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Premier bilan
Crise migratoire, asile et immigration : où en la France depuis 2015 ?
Publié le 19 février 2018
Le projet de loi asile immigration est présenté ce mercredi en Conseil des ministres.
Jacques Barou est docteur en anthropologie et chargé de recherche au CNRS. Il enseigne les politiques d’immigration et d’intégration en Europe à l'université de Grenoble. Son dernier ouvrage s'intitule La Planète des migrants : Circulations...
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Jacques Barou est docteur en anthropologie et chargé de recherche au CNRS. Il enseigne les politiques d’immigration et d’intégration en Europe à l'université de Grenoble. Son dernier ouvrage s'intitule La Planète des migrants : Circulations...
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Le projet de loi asile immigration est présenté ce mercredi en Conseil des ministres.

Le projet de loi Asile Immigration, qui sera présenté ce 21 février en Conseil des ministres, ​et débattu à l'Assemblée dans le courant de ce mois d'avril, intervient près de 3 années après l'irruption d'une crise migratoire découlant du conflit syrien, puis, par la prise de conscience de flux migratoires en provenance du continent africain. Quel bilan peut-on dresser de cette crise ? 

Jacques Barou : La crise en question n'est pas terminée mais elle est malgré tout atténuée par certaines initiatives prises au niveau national et européen. Il y a eu au départ un manque de prévoyance car avec l'augmentation du nombre de déplacés par les guerres en Syrie et en Irak et leur installation dans des conditions très précaires dans des pays voisins eux-mêmes fragiles comme le Liban ou la Jordanie, on pouvait s'attendre à ce que ceux d'entre eux qui le pouvaient se lancent dans des tentatives désespérées d'aller en Europe. Les pays européens ont été pris au dépourvu. Ils se sont renvoyé les uns aux autres la responsabilité de l'accueil et cela a fait apparaître des clivages entre les pays de l'est, très hostiles par principe à tout accueil et les pays de l'ouest prêts à prendre leur part de l'effort mais en essayant de réduire celle-ci autant que possible en jouant sur les législations de Dublin qui permettent de renvoyer les demandeurs d'asile vers les pays par lesquels ils sont entrés sur le territoire européen. Au niveau des opinions publiques, l'émotionnel a pris le pas sur le réalisme avec toutes les ambiguïtés que cela implique. Les images d'enfants noyés ont provoqué des élans de compassion mais les images des foules tentant d'escalader les clôtures ont réactivé la peur de l'invasion et fait basculer les opinions vers une attitude plutôt hostile.
 
La visibilité de ceux qui ne pouvaient être pris en charge et qui s'installaient dans la rue ainsi que les quelques incidents de voisinage ont renforcé cette hostilité. Au niveau institutionnel, la première mesure a été de passer un accord avec la Turquie pour que le pays accepte de ralentir les flux passant par son territoire. Cela a donné à l'état turc un fort moyen de pression sur l'Europe mais s'est avéré une mesure efficace pour diminuer les arrivées. Dans le même temps on a constaté une reprise de flux migratoires en provenance de pays qui n'étaient pas en guerre comme certains pays des Balkans et d'Afrique subsaharienne. Cela amène les Etats et entre autres la France à accentuer la distinction, pas toujours évidente à faire, entre les demandeurs d'asile que l'on peut accueillir puisqu'ils relèvent de la protection internationale et les migrants économiques que l'on peut refuser. Face à la pénurie des structures d'accueil, un ordre de priorité ne peut manquer d'être établi. Il comporte une inévitable part d'arbitraire. Au final, la crise a révélé les difficultés de l'Europe à mettre en place une politique d'accueil commune et fait ressortir sa dépendance par rapport aux pays de transit. Elle a révélé aussi les clivages au sein des opinions publiques et si elle a montré les capacités de mobilisation de certaines organisations solidaires de la société civile, elle a aussi contribué à renforcer les tendances xénophobes dans plusieurs pays et à faire réapparaître l'extrême droite en Allemagne.
 

Que peut on considérer comme ayant été "bien fait" par les pouvoirs publics durant cette crise, et quelles ont été les erreurs commises, aussi bien au niveau national qu'européen ?  

