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2017 est mort : vive 2018 !

Publié le 03 janvier 2018
Choisir comporte toujours une part d’arbitraire. Mes choix d’évènements, dès lors qu’ils n’entrent pas dans la catégorie des « grands événements », seront donc ceux que j’ai jugés, personnellement, importants. Je distinguerai naturellement les événements français des événements internationaux.
Michel Fize
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Michel Fize est un sociologue, ancien chercheur au CNRS, écrivain, ancien conseiller régional d'Ile de France, ardent défenseur de la cause animale.Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont  Le Peuple adolescent (2ème éd. Mots...
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Choisir comporte toujours une part d’arbitraire. Mes choix d’évènements, dès lors qu’ils n’entrent pas dans la catégorie des « grands événements », seront donc ceux que j’ai jugés, personnellement, importants. Je distinguerai naturellement les événements français des événements internationaux.

En France, l’année 2017 aura, incontestablement, été marquée par l’élection à la présidence de la République d’un quasi-inconnu en politique : Emmanuel Macron. Battant tous les favoris (à un moment ou à un autre), de droite comme de gauche : les Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, et, pour finir, Marine Le Pen, le nouveau président ouvre, c’est certain, une nouvelle ère de la vie politique française. Avec son mouvement En Marche, Emmanuel Macron entend en effet, résolument, « faire de la politique autrement », au-delà des clivages enfermant de « gauche » et de « droite » - que, soit dit en passant, les Français, dans leur majorité, récusent de plus en plus. Une recomposition politique est donc en cours, qui voit l’affaiblissement des deux grands partis traditionnels : Les Républicains (LR) et, plus encore, le PS qui, à l’heure où ces lignes sont écrites, n’a toujours ni chef, ni programme. Quant au FN, après la déconvenue de la présidentielle, le départ de Florian Philippot et l’affaiblissement du leadership de Marine Le Pen, son avenir apparaît bien incertain. Précisons que, quels que soient les qualités, le dynamisme et la réussite du nouveau président, qui se hisse en haut du palmarès des 50 personnalités des Français (une première pour un homme politique) et qui est soutenu aujourd’hui par 52 % de nos concitoyens, l’équilibre nécessaire des pouvoirs en démocratie suppose l’existence d’une opposition solide qui, en cette fin d’année, n’existe toujours pas.

Sur le plan économique, l’année 2017 restera une année encourageante. Dans un contexte international, il est vrai, de reprise d’activités, l’on estime que la croissance française atteindra 1,9 % (au lieu des 1,8 prévus). Quant au taux de chômage, il restera, avec 9,7 %, sous la barre symbolique des 10 % (un taux de 9,4 % est espéré pour 2018).

De nombreux points noirs subsistent néanmoins : le chômage des jeunes, en particulier celui des jeunes de banlieue ou des outre-mériens, ainsi que le chômage des seniors. Sans oublier de difficiles conditions de travail conduisant à des « burn-out », les problèmes récurrents d’accessibilité à l’emploi des personnes handicapées, la question étudiante.

L’année 2017, enfin, aura été une bonne année sportive : qualification de l’équipe de France de football pour le Mondial russe ; consécration des équipes de handball, masculine et féminine, qui deviennent, l’une et l’autre, championne du monde ; victoire, en Coupe Davis, pour la 10ème fois de son histoire, de l’équipe nationale de tennis, emmenée par son capitaine Yannick Noah. N’oublions pas évidemment l’installation au PSG de l’un des plus grands footballeurs actuels : le brésilien Neymar Jr, depuis rejoint par le talentueux jeune français, Mbappé, arrivées qui renforcent du coup l’intérêt pour le Championnat français.

