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2017, l’odyssée de la fin du monde d’avant

2017, l’année de la fin du clivage droite gauche ? Non seulement c’est parfaitement faux mais la nation ne s’est jamais autant déchirée de l’intérieur

Publié le 30 décembre 2017
Atlantico a demandé à ses contributeurs leur vision de l’année où la France a vécu de nombreuses surprises et rebondissements et est entrée dans l’ère Macron. Pour Claude Robert, la disparition du clivage droite-gauche n’était qu’un coup de marketing très astucieux : jamais ce clivage n’aura été aussi fort et aussi pertinent qu’actuellement.
Claude Robert
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Claude Robert est consultant international en organisation d’entreprise et auteur du blog http://www.eradiquons.fr,
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Atlantico a demandé à ses contributeurs leur vision de l’année où la France a vécu de nombreuses surprises et rebondissements et est entrée dans l’ère Macron. Pour Claude Robert, la disparition du clivage droite-gauche n’était qu’un coup de marketing très astucieux : jamais ce clivage n’aura été aussi fort et aussi pertinent qu’actuellement.

Non seulement la disparition du clivage droite-gauche n’était qu’un coup de marketing très astucieux, coup dont il faut d’ailleurs gratifier le candidat qui s’en est servi aux présidentielles (E.Macron), mais jamais ce clivage n’aura été aussi fort et aussi pertinent qu’actuellement.

Plusieurs forces s’opposent en effet en ce moment, au sein de la société française. Certes, la période de Noël a ravivé certaines de leurs composantes, celles concernant la notion de laïcité. Mais l’origine judéo-chrétienne de notre pays n’est pas la seule dissension actuelle : la France s’écharpe sur plusieurs sujets radicaux, et ces sujets recoupent de façon très fidèle cette fameuse opposition droite-gauche dont certains médias s’étaient pourtant empressés d’annoncer les funérailles.  

Quoi de plus classique en effet que ces déchirements actuels :

-tradition judéo-chrétienne contre laïcité pure et dure,

-protection de la nation contre immigration sans limite,

-réformes libérales contre laxisme étatique,

-culte de l’effort contre égalitarisme à outrance ?

Qu’on en juge :

Tradition judéo-chrétienne contre laïcité pure et dure

La lutte contre les signes religieux revêt une intensité particulière depuis que la justice, faisant suite à une décision du Conseil d’Etat, à donné six mois à la mairie de Ploërmel pour retirer la croix d’une statue de Jean-Paul II. Avec humour, la Pologne a officiellement proposé de récupérer cette statue, ce qui souligne cruellement le ridicule de la situation.

Pour autant, les français ne semblent pas spécialement désireux de supprimer les signes judéo-chrétiens de leur environnement quotidien. Dans un sondage Ifop (Ouest-France 12/14), 71% d’entre eux, dont 60% des non croyants, étaient "plutôt favorables" à la présence de crèches de Noël dans les administrations et les bâtiments publics. L’importante médiatisation dont bénéficie ce combat pour nettoyer les traditions hexagonales de leur héritage chrétien semble donc orchestrée d’en haut, c’est-à-dire du pouvoir : le pouvoir politique et juridique (Conseil d’Etat, Justice, personnalités de gauche comme A.Hidalgo, M.Valls ou se disant de droite comme F.Baroin…), et le pouvoir médiatique (qui lui est inféodé).

Il y a hélas tout à craindre qu’un sujet aussi explosif se retourne contre ses instigateurs, avec comme conséquence prévisible la radicalisation des tenants de la tradition chrétienne, tout comme celle des tenants de la laïcité à tous crins. L’historien et sociologue des religions Philippe Portier déclarait déjà il y a plus d’un an (Libération 28/07/16) : « on ne parlait presque plus des racines chrétiennes depuis les années 60. Une série de sondages montre le retour en force de cette thématique ». Facebook, qui fonctionne comme un indicateur précurseur des opinions, confirme à longueur de forums combien certains français, qu’ils soient d’ailleurs croyants ou athées, se sentent agressés dans le fondement même de leur culture. Les réactions qui ont suivi la création du mouvement « Printemps Républicain »[1] dont le but n’était pourtant que de réhabiliter le débat au sein de la gauche (et de stopper son déni vis-à-vis des problèmes d’insécurité) attestent également de la puissance des crispations de ce côté-ci de l’échiquier politique.

