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© BERTRAND LANGLOIS / AFP
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#WauquiezGate

"Pas d'EX-CU-SES !" : pourquoi la stratégie de Laurent Wauquiez pourrait être nettement moins perdante qu'anticipé

Publié le 20 février 2018
Si trumpisation du président des Républicains il y a, ce qui se joue n'est pas tant une question de ligne politique que de démonstration de la capacité à tenir tête aux élites du politiquement correct. Pour le meilleur comme pour le pire...
Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
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Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
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Maxime Tandonnet
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Si trumpisation du président des Républicains il y a, ce qui se joue n'est pas tant une question de ligne politique que de démonstration de la capacité à tenir tête aux élites du politiquement correct. Pour le meilleur comme pour le pire...

"L'affaire Wauquiez" provoque un remous certain dans la sphère médiatique et politique, mais a-t-elle un impact sur les lignes du paysage politique français ? Laurent Wauquiez risque-t-il une défection de ses électeurs ?

Maxime  Tandonnet : La question se situe à plusieurs niveaux. Il est certain que cet incident n’aura pas de conséquences sur le noyau dur de ses sympathisants et des militants qui l’ont élu. Son attaque contre Darmanin et ses accusations envers le président Macron ne vont pas forcément déplaire à la droite qui le soutient et qui veut en découdre avec le pouvoir actuel. Au contraire, la virulence des critiques dont Wauquiez fait l’objet, y compris de la part de ses adversaires dans son propre camp, peut favoriser une réaction de solidarité autour de lui. Cependant, au-delà de ce cercle, l’impact de ses déclarations est plus complexe. Laurent Wauquiez s’est visiblement fait piéger dans des conditions qui surprennent pour un homme politique de son expérience. Ce faux-pas n’est pas favorable en termes d’image personnelle car il peut être interprété comme un signe de naïveté par rapport à l’état d’esprit dominant, qui fait peu de cas du respect de la parole donnée et du sens de l’honneur. De même, les attaques personnelles auxquelles il s’est livré ne donnent pas le sentiment de relever le niveau de la politique française. On reste dans les batailles de personnes et les conflits d’ego, bien éloignés des grandes préoccupations des Français : prélèvements obligatoires, pouvoir d’achat, immigration, sécurité, emploi. Pour l’image de M. Wauquiez, la séquence n’est pas franchement favorable.

Christophe Boutin : Replaçons d’abord l’affaire dans son double contexte. Le premier est celui de propos « privés » qui ont été enregistrés et diffusés malgré l’expresse volonté de Laurent Wauquiez. A priori donc, ce dernier n’est en rien l’organisateur de cette affaire. Et pour comprendre son ampleur, il faut la replacer ensuite dans un second contexte, celui de la pression médiatique et politique exercée sur le nouveau président des Républicains, et ce dès avant son accession à la présidence – qui se fit sans aucun problème, rappelons-le, Wauquiez recueillant les trois-quarts des suffrages exprimés avec une forte participation.

Pour autant, nombre de médias préfèrent depuis des mois laisser la parole à des opposants ultra-minoritaires (Calan), à des personnalités en rupture de parti (Bertrand), à des opposants internes qui se sont bien gardés d’aller affronter Wauquiez lors de la campagne pour la présidence (Pécresse), sans compter les ineffables « vieux sages » Juppé et Raffarin.

L’antienne reprise par tous est bien connue : Laurent Wauquiez représenterait une personnalité trop « clivante », incapable de réunir les diverses composantes de la droite. Mais on peut douter de l’impact de « l’affaire Wauquiez » sur les électeurs de ce dernier : ils ne devraient d’abord pas trop s’émouvoir des attaques contre Garard Darmanin, à leurs yeux transfuge sinon traître ; et souvent anciens soutiens de François Fillon ensuite, ils sont volontiers prêts à croire qu’Emmanuel Macron ou ses conseillers n’ont pas été pour rien dans la suite d’affaires qui a entraîné la défaite de leur candidat.

Les nouvelles révélations faites par Quotidien lundi soir vont dans le même sens. 

