En direct
Best of
Best of du 9 au 15 janvier
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

La fatigue de l’épidémie, cet élément historiquement documenté, qu’ignore superbement le gouvernement français

02.

Il paraît qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais qui est responsable de toute la misère du monde ?

03.

Une étude démontre que les crises cardiaques pourraient être détectées des années à l’avance en surveillant le niveau de calcium dans les artères

04.

Communication politique : Jean Castex et Olivier Veran, perdus pour la France

05.

Nouvelle colère d'Emmanuel Macron, cette fois contre certains ministres

06.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) confirme l’illégalité de la publication d’enregistrements de Mme Bettencourt par Mediapart

07.

Covid-19 : les modèles d’efficacité sanitaire asiatiques, impossibles à reproduire en Europe ? 5 arguments pour démonter une imposture intellectuelle

01.

Affaire Duhamel : les inavouables secrets des bourgeois de la gauche caviar

02.

Trump banni de Twitter : « Nous, Français, ne pouvons accepter ce qui se joue en ce moment pour la liberté du monde »

03.

Trump, le plus détesté des présidents mais celui qui a fait une des politiques les plus profitables à tous les Américains

04.

Ces impensés de l’affaire Duhamel que masque son intense médiatisation

05.

La fatigue de l’épidémie, cet élément historiquement documenté, qu’ignore superbement le gouvernement français

06.

Diam's bientôt de retour, Alain Chabat bientôt papy; Grand froid entre Charlène & Albert de Monaco, grand frais entre Emmanuel Macron & sa famille; Divorce imminent chez les Kardashian West; Ben Affleck se gave de doughnuts, Laura Smet prend un coach

01.

Ces impensés de l’affaire Duhamel que masque son intense médiatisation

02.

Trump banni de Twitter : « Nous, Français, ne pouvons accepter ce qui se joue en ce moment pour la liberté du monde »

03.

Affaire Olivier Duhamel : Alain Finkielkraut, ne sera plus chroniqueur de l’émission 24h Pujadas, diffusée sur LCI

04.

Affaire Duhamel : les inavouables secrets des bourgeois de la gauche caviar

05.

Les complotistes et autres trumpistes ou Gilets jaunes radicalisés, enfants monstrueux de la déconstruction, de la cancel culture et des guérilleros de la justice sociale

06.

La grande épuration : mais pourquoi la Silicon Valley se comporte-t-elle comme si elle voulait donner raison aux complotistes à la QAnon ?

ça vient d'être publié
pépites > Politique
« Cher Tayyip »
Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan s'écrivent pour apaiser les tensions
il y a 10 heures 24 min
pépites > Justice
Révélations de Mediapart
Justice : enquête ouverte contre Nicolas Sarkozy pour « trafic d’influence » dans le cadre d’activités de conseil pour le groupe russe Reso-Garantia
il y a 15 heures 1 min
pépites > Politique
Jupiter
Nouvelle colère d'Emmanuel Macron, cette fois contre certains ministres
il y a 15 heures 50 min
décryptage > International
Démocratie américaine en danger

Assaut sur le Capitole : autopsie de trois jours de folies américaines

il y a 16 heures 27 min
pépite vidéo > Santé
Eviter la pénurie
Le PDG de Moderna, Stéphane Bancel, alerte sur la question de l'approvisionnement des vaccins pour l'hiver prochain
il y a 17 heures 5 min
décryptage > International
Université de Bogazici

Révolte étudiante à Istanbul ou les prémices d’un printemps turc

il y a 17 heures 43 min
pépites > Santé
Coronavirus
Bruno Le Maire et Gabriel Attal indiquent qu'un confinement est toujours possible
il y a 18 heures 11 min
décryptage > Santé
Espoir

Une étude démontre que les crises cardiaques pourraient être détectées des années à l’avance en surveillant le niveau de calcium dans les artères

il y a 18 heures 52 min
décryptage > Environnement
instrumentalisation judiciaire

Procès contre l’inaction de l’Etat : l’affaire du siècle est aussi la pire imaginable pour... le climat lui-même

il y a 19 heures 12 min
décryptage > Santé
Urgence sanitaire

Face à la Covid-19, finissons-en avec l’amateurisme public ! Le diagnostic implacable de fonctionnaires de la santé

il y a 19 heures 38 min
rendez-vous > Consommation
Atlantic-tac
Quand les billes précisent le moment et quand les disques détournent les heures : c’est l’actualité hivernale des montres
il y a 13 heures 22 min
pépites > Santé
Pénurie
Le maire de Neuilly-sur-Seine déplore que les quantités de vaccins annoncées ne soient pas au rendez-vous
il y a 15 heures 15 min
pépites > Santé
Coronavirus
La présence du virus dans les eaux usées de l'Ile-de-France en forte augmentation
il y a 16 heures 12 min
pépites > Santé
Bug
Après avoir été volontairement fermé hier le site Santé.fr de rendez-vous pour les vaccinations est ouvert en version simplifiée aujourd'hui
il y a 16 heures 44 min
décryptage > France
Couvre-feu à 18h

La fatigue de l’épidémie, cet élément historiquement documenté, qu’ignore superbement le gouvernement français

il y a 17 heures 20 min
décryptage > International
Guerre de l'information

A propos d’infox : la tentation de Joe Biden de suivre la politique des néoconservateurs

il y a 18 heures 1 min
décryptage > Santé
Mesures efficaces contre le virus

Covid-19 : les modèles d’efficacité sanitaire asiatiques, impossibles à reproduire en Europe ? 5 arguments pour démonter une imposture intellectuelle

il y a 18 heures 14 min
décryptage > Economie
Impact économique de la pandémie

Records à l’export : la Chine est-elle en train de gagner une bataille... ou la guerre des puissances commerciales ?

il y a 19 heures 9 min
décryptage > France
"Je ne livre pas les Juifs"

Il paraît qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais qui est responsable de toute la misère du monde ?

il y a 19 heures 18 min
pépites > Politique
Voile
Aurore Bergé dépose un amendement interdisant le port du voile aux petites filles
il y a 19 heures 40 min
© Reuters
© Reuters
Grand Entretien

Florian Philippot : "On pourrait très bien imaginer travailler ponctuellement entre forces de l’opposition pour éviter qu'une mauvaise loi ne passe. D'ailleurs nous aurions pu nous coordonner beaucoup mieux sur la loi travail"

Publié le 01 octobre 2017
Florian Philippot, ancien vice-président du FN, a annoncé la transformation de son association "Les Patriotes" en mouvement politique, après son départ du Front national. Il revient pour Atlantico sur cette séquence et sur son projet avec "Les Patriotes".
Florian Philippot
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Florian Philippot est président du parti "Les Patriotes", qu'il a fondé en septembre 2017. Il est également conseiller régional du Grand Est et député européen. Il était auparavant vice-président du Front National.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Florian Philippot, ancien vice-président du FN, a annoncé la transformation de son association "Les Patriotes" en mouvement politique, après son départ du Front national. Il revient pour Atlantico sur cette séquence et sur son projet avec "Les Patriotes".

Atlantico : Quand on voit les flots d’amabilité qui se déversent entre vous et les militants et cadres restés au FN, aussi bien sur un terrain personnel que politique, avec le recul, rejoindre ce parti était-il une erreur ? La relation personnelle que vous aviez noué avec Marine Le Pen vous avait-elle aveuglé sur l’ADN idéologique d’un parti somme toute relativement incompatible avec le vôtre ?

Florian Philippot : D'abord, ce flot d'amabilité ne va que dans un sens. Pour ma part, je n'ai jamais déversé d'injures ou d'insultes sur quiconque. J'en ai reçu de la part de dirigeants du FN mais de mon côté je me suis toujours tenu à cette ligne de conduite qui est de faire une analyse politique. Insulter ne m'intéresse pas. Je ne m'abaisserai pas à ce niveau.

J'ai beaucoup travaillé, inlassablement pendant sept ans et contre beaucoup d'opposition interne. J'ai travaillé avec pour objectif d'arriver vers une culture de gouvernement, de la réflexion, du travail. Afin de ranger définitivement au grenier les errances du passé, les outrances et les sorties insupportables. Et nous avons pu, je crois, faire progresser le parti, grossir les scores. Peut-être ai-je sous-estimé les vieux démons qui grattaient à la porte pendant des années. En réalité, il ne suffisait que de peu de choses pour qu'ils reviennent dans la pièce.

J'ai constaté depuis la fin de la campagne une ligue se mettre en place pour me faire sortir du parti. J’ai fait HEC et l’ENA, j’avais une belle carrière dans le privé ou le public toute tracée devant moi et malgré cela j'ai fait le pari de rejoindre le Front National en 2009. Visiblement au final cela n'a pas fonctionné. Peut-être ai-je été un peu naïf.

Marine Le Pen vient de déclarer que la ligne politique qu’elle incarne ne part pas avec vous et que votre départ peut faire revenir des gens au Front National : vous qui la connaissez très bien, comment qualifierait sa ligne et comment qualifieriez-vous la vôtre ?

À mon avis, c'est une forme d'aveu et une preuve que mon départ était bel et bien souhaité et souhaitable à leurs yeux. Marine Le Pen parle en effet d'une « épine du pied » qu'on lui aurait retirée. Ils ont sorti des excuses, des prétextes -comme celui de mon association Les Patriotes- alors que là nous avons un véritable aveu. Je ne répondrai pas au même niveau.

Je ne ferai pas de procès d'intention en disant qu'elle a changé de conviction profonde. Ce que je dis, c'est qu'elle a peut-être encore ses convictions, mais que plus rien ne le démontre. Aussi bien dans les discours que dans les communications du Front National. Autour d'elle, l'ensemble des cadres influents qui sont revenus (comme Philippe Olivier) ne sont pas du tout sur cette ligne. Ils ne l'ont probablement  jamais été. Ils ont simplement profité de la déception du second tour pour sortir du bois et revenir en arrière. Aujourd'hui, le parti n'a plus aucun discours clair sur l'Union Européenne. Ils sont pour le glyphosate désormais. Ils ont même changé de position sur l'ISF et souhaitent désormais une réduction. Ils applaudissent Manuel Valls sur  les bancs de l'Assemblée nationale juste parce qu'il s'attaque à la France Insoumise. Franchement, cela n'a pas de sens. On oublie vite que c'est quelqu'un qui a eu des propos très durs à l'encontre des électeurs du Front National, je ne pense pas qu'il mérite des applaudissements. Ce sont mille signaux qui démontrent que la ligne a changé, qu'il y a un net retour en arrière et que Marine Le Pen n'y pourra pas grand-chose. Le parti est en perte de repères.

Marine Le Pen décidément remontée a aussi déclaré cette semaine que vous aviez caricaturé la ligne du FN à l’excès, notamment sur l’euro où vous étiez selon elle trop radical. Nicolas Dupont-Aignan avait estimé, il y’a quelques mois, être un traumatisé de l’euro tant ses positions sur la monnaie unique lui avaient fait perdre de voix. Votre pari de construire une majorité à partir du cartel des nons du référendum de 2005 n’est-il pas un pari ingagnable auprès des Français que l’Europe peut décevoir ou inquiéter mais qu’une sortie de l’Europe inquiète tout autant ?

Concernant les propos de Marine Le Pen, on peut reprendre l'ensemble de mes interventions, pendant la campagne présidentielle ou même pendant les législatives, je m'en suis toujours tenu à ce qu'étaient les engagements présidentiels inscrits dans son programme officiel. Si au final elle trouve caricatural son propre projet, c'est son affaire. Je me ne suis toujours tenu à son projet. Qui était, d'ailleurs, mesuré et raisonnable. C’est-à-dire en prenant le temps, en faisant un referendum, organiser la souveraineté monétaire. Parce qu'à mes yeux, la souveraineté ne se découpe pas.

Si vous n'êtes pas un pays libre qui a l'intégralité de sa souveraineté nationale, qui maîtrise ses frontières, ses lois, sa monnaie, son budget, son armée, alors vous ne maîtrisez rien et l'on peut faire pressions sur vous et vous dicter en tout domaine, y compris l’immigration, une politique contraire à vos intérêts. 