Protection de la nation contre immigration sans limite

Ce combat a longtemps été l’apanage exclusif du Front National mais ce n’est plus le cas : depuis le programme de F.Fillon pour la présidentielle puis l’élection de L.Wauquiez à leur tête, les Républicains ne cachent plus leur attachement à une notion que les socialistes n’ont jamais cessé d’ostraciser : la « nation ». A l’exception de J.L.Melenchon qui se montre plutôt récalcitrant, la gauche met en effet un point d’honneur à clamer haut et fort sont souhait d’accueillir l’immigration sans aucune espèce de condition, et sans y voir le moindre risque d’incompatibilités culturelles.

Cette posture a d’autant plus l’apparence de la générosité qu’elle ne s’embarrasse pas des détails opérationnels qui s’imposent (capacités d’accueil, budget, prise en charge scolaire et professionnelle, insécurité, chômage) ce qui montre combien celle-ci est idéologique et non pas réfléchie. Il s’agit bien sûr d’un marqueur puissant de l’identité de la gauche française et ce n’est pas un hasard si le candidat E.Macron a déclaré, pendant la campagne présidentielle : « la culture française n’existe pas ».

Mais pourquoi donc la défense de la nation serait-elle aussi indigne ? Ce « plébiscite de tous les jours » (E.Renan) serait-il honteux ? Là aussi, le discours diviseur vient d’en haut, c’est-à-dire du pouvoir socialiste. Car, faut-il le rappeler, selon un récent sondage Ipsos (Figaro 17/09/17), seulement 14% des Français jugent que l’immigration a un impact positif[2].

Réformes libérales contre laxisme étatique

N’oublions jamais que parmi les onze candidats qui se sont présentés à l’élection présidentielle française de 2017, neuf se positionnaient entre l’extrême gauche et la gauche, tandis que l’ancien ministre socialiste E.Macron se positionnait de façon assez floue au centre. Un seul et unique candidat sur ces onze affichait un programme d’essence libérale, F.Fillon, programme qui avait reçu un accueil très favorable lors de la primaire de la droite et du centre, et qui avait même poussé un certain nombre de socialistes à voter A.Juppé afin d’éviter la « violence sociale » du candidat libéral.

Sur ce plan-là, la France est totalement atypique, avec une tradition étatique pour ne pas dire communiste solidement ancrée. En 2005, lors d’un sondage mondial Globescan, le seul pays à avoir répondu à plus de 50% « non » à cette question : « le système basé sur la libre entreprise et l’économie de marché est-il le meilleur pour assurer votre avenir ? » est la France, ce qui n’est pas rien !

A cette tradition communiste et égalitariste s’ajoute d’ailleurs une inculture économique que déplorent plusieurs économistes et qui se confirme à chaque sondage comparatif européen : les Français font état d’une culture en sciences économiques tout à fait médiocre[3] .

Indéniablement, la partition de l’hexagone en deux camps retranchés, les libéraux d’un côté et les étatiques de l’autre, n’est pas prête de s’évaporer. Il suffit de voir l’incompréhension dont fait l’objet ce libéralisme honni pour s’en persuader. Le plus incroyable est que cette répulsion a été jusqu’à présent largement entretenue par les gouvernements respectifs de Hollande et de Macron, par les médias et par certains leaders politiques eux-mêmes qui sont allés jusqu’à accuser F.Hollande d’avoir mené une politique « ultra libérale » !

La mystification continue puisque certains politiciens (parmi lesquels le populiste J.L.Mélenchon) et des médias du même bord reprochent actuellement au gouvernement Macron d’en faire autant, alors que celui-ci a repoussé à plus tard les économies sur le train de vie de l’Etat et la baisse généralisée des impôts dont notre pays a tant besoin ! N’oublions pas que l’Etat français accapare chaque année 57% du PIB, ce qui est la preuve accablante et irréfutable que la France est un pays parmi les plus étatisés de la planète. Comment oser taxer de libéral un gouvernement qui se satisfait voire aggrave un tel niveau de racket ?

