En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
© LIONEL BONAVENTURE / AFP
Débats passionnés

Etats généraux de la bioéthique : ces réflexions qui pourraient permettre de sortir des violents débats sur la PMA

Publié le 04 mars 2018
Parmi les débats organisés dans le cadre des états généraux de la bioéthique, le sujet de la procréation médicalement assistée (PMA) suscite beaucoup de tensions.
François Martin est haut-fonctionnaire, ancien élève de l'Ena. Soumis au devoir de réserve, il s'exprime ici sous pseudonyme.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Martin
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Martin est haut-fonctionnaire, ancien élève de l'Ena. Soumis au devoir de réserve, il s'exprime ici sous pseudonyme.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Parmi les débats organisés dans le cadre des états généraux de la bioéthique, le sujet de la procréation médicalement assistée (PMA) suscite beaucoup de tensions.
 

Atlantico : Comment sortir de la polarisation excessive des débats autour de la PMA tels qu'ils apparaissent dans les "débats citoyens" organisés partout en France en ce moment ?

François Martin : Ces débats ne sont pas seulement polarisés, ce qui est le propre de tout débat, ils sont insolubles par nature car ils opposent, non des solutions différentes à un problème identifié et partagé entre les deux camps, mais deux conceptions du problème lui-même. Deux clivages essentiels se recoupent assez largement. Entre les conservateurs et les progressistes: les premiers se satisfont de l’existant, les seconds prétendent  incarner l’histoire en marche. Mais il y a plus irréconciliable encore. 

Le débat oppose au fond deux conceptions radicalement opposées. La première pense que l’action humaine, la loi, doit respecter certaines limites, qu’elles soient religieuses, morales ou philosophiques; disons la notion de droit naturel, entendu comme une norme universelle et intemporelle qui s’impose comme une évidence à toute loi humaine. De ce point de vue, la procréation ne peut résulter que de l’union d’un homme et d’une femme, éventuellement aidée par la médecine en cas d’infertilité pathologique. 

La seconde conception n’admet aucune autre limite à l’action humaine que celle qui résulte de la volonté générale. Aucune loi naturelle ne doit s’imposer à la liberté humaine. Si deux femmes ou deux hommes veulent « procréer », il est naturel qu’ils puissent le faire. 

Cette opposition irréconciliable s’est souvent traduite dans l’histoire politique occidentale récente par la victoire du camp progressiste et partisan de la liberté totale. Avec des dérives bien connues: pas de liberté pour les ennemis de la liberté, quitte à faire le bien du peuple malgré lui. 

Car le camp qui estime incarner le progrès ne supporte guère la contradiction, et parfois, de bonne foi, ne la comprend même pas. Comment peut-on être contre le progrès, la liberté, l’égalité? 

Bref, et pardon pour ce long développement: ces débats ne peuvent pas être sereins et constructifs, ils ne peuvent pas déboucher sur un accord. 

Le précédent président de la République le savait bien, quand il a pris la responsabilité du projet de loi sur le mariage dit pour tous, dont on voit aujourd’hui la suite logique. 

Le problème avec ce genre de dossier, qui touche au médical, au politique et à l'éthique en même temps n'est-il pas qu'il demande une compréhension de la complexité du phénomène. Ne devrait-on pas réserver ce débat à un comité d'éthique reflétant les diverses tendances plutôt que de laisser le débat à des groupes de pressions qui arrivent avec leur argumentaire tout prêt ?

François Martin : Le médical, du point de vue thérapeutique, n’est pas en débat. Si les mots ont un sens, aider un couple hétérosexuel à enfanter peut relever de la médecine; pour un couple homosexuel cela relève du droit. 

Il s’agit en effet d’une question éthique et profondément politique. Il me semble qu’en démocratie elle relève du débat entre citoyens: le fait que ces débats ne puissent aboutir, comme nous venons de le voir, n’est pas une raison pour en condamner le principe. Même si vos confrères de France Info, qui ont manifestement choisi leur camp, font une retranscription des débats qui n’avantage pas une des parties. 

La complexité d’un sujet n’est pas une raison pour en écarter les simples citoyens et réserver la parole à quelque comité dont l’impartialité sera toujours sujette à caution. 

Il y a un lieu naturel pour ce débat: le Parlement. À condition que la discussion soit organisée de manière objective, impartiale et respectueuse. Ce qui n’a pas été le cas pour la loi Taubira. 

Le problème du débat sur la PMA n'est-il pas de toute façon biaisé dans le sens où l'Etat tolère déjà d'une certaine façon la PMA quand elles est faite en dehors du territoire ?

François Martin : Oui, tolérer les pratiques actuelles en matière de PMA et de GPA revient à préparer une légalisation de fait, précédant la légalisation de droit, au nom du sens de l’histoire et d’une fausse conception de l’égalité. 

Mais il est au moins un domaine où le progressisme forcené semble aujourd’hui en difficulté face au conservatisme. Ce domaine n’est pas le moindre puisqu’il s’agit de la protection de l’environnement et de la planète. On réalise que, peut-être, tout n’est pas permis, que l’homme doit se fixer des limites. Cette prise de conscience pourrait elle gagner le débat sur la procréation et la vie humaine?

Si les débats citoyens y contribuaient, ils ne seraient pas vains. 

 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

02.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

03.

Fini les trésors à déterrer : comment les missions archéologiques françaises à l'étranger sont devenues plus anthropologiques

04.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

05.

Critiquée pour son poids, Miss France réplique : "Moi au moins, j’ai un cerveau"

06.

Nadine Morano raciste en raison de ses propos sur Sibeth NDiaye ? Et si on réfléchissait un peu

07.

Quand Benjamin Griveaux crie tout haut ce que Benjamin Griveaux pense tout bas : "fils de pute", "abrutis"

01.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

02.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

03.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

04.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

05.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

06.

La dangereuse complaisance du planning familial avec l’islam radical

01.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

02.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

06.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

Commentaires (13)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Paulquiroulenamassepasmousse
- 05/03/2018 - 07:51
@eugèneavenise
Et en Français.....? Vous êtes pour ou contre le fait que des homos puissent acheter un gamin comme un chiot ?
venise
- 04/03/2018 - 23:43
eugénisme
c'est la seule voie d'abord pour un cadrage éthique car jusqu'à la fin des temps ferrailler pour savoir si les homosexuels (lles)peuvent être parents est ignoble
eugénisme? partir du début des procédures PMA GPA
je suis conservatrice, réactionnaire mais je ne supporterai jamais sens commun and co comme leader des débats, nous devons fuir les idéologies et nous calmer, peut être remercier ces luttes pour cadrer un grand nombre d'éléments qui avancent.....le génome
Mario
- 04/03/2018 - 20:05
Pfuuu c'est foutu, le pire
Pfuuu c'est foutu, le pire dans l'histoire c'est qu'elle se feront rembourser leur insémination avec mon argent.
Tiens, petite question ,lors du divorce , parce qu'il y aura des divorces, et que ça se passera mal, ne soyons pas naïfs, comment réagira la vraie mère face à la mère adoptive? Sachant que pour l'instant on ne peut avoir qu'une seule mère génétique et que le père ,lui, est absent?