En direct
Best of
Best of du 15 au 21 février
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Pourquoi nous finirons (probablement) tous par avoir le Coronavirus un jour

02.

L'enseignant de 60 ans décédé des suites du coronavirus était aussi atteint d'une "autre maladie" qui a "contribué à son arrêt cardiaque"

03.

Risque de pandémie au Coronavirus : l’étrange silence des agneaux écolos

04.

L'étrange sous-entendu de l'accusation lors de l'ouverture du procès Fillon

05.

Pandémie en vue ? Voilà à quoi ressemblerait le scénario du pire en cas de propagation incontrôlée du Coronavirus

06.

Trop manger est mauvais pour la santé. Jeûner souvent aussi

07.

Le Coronavirus, occasion forcée de se "débarrasser" de la mondialisation ? Petits contre-arguments pour ne pas jeter le bébé (de notre prospérité) avec l’eau du virus

01.

Pourquoi nous finirons (probablement) tous par avoir le Coronavirus un jour

02.

Instituteur de Malicornay : à quoi joue l’éducation nationale ?

03.

Cambriolages : révélations sur les mensonges statistiques du ministère de l’intérieur

04.

L'ex-rappeuse Diam's ouvre une agence de voyages (réservée aux musulmans)

05.

Pandémie en vue ? Voilà à quoi ressemblerait le scénario du pire en cas de propagation incontrôlée du Coronavirus

06.

Tout le monde, il est bio, tout le monde, il est gentil mais le BIO ne fera pas de miracle

01.

Procès Fillon : le candidat malheureux à la présidentielle fait-il face à une justice équitable ?

02.

Comment l’Allemagne est devenue le maillon faible de l’Europe

03.

Attentat de Hanau : ce terrible poison que contribuent à répandre les ambiguïtés européennes sur l’immigration

04.

Instituteur de Malicornay : à quoi joue l’éducation nationale ?

05.

Violences sexuelles : pourquoi il est si complexe d’éduquer au consentement

06.

Pandémie en vue ? Voilà à quoi ressemblerait le scénario du pire en cas de propagation incontrôlée du Coronavirus

ça vient d'être publié
pépites > Environnement
Justice
La société Lubrizol a été mise en examen pour "atteinte grave" à la santé et à l’environnement suite à l'incendie de son site de Rouen
il y a 8 heures 29 min
light > Culture
Grande famille du cinéma français ?
45e cérémonie des César : Brigitte Bardot publie un message de soutien à Roman Polanski qui "sauve le cinéma de sa médiocrité"
il y a 9 heures 45 min
light > Economie
Nominations
Nicolas Sarkozy et Guillaume Pepy vont entrer au conseil de surveillance de Lagardère
il y a 11 heures 11 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

Exposition "Hokusai, Hiroshige, Utamaro. Les grands maîtres du Japon" : splendeurs du Japon à Aix-en-Provence: Les Maîtres de l’époque Edo (1600-1867)

il y a 14 heures 9 min
pépites > Santé
Etat de santé
L'enseignant de 60 ans décédé des suites du coronavirus était aussi atteint d'une "autre maladie" qui a "contribué à son arrêt cardiaque"
il y a 16 heures 20 min
pépites > Santé
Virus en sommeil
Une femme japonaise contracte le coronavirus une seconde fois après avoir été guérie
il y a 19 heures 21 min
pépite vidéo > Politique
Double langage ?
Didier Guillaume arrache le micro d'un journaliste après une question sur l'abattoir Sobeval
il y a 20 heures 18 min
décryptage > Société
Réaction politique

Injustice intergénérationnelle : les dangers d'une génération extorquée

il y a 21 heures 13 min
décryptage > Politique
A mort !

