En direct
Best of
Best of du 25 au 31 juillet
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Savez-vous pourquoi des centaines de "jeunes" se sont affrontés à Etampes ? Parce qu’ils étaient empêchés d’aller au bled !

02.

Covid-19 : ce que les bonnes nouvelles en provenance de Suède et d’Italie pourraient nous apprendre pour maîtriser le retour du virus

03.

Orange mécanique, le retour : mais que cachent ces tabassages en série pour des histoires de masques ?

04.

L’enseigne Cultura boycottée par des clients pour son utilisation de l’écriture inclusive

05.

Liban : les images de la catastrophe et des explosions au port de Beyrouth

06.

Edwy Plenel est en très, très grande forme : il assimile la police d'aujourd'hui à celle de Vichy en 1942 !

07.

Retour à la réalité : les résultats d’entreprises sont pires que mauvais, c’est du jamais vu

01.

Ce que son opposition au projet ITER révèle de la véritable nature de Greenpeace

02.

Marc Lavoine se marie; La fille de Mick Jagger s'éprend du fils de Marc Levy, Blanche Gardin d'une star américaine; Jean Dujardin se saisit des fesses de Nathalie, Baptiste Giabiconi expose les siennes; Charlene de Monaco traverse la Méditerranée à vélo

03.

Savez-vous pourquoi des centaines de "jeunes" se sont affrontés à Etampes ? Parce qu’ils étaient empêchés d’aller au bled !

04.

Vers une 3ème guerre mondiale ? Pourquoi Xi Jinping pourrait bien commettre la même erreur que le Kaiser en 1914

05.

Covid-19 : ce que les bonnes nouvelles en provenance de Suède et d’Italie pourraient nous apprendre pour maîtriser le retour du virus

06.

Elon Musk affole la twittosphère en affirmant que les pyramides d’Egypte ont été construites par… des aliens

01.

Les dangereux arguments employés par les soutiens de la PMA pour toutes

02.

Loi bioéthique : le naufrage moral de l’amendement sur l’interruption médicale de grossesse

03.

Marine Le Pen est bien partie pour devenir présidente des Républicains

04.

Edwy Plenel est en très, très grande forme : il assimile la police d'aujourd'hui à celle de Vichy en 1942 !

05.

Vers une 3ème guerre mondiale ? Pourquoi Xi Jinping pourrait bien commettre la même erreur que le Kaiser en 1914

06.

Quelles mesures rapides pour stopper la multiplications des violences au quotidien ?

ça vient d'être publié
pépites > International
Solidarité avec le peuple libanais
Explosions à Beyrouth : Emmanuel Macron se rendra jeudi au Liban
il y a 42 min 23 sec
pépite vidéo > France
Images révoltantes
Un homme violemment agressé dans une laverie pour avoir demandé de porter un masque
il y a 2 heures 43 min
décryptage > France
Rébellion, sauvagerie ou les deux ?

Orange mécanique, le retour : mais que cachent ces tabassages en série pour des histoires de masques ?

il y a 5 heures 26 min
décryptage > Société
Antisémitisme

Adrénochrome : une vieille théorie complotiste de récolte forcée de sang sur des humains resurgit puissamment sur les réseaux sociaux

il y a 6 heures 31 min
décryptage > Economie
Atlantico Business

Retour à la réalité : les résultats d’entreprises sont pires que mauvais, c’est du jamais vu

il y a 7 heures 34 min
pépite vidéo > International
Scènes de chaos
Liban : les images de la catastrophe et des explosions au port de Beyrouth
il y a 19 heures 24 min
light > Media
Délai supplémentaire
France Télévisions : confirmation de l'arrêt de France Ô "à compter du 23 août", la fin de France 4 est reportée d'un an
il y a 23 heures 27 min
pépite vidéo > Europe
Deux ans après le drame
Italie : les images de l'inauguration du nouveau pont de Gênes
il y a 1 jour 44 min
pépites > Politique
Soutien du chef de l'Etat
Emmanuel Macron annonce le versement de la prime Covid pour les aides à domicile
il y a 1 jour 1 heure
décryptage > Politique
Antifascisme de pacotille

Edwy Plenel est en très, très grande forme : il assimile la police d'aujourd'hui à celle de Vichy en 1942 !

il y a 1 jour 3 heures
pépites > France
Polémique 2.0
L’enseigne Cultura boycottée par des clients pour son utilisation de l’écriture inclusive
il y a 1 heure 16 min
pépite vidéo > International
Dégâts considérables
Explosions au Liban : ces images des rues de Beyrouth qui témoignent de la violence de la catastrophe
il y a 4 heures 10 min
décryptage > Santé
Enseignements

Covid-19 : ce que les bonnes nouvelles en provenance de Suède et d’Italie pourraient nous apprendre pour maîtriser le retour du virus

il y a 5 heures 50 min
décryptage > Consommation
COCKTAIL & TERROIR

Les idées cocktails originales de l’été : jetez vous à l’eau ! Fine Calvados, parjure pour certains, divin pour tous

il y a 6 heures 34 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Lectures d'été" : "Eva" de Simon Liberati

il y a 18 heures 34 min
pépites > International
Catastrophe
Liban : des dégâts importants et de nombreux morts après deux fortes explosions au port de Beyrouth
il y a 20 heures 25 min
pépites > Politique
Travaux parlementaires
Benjamin Griveaux sera chargé d'une mission parlementaire sur l'alimentation des jeunes
il y a 1 jour 8 min
pépites > High-tech
Failles exploitées
Covid-19 : Interpol alerte sur une hausse des cyberattaques "exploitant la peur"
il y a 1 jour 1 heure
décryptage > International
Tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

Haut-Karabagh : plaidoyer d’un député français pour la paix et l’avenir

il y a 1 jour 2 heures
décryptage > Culture
À la recherche du tube de l'été

Foxylight, avec son dernier titre "Past Vision", ouvre la voie au rock néo-psychédélique français. Et c'est très réussi

il y a 1 jour 4 heures
© Reuters
© Reuters
Bonnes feuilles

Légende du "36" : le mythique interrogatoire de l’affaire Mestorino

Publié le 15 octobre 2017
Si le 36 quai des orfèvres pouvait parler, il en aurait des choses à dire. Eh bien, le pari d'un 36 bavard a été relevé ! Il ne s'agit pas de le confesser à la première personne, d'imaginer un tas de pierres bavardes, mais de débusquer la petite histoire de la Police Judiciaire derrière la grande. Extrait du livre "Les dessous du 36" de Matthieu Frachon, aux éditions du Rocher (2/2).
Matthieu Frachon
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Matthieu Frachon est journaliste, spécialiste de l’Histoire de la police.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Si le 36 quai des orfèvres pouvait parler, il en aurait des choses à dire. Eh bien, le pari d'un 36 bavard a été relevé ! Il ne s'agit pas de le confesser à la première personne, d'imaginer un tas de pierres bavardes, mais de débusquer la petite histoire de la Police Judiciaire derrière la grande. Extrait du livre "Les dessous du 36" de Matthieu Frachon, aux éditions du Rocher (2/2).

Eh bien! je vais vous en raconter un, d’interrogatoire, un mythique. C’est l’affaire Mestorino.

Le 28 février 1928, à 9 heures du matin, on découvre dans un fossé sur la route entre Lagny et Melun, le cadavre d’un homme enroulé dans une couverture en train de brûler. La victime est un courtier en bijoux, un nommé Gaston Truphème. C’est le commissaire Guillaume qui est chargé de l’enquête. Très vite la Crim’ s’intéresse à Charles Mestorino, un bijoutier qui a de gros besoins d’argent. Son comportement est suspect, il se montre trop touché par la mort de Truphème, il ment sur son emploi du temps, il est l’une des dernières personnes à avoir vu le courtier. Et c’était pour payer une traite de 30 000 francs.

Convoqué, interrogé, confronté, il s’en est tiré. Les policiers décident de lui pousser la «chansonnette», de faire un interrogatoire où petit à petit le suspect est acculé, démasqué.

Celui-ci ne peut avoir lieu que dans le bureau du patron, le 315.

Le 14  mars 1928, à 8  h  30 du matin, les inspecteurs Mougel et Février sonnent à la porte des bureaux de Charles Mestorino… Une fois de plus… Le joaillier se montre jovial, il a clamé à tous les journaux qu’il ne veut qu’aider la Police, qu’il coopère sans discuter… Il est innocent comme l’agneau qui vient de naître.

D’ailleurs quand il s’installe dans le bureau 315, celui du patron de la Brigade Criminelle, ce dernier n’est même pas là ! Seul son adjoint, le massif Massu fume sa pipe en regardant un dossier.

Les deux hommes bavardent comme si de rien n’était: «Le commissaire ne va pas tarder, mais je crois que c’est juste un détail administratif, une histoire de procédure…»

En fait c’est le début de l’un des interrogatoires les plus célèbres de l’histoire de la PJ, longtemps enseigné dans les écoles de police! Les policiers menés par un Marcel Guillaume qui justifie son surnom de «têtu», vont jouer au chat et à la souris… durant 17 heures.

Le commissaire fait irruption dans le bureau, il semble tomber des nues:

– Monsieur Mestorino ? Mais que faites-vous ici?

Georges Massu intervient:

– Patron, on l’a convoqué rapport à l’erreur de l’inspecteur Mougel…

 – Ah oui, celui-là, il va m’entendre.

Marcel Guillaume s’installe derrière son bureau:

– Toutes nos excuses pour vous avoir dérangé, mais figurez-vous, est-ce bête, que l’inspecteur Mougel a oublié de vous demander l’heure exacte de votre rendez-vous avec la victime, le 27 février?

– 10 heures du matin.

– Merci, c’est idiot n’est-ce pas, mais la paperasse… Eh bien! on va mettre ça noir sur blanc et vous faire signer votre nouvelle déposition. Massu, vous vous occupez de cela, je vais voir le directeur pour une affaire urgente!

Georges Massu introduit dans sa machine à écrire trois feuilles de papier, plus une pelure et deux carbones. Une procédure, ça se tape en trois exemplaires, et sans ratures! Il prend son temps le placide policier, rallume sa pipe, cherche son tabac.