Edouard Husson : Oui, Wauquiez est fini politiquement. Le comportement qu’il vient de révéler n’est pas une surprise pour qui a suivi son parcours depuis des années. Vulgarité, absence de maîtrise de soi, banalité de la pensée bêtement “très à droite”. Wauquiez s’est imposé à la tête des Républicains du fait du vide créé par le départ de Sarkozy, Juppé et Fillon et du désarroi de Xavier Bertrand et de Valérie Pécresse qui ne comprennent plus un électorat devenu très conservateur. Wauquiez avait apparemment une position adéquate sur l’échiquier politique; il pouvait laisser penser qu’il serait Sarkozy en plus conséquent: son attirance pour le protectionnisme et son scepticisme sur l’Europe pouvaient lui faire gagner des voix dans les classes moyennes qui ne veulent pas au fond voter pour le Front National. Mais cela voulait dire aussi entretenir un minimum de respectabilité pour ne pas effrayer la droite orléaniste ou légitimiste par un bonapartisme intempestif. Or, en jurant comme un charretier, il balance sur tout le monde, ses amis comme ses adversaires; il attaque à la fois le patronat et les syndicats. C’est Poujade ou Le Pen avec la grossièreté en plus. Ajoutons qu’il s’est fait prendre comme un bleu. Qui aura envie de voir président de la République un homme qui se fait attraper ainsi par des étudiants? On ne donne pas cher du pays qu’il représenterait dans les grandes négociations internationales. 

Beaucoup d'élus de LREM ou d'autres partis adversaires de LR ont dénoncé la "trumpisation" de Laurent Wauquiez, s'attaquant principalement au fond de ses déclarations. Ne manquent-il pas la vraie trumpisation, celle de "l'attitude", qui lui interdit notamment de s'excuser de ses propos, afin de ne surtout pas donner l'impression de céder à une pensée "politiquement correcte" ?

Maxime  Tandonnet : Oui, je suis bien d’accord. La suspicion envers M. Wauquiez d’avoir délibérément proféré ces propos en sachant qu’ils seraient enregistrés et largement diffusés  ne résiste pas un instant à l’analyse. S’il l’avait fait exprès, il n’aurait sûrement pas porté une telle critique envers Nicolas Sarkozy dont il a dû s’excuser. Il est impossible de parler de « trumpisation » à ce niveau, c’est-à-dire d’une volonté délibérée de provoquer un tollé médiatique pour faire parler de lui. En revanche, par son refus de toute forme d’excuse et regret vis-à-vis de M. Darmanin et du chef de l’Etat, il envoie un message à l’opinion publique : fermeté, intransigeance, détermination dans le combat politique qui est engagé. Il refuse d’autant plus de s’excuser qu’il estime être victime de la diffusion de paroles qui n’avaient pas vocation à sortir d’un cercle restreint. Là, nous ne sommes pas au niveau du débat d’idées ni de la mis en cause du politiquement correct (sur les minorités, l’immigration, les frontières, etc.) Nous sommes plus dans une logique de pure politique politicienne, d’opposition envers une équipe et de conquête du pouvoir, de retour à la logique droite/gauche. .

Christophe Boutin : Si l’on peut faire un parallèle entre Wauquiez et Trump, ce serait sur le côté « brut de coffrage » de certaines de leurs déclarations respectives – en rappelant que celles de Trump étaient publiques et celles de Wauquiez privées, et qu’aucun de nous ou presque ne s’exprime de la même manière dans les deux cas. C’est ce que vous nommez le « fond » des déclarations. L’autre point de comparaison que vous évoquez est effectivement le refus de Laurent Wauquiez ou de Donald Trump de faire repentance : pas de passage au 20 heures pour s’excuser d’avoir fait souffrir untel ou choqué tel autre, Wauquiez allant juste s’expliquer de ses critiques auprès de Nicolas Sarkozy.

Mais il faut aller au-delà, et se rappeler de l’effet contre-productif produit lors de la campagne présidentielle de Donald Trump par les incessantes attaques d’une large partie des médias et des politiques contre l’aspirant candidat puis contre le candidat, pour se demander si Laurent Wauquiez ne pourrait pas bénéficier du même effet.

C’est peu dire en effet que nombre de médias et/ou journalistes « mainstream » sont discrédités dans l’esprit de nos concitoyens – il n’est que de voir le niveau des cotes de confiance portant sur les journalistes. Arrivera-t-on au point, qui a - peut-être - été celui des USA lors des dernières présidentielles, où être attaqué par ces médias apportait automatiquement des votes plus nombreux que ceux perdus du fait de ces attaques ?