Ecoutez l'autocritique (sincère ?) des candidats LREM qui s'étaient prononcés contre le mariage pour tous et contre la PMA. Mais le peuple, très vigilant, ne sera pas dupe de leur double langage…

il y a 22 heures 3 min
décryptage > Politique
Tri sélectif

Chasse aux ex-LR "trop conservateurs" : le pari politique risqué des LREM à Paris

il y a 22 heures 56 min
pépites > Justice
Centre hospitalier de Mont-de-Marsan
Claude Sinké, l’auteur présumé des coups de feu à la mosquée de Bayonne, est mort
il y a 9 heures 3 min
pépites > Santé
Nouveau bilan
38 cas de coronavirus ont été identifiés en France dont 12 liés au patient infecté dans l’Oise
il y a 10 heures 31 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"La Russie et la France, de Pierre Le Grand à Lénine" de Hélène Carrère d’Encausse, de l’Académie française : une mine d’informations sur le passé… avec une trop brève réflexion sur l’avenir !

il y a 14 heures 15 sec
pépite vidéo > Santé
Difficultés du monde hospitalier
Emmanuel Macron interpellé par un médecin sur la crise des hôpitaux
il y a 15 heures 38 min
pépites > Justice
"Pendaison" et Ancien Régime
L'étrange sous-entendu de l'accusation lors de l'ouverture du procès Fillon
il y a 18 heures 25 min
pépites > Santé
Coronavirus
Emmanuel Macron à la Pitié-Salpêtrière : "On a devant nous une épidémie" qu'il va falloir "affronter au mieux"
il y a 19 heures 54 min
décryptage > Politique
Réforme(s)

Edouard Philippe, patron de Licence IV, Bruno Le Maire, gérant d’auto-école

il y a 20 heures 54 min
décryptage > Politique
Passage en force

Recours au 49-3 : cet ultime baril de poudre qu'Emmanuel Macron roule dans la fabrique d'allumettes

il y a 21 heures 45 min
décryptage > Défense
Graal du XXIeme siècle ?

Défense : le retard technologique de la France s’accumule

il y a 22 heures 21 min
décryptage > Politique
Casse-tête

Retraites : 49.3, retrait ou "bidouille", quel chemin de sortie de crise serait le moins dommageable pour Macron ?

il y a 23 heures 14 min
© Reuters
© Reuters
Verveine

Autoritarisme, acte 2 : mais pourquoi Emmanuel Macron tente-t-il d’isoler une Pologne déjà marginalisée ?

Publié le 26 août 2017
"La Pologne n'est en rien ce qui définit le cap de l'Europe", a déclaré Emmanuel Macron vendredi, en qualifiant de "nouvelle erreur" le refus de Varsovie de durcir la directive sur le travail détaché.
Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jacques Rupnik est directeur de recherche au Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po, spécialiste de l'Europe centrale et des Balkans. Il est l'auteur de "Géopolitique de la démocratisation, l'Union...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rémi Bourgeot
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour...
Voir la bio
Jacques Rupnik
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jacques Rupnik est directeur de recherche au Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po, spécialiste de l'Europe centrale et des Balkans. Il est l'auteur de "Géopolitique de la démocratisation, l'Union...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
"La Pologne n'est en rien ce qui définit le cap de l'Europe", a déclaré Emmanuel Macron vendredi, en qualifiant de "nouvelle erreur" le refus de Varsovie de durcir la directive sur le travail détaché.

Atlantico : Dans le cadre d'une tournée organisée à l'occasion des négociations concernant le travail détaché, Emmanuel Macron a déclaré "la Pologne n'est en rien ce qui définit le cap de l'Europe", elle "se met en marge" et "décide d'aller à l'encontre des intérêts européens sur de nombreux sujets". En réponse à cette déclaration la première ministre polonaise, Beata Szydlo, a rétorqué : "peut-être, ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d’expérience et de pratique politique, ce que j’observe avec compréhension, mais j’attends qu’il rattrape rapidement ces lacunes et qu’il soit à l’avenir plus réservé". Malgré les désaccords, Emmanuel Macron n'est-il pas allé trop loin en voulant isoler la Pologne sur ce dossier ? Comment expliquer les propos tenus ? 

