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Bonnes feuilles
Pourquoi les économistes n'ont pas su prévoir la crise de 2008 ?
Publié le 02 décembre 2017
Avec Steve Keen
Dans ce livre explosif, Steve Keen – l'un des rares économistes à avoir anticipé la dernière crise financière –, démontre magistralement comment la théorie néo-classique, aujourd’hui dominante dans les milieux économiques, est fondée sur des idées fausses et devient donc incapable de prévenir et d’empêcher les crises. Extrait de "Pouvons-nous éviter une autre crise financière?" de Steve Keen, aux éditions Les Liens qui Libèrent. 1/2
Steve Keen est un économiste critique de l’économie néo-classique. Il est l’une des figures de proue du mouvement du New Economic Thinking.
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Dans ce livre explosif, Steve Keen – l'un des rares économistes à avoir anticipé la dernière crise financière –, démontre magistralement comment la théorie néo-classique, aujourd’hui dominante dans les milieux économiques, est fondée sur des idées fausses et devient donc incapable de prévenir et d’empêcher les crises. Extrait de "Pouvons-nous éviter une autre crise financière?" de Steve Keen, aux éditions Les Liens qui Libèrent. 1/2
Avec Steve Keen

À l’époque où j’ai conçu mon modèle, l’économie  mondiale était encore embourbée dans la récession  qui, en novembre 1992, ouvrirait les portes de la  Maison-Blanche à Bill Clinton, avec son cri de ralliement: «C’est l’économie, idiot!». Le chômage venait juste d’atteindre son maximum à 7,8%. Ce n’était pas négligeable au regard de la moyenne de l’après-guerre (5,6%), mais on était loin du terrible pic à 10,8% qui avait marqué la récession de 1983.

Ce taux a commencé à descendre à partir d’août 1992, tandis que l’économie américaine entrait dans  le boom des télécommunications, puis dans la bulle  Internet des années 1990. Quant à l’inflation, si elle était bien en deçà des sommets caractéristiques de la fin des années 1970, le démarrage de ce nouveau boom faisait craindre qu’elle ne redécolle. Il n’en a rien été: elle s’est mise à baisser en même temps que le chômage, passant de 3% au plus fort de la récession des années 1990 à un taux annuel de 1,5% au sortir de la décennie.

La récession qui a fait suite à l’éclatement de la bulle Internet, en 2000, accompagné de l’effondrement de l’indice Nasdaq, s’est révélée plutôt douce. Le pic de chômage a été atteint à la mi-2003 avec 6,3%, tandis que l’inflation s’est établie juste au-dessus de 1%. Et, avant même que l’économie ne touche son point le plus bas, les tenants de l’école néoclassique standard ont pu se féliciter de voir se produire la fameuse «Grande Modération» qu’ils chérissaient tant.

À rebours de ce festival d’autocongratulations, des économistes dissidents commençaient à sonner l’alarme. C’était le cas en particulier du Britannique Wynne Godley. La méthode d’analyse qu’il avait développée, fondée sur les flux monétaires entre secteurs, lui révélait que des problèmes se profilaient à l’horizon. Son point de départ était une évidence: à un excédent monétaire dans un secteur doit correspondre un déficit équivalent dans d’autres secteurs. Il en concluait que la tendance de l’économie américaine à l’excédent budgétaire que l’on observait à cette époque se traduirait nécessairement par un accroissement de l’endettement du secteur privé qui se révélerait intenable. Dans un article au titre provocateur – «Boucle d’Or est-elle condamnée?» –, Godley et Wray affirmaient que l’heure viendrait où le secteur privé serait obligé de cesser d’emprunter; la longue période d’expansion céderait alors la place à une grave récession.

Malheureusement, les dirigeants politiques et les économistes orthodoxes qui les conseillaient sont restés sourds à ces avertissements, ainsi qu’à tous les autres délivrés par Godley dans divers articles aussi subversifs que celui-ci. Il y avait plusieurs raisons à cela. La principale était que Godley n’avait pas adopté les présupposés qu’exigeait le courant majoritaire: ses travaux examinaient les flux de monnaie et de crédit entre secteurs, et non le comportement d’optimisation d’agents rationnels. De plus, il raisonnait strictement en termes de stocks et de flux monétaires, alors que la pensée mainstream ne démordait pas de sa vision, installée depuis bien longtemps: la modélisation macroéconomique peut et même doit faire fi de la monnaie, des banques et de la dette. Comme l’ont admis Eggertsson et Krugman au lendemain de la crise, la majorité des modèles économiques standard passaient totalement sous silence l’endettement privé:

"Compte tenu de l’importance de la dette dans le débat public sur nos difficultés économiques actuelles et de la longue tradition consistant à en faire un facteur clé des contractions économiques majeures, on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit au cœur de la plupart des modèles macroéconomiques standard – en particulier en ce qui concerne l’analyse de la politique monétaire et fiscale. Or, et c’est quelque peu surprenant, il est assez courant de faire totalement abstraction de cette caractéristique".

"Pouvons-nous éviter  une autre crise financière?" de Steve Keen, aux éditions Les Liens qui Libèrent

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