– Alors… État Civil : nom, prénom, né le… à… profession… adresse… situation maritale…

Charles Mestorino répond à ces questions, déjà dix fois posées. Il ne manifeste pas d’impatience, tout juste trouve-t-il l’inspecteur maladroit lorsqu’il s’emmêle dans ses carbones et doit tout recommencer!

– Désolé, l’administration nous octroie un matériel quelque peu capricieux ! Donc nous disions: nom, prénom, né le… à… profession… adresse… situation maritale…?

– Mais je viens de vous répondre!

– Ah oui, mais vous savez, sitôt tapé, sitôt oublié… Donc: nom, prénom, né le… à… profession… adresse… situation maritale…?

Georges Massu est fréquemment interrompu par le téléphone ou un collègue qui passe la tête dans le bureau:

– Il est pas là, le patron?

– Chez le directeur…

C’est long, très long. D’autant plus que l’inspecteur Mougel vient relayer Georges Massu:

– On t’appelle à l’étage à mort (l’État-Major)!

– O.K., tu reprends Monsieur, je reviens…

Mougel s’assoit:

– C’est ma faute si vous êtes là, je suis désolé d’avoir oublié de noter votre réponse… Ah là la !… La paperasse… Vous n’avez pas idée du temps que l’on perd avec ça… Et puis pour rien… Franchement déranger un homme important comme vous pour une telle bêtise… Je me battrais si je pouvais…

– Ce n’est rien. – Vous êtes bien gentil… D’autant plus que le patron m’a passé une belle engueulade! Bon alors: nom, prénom, né le… à… profession… adresse… situation maritale…?

– Mais votre collègue m’a déjà demandé tout ça, regardez…

– Ah oui… Excusez! Le cirque dure trois heures. À midi, Mestorino croit en avoir fini quand le commissaire Marcel Guillaume revient dans le bureau et lit sa déposition:

– Hum, hum… Eh bien! tout cela m’a l’air parfait… Relisez et signez…

Charles Mestorino s’exécute.

– Eh bien! au revoir Messieurs. Le commissaire prend l’air soucieux en relisant le procès-verbal…

– Un instant Monsieur Mestorino… Vous avez payé la traite de Monsieur Truphème le 27 février, or nous savons que vous étiez aux abois, vous avez même vendu des pierres à pertes… Comment avez-vous fait?

– Je vous l’ai dit, j’ai emprunté à ma mère et à des collègues, la veille de la visite de Gaston.

– Ah! oui… Mais c’est idiot, on n’a pas vérifié! Marcel Guillaume prend l’air ennuyé…

– Écoutez, ce serait trop bête de vous faire revenir pour ça ! J’ai une idée, je vous garde à déjeuner et mes hommes vont aller vérifier. Notez le nom de vos collègues et leurs adresses… Le commissaire prend son manteau et entraîne Charles Mestorino dans l’escalier du 36:

– Nous avons une excellente brasserie à deux pas d’ici, place Dauphine, Aux Trois Marches. Bien entendu, c’est la PJ qui régale… Vous verrez, vous ne serez pas déçu!

Lorsque le commissaire Guillaume et son adjoint Massu rentrent de déjeuner avec Charles Mestorino, l’humeur est au beau fixe.

– Cher Monsieur, puis-je vous offrir un cigare? J’aime bien en prendre un après un bon déjeuner!

– Eh bien! volontiers… Le commissaire tend la boîte, puis tranche le bout de son module avec un coupe-cigares d’un genre très particulier: la reproduction d’une guillotine! Il plante son regard dans celui de Mestorino :

 – Amusant n’est-ce pas?

Charles Mestorino est livide!

Puis on fait de nouveau mariner le joaillier. Les inspecteurs ont eu du retard, le téléphone sonne: – Bureau du commissaire divisionnaire Guillaume… Georges Massu repose le téléphone, il sort s’entretenir avec son patron… Lorsque celui-ci rentre dans la pièce, il est contrarié.

– Monsieur Mestorino, j’ai un petit problème. Selon mes inspecteurs, vos collègues affirment vous avoir prêté de l’argent, mais le 5 mars, pas le 26 février… Dans ce cas, comment avez-vous pu régler votre dette auprès de Gaston Truphème?

– C’est un malentendu, ils font erreur…

– Eh bien! on va les faire venir, on va bien voir…

L’attente commence… En fait les deux créanciers de Charles Mestorino sont déjà dans les locaux… Une heure se passe, puis deux…

Enfin, on les confronte avec le joaillier:

– Nous vous avons bien prêté de l’argent, mais c’était le 5 mars!

Presque suppliant, Charles Mestorino insiste:

– Mais non, vous vous trompez, rappelez-vous… Les deux hommes maintiennent leur déclaration. Marcel Guillaume se tourne vers son suspect: –

 Nous avons un problème, Monsieur Mestorino ! Cinq policiers sont dans la pièce, ils scrutent l’homme qui transpire et se sent très mal à l’aise.

 

– J’ai menti!

Extrait de "Les dessous du 36" de Matthieu Frachon, aux éditions du Rocher

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires