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Perspectives

Macron ouvre le cycle des réformes dans la gouvernance des entreprises

Publié le 16 octobre 2017
Emmanuel Macron veut réformer la gouvernance des entreprises et tout laisse à penser que cette réforme sera douloureuse et compliquée. C'est ce qui ressort de son incertaine interview à TF1 ce soir.
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
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Éric Verhaeghe
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Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
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Emmanuel Macron veut réformer la gouvernance des entreprises et tout laisse à penser que cette réforme sera douloureuse et compliquée. C'est ce qui ressort de son incertaine interview à TF1 ce soir.

Les commentaires à l'issue de l'incertaine interview d'Emmanuel Macron sur TF1 se consacrent beaucoup au pronostic sur la force de conviction qui a animé le président. Dans la pratique, l'exercice a surtout consisté à s'adresser directement aux Français pour expliquer les réformes en cours. Peu de choses nouvelles étaient donc à attendre de ce moment.

Pourtant, au-delà de l'exercice pédagogique, Emmanuel Macron s'est risqué à faire une annonce majeure: il réformera dans les prochains mois la gouvernance des entreprises, et tout particulièrement l'intéressement et la participation. Les entrepreneurs ont tout intérêt à suivre ce dossier de près. 

Quelle réforme de l'intéressement et de la participation?

Selon les propos du Président, les entreprises doivent apprendre à mieux intéresser les salariés "lorsque ça va mieux". Le projet est assez bien connu: le gouvernement, en accord avec la CFDT d'ailleurs, devrait compenser l'effet "droitiste" des ordonnances par des mesures "gauchières" sur la participation des salariés à la vie de l'entreprise. 

Par une étrange erreur d'interprétation, beaucoup de commentateurs pensent que cette réforme se limitera à améliorer l'intéressement des salariés aux résultats de l'entreprise. Il est très probable qu'effectivement le gouvernement ait l'intention de généraliser le principe de l'accord d'intéressement à toutes les entreprises. 

Mais... la réforme macronienne devrait avoir une ambition bien plus large. Certains évoquent l'idée d'une participation obligatoire des salariés au capital dans les entreprises de plus de 50 salariés. Ils évoquent également la représentation obligatoire des salariés dans les conseils d'administration ou les directoires de ces entreprises. Il s'agirait là d'une onde de choc majeure pour la vie des entreprises françaises. 

Vers une victoire des managers dans la gouvernance des entreprises?

La philosophie générale de ces réformes est aussi bien connue. Elle consiste à renforcer la place des managers dans la direction du capitalisme français, au détriment des entrepreneurs. On retrouve ici la filiation sociale d'Emmanuel Macron, haut fonctionnaire très éloigné de la création d'entreprises. 

Dans la pratique, ses idées devraient conduire à une évolution en profondeur de la conduite des entreprises françaises. Si l'on se souvient que le gouvernement procède cette année à l'abrogation des allègements fiscaux en raison des durée de détention des actions (ce qui frappe lourdement les salariés bénéficiaires de détention d'actions gratuites), on peut craindre le pire. 

Un cadeau à la CFDT?

Dans ce dossier, on comprend qu'Emmanuel Macron cherche à renouer le lien avec la précieuse CFDT. Laurent Berger avait trouvé les ordonnances décevantes. Il devrait se "rattraper" sur les mesures à venir. 

Celles-ci seront probablement négociées avec les partenaires sociaux. Pour les entrepreneurs, cette opération va se révéler très risquée...

 "La difficulté c'est que le gouvernement ne va pas jusqu'au bout de la démarche, qui exige d'organiser une vraie culture du dialogue social. Ne pas rééquilibrer les moyens de négocier et renforcer la participation des salariés aux décisions de l'entreprise est un signe d'immaturité. Ces ordonnances étaient l'occasion de faire évoluer le syndicalisme, mais le gouvernement est resté trop méfiant, trop lutte des classes"

Laurent Berger , in Actuel CE

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cloette
- 16/10/2017 - 12:31
Tout le monde le sait
l'ENA forme des gestionnaires, pas des économistes .
Atlante13
- 16/10/2017 - 12:21
Bien vu, merci
on retrouve dans ce sujet l'apologie de l'Etat Stratège, avec la gestion des entreprises par des haut-fonctionnaires irresponsables, mais Macron en rajoute une couche en décidant d'y ajouter les syndicats. Bonjour les réunions des conseils d'administration! Bref, à la tête des entreprises vous n'aurez plus que des fonctionnaires et les syndicats, comme SNCF, EDF, AF, etc...enfin toutes ces entreprises structurellement déficitaires et que l'Etat a essayé de privatiser pour s'en sorti financièrement. Le modèle que nous vend Macron c'est les SCOOP, modèle existant depuis des lustres et largement subventionné, et qui ne survit que rarement plus de 4 ou 5 ans, le temps que mettent les dirigeants à s'apercevoir que ce sont toujours les mêmes qui tirent la charrette, et ils s'en vont. Macron, que certains traitent de libéral, n'est qu'un haut-fonctionnaire qui finira de soviétiser la France. RIP.