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Projet à oublier

Un service national universel d’un mois : une aberration démocratique !

Publié le 02 mai 2018
Comme un vieux serpent de mer, l’idée d’un service national universel, militaire ou pas, refait régulièrement surface.
Michel Fize est un sociologue, ancien chercheur au CNRS, écrivain, ancien conseiller régional d'Ile de France, ardent défenseur de la cause animale.Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont  Le Peuple adolescent (2ème éd. Mots...
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Michel Fize est un sociologue, ancien chercheur au CNRS, écrivain, ancien conseiller régional d'Ile de France, ardent défenseur de la cause animale.Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont  Le Peuple adolescent (2ème éd. Mots...
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Comme un vieux serpent de mer, l’idée d’un service national universel, militaire ou pas, refait régulièrement surface.

Nostalgie d’une époque révolue ? Assurément. Cette idée est une idée de l’ancien temps, peu conforme à la modernité actuelle. Jacques Chirac, alors président de la République, avait donc décidé, en 1996, de suspendre l’application d’un service militaire à bout de souffle (décision entrée en application en 2001). Il le faisait au vu d’un rapport rédigé dans le cadre du Secrétariat général de la Défense nationale, animé par Jean Picq. Avec Dominique Schnapper, Philippe Raynaud, Luc Pareydt et quelques autres personnalités de la société civile et des armées, nous avions, pendant plusieurs mois, planché sur la question qui nous était posée : le « sens » du service national - pour, finalement, n’en plus trouver aucun. Ce service, par le jeu des exemptions, des réformes, du « piston », n’était plus universel depuis longtemps et ne répondait pas aux besoins des armées requérant désormais des personnels de plus en plus qualifiés. Enfin, l’aspect contraignant de ce service (son caractère obligatoire) apparaissait de plus à plus insupportable à une grande majorité de jeunes. D’où son abandon.

L’idée d’un service national universel obligatoire à partir de 16 ans, effectué en internat, est aujourd’hui remis au goût du jour par la volonté du président Macron. Ce dispositif, s’il était adopté, viendrait sans doute contrarier le dispositif actuel du service civique volontaire. Le constat du départ est toujours le même : les jeunes manquent de valeurs républicaines, il faut donc les leur enseigner pour produire de bons citoyens. Ce présupposé est tendancieux. Les jeunes ne sont pas moins civiques que beaucoup d’adultes aujourd’hui très incivils et fort peu civiques (voir le fort taux d’abstention aux élections par exemple).

Le dispositif d’un service national, qui reste à construire, présente tout de même trois défauts qu’il faut ici signaler. Il est contraignant dans une société qui se veut d’abord de libertés – démocratie oblige ! Il est coûteux : l’on parle de 2 à 3 milliards d’euros par an. Il est de trop courte durée : un mois, alors que l’on sait pertinemment que tout service inférieur à trois mois ne peut produire de résultats significatifs chez les « obligés » : il équivaut donc à une perte de temps pour les jeunes et à une perte d’argent pour l’Etat (qui peut trouver à employer mieux son budget, non ?). Enfin, il est discriminant et peut-être de ce fait inconstitutionnel. Comment justifier en effet de faire peser sur la seule catégorie-jeunesse une obligation qui doit concerner tous les citoyens. Nous préconisons donc, comme cela se fait en Suisse, d’établir un service national réellement universel, concernant hommes et femmes, de 16 à 40 ans, un service de 6 mois pouvant être fractionné tout le long de la vie. Le civisme en effet est l’affaire de tous, pas des seuls jeunes.

Pour l’heure, nous recommandons au président Macron de renoncer à son mauvais projet. Aucun président n’a la science infuse. Reconnaître une erreur est toujours preuve d’une grande vertu.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (3)
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Deudeuche
- 02/05/2018 - 13:06
Excellent article
Un projet de vieux con antimilitariste et anar désolé de voir le produit de ses idées à l’oeuvre Dans la société et donc décidé à faire payer les jeunes d’aujourd’hui pour leurs bêtises d’il y a 50 ans.
Que la société libérée savoure son incivisme voluptueux. La rééducation par simple démographie arrive....inch Allah!
Anouman
- 02/05/2018 - 11:04
Ce projet est en effet
Ce projet est en effet ridicule et coûteux et c'est probablement pour ça que Macron le mettra en place.
cloette
- 02/05/2018 - 10:26
@en effet
c'est d'une stupidité crasse !