Les actions en amont ont été les plus judicieuses. Envoyer des agents de l'OFPRA dans les pays de transit est un moyen de protéger les candidats au départ qui sont les plus exposés. Mener une politique d'appui à des gouvernements respectueux des droits de l'homme pour qu'ils mènent une action contre les passeurs qui dirigent les filières clandestines est aussi à verser au crédit des pouvoirs publics. Par contre laisser les candidats au départ bloqués dans des pays comme la Libye a abouti à laisser le champ libre aux profiteurs sans scrupules. Enfin l'augmentation des moyens d'accueil est aussi à souligner. La réinstallation d'une partie des migrants installés dans les jungles de Calais à travers tout le pays a permis de soulager temporairement cet abcès de fixation. Une politique d'accueil plus équilibrée entre les différents pays aurait permis d'être plus efficace et on n'a sans doute pas assez fait d'effort au niveau européen pour y parvenir. Mais il y a énormément de choses sur lesquels les pouvoirs publics ont peu d'emprise. La tendance des Etats à tenir compte d'opinions publiques assez traumatisées par les attentats et la peur des désordres est un frein objectif à une politique communautaire de même que les projets des migrants eux-mêmes qui visent des pays précis et dédaignent les opportunités d'installation qui leur sont offertes dans d'autres pays. 
 

Au regard du constat dressé, quelles sont encore les défis qui restent à relever pour les pouvoirs publics ? 

Ces défis sont nombreux et se situent aussi bien au niveau national qu'au niveau international.Les cas de réussite d'accueil des demandeurs d'asile dans le passé sont liés à une politique de protection qui s'est mise en place très en amont. A partir de 1975 plusieurs pays occidentaux dont la France sont allés chercher les candidats à l'asile en provenance du Vietnam, du Laos et du Cambodge dans les camps de Thailande et les ont installés dans des centres d'hébergement provisoires où ils ont bénéficié d'une accompagnement social de qualité. Est-il possible de faire quelque-chose de semblable aujourd'hui ? Non car les arrivées sont plus nombreuses, les distances plus courtes et les migrants n'inspirent plus la même sympathie dans les opinions publiques. On doit tout de même tenter de s'inspirer de ces modèles avec l'idée d'agir le plus possible en amont et d'anticiper sur de nouvelles crises du même genre. La promulgation de nouvelles lois n'est pas forcément pertinente dans la mesure où plusieurs lois ont été déjà votés au cours des dernières années. Il faut plutôt ajuster les moyens d'action à la part de l'effort d'accueil que le pays est prêt à accomplir. 
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Deudeuche
- 19/02/2018 - 20:46
@Neurohr alain
Les “blancs” ne se reproduisent que trop peux sont societalement paumés et se détestent eux mêmes, “Vae Victis” l’Europe de l’Est Tient encore à ses valeurs, l’Ouest s’avorte gaiement depuis fort longtemps!
Neurohr Alain
- 19/02/2018 - 18:55
L'avenir de ce flux migratoire ?
Le spécialiste interrogé ne se pose pas une seconde la question essentielle : quand et comment s'arrêtera le flux migratoire ? Quand il y aura 1 million, 10 millions ou 100 millions de migrants en France, dix ou vingt fois plus en Europe ? La natalité africaine ne baisse pas du tout, ce continent aura quatre milliards et demi d'habitants en 2100 selon les estimations les plus sérieuses.
Faut-il prévoir des réserves de Blancs en Europe, comme il y a des réserves indiennes aux Etats-Unis ? La seule excuse du spécialiste, c'est que ni Macron, ni Collomp et encore moins les députés LREM ne semblent se poser la question. Ce n'est pas la peine de gouverner si on doit laisser se développer cette prolifération incontrôlable.
Arthur75015
- 19/02/2018 - 14:50
L'Europe est victime de la pire invasion de son histoire
Il faut mettre un terme à toute immigration, par tous les moyens y compris technologiques (rendre la vie impossible par des outils biométriques aux clandestins qui doivent être tous sans exception expulsés), faire repartir tous les étrangers non-européens légaux et enfin revenir sur les naturalisations effectuées ces quarante dernières années. Il faut supprimât partout le droit du sol. Et oui oser une politique de REMIGRATION. Face à l'importance du péril du GRAND REMPLACEMENT que personne ne peut nier il faut une main qui ne tremble pas, une volonté sans faille.