Jacques Rupnik : Il a trois choses différentes : le fond, la manière et le lieu. Le président Français s’en est pris violemment à la Pologne, disant qu’elle n’était «en rien ce qui définit le cap en Europe ». Ce sont des propos très forts envers une Pologne marginalisée en Europe. Mais ce sont des propos tenus dans un pays tiers. Donc ce n’était pas dans le cadre d’un échange bilatéral, ou d’un échange direct et vif. Il y a effectivement des questions sur le lieu et la manière et, bien entendu, la réaction de Varsovie est en quelque sorte à la hauteur de la charge qui est venue du côté français. Mais il y a surtout une question sur le fond, pour comprendre pourquoi Emmanuel Macron généralise- on pourrait s’en tenir à la question des travailleurs détachés -. Pourquoi en est-il ainsi?

Il y a un contentieux qui s’est développé ces dernières années. Il se trouve qu’en ce moment, le sujet sur lequel Emmanuel Macron a décidé d’ouvrir son dialogue avec les pays d’Europe centrale et orientale est la question des travailleurs détachés. Mais dans le cas polonais, son propos concerne un contentieux beaucoup plus large. On l’a déjà vu apparaître pendant la campagne électorale, lorsque le candidat Emmanuel Macron avait émis des critiques concernant l’état de la démocratie en Pologne, et en Hongrie. Ça lui avait valu d’ailleurs une réponse vive et officielle du gouvernement polonais, l’informant qu’il n’avait pas à se mêler des affaires internes du pays. Il y avait donc déjà un contentieux qui concernait les libertés publiques en Pologne, ce qu’on appelle la dérive illibérale.

Le deuxième contentieux concerne la question des migrants. La Pologne, a refusé d’accueillir des migrants comme le souhaitait la politique européenne. Elle a, en cela, soutenu la politique de Hongrie et du groupe de Višegrad. Elle s’est mise en porte-à-faux avec ce que voulait la Commission Européenne.

Il y a un troisième contentieux, qui concerne la politique de défense. Le précédent gouvernement polonais, libéral, souhaitait renforcer la défense européenne. Le gouvernement actuel, lui, mise à fond sur l’OTAN. Il n’y avait qu’à voir l’enthousiaste face à la venue de Donald Trump au mois de Juillet. Dans le même temps, cela venait juste après la décision polonaise d’acquérir des hélicoptères américains plutôt que européens. Cela fait tout un contentieux où la perception française donne un ensemble ; sur la question de la démocratie, il y a une régression, sur la question des migrants, la Pologne se met en porte-à-faux avec la Commission Européenne, sur les achats d’équipements militaires, la Pologne choisit américain.

Mais ce contexte-là n’est pas évident pour tous ceux qui vivent en Europe de l’Est, qui ne voient que le reproche des travailleurs détachés. En République Tchèque, la charge est particulièrement dure lorsque l’on lit les journaux. D’autant que les travailleurs détachés ne concernent pas que les polonais, mais tous les pays de l’Est.

L’objectif est clair. Il s’agit de diviser le groupe Višegrad. Les quatre pays avaient adopté en commun un certain nombre de positions. Ils étaient, en quelque sorte, les défenseurs de la libre circulation des travailleurs. C’est la France qui a soulevé cette question. Mais on a vu, lors de la réunion de Salzbourg que les Premiers ministres Tchèque et Slovaque ont adopté un ton plus conciliant. Cela ne veut pas dire qu’ils sont d’accord. Mais ils acceptent que l’on puisse discuter et négocier un nouveau compromis qui ne sera peut-être pas exactement ce que souhaite la France, mais qui fera au moins avancer les choses. Mais ce n’est pas une tâche aisée car tous les pays de la région sont dans la même situation. Ils bénéficient tous de cette possibilité d’aller travailler dans des conditions intéressantes dans des pays d’Europe de l’Ouest. Ils n’ont pas tous la même approche politique. Certains font attention de ne pas couper les ponts.

