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Garde à vue de Nicolas Sarkozy : quelle ligne de défense médiatique pour l’ancien président ?
Publié le 20 mars 2018
L'ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007. Et la question de sa défense médiatique se pose.
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Florian Silnicki
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L'ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007. Et la question de sa défense médiatique se pose.

Dans le cadre de l'Affaire dite du Financement libyen de la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue. L'ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.

Cela pose la question de sa défense médiatique qui a été marquée jusque-là par une ligne fixe : dénonciation d'une instrumentalisation de la justice et d'un complot politique fondé sur l'existence d'un cabinet noir au sein de la Présidence de François Hollande. Emmanuel Macron étant à l'Elysée, la donne change.

Si nos hommes et femmes politiques ont aujourd'hui à affronter une judiciarisation des affaires publiques, ce risque faisant partie de leur quotidien, ils ont désormais à faire face, dans le même temps, à une professionnalisation de la communication des services de police et de la justice. En effet, nul doute que dans cette affaire, comme cela se fait au quotidien, les policiers feront fuiter des déclarations effectuées pendant la Garde à vue et le Parquet fera fuiter des informations du dossier permettant aux médias de traiter le dossier.

Si le tribunal médiatique a toujours jugé avant celui de l'institution judiciaire, le temps de la justice n'a jamais été celui des médias. Il en est autrement aujourd'hui, où, compte tenu de ces fuites, la Présomption d'innocence est bafouée autant que le secret de l'instruction ne se résume plus qu'à une fiction juridique. 

Les personnalités politiques se retrouvent de plus en plus souvent propulsées devant la justice. Elles se retrouvent alors face à une situation déstabilisante qui peut rapidement se transformer en spirale destructrice de leur image et de leur réputation, pourtant patiemment construite. Et ce ne sont jamais des éléments de langage, aussi excessifs soient-ils, qui peuvent permettre de se protéger efficacement. La stratégie de défense doit être bien plus large que cela.

Le Droit pénal des Affaires fait le bonheur du Tribunal de l'opinion. De la corruption en passant par le blanchiment jusqu'à la fraude fiscale en passant par la prise illégale d'intérêts, le trafic d'influence ou le délit d'entrave, sont autant de risques judiciaires se transformant en risques d'image et de réputation pour nos hommes et femmes politiques.

Le mouvement cliquet vers la transparence (on ne reviendra pas à moins de transparence), couplé aux chaines d'informations en continue et à l'hyper-médiatisation du monde politique ont cassé la présomption d'innocence et le secret de l'instruction. L'immunité médiatique n'existe plus. 

Face à la crise médiatique qui vient de s'ouvrir, Nicolas Sarkozy doit se demander comment gagner le procès médiatique avant de se demander comment se faire judiciaire innocenter ? Son rendez-vous avec la police avait été préparé avec son avocat. Cependant, désormais se pose une autre question. S'il ne doit pas rater son rendez-vous avec la justice, il doit aussi d'abord ne pas rater son rendez-vous avec avec l'opinion publiques et cela se fera devant les médiateurs naturels de l'information que sont les médias.

Ce nouvel épisode de communication sous contrainte judiciaire révélera les leçons tirées par Nicolas Sarkozy de l'épisode Bygmalion. 

Nicolas Sarkozy est privé de s'appuyer sur un argument, pourtant massue, celui de la validation de ses comptes par la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (abrégée en CNCCFP). Cela est toujours l'argument le plus efficace dans les dossiers de financement de campagne politique.

Il faut rappeler que le Conseil constitutionnel a définitivement invalidé les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle 2012, privant l'UMP (les républicains de l'époque) de plus de dix millions de remboursement.

La première mission des porte parole de Nicolas Sarkozy qui seront ses ambassadeurs médiatiques est de combattre les rumeurs ou les inexactitudes qui seront diffusés quant au financement de cette campagne. Ils devront aussi veiller à combattre l'amalgame possible avec l'affaire Bygmalion qui portait déjà sur le financement de cette campagne et pourrait laisser penser aux Français qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

Nicolas Sarkozy a pourtant des arguments solides. Son silence étant exclu, cette stratégie de communication de crise étant la pire qui soit. Cela donnerait lieu à une médiatisation des faits uniquement basés sur les arguments de ses concurrents, dont il ne peut pas compter sur la bienveillance.

Nicolas Sarkozy a notamment le choix entre plusieurs boucliers : 

1 - Son immunité Présidentielle. Ces faits relèvent d'une présidence de la république nécessairement protégée pour les faits commis pendant ce temps pour les actes non détachables de ses fonctions.

2 - Le secret défense. Ces faits relèvent d'une diplomatie internationale protégée.

3 - Il pourra également s'appuyer sur la désignation d'un ennemi extérieur. Tous les membres et proches du régime Kadhafi de l'époque ont un intérêt évident à nuire à celui qui est jugé responsable de la mort de leur ancien chef.

4 - Il pourrait aussi miser sur l'amalgame avec de précédentes accusations qui n'ont pas été poursuivies ou de précédentes affaires classées sans suite. Comme les autres, cette affaire fera flop.

5 - Il pourrait jouer la victime en dénonçant l'humiliation subie, tentant de faire vivre son sort aux Français, aussi humiliés que lui, de voir leur ancien Président ainsi abaissé. 

Quelle que soit la posture adoptée, il devra faire partager aux Français une histoire simple, compréhensible par tous avec empathie. Il devra se confesser avec pédagogie, sur le ton du partage d'information avec les Français. Il aurait plutôt intérêt à renouveler sa confiance dans les institutions du pays pour adresser un message apaisant aux magistrats qui auront potentiellement à connaitre de cette affaire. Il tentera nécessairement de nous montrer qu'il n'a rien à cacher, même s'il ne peut pas nous dire pour des raisons liées à l'instruction en cours. Il tentera enfin de le faire avec mobilisation. Nul doute qu'il insistera, comme ses proches, sur sa volonté d'utiliser toutes les armes à sa disposition pour combattre ses accusations. Il devrait le faire avec le style qui lui est propre, notamment basé, sur ses questions rhétoriques qu'il apprécie tant et qui ont fait sa force.

 

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cloberval
- 21/03/2018 - 15:38
Il doit acheter la presse ennemie
avec les millions de Kadhafi et s'il ne les a jamais reçus comme c'est plus que probablement le cas quitter la politique.
Ce faisant qu'il n'oublie pas en partant de faire sauter le droite dont le chef se retrouve automatiquement poursuivi par la Justice et condamné dans la presse à chaque élection présidentielle.
cloberval
- 21/03/2018 - 15:33
Il doit acheter la presse ennemie
avec les millions de Kadhafi et s'il ne les a jamais reçus comme c'est plus que probablement le cas quitter la politique.
Ce faisant qu'il n'oublie pas en partant de faire sauter le droite dont le chef se retrouve automatiquement poursuivi par la Justice et condamné dans la presse à chaque élection présidentielle.
cloberval
- 21/03/2018 - 15:29
Il doit acheter la presse ennemie
avec les millions de Kadhafi et s'il ne les a jamais reçus comme c'est plus que probablement le cas