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France : les entreprises gagnent-elles trop ou pas assez ?

Publié le 16 avril 2018
Les entreprises du Cac 40 ont gagné 94 milliards d’euros en 2017, pas loin des records de 2006 (97 milliards) et de 2007, avec 95 milliards, l’année de l’avant crise.
Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Jean-Paul Betbeze
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Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ;...
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Les entreprises du Cac 40 ont gagné 94 milliards d’euros en 2017, pas loin des records de 2006 (97 milliards) et de 2007, avec 95 milliards, l’année de l’avant crise.

Trop ! Les entreprises du Cac 40 ont gagné 94 milliards d’euros en 2017, pas loin des records de 2006 (97 milliards) et de 2007, avec 95 milliards, l’année de l’avant crise. Ces 94 milliards de bénéfices en 2017, pour un chiffre d’affaires de 1 300 milliards, c’est trop diront certains, d’autant que presque la moitié (47 milliards) seront versés en dividendes ! Horreur ! Mais il ne faut pas oublier, quand même, que ce chiffre d’affaires vient pour les trois-quarts de ventes à l’étranger, qui ont généré environ trois-quarts de ces profits. Ne pas oublier non plus que le Cac 40 est à 5 300 aujourd’hui, loin des 6 900 de 2000 et des 6 000 de 2007. Ne pas oublier enfin que ces dividendes sont versés aux actionnaires, qui partagent les risques (on le voit), et qu’il ne tiendrait à rien que les retraités français en bénéficient, si le financement des retraites se faisait davantage par capitalisation. Mais, c’est trop !

Trop peu ! L’épargne nette des entreprises est nulle en 2016 ! Autrement dit, le capital installé en France, moins son usure, physique et technologique, n’augmente pas ! Il stagne ! L’épargne brute des sociétés non financières en France est en effet égale à 20% de leur valeur ajoutée… à laquelle il faut enlever 20% de cette valeur ajoutée pour compenser l’amortissement (ou Consommation de Capital Fixe). 20% - 20% = 0% ! Avec de tels chiffres, on voit que les sociétés installées en France, et pas les multinationales du Cac 40, n’investissent pas assez parce qu’elles ne gagnent pas assez. Elles ne gagnent pas assez pour investir au-delà de l’usure de leur équipement ! Donc, pour que leur capital net (de l’usure) augmente, elles doivent en théorie s’endetter (crédit et/ou obligations) ou augmenter leur capital. Mais, si l’on passe de la macroéconomie à la microéconomie, autrement dit aux entreprises, on voit immédiatement qu’elles ne vont pas émettre des actions ou des obligations sous prétexte qu’elles ne gagnent pas assez ! Ce serait incompréhensible pour les marchés financiers. Ils veulent bien financer l’innovation, l’expansion, les achats d’entreprises, mais pas la stagnation. Ils demanderaient des restructurations, pour augmenter la marge et aller de l’avant. Reste donc le crédit ! Et c’est bien pourquoi cette économie française, trop peu rentable, s’endette trop !

Trop peu de rentabilité : ce n’est pas moi qui le dis, mais la Banque de France, plus précisément le papier que vient de publier l’économiste Pierre Sicsic (Bloc-notes Eco 2018). Il mesure sur longue période le taux d’épargne brute des entreprises par rapport à leur valeur ajoutée, pour savoir combien il reste à l’entreprise après qu’elle a payé ses frais, dont les salaires, pour financer amortissement, frais financiers et impôts. Les calculs montrent alors, partout, la part croissante de la consommation de capital fixe dans le Pib. Il est ainsi passé de 16 à 18% en France, où il se stabilise, à 17,5% en Allemagne et 15,8% aux États-Unis (pour des raisons largement méthodologiques). Alors : pas assez de marge ? Trop d’usure ? Les deux ?

Trop d’usure ? Non : de plus en plus ! En effet, l’usure actuelle n’est pas seulement physique, mais de plus en plus technologique. Le taux d’utilisation des capacités de production atteint 86,7% selon l’Insee, ce qui est un record, après des années à 80% et une moyenne à 83%. Ce taux implique plus de modernisations, de mises à jour et d’embauches plus qualifiées. A croissance un peu plus forte, il faut plus d’investissement matériel, qui suit avec peine, et immatériel, qui patine, d’autant que la France a sous-investi pendant des années. Et le futur est plus gris encore. L’investissement des entreprises devrait continuer à croître plus vite que le PIB dans les années qui viennent, mais l’écart entre ces deux progressions va se réduire : 2,1% (2015), 2,5% (2016), 2,3% (2017), 2,2% (2018), 1% (2019) et 0,8% (2020). La moindre progression de l’investissement physique par rapport au PIB est très problématique, avec un taux de marge à peine à 31,7%, grâce au CICE. Avec ce taux, la France est toujours au-dessous de l’Allemagne, avec son taux de marge à 35-37%.

Un investissement en France qui ne permet pas de compenser l’usure technologique ? Oui, car les entreprises industrielles françaises sont moins nombreuses, moins grosses et moins rentables que leurs concurrentes allemandes, et leurs salaires horaires vont plus vite qu’elles ! En 2000, le salaire horaire allemand dans l’industrie est de 28,5 euros contre 24 en France, soit inférieur de 26%. L’écart actuel est de 17%, avec des salaires horaires allemands à 41,8 euro et français à 38,7. La France « rattrape » ! Quand on entend ici les demandes de hausses de salaires, parce que la reprise en cours vient butter sur les compétences disponibles et sur les équipements, on mesure le danger : celui d’un ralentissement économique, notamment à l’export, faute de marges, d’investissements sophistiqués et de main d’œuvre qualifiée – dans cet ordre.

Notre capital technique stagnera si les entreprises sont forcées de s’endetter pour l’augmenter, autrement dit pour investir en nouvelles technologies et embaucher des ingénieurs, codeurs et spécialistes plus chers. Les entreprises gagnent trop peu, notamment dans l’industrie, surtout les petites, dans la concurrence commerciale et technologique actuelle pour assez investir, former et embaucher. Un cercle vicieux démarre en France : l’insuffisance de profit d’hier fait la faiblesse de l’investissement aujourd’hui et demain, il fera la faiblesse de l’emploi de demain et d’après-demain. Il ne faut pas que les arbres du Cac 40 cachent la forêt.

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