La question peut être posée, comme elle peut l’être au regard des attaques d’une partie de ce qui prétend être la famille politique de Laurent Wauquiez, cette droite qui n’a pas eu la chance de bénéficier, comme la gauche, du coup de balai et de l’appel d’air macroniste. Être attaqué par « le monde d’avant » - qu'il s'agisse de Juppé ou du système parlementaire dont il critique la faiblesse - peut vous donner un brevet de modernité fort utile de nos jours.

Edouard Husson : La comparaison avec Trump ne tient pas. Trump a commencé par être un chef d’entreprise et un homme de télévision, alors que Wauquiez ne connaît rien du monde une fois sorti de la haute fonction publique et de la vie politique. Et puis, on peut détester Trump mais il tient le même langage en public et en privé. Wauquiez, lui, participe d’une trahison des élites. Il est ancien élève de la rue d’Ulm! Mais on est bien loin de Péguy et de Jaurès, d’Aron et de Sartre. Il est ancien élève de l’ENA. mais sentez-vous pointer quelque part le serviteur de l’Etat comme l’avait imaginé le Général de Gaulle? S’il a cru que parler vulgairement faisait peuple, il se trompe lourdement. En parodiant Brel, en voilà un “Qu’aimerait bien avoir l’air/ Mais qui a pas l’air du tout....”. Ce que la “France périphérique” retiendra de lui c’est le double langage d’un pur produit des élites. La vraie comparaison à faire, c’est avec Nicolas Sarkozy. On a suffisamment reproché à l’ancien président son côté “bling-bling”, ses propos à l’emporte-pièce; eh bien, l’ancien président a beaucoup perdu, sinon tout, dans le regrettable “Casse toi, pauv’ c....”. Et Sarkozy n’était pas un produit des grandes écoles, on avait une certaine indulgence pour ses débordements. Alors que Wauquiez ne trouvera personne pour l’excuser. 

Cette stratégie de la "trumpisation" formelle opérée par Laurent Wauquiez vous semble-t-elle stratégiquement viable ? N'est-elle pas inadaptée au système électoral français (notamment au deuxième tour) ? Peut-elle fonctionner après la restructuration de la vie politique opérée par l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République ?

Christophe Boutin :  Il n’est pas certain que la « stratégie » ait été voulue à l’origine dans cette affaire, mais Laurent Wauquiez a sans doute compris l’avantage qu’il avait à saisir la balle au bond. Nouveau président, il tente de réorganiser un parti mis à mal par les élections de 2017 et qui doit se trouver un champ politique avant les prochaines échéances électorales, entre un Front National certes lui aussi en perte de vitesse, mais qui ne disparaîtra pas tant que les problèmes de société qui le portent ne seront pas réglés, et une République en Marche qui entend bien continuer de profiter du mythe jupitérien.

Il lui faut donc se forger une image, et cette affaire peut lui en offrir l’occasion. S’il apparaît grâce à elle comme jeune, moderne et parlant vrai, il se place en fait en Macron de droite – à une réserve près, le fait qu’Emmanuel Macron n’ait certes pas à se plaindre des médias.

Bien sur, comme vous le rappelez, cela pose la question de cette image, dans le système électoral français, au regard de la nécessité, au second tour, de rallier un maximum de voix. C’est sans doute là qu’est en partie le piège. Emmanuel Macron est idéologiquement mieux placé pour « rassembler », car plus au centre, mais cette stratégie suppose une certaine édulcoration du discours qui peut écarter la « gauche de la gauche ». Disposer en face de soi d’une figure-repoussoir au second tour évite cet écueil. On avait déjà le FN, diaboliser Laurent Wauquiez permet d’avoir le même effet. En fait, pour reprendre vos termes, Wauquiez se « trumpiserait » pour exister, mais cette « trumpisation » lui imposerait un plafond de verre.

Pour dépasser cela, Laurent Wauquiez devra assumer jusqu’au bout ses choix. Emmanuel Macron rassemble sur l’idée de Progrès et réussit pour l’instant le tour de force d’y mêler autorité et ouverture. Mais si les problèmes prioritaires des Français demeurent, il ne restera bientôt de visible et de certain que l’ouverture progressiste sur une mondialisation déstructurante. Pour casser le plafond de verre que certains tentent de mettre en place, un Laurent Wauquiez qui aurait affirmé son image pourrait alors rassembler au second tour sur les thèmes du conservatisme qui parsèment déjà ses discours : défense des libertés contre l’égalitarisme, des identités contre le nivellement, des corps intermédiaires protecteurs contre l’individualisme hédoniste, de l’autorité et de l’équité contre la démission de l’État. Et il le fera d’autant mieux que, « trumpisé », il paraîtra « parler vrai ».