Nous avons donc une différenciation politique avec ces pays, mais un intérêt commun à défendre, une situation qui, finalement, leur donne un avantage comparatif. En France, on appelle ça du dumping social. Mais de leur point de vue, c’est différent. Pour des raisons historiques - la sortie du communisme, etc. -, ce sont des pays plus pauvres, avec une main d’œuvre bon marché. Mais pour rattraper leur retard, ils utilisent cet avantage pour attirer des investisseurs, et profiter de l’ouverture du marché de la main d’œuvre en Europe occidentale. Il y a une situation un peu paradoxale, où d’un côté il y a Macron, le “président libéral” qui passe pour un protectionnisme dans l’Europe de l’Est. Et au contraire, les nationalistes passent pour les défenseurs du marché libre.

Rémi Bourgeot : L’isolement, ou tout du moins le contournement, de la Pologne et de la Hongrie faisait partie de la tactique de négociation mise en place par Emmanuel Macron pour rallier la République tchèque, la Slovaquie et dans une moindre mesure la Bulgarie et la Roumanie à sa réforme du travail détaché. Mais cela n’explique pas la virulence des propos qu’il a fini par tenir sur la Pologne.

L’itinéraire même de son voyage et son programme de rencontre illustraient sa stratégie initiale. Par ailleurs, dans la mesure où les gouvernements des autres pays cités sont sociaux-démocrates, de gauche ou libéraux, il s’agissait pour Macron de jouer sur ces relatives affinités politiques face aux populistes de droite que l’on trouve à Varsovie et Budapest. A partir du moment où la réforme du travail détaché fait l’objet d’un quasi-consensus en Europe occidentale, un compromis avec ces pays d’Europe centrale et orientale ouvrent la voie vers une réforme, qui ne nécessite non pas, a priori, une unanimité, mais une bonne majorité pour passer les différentes étapes du processus.

Les déclarations du président sur la Pologne révèlent une grande confusion. S’il est légitime et nécessaire de condamner la remise en cause de l’état de droit lorsqu’elle est manifeste, il est abusif et contreproductif d’associer toute critique de l’Union européenne ou l’opposition sur un dossier donné à un rejet des valeurs communes et à l’extrémisme. Si Emmanuel Macron avait vraiment le sentiment d’avoir rallié les autres pays de l’Est, il n’aurait probablement pas vu d’intérêt à attaquer la Pologne frontalement. Une stratégie de contournement, aurait suffi, sur un mode détendu.

Quelles peuvent être les conséquences à court, moyen et long terme d'une telle déclaration ? Comment peuvent y réagir les pays d'Europe centrale ? Emmanuel Macron ne risque-t-il pas d'apparaître comme trop proche d'Angela Merkel dans sa relation avec Varsovie ? 

Jacques Rupnik : La préoccupation concerne véritablement la Pologne. Il faut quand même dire que c’est le pays le plus important de la région. Sans sous-estimer qui que ce soit, la Pologne est le pivot. C’est un pays qui historiquement avait une relation privilégiée avec la France depuis le fameux partage de son territoire à la fin du XXVIIIème siècle. La cause de la Pologne était une cause française. En 1939, les Français déclarent la guerre aux Allemands pour venir en aide aux Polonais. C’était une grande cause en France. Il y a là une détérioration des relations qui ne date pas de l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence. La guerre en Irak a été une cassure. L’arrivée de ce gouvernement nationaliste, en 2015, en est une autre. Il y a également un contraste entre les propos du président français, et du président américain. Cette dégradation ne tient pas qu’à la question des migrants. Les médias polonais ont répondu sévèrement à Emmanuel Macron, en lui disant de d’abord faire ses preuves, et de réformer son pays avant de faire la morale. Mais ce qui est préoccupant, c’est que ce n’est pas qu’un désaccord, mais une vraie dégradation.

Rémi Bourgeot : Du fait de la confusion entre la question de la critique de l’UE et celle, distincte, de l’affaiblissement de l’Etat de droit, son attaque risque d’être perçue à terme comme visant bien au-delà du gouvernement polonais, ou, tout du moins, de symboliser l’impossibilité d’un dialogue entre la France et des pays dont l’élite n’a pas le même crédo que la technostructure française sur l’UE. Même dans le cadre du monde politique polonais, Donald Tusk, l’actuel président du Conseil européen et ancien premier ministre polonais, est l’ennemi juré des populistes polonais et pourtant ses propos sur l’UE sont bien plus réalistes et critiques que ceux tenus par les milieux fédéralistes en France.