Je ne suis pas là pour rééditer le schéma de 2005. Je ne confonds pas referendum et élection. Je suis convaincu qu'il y a une majorité patriotique en France composée d'une majorité de Français attachés à la souveraineté de leur pays, à sa culture, son modèle social. Une majorité qui est persuadé que la France a vocation à être un pays qui compte dans le monde et non pas une province diluée dans l'Union Européenne. C'est à nous d'offrir quelque chose de nouveau. Les vieilles structures sont essoufflées, dépassées, y compris le FrontNational. Il faut imaginer quelque chose de plus inventif au moment même où Emmanuel Macron a réussi à faire cela sur un projet radicalement différent.

L’attachement à la souveraineté de la France, pour romantique qu’il puisse ou utile en matière de consolidation du lien social est-il pertinent face à la mondialisation et à l’émergence de géants économiques notamment dans le domaine numérique ? Comment un pouvoir politique national peut-il imposer sa volonté à des acteurs économiques ou politiques déterritorialisés dans la mesure où précisément l’affirmation de la volonté ne suffit pas ?

C'est une vraie question que d'ailleurs, je souhaite creuser avec les Patriotes. Les questions d'intelligence artificielle, des GAFA et de toutes ces problématiques causées par l'émergence de ces géants du web et du numérique.

Il ne faut pas confondre la volonté de souveraineté nationale avec l'isolement. Il est évident qu'il faut une coopération internationale et mondiale. Faire croire que déplacer le curseur de la souveraineté, de Paris à Bruxelles, de la France à un ensemble de 27 pays, résoudra tous les problèmes est illusoire. Cela rendra juste la prise de décision moins démocratique et beaucoup plus lente et compliquée. Il faut qu'il y ait une entité qui puisse décider démocratiquement des choix que l'on prend. Et cette entité, c'est le peuple, je n'en connais pas d'autre à moins de sortir du système démocratique (ce qui est hors de question de mon point de vue). On décide au niveau national, et dans le même temps on multiplie les actions de coopération mondiales dans les domaines où c’est nécessaire.

D'ailleurs, la France pourrait avoir un rôle moteur beaucoup plus important dans ce domaine. Elle apparaît aujourd'hui comme effacée, dépendante d'acteurs étrangers multinationaux. En retrouvant sa souveraineté, la France pourrait être beaucoup plus présente dans ce débat mondial très important.

Les résultats des élections allemandes vous ont-ils « soulagés » puisque les conditions politiques pour le projet européen exposé par Emmanuel Macron cette semaine à La Sorbonne ne sont plus franchement réunies en Europe ? Comment, pensez-vous que l’agenda du président français va se dérouler ces prochains mois ?

Vous avez raison et du fait de l'alliance avec les libéraux allemands, on va probablement voir échouer ce que souhaite Emmanuel Macron. Mais tant mieux, car ce qu'il souhaite est effrayant. Il veut aller vers un État européen. Il est désolant de voir que l'on est obligé de compter sur des partenaires étrangers pour arrêter les orientations dangereuses du président. 

Je pense qu'il y a heureusement d'autres formes de résistance. Il faut tenir compte du fait qu'il y a clairement un peu partout l'émergence d'un patriotisme. À mon avis, ce qu'a dit Emmanuel Macron à la Sorbonne ne correspond pas du tout à la vision qu'ont beaucoup de Français. Et je ne pense pas du tout qu'il a été élu pour cela. Il n'a pas été élu sur un projet, mais plutôt sur une posture, un dynamisme, un renouvellement qui doit nous faire réfléchir, car cela correspond à ce que veulent les Français. Et il faut en tenir compte.

Vous venez de transformer votre association les Patriotes en formation politique tout en disant que vous ne souhaitiez pas que cela devienne un parti traditionnel. L’objectif est-il de rééditer les performances d’En Marche en créant un équivalent souverainiste au mouvement social libéral européen du Président ? Et ne craignez-vous pas que votre passé au Front National vous marque durablement aux yeux du reste de la classe politique, d’alliés potentiels voire d’électeurs... un effet M le maudit en quelque sorte ?

Il ne s'agit pas de copier. Je pense qu'il y a un effet générationnel. Dans ma génération on a  appris à travailler en « missions » et en « équipes ». J'ai appris que quand on pouvait être quelque part, on pouvait aussi être engagé ailleurs, c'est pourquoi il sera tout à fait possible d'être Patriote et en même temps adhérant d’un parti politique ou d'un syndicat, ça ne posera aucun problème. J'ai également appris qu'il fallait compter sur les initiatives locales et qu'en les fédérant, on pouvait avoir beaucoup plus d'intelligence que dans une ou deux têtes qui partent d'en haut. Je compte faire un tour de France et je vais privilégier des gens qui sont déjà engagés dans des mouvements associatifs ou syndicaux ou de création, d'idée et d'innovation. C'est comme cela que l'on travaille aujourd'hui  dans beaucoup d'entreprises et c'est comme cela que doit fonctionner un mouvement politique.

Idéologiquement nous sommes un peu le pendant d'Emmanuel. Macron, c'est vrai. Notre ligne politique, c'est le meilleur pour la France. Emmanuel Macron se situe de l'autre côté du miroir, nous sommes du côté de ceux qui croient en la France.

Je ne renie rien, j'ai fait de choses formidables au sein du FN. Je pense que ce que me reconnaît l'opinion publique, c'est que j'ai toujours été fidèle à mes convictions, je ne me suis jamais compromis. Lorsque je suis arrivé au Front National, j'ai dit que j'étais gaulliste et que personne ne m'empêcherait d'aller sur la tombe du Général De Gaulle le 9 novembre. Ces derniers mois, j'ai réaffirmé mes convictions même si l'on me demandait de les mettre dans ma poche. Au fond, je ne pense pas être associé à l'histoire du Front National mais plutôt à une volonté de rénovation.

Je l'ai dit lorsque j'ai annoncé la transformation des Patriotes en formation politique, nous sommes un point de ralliement. Ceux qui se sentent patriotes, gaullistes ou qui à gauche ou à droite ont la France à cœur, sont les bienvenus dans la discussion. Avec Nicolas Dupont Aignan par exemple, nous avons discuté récemment et nous avons vocation à nous revoir. Mais je ne peux pas vous en dire plus aujourd'hui. Je travaille à ce que Les Patriotes deviennent un acteur majeur qui puisse faire avancer les débats et attirer un maximum de Français. J'ai pour ambition de recréer une espérance pour tous ceux qui ne votent plus. C'est la première urgence. Aux dernières législatives, vous aviez 60% d'abstention, ce qui est phénoménal.

Ne pas souhaiter transformer les Patriotes en parti traditionnel est-il un moyen d’éviter de vous confronter aux prédictions de ceux qui considèrent que vous ne seriez qu’un phénomène médiatique mal à l’aise vis-à-vis de ses véritables électeurs ? Comment comptez-vous vous adresser à l’électorat populaire qui a souvent fait le succès du FN ?

Mon engagement politique est assez récent, mais j'ai déjà moult campagnes dans les pattes. De la municipale à l'européenne en passant par les législatives et la présidentielle. Je connais tout cela très bien et je crois être connecté à ce que pensent les Français, aux difficultés du monde du travail, etc.

Ne pas faire un parti traditionnel ne veut pas dire ne pas être sur le terrain. C'est même l'inverse. Je suis le seul cadre dirigeant dans mon ancien parti, il y a trois semaines à avoir participé à la manifestation contre la loi travail. C'est comme cela que je vois la politique. Je réfute toute comparaison avec Bruno Mégret. Il avait préparé sa scission depuis un an et demi et il est parti sur une ligne politique bien plus radicale que celle du Front National. Moi je pars, je tourne la page, je n'ai rien préparé. C'est un peu "qui m'aime me suive.". Et je compte faire quelque chose de plus rassembleur, de plus large, de plus moderne que ce qu'incarne le Front National.

La crise de 2008 semble avoir fait voler en éclats les clivages politiques traditionnels : une partie de la gauche, celle qui s’est très vite retrouvée en Emmanuel Macron continue d'aller vers une économie de marché mondialisée et une identité ouverte; une partie de la droite se détache du libéralisme. Vous-même avez incarné une ligne économique très sociale et ancrée sur une volonté de protection des moins favorisés par l’État plutôt que par la croissance économique profitant à tous. Rejeter une culture de la liberté d’entreprendre et de l’entreprenariat en mettant tout dans le même sac des excès du capitalisme financier et globalisé ne revient-il pas à jeter le bébé  avec l’eau du bain ?

Je suis favorable à un Etat protecteur et je crois à un Etat stratège qui doit être à la fois moderne et souple. Un État qui puisse protéger et défendre les intérêts de l'industrie et de l’agriculture françaises. Exactement l'inverse de ce qui s'est passé avec Alstom et pour les chantiers navals. Je ne suis pas pour le "marche ou crève", je crois en un Etat social. Mais je n'ai jamais été contre la croissance économique ni contre la liberté d'entreprendre. Au contraire. Dans ce cadre doit se développer un secteur privé beaucoup plus prospère et créatif qu'aujourd'hui. Tout cela n'est pas incompatible. Les entrepreneurs doivent pouvoir s'appuyer sur un Etat moderne et stratège, et l'État doit pouvoir aider quand il le faut les entrepreneurs et les petites entreprises.

Anti-liberal économiquement, relativement libéral sur le terrain sociétal, antieuropéen, qu’est-ce qui vous différencie de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise ?

Je ne rejette pas l'intégralité des constats qu'il fait. Quand j'ai dit que j'étais prêt à discuter avec Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauqiez, ce n'était pas pour m'allier avec eux. C'est simplement par ce que je pense que l'opposition doit pouvoir se parler. On pourrait très bien imaginer ponctuellement des stratégies communes sur un dossier précis pour éviter qu'une mauvaise loi ne passe. D'ailleurs si cela avait été le cas avec la loi travail et que nous nous étions concertés entre tous les opposants, nous aurions pu nous coordonner beaucoup mieux.

Qu'est-ce qui me différencie de Jean-Luc Mélenchon ? Il est favorable à une politique dérégulée de l'immigration. Je ne suis pas du tout dans cette optique. Je crois que la France ne peut pas aujourd'hui assimiler autant d'immigration. Nous faisons face à une crise migratoire qui va s'amplifier, l'Afrique va gagner un milliard d'habitants dans les vingt prochaines années. Il faut retrouver des outils comme des frontières, des politiques plus fermes en matière d'asile, de régularisation. Et en même temps il nous faut développer une vraie politique de codéveloppement. J'ai rencontré Jean-Louis Borloo et je suis très attaché à son projet d'électrification de l'Afrique. Parce que nous y avons tout intérêt. Si l'Afrique accède à l'énergie pour tous, ce sera l'accès à l'emploi, aux soins, aux études… À terme, cela signifie une fixation des populations dans leur pays et donc une diminution de l'immigration. Mélenchon est encore dans un discours béat d'accueil général. 

Ensuite, sur l'Europe, je ne le trouve pas clair. Il ne parle jamais clairement de souveraineté nationale. On ne peut pas être dans un entre-deux permanent.

Enfin sur le style, je pense que nous avons besoin de sérénité pour gouverner la France. Pas d’impulsivité. L’impulsivité peut avoir un effet rhétorique en meeting ou sur les bancs de l'Assemblée Nationale. Mais ce n'est pas compatible avec la fonction suprême.

Et de Laurent. Wauquiez ? Certains de ses accents ont pu rejoindre les vôtres sur l’immigration, les classes moyennes voire la posture de protection des Français oubliés de la croissance, ceux de la France périphérique. Vous avez qualifié. Laurent Wauquiez d’européiste et d’immigrationniste -ce qui vu de la droite modérée doit faire doucement sourire- mais l’outrance de ces propos ne masque-t-elle pas le fait que vous soyez quand même en concurrence sur le même traîneau électoral ?

Laurent Wauquiez n'est pas un petit nouveau de la politique. Il a déjà été ministre et a déjà eu des positionnements idéologiques dans un sens et dans un autre. 

