En direct
Best of
Best of du 6 au 12 avril 2019
En direct
© Reuters
Tensions
Dernières nouvelles du front (hommes/femmes) : ce que révèle la violence des réactions à la tribune signée par Catherine Deneuve pour défendre "une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle"
Publié le 10 janvier 2018
Dans le Monde, une tribune signée par 100 femmes a créé la polémique, dans le contexte de l'affaire Weinstein.
Peggy Sastre est écrivaine et traductrice. Elle est l'auteure de "Ex Utero : pour en finir avec le féminisme" et de "La domination masculine n'existe pas".
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Peggy Sastre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Peggy Sastre est écrivaine et traductrice. Elle est l'auteure de "Ex Utero : pour en finir avec le féminisme" et de "La domination masculine n'existe pas".
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans le Monde, une tribune signée par 100 femmes a créé la polémique, dans le contexte de l'affaire Weinstein.

Vous venez de cosigner une tribune publiée dans Le Monde intitulée ​« Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »​, dont l'objectif était d"affirmer un rejet d'un certain féminisme qui exprime une haine des hommes, qui a pu provoquer de nombreuses et très vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux, et visant particulièrement Catherine Deneuve et sa supposée "déconnexion" avec le réel, en l'occurence "les frotteurs".  Au delà de cette critique précise, comment expliquez vous la virulence de la contestation et l'incapacité apparente de tout dialogue ? 

Je dois devenir vraiment vieille, mais je pense de plus en plus que les réseaux ont été une plaie pour l'humanité - et notamment pour un sujet humain qui me tient à cœur : le débat, la circulation des idées. En France, j'ai dû faire partie des premières personnes à être connectées à Internet, pleine d'espoir et de la fougue de pouvoir discuter à 5 heures du matin avec un gars de l'autre côté du Texas à qui je pompais toute sa discographie de Prince (enfin, mp3 après mp3) ou de trouver sur-le-champ des études et des textes scientifiques sans avoir par en passer par des abonnements et des visites poussives en bibliothèque. Entre autres. Je dis ça pour la contextualisation : je continue d'adorer ce qu'a permis et permet internet, à commencer par donner la possibilité à des gens comme moi, autistes fonctionnels, de tisser des liens et de se faire entendre sans en passer par d'épuisants contacts "réels".
 
Mais les réseaux sociaux... j'ai l'impression qu'ils ont réveillé en dix petites années le pire de la babouinerie que cinq et quelques siècles de Réforme, de Renaissance et de Lumières avaient, bon an mal an, réussi à décrotter de l'espèce de singes flippés par la foudre que nous sommes - et qui essayent de trouver des moyens d'apaiser cette flippe à peu près depuis leur "descente de l'arbre". Les réseaux sociaux exacerbent la pensée de village, la surveillance réciproque. Des mémées sur leur banc qui commentent la tenue de la voisine à la puissance quatre millards. Ce "refroidissement social" qu'on peine encore à analyser dans son expression la plus basique : le conformisme.  La difficulté pour beaucoup de gens d'exprimer une parole divergente. A ce titre, je n'ai pas beaucoup de mérite : j'ai toujours été hermétique au jugement d'autrui, mais je constate que ce n'est évidemment pas le lot du "commun des mortels". Sur les réseaux sociaux, le féminisme militant semble majoritaire, parce que c'est celui qui crie le plus fort - Gérald Bronner a pu analyser les mécanismes généraux de tels phénomènes dans "La démocratie des crédules" - alors on se tait face à son pouvoir de nuisance. Mais ce que révèle aussi notre tribune - dans sa production comme dans les réactions qu'elle suscite - c'est qu'elle n'aurait peut-être pas pu "mieux" tomber : nous sommes, je pense, à un moment charnière de l'évolution de notre paysage intellectuel.
 
