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Brexit : Theresa May n’a que deux solutions : la mort subite ou la mort lente
Publié le 21 octobre 2017
Désespérée. La cheffe du gouvernement britannique n’a pas convaincu les partenaires européens de lui offrir une solution de sortie.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
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Désespérée. La cheffe du gouvernement britannique n’a pas convaincu les partenaires européens de lui offrir une solution de sortie.

Theresa May est rentrée de Bruxelles avec la conviction d’être complètement coincée. Coincée entre son mandat politique d’organiser le Brexit et l’impossibilité de trouver un accord qui permettrait à la Grande Bretagne de conserver une grande partie des avantages qui sont liés à son appartenance à l’Union européenne.

Elle est coincée entre l’intransigeance des européens qui posent toujours trois conditions préalables à l’ouverture des négociations :

Un, les européens demandent le solde de tout compte et le remboursement de tout ce que Londres doit aux européens, soit entre 50 et 100 milliards.

Deux, les européens exigent aussi des garanties sur le sort et les droits des ressortissants de l’Union résidant en Grande Bretagne.

Trois, Bruxelles demande aussi que la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et l'Irlande du Sud n’aboutisse pas à un réveil de l’antagonisme entre l’Irlande catholique, indépendante et qui reste dans l’Union et l’Irlande protestante qui fait partie de la GB.

Elle ne peut pas accepter ces trois conditions. Elle n’a pas de mandat pour cela. En revanche, elle est poussée par sa majorité pour aller, vers un Brexit dur, mais on lui demande aussi de trouver des modalités qui ménagent les intérêts économiques de la Grande Bretagne. C’est donc contradictoire.

La Grande Bretagne aujourd’hui commence à souffrir. Les anglais savent que la plupart des grandes banques ont mis en place des plans de déménagement pour quitter Londres et aller s’installer à Francfort, Luxembourg, Dublin ou Paris. Ils savent aussi que la croissance a commencé à piquer du nez, que les prévisions d’activité sont médiocres et que l’inflation par les produits importés ne va pas les épargner.

Les partisans du Brexit continuent de penser que cette situation qui se dégrade est liée au manque de visibilité sur les conditions du divorce et plaident donc pour une rupture franche et rapide.

Theresa May s’est rendue compte que la Grande Bretagne devait trouver des accords d’échange pour maintenir son niveau de vie. Du coup, le parti conservateur se fissure et le parti travailliste fait campagne pour de nouvelles élections qui permettraient d’annuler la procédure de Brexit.

Theresa May a donc le choix entre :

 Une mort subite et brutale en quittant ses fonctions et laissant sa place à son ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, avec lequel elle est en conflit ouvert et public sur la question du Brexit. Boris Johnson travaille à un hard Brexit, parce qu’il fait le pari que la Grande Bretagne pourrait inventer un modèle de croissance alternatif à celui qu’elle avait développé dans le cadre de l’Union européenne, mais personne dans le monde des affaires ne lui fait crédit.

Ou alors une mort lente en laissant la situation se dégrader. Parce que l’autre solution pour Theresa May est de continuer à essayer d’arracher un accord, mais devant l’intransigeance européenne, elle aura du mal à y parvenir, sans pouvoir arrêter le processus de déclin.

Ce qui est très intéressant dans cette affaire historique, c’est la position de européens. Les britanniques qui ont choisi le Brexit ont réussi ce tour de force à ressouder les européens sur une position unique et commune.

La position des Européens est pour une fois très simple :

Ou bien la Grande Bretagne assume son Brexit et en paie le prix.

Ou bien elle fait machine arrière. Ce qui ne serait nullement déshonorant. Pour les européens, la crise du Brexit (comme jadis celle de la Grèce hier ou de la Catalogne aujourd’hui) a de formidables vertus pédagogiques à l’adresse des populations.

Face aux difficultés liées aux mutations mondiales et technologiques, les populations européennes sont tentées de céder aux tentations populiste et autonomistes. Elles sont tentées de se replier sur elles-mêmes. Mais ces tentations-là sont éminemment dangereuses.

La Grèce est passée à côté de la catastrophe, elle se redresse. La Catalogne prend conscience que sa richesse est liée à son appartenance à l’Espagne et à l’Europe. Quant à la Grande Bretagne, elle sait que le Brexit va lui couter cher en emplois et en niveau de vie.

A la fin du dernier sommet européen, beaucoup de chefs d’Etat et de gouvernement ont fait le pari que la crise pouvait rendre intelligent et responsable. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Anguerrand
- 23/10/2017 - 18:01
C'est la Politique FN mise à mal
Si les français pensent encore que le Franxit est la solution, j'espère qu'ils seront vaccinés définitivement. Les anglais subissent déjà les premières conséquences économiques avant même la sortie effective de l'UE. Les catalans commencent déjà à serrer les fesses a l'idée de quitter l'UE et l'€.
vangog
- 22/10/2017 - 11:13
L'UE refile de l'argent aux Turcs...
pour qu'ils ne envahissent pas (trop vite) de leurs immigrés et réclame de l'argent aux Anglais en sortie de bail...et vous ne la trouvez pas totatalement "inversée" et absurde, cette union?...
pascal farigoule
- 22/10/2017 - 10:19
Qu’ils partent miladious
Et vite, sans chichi ! Ils paient leurs dettes et ils se renferment sur leur île./ ils continueront à accepter les populations qui viennent de feu leur empire colonial - et chasseront les polonais et autres européens ! Mais qu’ils s’ Aillent vite.