La surenchère verbale de la première ministre polonaise peut figer la situation à court terme en ce qui concerne les autres pays dont les gouvernements peuvent ne pas vouloir s’associer à cet excès. Mais à plus long terme c’est bel et bien le dialogue entre Europe de l’Ouest et Europe de l’Est dans son ensemble qui est affaibli par cette situation. Les relations sont exécrables entre Berlin et une bonne partie des pays d’Europe centrale, dont la Pologne en particulier. Non seulement Emmanuel Macron évite la question la plus centrale en terme de dumping salarial qu’est la politique allemande, mais il fait le cadeau à Mme Merkel de reporter toute la faute du nivellement par le bas qui caractérise l’UE sur l’Europe centrale. S’il y une cohérence dans cette approche, elle relève de la logique de la diversion.

Dans le cadre d'une volonté française d'aller vers plus d'intégration au sein de la zone euro, quelles pourraient être les conséquences directes de cette tournée sur cette volonté ?

Jacques Rupnik : Elle a comme conséquence de dire aux européens de l’Est deux choses : nous voulons éviter une coupure Est/Ouest de l’Europe, mais l’Europe “à l’anglaise”, c’est terminé. Jusqu’ici, on avait une vision de l’Europe assez britannique. Les questions de défense, c’est l’OTAN. La démocratie et la politique tienne des affaires intérieures dans les pays membres. Qu’est-ce qu’alors l’Union Européenne? C’est essentiellement un marché. Et là, ce que fais Macron, c’est de dire qu’après le Brexit et Trump, sans parler de l’instabilité dans le voisinage de l’Union Européenne, c’est de prôner une Europe politique. Il y aura un noyau européen, et donc une Europe à plusieurs vitesses. La question qu’il pose aux pays d’Europe centrale est simple. A quelle Europe souhaitent-ils appartenir? Veulent-ils être au cœur du noyau européen, ou rester à la périphérie? Les Tchèques et les Slovaques, réagissent avec modération. Le gouvernement polonais est dans une posture différente. Sans parler de la Hongrie. Le leader polonais, avec le premier ministre Hongrois, parlaient en automne d’une “contre-révolution” en Europe. Et avaient tiré les leçons du Brexit qu’il fallait rapatrier les pouvoirs vers les gouvernements nationaux. Macron leur donne la leçon inverse : le Brexit est un échec. La leçon de Trump, est qu’on ne peut pas compter sur les américains pour résoudre tous nos problèmes. Il faut donc une Europe politique plus forte. Personne ne forcera qui que ce soit pour faire partie du noyau. Mais si oui, alors il faut respecter un certains nombres de points politiques, économiques et sociaux.

Rémi Bourgeot : Bien que la réforme du travail détaché soit tout à fait légitime et même indispensable, cela ne signifie pas pour autant que ce problème constitue l’alpha et l’oméga de la politique européenne. La dynamique de nivellement salarial par le bas trouve son épicentre dans la politique allemande des quinze dernières années. Si le modèle économiques des pays d’Europe centrale participe de cette logique, c’est bien plus par le rôle de hinterland manufacturier à bas coût de l’Allemagne que par le travail détaché.

Dans le contexte de déni actuel, le dialogue sur l’euro est quasiment impossible entre la France et l’Allemagne. Les tabous allemands sur la fédéralisation de la zone euro sont beaucoup plus importants qu’on ne l’imagine en France et les réformes de mise en commun dont on parle ici communément sont complètement exclues outre-Rhin. Des concessions superficielles auront probablement lieu à terme, comme la mise en place d’un petit budget pour la zone euro et d’un « ministère des finances » de la zone, mais rien de substantiel et encore moins à même de corriger les déséquilibres économiques entre les pays membres. Pourquoi un gouvernement allemand qui refuse même l’idée d’une coordination macroéconomique informelle pour résorber les déséquilibres irait-il sacrifier sa crédibilité domestique avec des engagements financiers tabous ?  La majorité des conservateurs allemands ne prend même plus la peine de faire semblant, quand les sociaux-démocrates font encore mine de croire au développement d’une véritable union monétaire lorsqu’ils s’adressent à des cercles internationaux.

