En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
© AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Irak
Législatives en Irak : les résultats inattendus préfigurent-ils un retour du nationalisme arabe ?
Publié le 15 mai 2018
Dans l'attente des résultats définitifs, il apparaîtrait que le favori des élections irakiennes, Haider al-Abadi n'arrive que 3e, derrière les listes de Moqtada al-Sadr et de Hadi al-Améri, dans un scrutin qui a connu sa plus faible participation depuis 15 ans.
Karim Pakzad est chercheur associé à l’Institut de recherches Internationales et Stratégiques (IRIS). Il a été professeur de sciences politiques à Kaboul.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Karim Pakzad
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Karim Pakzad est chercheur associé à l’Institut de recherches Internationales et Stratégiques (IRIS). Il a été professeur de sciences politiques à Kaboul.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans l'attente des résultats définitifs, il apparaîtrait que le favori des élections irakiennes, Haider al-Abadi n'arrive que 3e, derrière les listes de Moqtada al-Sadr et de Hadi al-Améri, dans un scrutin qui a connu sa plus faible participation depuis 15 ans.

Atlantico : Que peut-on anticiper pour le pays dans les prochaines semaines et les prochains mois ? Que révèle ce résultat des aspirations de la population ?  ​

Karim Pakzad : Il y a eu deux surprises au cours de ce scrutin. C'est d'abord la participation parce que nous n'avions jamais assisté à moins de 60% de participation dans les différentes élections qui ont lieu dans le passé en Irak. Et cette fois-ci, du fait de la grande mobilisation des Irakiens dans le combat contre la corruption, de part la victoire du gouvernement contre Daech, on pouvait s'attendre à une forte mobilisation. Or, je pense que la crainte qui existait était ce sentiment d'abandon de la société irakienne par la classe politique, en raison de la corruption qui touche l'ensemble des personnalités, dont seul peut être al-Abadi était épargné, et c'est ce qui a pu provoquer un tel niveau d'abstention. On voit que cela s'est traduit par le succès de Moqtada al-Sadr et de sa liste "en marche vers le changement". Il s'agit d'une liste atypique. Al-Sadr lui-même était considéré dans le passé comme un jeune islamiste chiite anti-américain, anti-occidental, et pro-iranien. Mais cela était au début de l'occupation de l'Irak. Après avoir fait un passage en Iran pour ses études, il est revenu en Irak et a pris la tête du combat contre la corruption en s'alliant avec le parti communiste. Il s'agit d'une alliance entre un parti islamiste radical et les communistes sous le nom du parti communiste, et ce, avec des gens venus de la société civile. C'est une alliance qui a mobilisé une grande partie de la jeunesse contre la corruption. Moqtada al-Sadr ne s'est pas présenté comme une personnalité politique, il ne s'est pas présenté sur la liste, il n'a fait que la soutenir. Et il a réussi à obtenir que 33 de ses députés au parlement irakien ne se représentent pas pour laisser la place à des nouvelles personnalités, cela est un élément important parce que ceux qui ont voté et ceux qui se sont abstenus souhaitaient une classe politique nouvelle.

Il faut encore attendre le résultat définitif. L'Irak a 90 jours pour former un gouvernement, les listes vont devoir négocier entre elles pour y parvenir puisque personne ne semble avoir de majorité. Je n'exclus pas que, malgré sa 3e place, Haider al-Abadi soit reconduit sur la base d'une politique nouvelle qui prendrait en considération ces résultats.

Alors que Moqtada al-Sadr a pu se rapprocher de Riyad ​au cours de l'année passée, et après avoir été accusé d'être "trop" proche de Téhéran, que peut-on attendre d'un tel résultat pour la stabilité régionale ? 

Moqtada al-Sadr n'est pas une personnalité politique traditionnelle. Il ne correspond à aucune autre. C'est un chef religieux chiite qui était pro-iranien. Sa famille a souffert pendant le régime de Saddam Hussein, son oncle, son grand père, des Ayatollah, ont été exécutés. Il est donc profondément chiite mais en même temps c'est une personnalité qui pourrait être qualifiée de nationaliste arabe, parce qu'il veut dépasser les divisions confessionnelles. C'est l'élément principal qui permet de le définir. Il s'est déplacé à Riyad mais cela ne veut pas dire qu'il va entrer dans un retournement en s'alliant avec les saoudiens. Il a aussi mené des luttes farouches contre les soldats américains. Il n'y aura donc probablement pas de bouleversement politique régional. Mais il faut savoir qu'il existait des listes beaucoup plus pro-iraniennes.

Haider al-Abadi avait déjà montré un certain réalisme au cours de ces dernières années, sans être anti-iranien, parce que l'on ne peut pas dire que Téhéran soit opposé à sa reconduite à la tête du pays. Il a été largement soutenu par l'Iran dans sa guerre contre Daech. Mais parmi les 4 premiers, Moqtada al-Sadr est le seul , sans être anti-iranien, est partisan de ce nationalisme arabe, comme cela a été le cas dans le passé. Dans le passé, c'était un nationalisme laïc, demain cela ne sera plus laïc, mais cela sera toujours un nationalisme arabe. Mais cela ne veut pas dire qu'il va devenir pro-Arabie saoudite ou pro-Américain.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
02.
Le mystérieux contrat de 7,2 millions d'euros décroché par Alexandre Benalla
03.
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français
04.
Gilets jaunes : les états-majors des grandes entreprises imaginent trois scénarios de sortie de crise possibles
05.
Bercy découvre que les entreprises françaises sont menacées par « des casseurs » venus de la finance anglo-saxonne
06.
L’affaire Benalla, ou la preuve qu’Emmanuel Macron est lui-même son pire ennemi politique
07.
"Bouffon" : Gérard Darmon s'en prend à Franck Dubosc
01.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
02.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
03.
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français
04.
Mais quelle est la part de responsabilité d'Alain Juppé dans l'état "délétère du pays qu'il dénonce ?
05.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
06.
Comment on a tué les centre-villes de ces villes moyennes où une majorité de Français voudraient pourtant vivre
01.
Mais quelle est la part de responsabilité d'Alain Juppé dans l'état "délétère du pays qu'il dénonce ?
02.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
03.
Ces lourdes erreurs politiques qui fragilisent la lutte contre l’antisémitisme
04.
Antisémitisme: voilà pourquoi je n'irai pas manifester le 19 février
05.
Derrière les faits divers dans les Ehpad, la maltraitance que l’ensemble de la société française inflige à ses vieux
06.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires