divergence est apparue en 2013 au moment où Riyad a été accusée par Moscou d'augmenter les quantités de pétrole en production pour faire baisser de plus de moitié les cours afin de préserver ses parts de marché et de faire baisser les revenus des autres acteurs, Russie, Iran et Vénézuela notamment. Sur le plan stratégique, les deux pays appartiennent traditionnellement à deux camps différents. Durant la Guerre Froide, l'Arabie Saoudite a été un soutien des Etats-Unis dans la région, achetant ses armements aux grands groupes américains, soutenant l'intervention américaine contre l'Irak et finançant les moudjahidines afghans contre la campagne soviétique. De son côté, Moscou a historiquement soutenu des régimes en rivalité avec Riyad : la Syrie de la dynastie Al-Assad, le Yémen communiste et l'Iran.

Toutefois, les relations sont aujourd'hui en amélioration et ce match doit le manifester. Le monarque saoudien s'est rendu en Russie à l'automne dernier, en 2016 les deux pays ont réglé leur différend en matière de cours du pétrole pour les faire remonter et une coopération politique commence pour résoudre la crise syrienne. Ce sont les débuts d'un réchauffement limité qui seront vraisemblablement mis en évidence dans les tribunes du stade Loujniki le 14 au soir. Surtout si l'héritier saoudien, MBS, est présent pour échanger une poignée de main avec le président russe.

Comment envisager cette relation du point de vue des dirigeants actuels, d'un Mohammed ben Salmane dont la discrétion actuelle laisse cours à de nombreuses rumeurs à un Vladimir Poutine dont l'ombre a pesé sur le dernier G7 ? Quels sont les intérêts communs sur lesquels les deux hommes peuvent compter ? 

Les deux leaders ont des statuts bien différents sur la scène internationale. Mais ils peuvent aujourd'hui avoir des intérêts convergents. D'une part, l'héritier saoudien, encore inconnu il y a trois ans, doit affirmer son rôle comme modernisateur du pays et comme acteur internationale. Et la neutralité de Moscou est importante pour cela : il a commencé à moderniser l'économie de son pays et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures grâce au plan Vision 2030. Il a également commencé à améliorer la condition des femmes en les autorisant à conduire leurs véhicules et à assister à des matches de football. Et, sur le plan extérieur, il a lancé le Royaume dans une expédition au Yémen. Pour asseoir son statut, contesté à l'intérieur du Royaume, il a besoin de reconnaissance extérieure. Et afficher une bonne relation avec Vladimir Poutine lui permet non seulement d'affirmer son statesmanship mais également de ne pas paraître trop exclusivement dépendant des Etats-Unis.

Pour le président russe, l'équation est différente : il est incontestablement un acteur majeur de la scène international. Mais il doit remédier à la faiblesse que lui imposent les sanctions occidentales depuis 2014. Il est donc à la recherche d'alliance et de relations alternatives : il approfondit ses relations avec la République populaire de Chine, soutient l'Iran... et améliore ses relations avec l'Arabie Saoudite. Aussi pour braconner sur les terres américaines. Comme en Egypte.

En matière de sport international, c'est l'image qui prime. Une rencontre de football entre la Russie et l'Arabie n'intéressera pas la masse des supporters. Mais elle peut infléchir l'image des dirigeants et des pays.

Quels sont les risques pesant sur la relation entre les deux pays, notamment sur les divergence évidentes qui peuvent découler de la gestion du cas iranien ? 

La place de l'Iran au Moyen-Orient, dans le Golfe et en Asie centrale est la principale pierre d'achoppement entre les deux pays. Pour la Russie, l'Iran est un allié militaire en Syrie pour soutenir le régime Al-Assad, une puissance capable de faire pièce à l'influence américaine en Irak. Pour l'Arabie, l'Iran est la puissance perse rivale traditionnelle, mais aussi le pôle chiite qui suscite l'hostilité des sunnites et le voisin de l'autre côté du Golfe... Toutefois, là encore des convergences inattendues peuvent émerger. La Russie surveille de près les progrès de l'Iran et se méfie d'un trop fort rayonnement du pays en Asie centrale. Ainsi, pour trouver une issue au conflit syrienne, c'est du côté de Riyad et non pas de Téhéran qu'il sera possible de trouver des recours. Arabie comme Russie peuvent converger, à terme, pour contenir un Iran trop fort au Moyen-Orient.

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