D'un côté, nous avons toléré depuis trop longtemps les "manipulations militantes", pour citer une lectrice brésilienne de la tribune qui vient juste de m'écrire pour me dire, comme tant d'autres, combien ce texte l'aidait à mieux respirer. Mais d'un autre, je pense que ce n'est pas encore trop tard pour "renverser la vapeur" du chantage affectif généralisé qu'elles font peser sur le débat. J'ai un biais d'optimisme certain, mais je pense que nous sommes arrivées au moment opportun. La discussion était devenue bien trop monolithique et, de fait, bien trop ankylosée et ankylosante. Plein de gens n'en pouvaient plus. A commencer par les auteures de ce texte. 
 

Des 343 salopes du mois d'avril 1971 à cette tribune, l'évolution de Catherine Deneuve semble troubler ses opposants actuels. Quelle est la filiation entre ces deux mouvements ?  

Il n'y en a pas, du moins pas de consciente en tout cas. Outre qu'effectivement, j'aimerais bien qu'elle devienne aussi "historique" - mais ce n'est pas quelque chose qui se jauge le lendemain de la parution -, il doit y avoir quelque chose qui "trouble" dans Catherine Deneuve. Peut-être sa propension à ne pas se laisser intimider, qui sait ? 
 

Comment parvenir à "réconcilier" les féminismes ? ​

Si quelqu'un a la solution, je pense qu'il pourra devenir riche. Personnellement, je serais pour une dissolution du féminisme dans sa forme militante - qui avouons-le, énerve tout le monde à commencer par les premières concernées - et un recentrage des préoccupations sur les fondamentaux transpartisans de l'égalité hommes-femmes. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a toutes sortes de femmes dans nos signataires, et notamment sur le plan des opinions politiques. Peut-être que ça dit aussi quelque chose de la "représentativité" de notre texte :  nous avons tellement "parlé" à des femmes qu'elles ont accepté de le signer "en compagnie" parfois de leurs pires ennemies idéologiques, tout en prenant le risque de se faire réticulairement lyncher ? C'est pas mal comme exploit, non ?
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Les puissants relais de l'Algérie en France ; Ces amis de Ghosn que tout le monde craignait chez Renault; L'avertissement de Philippe à Castaner; Technip: et un mégagâchis industriel de plus; Notre-Dame partout dans les hebdos, le catholicisme plus rare
04.
Un pognon de dingue pour Notre-Dame de Paris ? Oui, car l'Homme ne vit pas que de pain
05.
Hausse des salaires : Jeff Bezos peut-il révolutionner le capitalisme américain ?
06.
Près d'un milliard d'euros de dons pour Notre-Dame : une occasion en or pour repenser le lien entre sens de la dépense publique et consentement à l'impôt
07.
Le blues des gendarmes de Matignon ne faiblit pas
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
04.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (25)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
mahesa
- 12/01/2018 - 01:11
Sortons de cette confusion...
Oui, je suis féministe, oui, j'ai été très harcelée par un connard frustré qui bossait avec moi et qui n'envisageait même pas qu'une femme jolie, intelligente et autonome lui dise non, seul homme qui se soit comporté ainsi en 30 ans de carrière, et oui, je soutiens la liberté d'un homme de tenter de plaire comme la mienne de séduire. Après, ces harceleurs et violeurs sont des pervers, pauvres types pas finis dans leur sexualité. Et ce qui se passe en ce moment fait bien les affaires de ceux qui associent tchador et liberté de la femme, n'est ce pas ?
mahesa
- 12/01/2018 - 01:11
Sortons de cette confusion...
Oui, je suis féministe, oui, j'ai été très harcelée par un connard frustré qui bossait avec moi et qui n'envisageait même pas qu'une femme jolie, intelligente et autonome lui dise non, seul homme qui se soit comporté ainsi en 30 ans de carrière, et oui, je soutiens la liberté d'un homme de tenter de plaire comme la mienne de séduire. Après, ces harceleurs et violeurs sont des pervers, pauvres types pas finis dans leur sexualité. Et ce qui se passe en ce moment fait bien les affaires de ceux qui associent tchador et liberté de la femme, n'est ce pas ?
zelectron
- 11/01/2018 - 18:12
A bas le TOTALITARISME féministe !
ou le fascisme des femmes de gauche . . .