En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
Retour aux affaires
Emmanuel Macron face aux pièges de sa rentrée
Publié le 03 janvier 2018
Le président de la République devrait tenir aujourd'hui son séminaire de rentrée où il devrait fixer sa feuille de route et présenter ses voeux à la presse.
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Éric Verhaeghe
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le président de la République devrait tenir aujourd'hui son séminaire de rentrée où il devrait fixer sa feuille de route et présenter ses voeux à la presse.

Emmanuel Macron tient aujourd'hui un séminaire de rentrée où il devrait fixer la feuille de route gouvernementale. L'occasion est donnée est de fixer le cap des réformes sur les prochains mois. Si la détermination du chef de l'État à prendre des mesures fortes commence à percoler dans l'opinion, plusieurs dangers guettent le gouvernement sur des sujets sensibles où l'application de la sagesse populaire risque d'être une tentation mortelle. Voici les trois dictons qu'Emmanuel Macron doit démentir pour réussir sa politique. 

Pour Emmanuel Macron, la rentrée est plutôt placée sous un signe favorable. La croissance économique est passée au grand beau malgré l'augmentation du chômage, et l'opposition est plus que jamais divisée et affaiblie. Ces éléments se traduisent par un regain de popularité relatif, avec désormais plus de la moitié des Français satisfaits par sa politique.

Toutefois, la rentrée risque de commencer à toucher des zones sensibles pour l'opinion. Entre la décision à prendre sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la conduite à tenir sur les affaires de sécurité, d'immigration et de droit d'asile, l'actualité offre une palette de terrains verglacés pour un gouvernement encore mal aguerri aux dossiers compliqués. 

Emmanuel Macron pourrait avoir la tentation de se laisser guider par une sorte de ronron doctrinal. La réussite de sa politique passe pourtant par quelques bonnes provocations contre le bon sens populaire. 

Faire mentir le "Charité bien ordonnée commence par soi-même"

L'une des tentations du gouvernement, on le voit bien, consiste à accélérer le train des réformes dans le secteur privé sans toucher au secteur public. Cet immobilisme permet d'acheter une vraie paix sociale avec les remuants fonctionnaires, mais il explique pourquoi le premier budget Macron bat des records en matière de dépenses publiques. 

Pour le gouvernement, il peut être tentant de continuer cette politique en faisant porter l'essentiel de l'effort sur les entreprises et les salariés, tout en ménageant ses fonctionnaires. On attend de voir si le programme "Ambition 2020" que le gouvernement prépare pour réformer l'administration confirmera ou non cette paresse à réformer. 

Si le "Charité bien ordonnée comme par soi-même" devait être appliqué, il entacherait fortement la crédibilité du Président. Les Français supporteraient mal que la charge de l'effort ne soit pas correctement répartie. 

Faire mentir le "Toute vérité n'est pas bonne à dire"

On connaît la montée du politiquement correct, qui impose de faire rimer Français avec méchant colonialiste, raciste, sexiste et exploiteur, mais qui interdit de parler de "terrorisme islamiste", ou qui prohibe l'énoncé de tout fait rompant avec le fantasme selon lequel les membres des minorités pourraient être autre chose que des victimes innocentes d'un système qui les opprime. Les délires récents pour expurger les manuels d'histoire de toute référence à Colbert ou autre le rappellent. 

Face au lynchage de deux policiers à Champigny, ou face aux problèmes que posent les réfugiés et un droit d'asile mal contrôlé en Europe, le gouvernement sera soumis à une difficulté majeure. Soit il prend le taureau par les cornes et s'exposera aux accusations venues de la gauche bien-pensante. Soit il cède à la tentation de la concorde et évite de mettre des mots sur une réalité qui exaspère une part grandissante des Français. 

Entre les deux options, la seconde est plus payante à court terme, mais plus coûteuse à long terme. La France peine en effet à contrôler ses frontières et devient progressivement un point de ralliement pour les déboutés du droit d'asile en Allemagne. Dans les prochains mois, il n'est pas impossible, si rien n'est fait, qu'elle doive affronter une crise migratoire complexe...