L’année 2017, en revanche, aura été endeuillée par la disparition de plusieurs grands artistes, comédiens et chanteurs, sportifs, historiens et romanciers, personnages publics. Citons les comédiens Victor Lanoux, « Louis-la-Brocante », Claude Rich, Robert Hirsch, Jean Rochefort, les comédiennes Jeanne Moreau, Danielle Darrieux, Mireille Darc, le footballeur Raymond Kopa, l’ancienne ministre Simone Veil, l’écrivain Jean d’Ormesson, l’historien Max Gallo et, récemment, le chanteur Johnny Hallyday, dont l’hommage populaire à Paris aura rassemblé un million de personnes. Ajoutons ici les personnalités étrangères, comme le chanteur américain Chuck Berry, pionnier du rock-en-Roll, l’acteur britannique Roger Moore et l’acteur américain Jerry Lewis.

Sur le plan international, les mauvaises nouvelles l’emportent, hélas, sur les bonnes. L’année 2017 aura été marquée par la perpétration d’une vingtaine d’attentats terroristes, tant en Occident, Europe et Etats-Unis, qu’en Afrique ou au Moyen-Orient. Près de 800 victimes, et des milliers de blessés, sur un total de plus de 1 000 victimes, seront enregistrées dans les seuls pays d’Irak, de Syrie, d’Egypte et d’Afghanistan, venant confirmer le fait que les premières cibles de Daech restent les musulmans (modérés) eux-mêmes.

A la vague terroriste, qui semble inépuisable, se sont greffées en 2017, d’importantes catastrophes naturelles qui auront fait plus de 1 100 victimes. On pense bien sûr à l’ouragan Irma qui aura dévasté Saint-Barthélémy et surtout rasé 95 % de Saint-Martin, et qui aura fait aussi 50 morts en Floride. On pense encore aux tremblements de terre au Mexique, en Irak et en Iran, qui auront entraîné 700 morts. On pense enfin aux coulées de boue au Sierra Leone et en Grèce, qui auront fait encore environ 350 victimes.

Ajoutons aux catastrophes naturelles, les « catastrophes politiques ». L’installation à la Maison-Blanche, en janvier dernier, de Donald Trump, 45ème président des Etats-Unis, n’est pas un signe de bonne santé démocratique. Les démêlés du nouveau président avec la Corée du Nord, particulièrement belliqueuse, il est vrai, et qui représente en soi un danger pour la planète, rendent la paix mondiale plus fragile que jamais. Par ailleurs, le refus du même Donald Trump de respecter les Accords de Paris (COP 21) sur le climat, signés en décembre 2015, n’est pas une décision rassurante.

On ne peut que se réjouir en revanche de la défaite militaire de Daech sur les fronts syrien et irakien, ce qui, hélas, ne signifie pas l’éradication idéologique de ce fléau dans le monde.

Autre catastrophe : la sortie de l’Europe de la Grande-Bretagne. Ce « Brexit » n’est en effet une bonne nouvelle ni pour l’Europe, qui perd un précieux partenaire, ni pour la Grande-Bretagne, aujourd’hui confrontée à un mouvement inflationniste et à l’exode, préventif, de nombreuses entreprises européennes.

Terminons par la question catalane. En octobre dernier, un référendum organisé en Catalogne donnait la victoire aux indépendantistes conduits par le président Carles Puigdemont. Le parlement proclamait alors l’indépendance de la région… avec application différée. Aussitôt le roi d’Espagne et le Premier ministre Mariano Rajoy déclenchaient une vive répression conduisant au départ précipité en Belgique du chef indépendantiste (qui allait être arrêté pour rébellion) et à la dissolution du Parlement catalan. Les élections du 21 décembre viennent de confirmer la volonté indépendantiste de la Catalogne, région qui a perdu beaucoup de son autonomie depuis quelques années. L’on peut penser que le statut devra être révisé et consolidé. Je suis personnellement favorable à l’indépendance du peuple catalan.

2017 s’achève. Après l’adoption en septembre dernier des « ordonnances travail », contestées et contestables, au plan des justes droits des travailleurs, le gouvernement d’Edouard Philippe, en 2018, devra se pencher sur d’épineux dossiers : dossier de la retraite, dossier fiscal, dossier des immigrants, des mal-logés, des sans-abri, etc…

Bon courage, monsieur le Président, et joyeux anniversaire !

 

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