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Le syndrome Cendrillon
L'incroyable histoire de cette secrétaire devenue reine
Publié le 24 avril 2012
En 2008, Peggy Bartels reçoit un appel du Ghana à 4 heures du matin. Rien de bon, se dit-elle. C’est un appel de son cousin : "Les ancêtres t’ont choisie pour être notre reine". Peggy Bartels sera désormais Nana Amuah Afenyi VI.
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En 2008, Peggy Bartels reçoit un appel du Ghana à 4 heures du matin. Rien de bon, se dit-elle. C’est un appel de son cousin : "Les ancêtres t’ont choisie pour être notre reine". Peggy Bartels sera désormais Nana Amuah Afenyi VI.

Il était une fois, une femme qui travaillait comme secrétaire à l'ambassade du Ghana à Washington. Elle s'appelait Peggielene Bartels. Un jour, elle reçut un coup de téléphone l'informant qu'elle venait d'être désignée reine d'Otuam, un village de pêcheurs, au sud du Ghana. Feu le roi son oncle était mort la veille, et le conseil des anciens avait décidé que Peggy serait leur prochain souverain. Elle accepta de porter la couronne. Aussi simple que ça. Un véritable conte de fées.

Depuis plus d'un demi-siècle, la famille de Peggielene Bartels règne sur cette petite ville côtière de 7 000 habitants située à l’ouest de la capitale, Accra.

Jusqu'à ce fameux coup de fil en 2008, sa vie n'avait rien d'exceptionnel : elle a grandi à Cape Coast, l’ancienne capitale du Ghana. Ayant de la famille en Angleterre, elle tente sa chance à Londres, dans les années 1970, où elle suit des cours de restauration. Son rêve est alors d’ouvrir son propre restaurant, raconte sur son blog la journaliste Sarah Preston. Elle y rencontre son futur mari, et s’expatrie avec lui aux Etats-Unis, où elle trouve son emploi de secrétaire, le même qu'elle exerce depuis bientôt 30 ans. Aujourd'hui divorcé, le couple a deux enfants.

Depuis qu'elle est reine, Peggielene Bartels partage son temps entre le Ghana et Washington, rapporte le site Big Think. Elle a raconté son incroyable histoire dans un livre intitulé King Peggy : An American Secretary, Her Royal Destiny, and the Inspiring Story of How She Changed an African Village (La reine Peggy : l'histoire d'une secrétaire américaine, de son destin royal, et comment elle changea un village africain)

Quand elle se trouve aux Etats-Unis, sa majesté fait sa propre lessive, conduit elle-même sa voiture (une Honda Civic de 1992). Elle répond à son téléphone, et prend aussi les appels de son patron. Mais lorsque son avion atterrit au Ghana, Peggielene Bartels endosse ses habits de monarque pour devenir Nana Amuah Afenyi VI. Un chauffeur et un cuisinier sont à ses ordres, et un palace de huit chambres - qui a certes besoin d'un petit coup de neuf - est mis à sa disposition.

"Je suis un grand roi vous savez", a déclaré Peggielene Bartels au Washington Post, même si elle admet qu'elle a d'abord cru à une blague lorsqu'on lui a téléphoné pour lui annoncer la nouvelle. "Oh s'il vous plait, arrêtez de vous moquer de moi !" se souvient-elle avoir dit. "Les choses ont changé, lui répond son interlocuteur. Désormais, les femmes peuvent occuper de nombreux postes à responsabilité, y compris roi. Vous devez accepter."



"Avoir une femme nommée roi est un fait rare au Ghana", qui est un pays très patriarcal, souligne Sarah Preston. "La femme peut être 'Reine Mère' et son rôle est alors celui d’une conseillère. (...) Il y a quelques femmes ministres, beaucoup de 'Reines Mères' en charge des marchés, mais des femmes qui publiquement ont un rôle au dessus de celui de l’homme, non."

Résultat, la première question que se pose Peggielene Bartels est "Pourquoi moi ?". Au Ghana, lorsqu’un roi meurt, le conseil des anciens se réunit et choisit, parmi les membres de la famille royale, des candidats potentiels - dans le cas de Peggy Bartels, 25 noms étaient en lice. Au cours d’une cérémonie traditionnelle, les noms sont lus à haute voix. A chaque fois qu'un nom est prononcé, du gin est versé par terre. Selon la légende, lorsque les esprits des ancêtres ont fait leur choix, le liquide s’évapore. Par trois fois, à l’évocation du nom de Peggy, le gin se serait évaporé.

Pendant trois mois, elle ne ferme quasiment pas l’œil, et pèse le pour et le contre avant de prendre sa décision. Finalement, alors qu'elle se rend au travail, une voix intérieure lui aurait dit : "Vous ne pouvez y échapper." "Ce n'est pas donné à tout le monde de devenir roi, se dit-elle alors. Peut être que c'est mon destin."

Mais à son arrivée à Otuam, elle se rend compte que le rôle de roi est loin de correspondre à l'image enviable d'un monarque absolu et couvert d'or. Les caisses sont vides, mais Peggielene Bartels ne baisse pas les bras pour autant : avec son maigre salaire, elle fait reconstruire le palais que l’ancien roi avait laissé à l’abandon. Le "roi Peggy" fait aussi construire trois puits afin que les villageois n’aient pas à marcher des kilomètres pour chercher de l’eau.Et elle a bien d'autres projets en tête : elle souhaite mettre en place un système de micro-crédits pour les femmes, ouvrir un collège, et une librairie avec un accès à Internet.

En plus des difficultés financières, il a fallu faire face à la jalousie. Cette femme qui amène avec elle tant de changements attise la haine de certains. Des tentatives de complots se fomentent, certains anciens tentent de l’humilier publiquement... Pire encore : une des filles de l’ancien roi travaillant à la morgue, fait envoyer le mauvais corps pour les funérailles... Heureusement pour elle, Peggy Bartels n’est pas femme à se laisser faire. Elle a du charisme et les mots qu'il faut pour se défendre. Elle a aussi le soutien d’une grande partie des villageois d’Otuam qui voient en elle un signe de changement.

Une fois à la retraite, Peggielene Bartels prévoit de s'installer durablement au Ghana. Pour le moment, elle est obligée de faire la navette entre Washington et Otuam, et elle ne se rend dans son royaume que pendant ses vacances. A terme, elle souhaite affirmer son emprise sur la ville et montrer à ses aînés que son sexe n'est pas synonyme de faiblesse.

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