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Rentrée scolaire : ministre acclamé mais petits nuages à l'horizon

Publié le 04 septembre 2017
La rentrée sera tout sauf aisée pour le nouveau ministre de l'Education. Entre le lourd héritage de ses prédecesseurs et une crise de l'enseignement, c'est une année scolaire rude et compliquée que Jean-Michel Blanquer s'apprête à entamer.
Jean-Rémi Girard est vice-président du SNALC-FGAF (Syndicat National des Lycées et Collèges). Il tient le blog sur l'Education nationale "Je Suis en retard" : http://celeblog.over-blog.com
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Jean-Rémi Girard
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Jean-Rémi Girard est vice-président du SNALC-FGAF (Syndicat National des Lycées et Collèges). Il tient le blog sur l'Education nationale "Je Suis en retard" : http://celeblog.over-blog.com
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La rentrée sera tout sauf aisée pour le nouveau ministre de l'Education. Entre le lourd héritage de ses prédecesseurs et une crise de l'enseignement, c'est une année scolaire rude et compliquée que Jean-Michel Blanquer s'apprête à entamer.

Atlantico : Quelles sont les principales nouveautés que présente cette rentrée 2017 ? 

Jean-Rémy Girard : Il y a pas mal de choses qui se sont faites depuis quelques mois, tout d'abord la possibilité de revenir à la semaine de quatre jours au primaire, possibilité qui a été utilisée par 30% des communes, dont la plupart avait eu du mal à mettre en place des activités périscolaires et n'avait pas réussi à tirer partie du rythme des quatre jours et demi qui fonctionnait mal. Il y a eu aussi un aménagement de la réforme du collège mise en place par le gouvernement partout avec la possibilité d'ouvrir des classes bilan partout, des classes européennes, d'augmenter les horaires de langues anciennes, ainsi que la disparition du cadre extrêmement contraignant des enseignements pratiques interdisciplinaires – qui est très nettement simplifié. Les deux mesures emblématiques du quinquennat précédent ont été donc clairement modifiées. 

Autre point intéressant lors de cette rentrée : la mise en place dans les écoles les plus difficiles de CP à 12 élèves, qui se fait sans moyen particuliers, sur des postes déjà budgétés. C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron qui est donc tenue et qui va être poursuivie dans d'autres établissements en zone prioritaire et puis en CE1. A noter que nous a été présenté le dispositif d'évaluation de ces CP à 12 élèves, ce qui est une rareté dans l'Education Nationale dans laquelle on fait souvent plein de choses, pleins de réformes, mais où on a souvent pas prévu de façon d'évaluer. Pour une fois, l'évaluation est prévue avec cette mise en place des CP à 12.

Le nouveau ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer semble entamer une rentrée particulièrement difficile, avec notamment comme lourde charge de devoir revenir sur certaines mesures mises en place par son prédécesseur, Najat Vallaud-Belkacem. Le terrain semble piégé. Quelles sont les principales mines qui jalonne le parcours du nouveau ministre de l'Education ?

C'est toujours très difficile d'être ministre de l'Education Nationale, parce qu'on est responsable d'énormément de personnel. Et les professeurs qui sont souvent désabusés n'attendent plus grand chose de leur ministère voire aimerait qu'on leur fiche un peu la paix. De ce point de vue là, c'est toujours complexe de faire des choses car les réformes qui ont été menées jusque-là n'ont souvent pas été jugées comme particulièrement pertinentes. Les points difficiles, c'est le fait qu'un certain nombre d'organisations syndicales qui se positionnent sur un discours de méfiance ou d'inquiétude qui ne laisse pas particulièrement présager de grands moments dans les prochaines réunions avec le ministère. 

Ensuite, la crise des recrutements des professeurs continue et fait qu'on a du mal aussi bien dans le second que dans le premier degré à pourvoir les postes. Un certain nombre de mesures vont être mal perçues, tel le gel du point d'indice ou encore le jour de carence dans une profession qui n'est pas vraiment réputée pour être bien payée en rapport au niveau d'études exigé. Enfin, Jean-Michel Blanquer s'attaque à un énorme chantier, celui du baccalauréat, monument national auquel on ne touche pas facilement. De ce point de vue là, il va falloir faire très attention à la façon dont on va réformer le lycée et le baccalauréat car une fois encore on sait très bien que cela peut aboutir à de fortes protestations si une fois encore on ne s'y prend pas bien. 

Une question centrale semble être celle de la reconnaissance et du bien-être des professeurs. Une auditrice de RTL avait interpellé M. Blanquer sur ce point il y a quelques jours, et le ministre a assuré que les choses allaient s'améliorer. Quelles sont les pistes qu'il faut selon vous étudier aujourd'hui ?

Il y a à la fois des questions salariales qui se posent, car une fois encore, les enseignants ne sont pas particulièrement payés par rapport à leurs collègues de l'OCDE. Et ce sachant que leur recrutement se fait à bac+5 plus concours. A un tel degré d'étude, on comprend qu'un certain nombre d'étudiants se dirigent vers d'autres métiers que celui de l'enseignement. Ensuite, la question des conditions de travail importe. Il n'a jamais été aussi difficile d'enseigner  qu'aujourd'hui dans nos établissements scolaires. Il y a des difficultés relationnelles, d'autorité, de gestion des établissements. Les chefs d'établissement sont de plus en plus eux-mêmes agressés par des élèves ou parfois par leurs parents. On est dans un climat qui est souvent pénible pour de nombreux collègues. Il va falloir essayer d'établir dans les établissements scolaires un climat apaisé afin que tout le monde puisse faire son travail dans les meilleurs conditions. Ces deux points représentent l'essentiel. 

Ensuite, les enseignants ont besoin d'actes forts. On leur a souvent dit qu'ils étaient formidables, qu'on avait confiance en eux... A un moment, tout cela doit se traduire par plus que par des mots. Des mesures fortes en termes de gestion des établissements, de reconnaissance du métier, en termes de prérecrutement et de formation afin de ne pas se retrouver dans la situation actuelle, à savoir des personnels qui sont méfiants et qui n'attendent pas grand chose de leur hiérarchie ou du ministère et de l'Assemblée Nationale. On a vraiment besoin d'un vrai climat de confiance.

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vangog
- 04/09/2017 - 09:37
Détricotage du socialo-communisme!
Et, en matière de socialo-communisme, la Maghrébine avait fait très fort...cinq années seront-ils suffisants pour détricoter ce qu'avait réalisé le gouvernement Valls-Macron (et les précédents)? Suspense!...ensuite, il faudra virer les néo-trotskistes et pedagogistes qui ont perverti cette institution, puis remettre un peu de testostérone derrière les bureaux des professeurs...quel boulot!