En direct
Best of
Best of du 18 au 24 mai 2019
En direct
© Reuters
Les entrepreneurs parlent aux Français
Loi Travail, encore un petit effort !
Publié le 04 septembre 2017
Les PME en rêvaient, Macron et Pénicaud l’ont fait...
Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Denis Jacquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les PME en rêvaient, Macron et Pénicaud l’ont fait...

Les PME en rêvaient, Macron et Pénicaud l’ont fait. Une promesse de changement enfin tenue par des politiques, on pensait que c’était totalement impossible, alors ils l’ont fait. Parfois, la méthode et l’annonce, a plus d’importance que le contenu, car elle pose le débat, marque d’un sceau indélébile le démarrage d’un mandat présidentiel et donne le ton. Selon la qualité de la musique, les acteurs, avant même de lire les notes, écoutent le son et la mélodie. Si elle est douce à leurs oreilles, la confiance qu’elle induit les porte à se mettre en position de prendre des risques et d’investir. C’était le but de ce premier acte, bien réussi. Même la CGT ne réussira pas à pourrir cette mesure de salubrité publique, et ses merguez n’empoisonneront les rues que le temps d’une petite journée, sans que personne ne s’en soucie. Dommage pour les charcutiers, tant mieux pour l’économie française !

Mais il y a encore un gros trou dans la raquette, ce qui n’est pas grave et assez compréhensible. C’est la méthode Macron : On avance par vague et nous attendons la prochaine avec impatience.

Quelle est donc cette musique que j’évoque plus haut, qui sonne harmonieusement aux oreilles des entrepreneurs français ?

La première note, c’est l’attention aux PME. Qui aurait pensé qu’un gouvernement qui n’ai pas choisi de nommer un Ministre aux entreprises et au digital, soit aussi soucieux de donner aux mal-aimés de la nation, un bol d’air qui pourrait nous rapporter 1 million d’emplois, des vrais emplois, pas des emplois aidés. Au lieu d’emplois aidés il fallait aider l’économie à en créer de réels et ce premier pas est franchi.

La seconde note, c’est la confiance. Comment aider les PME à cesser de céder à cette peur de l’embauche ? Effectivement ne pas craindre comme la loterie ou le sort divin, la décision d’un Prud’hommes, selon son inclinaison locale pour le salarié ou l’employeur, en plafonnant les indemnités était un premier pas nécessaire. Il est franchi.

La troisième, c’est de réaliser enfin que plus on s’approche de l’entreprise, moins la loi nationale est juste. Plus on donne à ce qui se rapproche du terrain le pouvoir de contredire un accord national, souvent fruit d’une négociation politique déconnectée de la réalité, par des technocrates plus aveuglés par leur combat contre l’adversaire qu’obsédés par l’impact sur les PME, plus on a des chances de laisser l’économie l’emporter sur la politique. La branche devient désormais « l’échelon de protection » face à  l’accord national. C’est encore insuffisant, mais tellement mieux déjà. Encore un pas de franchi.

Enfin, la réalisation qu’une PME n’est souvent que la succession de projets et non un long fleuve tranquille, rassure sur la possible fin de la myopie en politique, qui n’avait jamais compris jusqu’alors que s’appeler Sodexo ou la SG n’avait rien à voir avec le fait de s’appeler Dupont (pardon aux Duponts !) avec 10 salariés. La PME ne sait souvent pas ce qu’elle deviendra dans les 3 prochains mois, et sans nouveau projet ou signature de contrat, elle « plante ». Pire même, mal payée par les grands groupes, elle peut quand même mourir, terrassée par la croissance ! Un comble quasi uniquement possible en France. Les PME, ce ne sont pas « Omar qui les a tué », mais les délais de paiement. Avec l’arrivée du contrat de projet, on fait un pas vers le réalisme économique. Il faudra rappeler à tous qu’aucun entrepreneur de PME n’a pas pour obsession le matin en se rasant, de supprimer des emplois pour améliorer son cours de bourse. Et que les salariés y sont les bienvenus, qu’on aime les y conserver. Là aussi un nouveau pas de franchi.  

Alors que manque t-il ?

La confiance c’est la route. Ensuite il faut les infrastructures. Il nous les faut. Vite. Et surtout, il y a un élément brillant par son impact, positif parfois, négatif aussi, sur nos économies, qui est totalement absent de cette réforme. C’est le digital. Pas un mot sur ce phénomène qui bouscule le contenu et le contenant du travail plus que toutes les lois des 30 dernières années. Et il n’est pas abordé.

Les infrastructures 

Il faut construire du lourd ! Et du global. Un abri solide pour mettre nos champions à l’abri le temps de leur croissance. Le temps d’en faire des champions, ce qui nous replacerait en 1ère classe, notamment en matière de digital.