À mes yeux, il est dans la même stratégie d'enfumage de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour être clair, je ne crois pas un mot de ce que dit Laurent Wauquiez.

Marine Le Pen même si elle vous envoie quelques coups de patte semble prendre soin de ne pas prononcer des mots irréparables, pensez-vous que vous vous retrouverez un jour ?

Cela me paraît inconcevable vu l'évolution actuelle du Front National. Si par miracle les choses allaient dans le bon sens et que le parti se rendait compte que ses dirigeants se fourvoient, alors pourquoi pas.. Mais tout indique que cela va plutôt dans le sens inverse. Dans un an ou deux, je pense que le FN sera dans un état compliqué et je n'aurais aucune raison d'y revenir.

Puisque les prédictions sont à la mode depuis celle de Raquel Garrido, ou vous voyez-vous en 2022 ? Et où voyez-vous Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen ?

Je me vois en 2017. Je travaille au jour le jour sur un scénario que l'on essaie de construire dans des conditions que nous n'avons pas décidées. Ce qui est certain, c'est que si Emmanuel Macron est en état de se représenter, je me battrai contre lui. Quant à Marine Le Pen et Marion Maréchal, je suis incapable de vous répondre.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (15)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
John_1989
- 10/10/2017 - 18:13
Pour finir
Avant de vouloir me catégoriser, me mettre dans vos cases stupides, stérétotypées et surannées, vous devriez vous renseigner sur ce qu'est le technoprogressisme ; c'est précisément ce dont je me réclame. Vous saurez qu'on peut difficilement me qualifier de réactionnaire ou de technophobe. C'est tout le contraire. Je milite pour que le progrès social et la technologie convergent, précisément !
John_1989
- 10/10/2017 - 17:52
Le progrès, parlons-en
Si vous voulez défendre le progrès et la nouveauté (comme vous prétendez le faire), commencez par défendre tout ce que vous ne défendez pas, c'est-à-dire :

-Améliorer la condition humaine par un revenu de base inconditionnel (contre ceux qui veulent nous faire revenir au Moyen-Âge en supprimant les protections sociales ou réhabiliter le darwinisme social)

-Garantir la santé publique des consommateurs (contre les lobbys pharmaceutiques et alimentaires qui veulent la libéralisation pour leur profit personnel, et les politiques qui veulent augmenter encore la TVA)

- Développer les libertés individuelles et la démocratie (contre les lois liberticides de surveillance de masse, ou les groupuscules royalistes, les fascistes, bref, toutes les tendances autoritaristes voire totalitaires qui profitent du chaos économique ou social)

Bref, cela suppose de retourner complètement votre veste. Tant que vous vous situerez de l'autre côté de la barrière (par exemple en vous focalisant sur les obsessions ethnicistes et racistes comme le fantasme du "grand remplacement"), vous pourrez l'articuler dans tous les sens que vous le voudrez, vous défendrez la régression.
John_1989
- 10/10/2017 - 17:32
@vangog -2
Par contre, il va falloir m'expliquer en quoi les procédés de Monsanto consistant à introduire des substances chimiques dans la nourriture au nom de considérations productivistes (et donc, indirectement, rentabilistes), apporteraient le progrès ! Là j'avoue que soit vous êtes un maître de la novlangue, soit votre logique me dépasse un peu et dans ce cas, je suis très curieux. Sachant que souvent, en plus de la détérioration de la santé générée, il y a aussi la détérioration de la qualité gustative (et oui, rien n'est à garder hormis le profit de Monsanto). Vous appelez cela de la nouveauté, du progrès ? C'est de la régression totale. Sur l'autel de la cupidité, on sacrifie la santé des consommateurs sur le long-terme. Le principe de précaution est nécessaire quand les conséquences des perturbateurs endocriniens sont avérés. Si se préoccuper de choses essentielles comme la santé des autres, c'est être un "bobo", autant vous dire que je suis bien content de l'être, car l'humanisme, vous en semblez pas en avoir beaucoup. Et vous ne semblez pas faire preuve d'esprit critique vis-à-vis des "pseudo-études" des Monsanto Papers auxquelles vous vous référez pour justifier l'injustifiable...