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Edito
Comment éviter que l’amélioration de la croissance ne soit pas un feu de paille
Publié le 06 octobre 2017
Tout le problème consiste aujourd’hui à maintenir un certain élan retrouvé et à ne pas retomber dans une stagnation légendaire.
Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.
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Tout le problème consiste aujourd’hui à maintenir un certain élan retrouvé et à ne pas retomber dans une stagnation légendaire.

La croissance économique est désormais solidement installée. Tel est le diagnostic de Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international qui va relever  la semaine  prochaine ses perspectives pour l’ensemble des  pays. Et pour une fois, la France n’est pas en reste. L’Insee vient ainsi d’ajouter un petit dixième de point à ses calculs pour 2017. Après avoir au fil des mois pronostiqué 1,5% d’amélioration des performances  du pays sur une base de départ de 1,1% pour l’ensemble de 2017, elle est passée à 1,7% et maintenant 1,8%. Le gouvernement applaudit car il faut remonter à 2011 pour trouver une perspective équivalente.  Et tout relèvement des comptes est  pain bénit pour le ministre des finances qui a tant de mal à boucler son budget, en raison des baises d’impôts programmées.

L’économie française bénéficie de deux moteurs : l’investissement des entreprises qui se réalise à tous les niveaux et l’équipement des particuliers, essentiellement dans le domaine du logement,  car les achats de maisons et d’appartements  neufs ainsi que la rénovation ont le  vent  en poupe. Ce dynamisme  est encouragé par le moral  des chefs d’entreprises qui n’a jamais été aussi élevé depuis dix ans. Conséquence : le chômage recule : la barre fatidique  de dix  pour cent sera abandonnée  à la fin de l’année, avec un niveau ramené à 9,4%, avec une création nette de deux cent  mille emplois. Seul point noir pour l’instant : le commerce extérieur, dont le déficit est revu en hausse de 15 milliards d’euros à  63 milliards, car la reprise des affaires se traduit par un gonflement des importations : 80% des investissements sont le fruit d’achats à l’étranger, tandis que l’amélioration  du pouvoir  d’achat des ménages repose pour 20% sur un développement des entrées de produits venus d’’audelà des frontières.

Tout le problème consiste aujourd’hui à maintenir un certain élan retrouvé et à ne pas retomber dans une stagnation légendaire. Car certains signes témoignent que le mouvement actuel ressemble plus à une légère brise qu’à un emballement  profond. En premier lieu, le reste de l’Europe progresse à un rythme  bien supérieur, évalué à 2 ,2 % pour cette année. C’est dire que les contraintes qui pèsent  sur notre pays maintiennent un handicap dans la compétition internationale. En second lieu, la consommation des  ménages s’améliore  seulement d’un  pour cent, nos  compatriotes s’étant remis à épargner, notamment sur le fameux livret de caisse d’épargne par méfiance de l’avenir.  Le pouvoir d’achat ralentit  quelque peu à 1,6% au lieu de 1,8% l’an dernier, tandis que l’emploi  va progresser plus lentement au deuxième semestre en raison de la suppression de 140 000 emplois aidés. Des craintes subsistent donc pour l’année 2018, tant les forces du conservatisme  et de l’immobilisme sont présentes dans ce pays. Pour éviter de retomber dans les ornières du passé, il est indispensable que le gouvernement continue d’avancer dans la voie des réformes malgré les obstacles dressés sur sa route. Cela suppose d’ accélérer la réforme de l’Etat social, sans doute la  plus délicate quand  on voit comment le pouvoir a  déjà reculé dans la négociation  avec les transporteurs routiers.  Cela implique aussi que la population se prenne  en mains, évite toujours de se lamenter  et cesse de préfèrer dans les  conflits du travail ce qu’on appelle le chèque valise plutôt qu’un bon  reclassement,  accepte aussi que certains patrons aient  envie de réussir et de gagner de l’argent, sans que ce dernier  soit exclusivement consacré à des tâches de redistribution.  En clair  il faut remettre en cause cette exception française qui a fait perdre tant de places à notre pays dans la compétition mondiale.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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vangog
- 06/10/2017 - 09:34
Se situer un demi-point en dessous des voisins...
devrait vous faire peur M. Garibal! De même que subir 60 à 80 millions d'euros de déficit extérieur chaque mois, et 20 à 25000 chômeurs supplémentaires... C'est cette triste comptabilité qui devrait vous faire comprendre que l'activité et la créativité se déplacent ailleurs que dans l'enfer fiscal socialiste, et depuis bien longtemps déjà...il suffit d'écouter quelques salariés et chefs d'entreprise pour comprendre le marasme gauchiste où se trouve la France. À défaut de pouvoir partir hors de Paris, ouvrez votre poste de radio, allumez la TV et vous verrez la médiocrité socialiste à l'œuvre...
Ganesha
- 06/10/2017 - 08:53
La méthode est bonne ?
Un titre totalement grotesque ! Heureusement, l'article est un peu moins stupide et reconnaît que ''pour Macron, ce n'est pas gagné'' ! Et encore, Mr Garibal fait semblant de croire que ''la méthode est bonne'' !