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Mohamed Merah : best of des raccourcis, amalgames et contre-vérités des réactions à sa mort
Publié le 23 mars 2012
Les assassinats commis par Mohamed Merah déclenchent, depuis l’identification de leur auteur et son encerclement par les forces de l’ordre, des réactions qui questionnent a qualité du débat public autour de l'islam en France.
Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été...
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Les assassinats commis par Mohamed Merah déclenchent, depuis l’identification de leur auteur et son encerclement par les forces de l’ordre, des réactions qui questionnent a qualité du débat public autour de l'islam en France.

On savait qu’une certaine droite était prompte à faire des raccourcis malvenus. L’affaire Merah montre à nouveau qu’une partie de la gauche en fait tout autant à travers ses commentaires.

Les premières réactions malvenues sont celles de la victimisation sociale. De plusieurs colonnes, de certaines voix, parviennent des explications déresponsabilisantes : si ce jeune homme (23 ans !) en est arrivé à ces extrêmes, c’est à cause de la souffrance des quartiers et au malaise social qui y règne (au passage, certains ajoutent pêle-mêle le débat sur l’identité nationale et les politiques migratoires). Cette interprétation est profondément choquante ! Les pauvres, les déshérités et les frustrés ne sont pas des terroristes en puissance ! Les jeunes des quartiers qui se heurtent à des obstacles, à des discriminations ne versent pas pour autant dans l’islam radical ni dans le terrorisme. Que l’un d’entre eux devienne un assassin en apprend plus sur sa personnalité individuelle que sur celles des 5 à 6 millions de personnes qui vivent dans les "quartiers" !

Les deuxièmes réactions sont celles, notamment sur Internet, qui accusent le débat public d’organiser un moment anti-musulman ou pro-sécuritaire. La théorie du complot se fait même à nouveau entendre. Ces réactions sont toutes aussi choquantes et absurdes. Elles s’offusquent d’entendre le président de la République et d’autres mettre en accusation l’islamisme radical, comme s’il s’agissait par essence d’une accusation concomitante de l’islam. Ceux qui portent ces propos font preuve soit d’une rare mauvaise foi, soit d’une méconnaissance des courants qui animent l’islam : il existe bien dans l’islam des mouvements radicaux (comme, d’ailleurs, dans d’autres religions). Les dénoncer n’est en rien porter atteinte à l’islam : au contraire, cela contribue à rappeler qu’il ne suffit pas de se revendiquer de cette religion pour la représenter. L’UOIF, le recteur Boubakeur ou Monsieur Moussaoui – pourtant différents, ne disent pas autre chose.

Tout amalgamer empêche de bien comprendre : le terrorisme n’est pas religieux : c’est un fanatisme assassin. Aucune religion n’est d’ailleurs assimilable aux extrêmes qui s’en revendiquent.

Ainsi, si l’angoisse sociale peut encourager le communautarisme, ce phénomène n’est pas spécifique à l’islam et se retrouve dans d’autres religions. Il n’est d’ailleurs pas propre à la religion : d’autres trouvent dans l’action politique ou dans d’autres formes d’engagement des références, une famille, un accueil de substitution.

Ensuite, le réconfort retrouvé dans un milieu religieux n’est pas systématiquement violent : certaines communautés sont relativement ouvertes, quand d’autres peuvent être très refermées, sans pour autant prôner la violence et se "contenter" d’un repli sur elles-mêmes. Savoir si la République peut s’en satisfaire ou doit s’en inquiéter est une question ; mais leur attribuer à toutes des intentions violentes en est une autre. 

Enfin, l’islamisme, comme mouvement radical qui entend organiser la société par l’islam est pluriel : il connait des mouvements qui tentent de s’inscrire dans des processus électoraux ; d’autres sont profondément anti-démocratiques ; certains sont violents et agressifs. Gilles Kepel montre, dans Quatre-vingt treize, que les "salafs" ne sont pas tous des terroristes en puissance, même s’ils expriment un rejet total (et dérangeant) de la société.

Bref, ce qui apparait, c’est que Mohammed Merah était un terroriste, un assassin. Il se revendiquait de l’islam et était venu à cette action meurtrière par la voie du salafisme, branche de l’islamisme radical qui connait des groupuscules meurtriers. Pour autant, il n’existe pas de lien d’égalité entre islam / islamisme / salafisme et terrorisme. Cela ne fait pas des salafistes des modérés. Pas plus que cela ne fait des dénonciateurs de l’islamisme des islamophobes. Il est inquiétant que dans le débat public et dans tous les "camps" ces notions se mélangent pour défendre des points de vue opposés. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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- 24/03/2012 - 13:27
Pour prendre un peu de recul
- Dès le 1er meurtre de Mohamed Mera, on avait un élément qui excluait la piste "nazie" : en effet il avait pris contact avec sa future victime par internet, en partant d'une annonce qui indiquait que le vendeur de moto était militaire. Le fait qu'il fut maghrébin n'est venu que de surcroît, par hasard, et n'était pas connu par le tueur quand il a pris RDV avec sa future cible. Soit le meurtre n'avait pas de dimension idéologique (le fait qu'il était militaire était un hasard), soit il visait donc un militaire pour ce qu'il était. Une piste islamiste était possible, d'autant plus que 11 mars = anniversaire des attentats de Madrid du 11 mars 2004.

- 4 jour plus tard, là aussi les 3 militaires attaqués l'ont été d'abord parce qu'ils étaient militaires, en tenue. Que 2 d'entre aux aient été originaires d'Afrique du Nord (dont l'un était catholique, entre parenthèse) a peut-être constitué un "plus" pour le tueur, mais ce que l'on voit de loin c'est d'abord l'uniforme. Là, la piste islamiste devenait probable.

- Avec la tuerie du 19 mars (50 ans du cessez-le-feu en Algérie), la piste islamiste devenait TRES PROBABLE, voire quasi-certaine. Je l'ai écrit sur ce site dès lundi.
aladine
- 24/03/2012 - 10:25
A QUAND DE VRAIS JOURNALISTES????

Dans son livre, Rose mafia, l'ancien maire de Hénin-Beaumont décrit tout un dispositif avec enveloppes de billets, marchés truqués et clientélisme. Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, n'a pu en ignorer l'existence, estime Gérard Dalongeville.
alanphilan
- 24/03/2012 - 08:15
Je ne comprend pas pourquoi
Je ne comprend pas pourquoi on continue de montrer des photos de ce monstre, il a été abattu, c est tout ce qu'il méritait, pourquoi vouloir traduire devant la justice un être qui ne pensait qu'a tuer et à faire le mal! continuer à parler de lui fera naître des émules de ce détraqué.