Sur les premières mesures il faut au plus vite les améliorer de la façon suivante :

Idéalement il faudrait réserver la réforme principale aux PME, c’est à dire en France, à toutes les entreprises de moins de 500 personnes, qui constituent 99% de notre tissu économique. Les plus grandes n’ont pas ou peu besoin de ces mesures car l’emploi ou le licenciement n’est pas un problème pour elles. Il faut tenir compte de la sociologie de nos entreprises. D’un côté les géants de l’autre côté les nains. Il est temps de réaliser que les règles ne peuvent pas être les mêmes pour ces 2 extrêmes.  Et donc, non seulement ne pas édicter les mêmes règles pour les PME, mais permettre que les exceptions se discutent au niveau de l’entreprise directement, le plus possible.

Ensuite, il faut donner aux start-up et PME françaises, la souplesse maximale dont elles ont besoin pour s’adapter à leur condition économique et leur taille. Et pour éviter que des mesures, comme celle qui permettrait un licenciement libre, ou une capacité d’engager des indépendants autant que des salariés, ou de recourir aux heures supplémentaires, ne soit bloquée politiquement par l’incompréhension et l’aversion des français, il faut justement la réserver aux PME. Pour elles, ils sont prêts à tout comprendre.

Enfin il faut compléter la souplesse donnée au système par une réforme complète du travail, par des mesures liées au financement, à la protection/favoritisme de leur activité le temps de leur croissance, à la fiscalité des investisseurs, sans oublier la renégociation des accords de Solvency, l’obligation de transférer une partie de l’assurance-vie dans les PME et start-up françaises, (voir les propositions de l’Observatoire de l’Ubérisation sur les fonds sans fin). Le droit du travail est une pièce essentielle de l’environnement des entreprises, mais comme le corps humain, se soucier seulement des poumons et des jambes n’est pas suffisant. Il faut gérer la santé de l’ensemble et de l’environnement extérieur.

Donc bravo pour ce moment, nous attendons la suite avec impatience !

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Rihanna éconduit Neymar, Charlotte Casiraghi & Gad Elmaleh s’ignorent, Anthony & Alain-Fabien Delon se vengent de leur père; Karine Ferri investit lourdement pour son mariage (et invite utile); Johnny Depp : c’est Amber qui l’aurait battu
02.
Après les trottinettes électriques, la prochaine mode pourrait bien être le bâton sauteur
03.
Colis piégé à Lyon : pourquoi la menace terroriste ne parviendra pas à prendre cette élection en otage
04.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
05.
LREM, UDI, LR ou abstention ? Petit guide pour ceux qui voudraient (vraiment) voter libéral aux Européennes…
06.
Ce qui explique la nouvelle vague d'eugénisme
07.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
01.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
02.
Semaine à haut risque pour Emmanuel Macron : les trois erreurs qu’il risque de ne pas avoir le temps de corriger
03.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
04.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
05.
Immobilier : l’idée folle de la mairie de Grenoble pour protéger les locataires mauvais payeurs
06.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
01.
Mondialisation, libre-échange et made in France : l’étrange confusion opérée par François-Xavier Bellamy
02.
Appel des personnes en situation de handicap ou familles concernées pour sauver Vincent Lambert d’une mort programmée
03.
La bombe juridique qui se cache derrière la décision de la Cour d’appel de Paris de sauver Vincent Lambert
04.
Chômage historiquement bas mais travailleurs pauvres : le match Royaume-Uni / Allemagne
05.
Des experts estiment dans un nouveau scénario que la hausse du niveau des océans pourrait dépasser deux mètres d'ici 2100
06.
Vidéo de Vincent Lambert : son épouse va porter plainte
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
vangog
- 04/09/2017 - 22:19
Un bel enfumage, cette loi-chômage pour tous!
Confirmé par l'euphorie d'un Jacquet...Comme l'écrit fort justement Fran6, ce n'est pas la peur d'un jugement aux prud'hommes qui empêche d'embaucher, mais la peur de l'exploitation par les salariés récalcitrants de toutes les facilités gauchistes du code du travail. Remplacer le code du travail Français par le code du travail Suisse, ça aurait été une vraie réforme! Mais plafonner des indemnités qui obéissaient déjà à un barème précis (et donc plafonné) avant réforme Macron-Rothschild, c'est du pipi de chat...
Fran6
- 04/09/2017 - 21:15
j'ai suivi
j'ai suivi la publicité sur les textes sorties, que dire? je tiens une entreprise et c'est vraiment pas ça qui va me faire embaucher, savoir d'avance combien je vais payer au prud homme, quelle avancée lumineuse!! comme si j'embauchai pour pouvoir avoir le plaisir de virer ensuite... trop marrant! par contre, j'aimerai savoir comment faire pour virer une brêle qui profite du système pour rien foutre, arrêts de travail via un médecin complaisant et qui vous plombe une entreprise, ça est un vrai sujet, comme si tout les employés étaient des anges face à l'ogre petit patron pernicieux.... allez les syndicats, dites moi comment faire, moi et des milliers de TPE ayant le même soucis, vous verrez, le chômage baissera bien vite ensuite sinon.... un roumain, un polonais, un bulgare, pourquoi pas!
Poussard Gérard
- 04/09/2017 - 17:08
C'est un debut mais est ce suffisant?
Qu'en est il du temps de travail? Et les heures supplémentaires defiscalisees?
Et le financement des syndicats? Reformette et la presse aux ordres ne tarit pas d'éloge sur ce gouvernement