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SNCF : terminer un conflit idiot, mode d’emploi

Publié le 02 mai 2018
Le conflit de la SNCF est une drôle de guerre, une guerre de tranchée, une guerre en pointillé où les objectifs des uns et des autres disparaissent derrière une posture d’intransigeance.
Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.
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Le conflit de la SNCF est une drôle de guerre, une guerre de tranchée, une guerre en pointillé où les objectifs des uns et des autres disparaissent derrière une posture d’intransigeance.

Le Gouvernement souhaite mettre la SNCF en ordre de marche avant l’ouverture du rail qui devrait intervenir entre 2019 et 2013. Du côté des syndicats, les grèves visent tout à la fois bloquer le processus de libéralisation et mettre un terme au réformisme macroniste.

Sur le fond, la réforme est a minima et peut même apparaître surréaliste. La SNCF est transformée en société anonyme par actions détenues à 100 % par l’Etat. Le statut du cheminot n’est remis en cause que pour les nouveaux salariés. Il faudra donc une quarantaine d’années pour voir la fin du statut. En outre, la SNCF embauche peu car elle est plutôt en sureffectif. La dette de feu Réseau Ferré de France intégré par la SNCF sera progressivement reprise par l’Etat.

Ce n’est pas un big bang, c’est un ajustement comptable qui aboutit à transférer la dette de la SNCF sur les contribuables. Certes, le développement du réseau à grande vitesse a été mené sans prise en compte de la rentabilité. Il s’est effectué au nom d’impératifs politiques. Hormis Paris Lyon et Paris Lille, les lignes sont déficitaires. Elles le seraient encore plus si l’usager payait le véritable prix. En effet, la SNCF est subventionnée. Son système de retraite est en partie pris en charge par l’Etat et les assurés du régime général. Les trains régionaux sont également aidés par les collectivités territoriales. Le système de subventionnement de la SNCF a abouti à l’étiolement du réseau aérien intérieur. Pour certains, cela est un progrès au nom du développement durable. Cette analyse est un peu courte car le coût global du transport ferroviaire au niveau écologique n’est pas faible en prenant en compte la réalisation des infrastructures. Par ailleurs, la SNCF qui est le premier transporteur routier a délaissé le fret pour privilégier le transport passager qui est plus à même à recevoir des subventions. Les maires se battent pour avoir leur train à grande vitesse. Ils sont convaincus qu’il apportera la prospérité à leur commune. Or, bien souvent, le TGV transforme leur ville en cité dortoir. Paris aura été la grande gagnante du réseau en étoile en pouvant aspirer à grande vitesse les cadres de qualité.

Comment croire à la libéralisation du rail quand la SNCF conserve les rails et les gares ? Imagine-t-on qu’Aéroport de Paris appartienne à Air France ? Imagine-t-on que les contrôleurs aériens soient des salariés de cette même compagnie ?

Une véritable réforme devrait s’organiser autour de la création d’une société de gestion des gares. Cette société pourrait être en partie privatisée. Vinci ou les sociétés de gestion des centres commerciaux pourraient être intéressées. Les gares des grandes agglomérations ressemblent, en effet de plus en plus à des centres commerciaux. Il faudrait simplement prévoir des obligations de service public pour imposer le maintien des petites gares. L’argent de la privatisation pourrait servir à rembourser la dette actuelle de la SNCF. Le réseau ferré devrait subir le même sort ou être propriété de l’Etat. Les routes sont soit concédées (autoroutes), soit ou propriétés de l’Etat ou des collectivités locales.

La gestion des lignes devrait donner lieu à des appels d’offre internationaux. Il est assez étonnant que la SNCF et la RATP aiment la concurrence à l’étranger mais pas en France. La libéralisation du rail prévue par l’Europe devrait instituer une égalité de traitement au sein des différents Etats membres.

Pour éviter un conflit d’intérêt, la SNCF devrait être contrainte de se séparer de ses activités dans le transport routier où elle est en position dominante. L’argent de cette cession pourrait servir à accroître l’investissement.

Clarification des objectifs et des responsabilités déboucherait peut être sur un véritable conflit mais au moins nous saurions pourquoi !

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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vangog
- 02/05/2018 - 23:11
Je vous avais prévenu!...
Il est très difficile- voire impossible- de retirer des cadeaux électoraux à des enfants!
zen-gzr-28
- 02/05/2018 - 20:42
Il est évident
que la plupart des syndicats dépassés se croient obligés de "lutter et de se battre" pour défendre leurs privilèges catégoriels au détriment de l'intérêt général .Force est de constater également que les élites font la même chose très souvent. Les uns et les autres mettent à mal le pays sans avoir à rendre des comptes à qui que ce soit. Les uns haïssent les patrons, petits, moyens et grands, les autres leur pourrissent la vie en légiférant à outrance alors qu'ils ne connaissent même pas le monde de l'entreprise. Il y a du ménage à faire dans un bord comme de l'autre pour que les choses changent...dans le bon sens !
mymi
- 02/05/2018 - 12:53
Les "con"tribuables paieront
Nul ne semble se soucier des propos d'Édouard Philippe confirmant que les contribuables devront payer la reprise de la dette de la SNCF soit des milliards et des milliards... Pas un journaliste de l'Evoque ! on va se faire tondre encore combien de temps ?