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Edito

La course contre la montre d’Emmanuel Macron entre la croissance et la réforme

Publié le 23 février 2018
Le coup d’accélérateur aux réformes donné par Emmanuel Macron laisse la classe politique et les syndicats tétanisés.
Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.
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Le coup d’accélérateur aux réformes donné par Emmanuel Macron laisse la classe politique et les syndicats tétanisés.

Il est vrai que ceux-ci sont pratiquement sans voix depuis l’élection présidentielle. Le parti socialiste a disparu des radars tandis qu’au cours des derniers jours la droite s’est focalisée sur les propos corrosifs de Laurent Wauquiez en retombant ainsi dans ses travers légendaires. D’autant qu’en France, on est habitué à parler sans cesse du changement, de la nécessité de s’adapter au monde moderne, tout en maintenant en définitive le statu quo.

Emmanuel Macron prétend aujourd’hui changer la donne, en incitant toutes les composantes du corps social à prendre en main leur destin, à procéder elles-mêmes aux transformations indispensables en luttant contre les pesanteurs du système, comme il vient de l’indiquer aux sept cents agriculteurs qu’il avait invités à l’Elysée jeudi dernier sans attendre tout de l’Etat. Il sermonne aussi le patronat englué dans un conservatisme qui n’a d’égal que celui des syndicats ouvriers.  Au finish un accord a pu ainsi être conclu dans la nuit du 22 février sur l’indemnisation des projets des personnes porteurs de projets de conversion  qui supposaient une démission de leur poste actuel. C’est un pas indéniable en ce qui concerne les contrats courts, mais il subsiste tant de conditions pour leur mise en œuvre que peu d’individus seront finalement en mesure d’en bénéficier, tandis que le dossier de l’assurance chômage dans son ensemble est encore loin d’être résolu.

C’est d’ailleurs toute la difficulté du processus actuel de transformation de la société dans lequel s’est engagé le chef de l’Etat. Ainsi, tout le monde a salué le succès des ordonnances concernant le code du Travail. Pourtant, à y regarder de près, le document qui règle la vie professionnelle de chaque individu dans les moindres détails n’a pas débouché sur une véritable simplification. Les huit mille articles qu’il contient sont autant d’embûches au fonctionnement de l’activité et restent un handicap à l’amélioration de la compétitivité.

C’est aussi la raison pour laquelle, le président de la République multiplie les initiatives, la multiplicité des projets de réforme étant le meilleur moyen de ne pas se fixer sur un dossier particulier qui pourrait intervenir comme un point de fixation débouchant sur un conflit plus général. Certes, la popularité de l’exécutif peut en pâtir à court terme, mais pour l’instant l’opinion continue d’accorder un certain crédit au gouvernement pour appliquer la politique qu’il avait annoncée. Le moment est d’autant plus propice que l’année 2018 n’est marquée d’aucune élection qui serait susceptible de venir brouiller les cartes, alors que la conjoncture économique est dans une phase positive qui donne un peu d’air aux finances publiques. La croissance s’est en effet accélérée pour atteindre au quatrième trimestre 2017 un rythme annuel bienvenu de 2,4%, qui avait conduit les chefs d’entreprises à embaucher plus vigoureusement, comme en témoigne l’amélioration de l’emploi dans cette période. Mais cette cadence ne sera sans doute pas tenue, car depuis le début de l’année un certain fléchissement est perceptible. La rigueur de l’hiver n’y est pas étrangère. On enregistre une certaine pause dans les intentions d’achat, qui se manifeste aussi en Allemagne. Tandis que la tendance des Etats-Unis à relever davantage que prévu les taux d’intérêt pour faire face à une inflation renaissante pourrait faire renaître des inquiétudes en France sur l’alourdissement de la dette. La voie est ainsi étroite pour le pouvoir. Raison de plus pour maintenir la pression.

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gerint
- 23/02/2018 - 21:30
Citoyen libre
Les gens sont mal payés et non reconnus je suis bien d’a Et ce depuis longtemps et je crains que cela continue et s’amplifie avec des types comme Macron qui travaille pour des gens qui n’ont aucun intérêt à subir des salaires décents. Et on a vu plusieurs fois à quel point il méprisait de larges parties de la population qu’il se plaît à insulter notamment de l’étranger. Sa haine de la France « profonde » populiste pour lui met des gens comme moi en état de légitime défense. Je ne crois pas au tout « homo economicus » et je préfère une vie minimaliste choisie de loin au schéma que nous propose en despote ce petit coq
Citoyen-libre
- 23/02/2018 - 20:35
gerint
Il y a tout de même une certaine naïveté à croire que le personnage élu va être l'homme providentiel. Les salariés du privé de ce pays ne savent pas se défendre du fait de syndicats politisés, non représentatifs, et quelque peu corrompus, Les gens sont mal payés et non reconnus, et depuis longtemps. S'ils ne se réveillent pas, même Wauquiez ne fera rien. Macron est certainement narcissique mais également orgueilleux, et je le vois pas faire le malin dans 2 ans en Europe, s'il a échoué dans son pays. Il a quelque part une trop grande gueule pour ça. Pour l'instant il sème, c'est ce qu'il dit, attendons les moissons. Concernant les fleurons, je crois qu'il y a un ramassis de haut fonctionnaires pantouflards qu'il aurait fallu virer depuis longtemps.
gerint
- 23/02/2018 - 16:45
@citoyen libre
Il y a des chefs d’entre Qui dénaturent leur entreprise et la livrent aux appétits externes et je crois que c’est ce que fait Macron qui continue à livrer des fleurons aux étrangers car il n’a rien à faire de la France trop étriquée pour son narcissisme et il entend selon moi déstructurer toute francitté en accusant les conservateurs de populisme et de retard mental. A l’exception notable de Blanquer qui fait tache dans cette équipe: faire-valoir couvrant l’enfumage ?