Là aussi, ce clivage épouse assez fidèlement celui des partis classiques. A part les « Gracques », rares sont à gauche les tenants de réformes libérales ne serait-ce que du type de celles que la Suède (pays pourtant épris de protection sociale) à mis en place pour redresser ses finances.

Culte de l’effort contre égalitarisme à outrance  

L’idée même de « revenu universel » est indubitablement associée à la notion d’effort et de reconnaissance du mérite. Un sondage Harris (Express 23/01/17) montre que six Français sur dix sont opposés à l'instauration d'un revenu qui serait versé à tous les Français de leur naissance à leur mort. Cependant, sans surprise, 55% des sympathisants de gauche y sont favorables.

Il en a été de même pour les ambitions affichées jadis par le gouvernement Hollande de niveler les filières élitistes de l’Education Nationale et d’instaurer un relativisme qui ramène tout au même niveau (haro sur la sélection), au point que E.Valls et sa ministre de l’éducation avaient même suggéré, pour l’ouverture d’esprit des élèves, des cours de mime avec le très controversé J.Debbouze. N.Vallaud-Belkacem ne s’était d’ailleurs pas gênée de traiter de « pseudo intellectuels » les philosophes et autres sociologues réputés qui avaient critiqué la dangerosité de sa réforme.

Certes, sur ce plan-là, le gouvernement Macron déroge à la règle socialiste, mais seul l’avenir dira si le pragmatisme de J.M.Blanquer satisferont la gauche et l’extrême gauche françaises… Car pour l’instant, que ce soit en matière de revenu universel ou de nivellement éducatif, le clivage droite-gauche reste entier. 

Déchirements de la société française : une partition finalement des plus classiques !   

Il suffit de représenter ces quatre dimensions conflictuelles sur une carte à deux dimensions (en prenant les deux premières d’entre elles par exemple) pour retomber sur un découpage très classique au sein duquel l’appartenance à un courant de droite ou de gauche est toujours aussi déterminante. Il ne s’agit pas là d’une analyse à posteriori, mais d’un positionnement à priori, en tenant compte des relations attraction/opposition vis-à-vis de ces quatre dimensions analysées ci-dessus. En d’autres termes, ce graphique visualise très simplement les proximités et les distances relatives à chaque courant, parti et personnalité impliqués dans les déchirements actuels :

Le même graphique pourrait être fait selon les oppositions Nation/Multiculturalisme et Libéralisme/Etatisme, sans que la distribution spatiale soit très différente. En réalité, la vraie ligne de partage entre les Français reste fortement corrélée à l’appartenance aux idées de gauche ou de droite.

Et cette ligne de partage a toutes les chances de se durcir au cas où les pouvoirs politiques et médiatiques continueraient de provoquer le pays sur ces dimensions essentielles que sont l’idée de la nation, le respect des traditions, la notion de mérite et la possibilité de travailler pour s’enrichir.


[1] avec comme créateur notamment E.Badinter et M.Gaucher

[2] tout comme 18% des Allemands, et 21% des personnes interrogées dans les 25 pays sondés !

[3] Christian Saint-Etienne, le prix Nobel Edmund Phelps, et les enquêtes Codice/TNS Sofres 2008 et 2009, IFOP 2011, Audencia Nantes 2015, etc…Et même les Gracques (M.Rocard)

 

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zen-gzr-28
- 31/12/2017 - 01:29
Jupiter et ses sous fifres vont passer un mauvais
moment à la lecture de cet article ou, prendre Mr ROBERT pour un rigolo. Les LREM sont les seuls et réels politiques sur le terrain depuis qu'ils ont anéanti tous les autres. Ils sont sur leur petit nuage, ils adorent leu chef, ils sont les meilleurs,ils vont remettre la FRANCE sur les rails.Le commun des mortels se rend bien compte d'ailleurs aussi, que depuis 7 mois ,ce gouvernement a fait ce que Jupiter avait annoncé pendant sa campagne. Mais au fait, qu'a-t-il annoncé pendant cette mémorable campagne ? Ils prennent leurs rêves pour des réalités !