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Les mots et les maux
Ce que les mots de Jean-Luc Mélenchon disent d’inquiétant sur lui
Publié le 26 mai 2018
Dans le contexte actuel de mobilisation des différents mouvements de gauche et d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon reprend un discours plus radical pour s'affirmer comme le leader de la gauche unifiée. Une sémantique et une rhétorique autoritaires, héritées de sa filiation avec l'idéologie communiste orthodoxe.
Sylvain Boulouque est historien, spécialiste du communisme, de l'anarchisme, du syndicalisme et de l'extrême gauche. Il vient de publier sa nouvelle note, La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017), à la Fondapol (Fondation pour l&...
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Sylvain Boulouque est historien, spécialiste du communisme, de l'anarchisme, du syndicalisme et de l'extrême gauche. Il vient de publier sa nouvelle note, La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017), à la Fondapol (Fondation pour l&...
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Dans le contexte actuel de mobilisation des différents mouvements de gauche et d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon reprend un discours plus radical pour s'affirmer comme le leader de la gauche unifiée. Une sémantique et une rhétorique autoritaires, héritées de sa filiation avec l'idéologie communiste orthodoxe.
 

Atlantico : Le discours de Jean-Luc Mélenchon a-t-il pris une teneur plus radicale ces derniers mois? Quelle est la sémantique est-ce qu'il utilise et que révèle–t-elle politiquement ?

Sylvain Boulouque : Son discours est toujours le même, en dehors des périodes électorales qui nécessitent d'être davantage rassembleur. Il conserve la même rhétorique léniniste héritée de son passé lambertiste. Le lexique utilisé est celui des communistes orthodoxes, avec qui il entretient une filiation idéologique et historique, paradoxale puisqu’il vient du courant rival le trotskisme. Le fondement de son discours est "Tout ce qui n'est pas avec nous est contre nous ». C’est sémantique identique va Lénine à Chavez, dont Mélenchon admire le combat.

Ce type d'arguments autoritaires est utilisé pour imposer sa vision politique et signifier que lui seul peut incarner la gauche unifiée. En effet dans l’imaginaire léniniste il ne peut y avoir qu’un seul parti qui dirige et qui ne souffre du pluralisme. Cette rhétorique typiquement léniniste frise parfois le déni de réalité, comme on l'a vu récemment lorsqu'il a qualifié les Blacks Blocs à des groupes d'extrême-droite, ses propos fait échos à Georges Marchais qui qualifiait Cohn Bendit d’anarchiste allemand.

Dans le contexte de radicalisation actuel, Jean-Luc Mélenchon cherche-t-il à reprendre l'espace politique gagné par les groupes d'extrême gauche ?  Et plus largement à s'appuyer sur la contestation ambiante ? 

Mélenchon n'est pas plus violent aujourd'hui, il l'a toujours été mais il a "lissé " son discours au moment de la présidentielle de 2017. Deux niveaux existent dans ses interventions. Depuis longtemps ses discours lorsqu’il est seul sont inspirés par son "panthéon" de grands tribuns : Jaurès, Mitterrand, Thorez et de Gaulle. En revanche, quand il est en position de combat et de bretteur, il cherche à s’imposer comme le seul dirigeant de la gauche, face à des mouvements plus radicaux que lui. Il lui faut s’imposer face à ses concurrents et face aux médias et dans ce cas, il reprend donc un champ lexical qui fait écho à celui de Georges Marchais dans sa haine des « gauchistes » et son mépris "des journalistes », on est souvent pas très loin du « Elkabbach taisez vous ! ». Comme le reste de la gauche n’est pas audible, pas ses jeux rhétoriques, il s’impose comme le seul opposant.

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ajm
- 26/05/2018 - 23:41
Le communisme toujours d'actualité.
Le communisme de type soviétique peut très bien revenir, car il découle directement d'un sentiment humain incroyablement répandu : la jalousie, l'envie. Ce sentiment est très puissant, justement dans un pays comme la France Les têtes qui dépassent sont toujours une minorité, quelque soit le domaine, il est facile aux démagogues de fédérer les "médians " ou les "moyens" ou ceux qui sont au-dessous, pour se liguer contre les minorités plus douées du moment, de couper toutes les têtes qui dépassent, d'abord symboliquement, puis économiquement et financièrement, puis physiquement.
ajm
- 26/05/2018 - 23:30
Kant.
Ganesha se met à la philo maintenant, avec ses citations de Wikipedia , un peu comme les élèves qui font leur version latine en copiant-collant in extenso le Gaffiot Pour moi, le "sens de l'histoire " c'est plutôt Hegel et ses successeurs ( Marx notamment) . Kant c'est surtout le métaphysicien, avec sa puissante réflexion sur les limites intrinsèques de l'esprit humain, l'articulation entre la raison humaine qui tente de comprendre le Réel et les catégories propres de cet esprit raisonnant ; sa structure même qui est projetée sur l'objet de son étude , et, à la fois, le dévoile et le cache, le Réel ultime s'éloignant toujours comme un horizon que l'on atteint jamais.
kelenborn
- 26/05/2018 - 15:51
ah bon
"C'est une évidence historique,

la gauche n'existe que par le communisme appliqué, sectaire, totalitaire, et isolationniste" ( signé Atlante)
La droite n'existe que par le fascisme , le coup d'état militaire et les pelotons d'exécution , de Goebbels à Pinochet ( signé: je ne sais pas qui pourrait signer une telle connerie!)
Mais Atlante est déjà occupé