Maxime  Tandonnet : Franchement, je suis assez sceptique à cet égard. Depuis 8 ans, les Français voient la vie politique qui ne cesse de sombrer dans les polémiques, les coups tordus, les petites phrases haineuses, les scandales retentissants et la fuite dans la posture.  83% des Français ont une image négative de la politique et ils ne sont que 9% à faire confiance aux partis (Cevipof janvier 2018). Le taux d’abstention a atteint 80% aux dernières élections partielles. Les Français ne supportent plus le grand spectacle politicien, le carriérisme obsessionnel, les batailles d’ego. Ils attendent de Laurent Wauquiez, et des hommes et femmes politiques en général qu’ils se penchent sur leurs difficultés, leurs souffrances et leurs préoccupations. Tel est le sens même de la démocratie : les responsables politiques sont les représentants de la nation à son service. Ils ne sont rien d’autre que des serviteurs du pays et ils ont un devoir d’exemplarité. L’impression de « cour de récréation » n’est pas de nature à réconcilier les Français avec leur classe politique. La première mission de l’opposition, que devrait aujourd’hui incarner M. Wauquiez, est de donner une autre image de la politique, tournée vers le seul bien commun et la préparation de l’avenir. Laurent Wauquiez a donné une excellente impression lors de son « Emission politique » sur France 2 par son sang-froid et sa maîtrise des sujets. Dans l’affaire de l’école de commerce de Lyon, il ne s’est pas montré à son avantage, sauf peut-être aux yeux  de ses militants, mais ce n’est pas eux qu’il faut convaincre, c’est l’opinion dans son ensemble. Les élections sont encore loin. A lui de prouver qu’il saura tirer les leçons de cet incident. 

Edouard Husson : Vous avez raison: les Etats-Unis et la France sont très différents. Trump a pu être élu malgré sa vulgarité et ses provocations parce qu’une partie des Américains ont vu en lui un entrepreneur, quelqu’un qui ferait ce qu’il annonçait. Dans un pays où le système politique était en train de se figer dans une fausse alternance entre l’aile droite et l’aile gauche de l’oligarchie, Trump a paru réveiller le mythe du self made man, il a promis de remettre en marche l’ascenseur social. Et puis l’Amérique aime voir surgir un candidat inattendu. Trump était connu par son empire immobilier et son émission mais personne ne l’attendait en politique. La France réagit très différemment. Nation ancienne, forgée par la monarchie, nous nous faisons une haute idée de la République et de nos représentants. On gagne la confiance des Français: il a fallu trois tentatives à François Mitterrand ou à Jacques Chirac pour accéder à la présidence; Nicolas Sarkozy a connu une traversée du désert après l’échec d’Edouard Balladur et il a dû faire ses preuves comme ministre pour être élu. François Hollande était une figure bien connue du système politique quand il a été élu - et il a d’ailleurs vite déçu quand on a eu le sentiment qu’il flottait dans le costume du Général. Il est vrai qu’il arrive que le système français se sclérose et surgit alors un météore: mais qu’il s’appelle Bonaparte, Giscard ou Macron, vous remarquerez qu’il ne vient jamais de nulle part: le premier avait été élevé dans les meilleures écoles militaires de la monarchie et il avait fait ses preuves sur le champ de bataille; les deux autres sont inspecteurs des finances. Wauquiez commençait à intéresser mais c’était le début, vraisemblablement, d’une course d’endurance. L’aventure tourne court. 

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ISABLEUE
- 21/02/2018 - 11:16
et puis les journalistes vont se calmer AUjourd'hui
Marion Marechal Le Pen va parler ce jour......
ISABLEUE
- 21/02/2018 - 10:43
Cloette
vous avez raison.
Ils nous fatiguent, tous, avec leur politiquement correct.
mymi
- 21/02/2018 - 09:07
Soit-disante réaction de Sarkozy !
Je ne crois pas un instant au propos relater par Le Canard acharné sur la teneur de la conversation entre sarkozy et Wauquiez ! Comment pourrait-il savoir ce qui se dit hormis d'avoir placé l'un ou l'autre sur écoute et dans ce cas il y a delit.