Macron a ici intérêt à prendre les devants en posant à froid quelques principes simples, avant qu'une actualité brûlante ne rende le terrain bien plus mouvant. 

Faire mentir le "Qui trop embrasse mal étreint"

Dans les turbulences qui sont susceptibles à tout moment d'arriver, le gouvernement peut avoir la tentation de limiter le champ et la profondeur des réformes. C'est le "Qui trop embrasse mal étreint"... Modérons nos ardeurs pour ne pas nous mettre en péril trop important. 

D'où certains domaines qui pourraient ne pas être réformés autant que nécessaire, comme la santé et, plus généralement la santé publique, ou comme la fiscalité. On a vu poindre, durant les six derniers mois, les hésitations de l'équipe gouvernementale sur la taxe d'habitation ou l'impôt sur les sociétés. 

Dans le cas de la taxe d'habitation, on comprend la nécessité pour le gouvernement de concilier les promesses présidentielles et la grogne des élus locaux. Il faut dire que la promesse de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des Français avait des relents populistes efficaces en termes de communication, mais compliqués aujourd'hui à gérer politiquement. 

Le pire, pour le gouvernement, serait de marquer le pas et de se replier sur un format réduit de réformes à mener. Certes, le calcul pourrait parier sur une hausse de la popularité du Président en contrepartie de cet apaisement. En revanche, un manque d'entrain dans la baisse de la fiscalité plombera d'autant la capacité française à retrouver une croissance créatrice d'emplois. 

Et pour Emmanuel Macron, l'enjeu final est de taille. 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
"Il entend, mais il n'écoute personne" : les conseillers de Macron sont au bout du rouleau
02.
Et si le Rassemblement National était en train de faire un bien mauvais coup à l’euro en renonçant à exiger que nous en sortions ?
03.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Brexit : rien n’est joué pour le royaume-Uni même en cas de sortie sans accord
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
“Le pacifisme, ça suffit” : pourquoi la stratégie de répression judiciaire et policière risque de produire une génération de militants politiques aguerris
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
04.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
05.
Vivons-nous dans un univers-bulle en expansion dans une autre dimension ? ; Hubble nous offre un magnifique portrait très détaillé de la galaxie du Triangle
06.
Et la raison pour laquelle les Allemands commencent sérieusement à s’inquiéter d’un Brexit sans deal est…
07.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
05.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
vangog
- 03/01/2018 - 10:35
Grosses augmentations de taxes Macronistes!
en ce début d’annee 2018, le Macron-Rothschild-Soros fait fort! Il ne s’attaque ni aux délinquants, ni aux clandestins, mais aux Français, eux-mêmes... »il faut bien augmenter les dettes afin de financer l’investissement de Rothschild et Goldmann-Sachs » aurait déclaré le péteux...
Marie-E
- 03/01/2018 - 10:28
Je ne veux pas connaître les pièges
Je m'en fous. Je regarde mes comptes depuis Israël et je constate déjà le 3 du mois que mon loyer a augmenté et que mes retraites complémentaires ont baissé au total de plus de 70Euros ce qui augure d'une baisse sur ma retraite du régime général d'environ plus de 140 €. Perte sèche sur l'année 1900€ de retraite. Bon allez encore un voyage et je me tire définitivement en demandant l'arrêt des cotis CSG, CRDS et sécurité puisque je ne compte pas remettre les pieds en France. Je conseille à tous les retraités de trouver un pays d'accueil chaleureuse... Comme par exemple le Portugal où les avantages sont nombreux pour les retraités français. Israël c'est bien aussi mais un peu plus compliqué... Et puis il faut être sioniste et pas avoir peur de tous les conn... alentour. La France va malheureusement dans le mur. Désolée mais sans moi. Je pense avec beaucoup de peine à tous les Français pauvres qui ne pourront partir et qui subiront. Vive Jupiter et Brigitte.... Au moins il y en a qui craignent rien