Angela Merkel était ravie de voir Emmanuel Macron monter au créneau sur le travail détaché étant données ses relations très tendues avec l’Europe centrale, et elle pensait probablement que le « wunderkind », une fois auréolé du statut de réformateur européen, éprouverait moins le besoin de l’ennuyer avec les « idées françaises » sur la réforme de la zone euro.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Pourquoi nous finirons (probablement) tous par avoir le Coronavirus un jour

02.

L'enseignant de 60 ans décédé des suites du coronavirus était aussi atteint d'une "autre maladie" qui a "contribué à son arrêt cardiaque"

03.

Risque de pandémie au Coronavirus : l’étrange silence des agneaux écolos

04.

L'étrange sous-entendu de l'accusation lors de l'ouverture du procès Fillon

05.

Pandémie en vue ? Voilà à quoi ressemblerait le scénario du pire en cas de propagation incontrôlée du Coronavirus

06.

Trop manger est mauvais pour la santé. Jeûner souvent aussi

07.

Le Coronavirus, occasion forcée de se "débarrasser" de la mondialisation ? Petits contre-arguments pour ne pas jeter le bébé (de notre prospérité) avec l’eau du virus

01.

Pourquoi nous finirons (probablement) tous par avoir le Coronavirus un jour

02.

Instituteur de Malicornay : à quoi joue l’éducation nationale ?

03.

Cambriolages : révélations sur les mensonges statistiques du ministère de l’intérieur

04.

L'ex-rappeuse Diam's ouvre une agence de voyages (réservée aux musulmans)

05.

Pandémie en vue ? Voilà à quoi ressemblerait le scénario du pire en cas de propagation incontrôlée du Coronavirus

06.

Tout le monde, il est bio, tout le monde, il est gentil mais le BIO ne fera pas de miracle

01.

Procès Fillon : le candidat malheureux à la présidentielle fait-il face à une justice équitable ?

02.

Comment l’Allemagne est devenue le maillon faible de l’Europe

03.

Attentat de Hanau : ce terrible poison que contribuent à répandre les ambiguïtés européennes sur l’immigration

04.

Instituteur de Malicornay : à quoi joue l’éducation nationale ?

05.

Violences sexuelles : pourquoi il est si complexe d’éduquer au consentement

06.

Pandémie en vue ? Voilà à quoi ressemblerait le scénario du pire en cas de propagation incontrôlée du Coronavirus

Commentaires (18)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Olivier K.
- 28/08/2017 - 09:17
Baisser les charges?
Mais a quoi bon? Dans un pays qui considère que le sommet du developpement consiste à mettre des croix dans des cases ou planter du blés de facon industrielle baisser les charges ne fera qu'enterriner le fait que nous sommes techniquement des attardés. Ce qu'il faut commencer a faire c'est reorienter l'économie vers une modernité responsable, les possibilités sont immense dans ce domaine.
viandapneu
- 26/08/2017 - 21:28
Acheter européen ?
La Pologne achète des hélicoptères américains, certes, mais elle n'est pas partie prenante dans la fabrication de l'Airbus.
Par contre TRANSAVIA, compagnie française filiale d'AIR FRANCE n'achète que des Boeing. Que va dire little Mac ?
cloette
- 26/08/2017 - 20:35
@ gerint
vous avez tout à fait raison, Macron roule pour lui, il n'a pas de fibre sociale, il ratisse un coup à gauche un coup à droite, c'e n'est nullement un économiste , aucun prix Nobel, aucun "Docteur " dans son entourage que des formations pluridisciplinaires de sc po, ou d 'administrateur à l'ENA,pas de génie! son but :modeler l'Europe pour lui même ,, il aimerait bien en être l'empereur .. Son armée de godillots est insignifiante , il se fera rejeter par les vrais compétents .,