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Situation en voie de normalisation
Du Yemen au Qatar : ces changements de stratégie qui révèlent le perte d’influence de l’Arabie saoudite
Publié le 18 août 2017
Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane cherche à mettre un terme au conflit au Yémen. Un e-mail qui a fuité -par le biais de personnel diplomatique américain - révèle que le nouvel homme fort du Royaume chercherait à apaiser les tensions dans la région du Golfe.
Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste associé au groupe d'analyse JFC-Conseil. Docteur en Histoire, il a soutenu sa thèse en 2015 à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM) d’Aix-Marseille Université....
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Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste associé au groupe d'analyse JFC-Conseil. Docteur en Histoire, il a soutenu sa thèse en 2015 à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM) d’Aix-Marseille Université....
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Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane cherche à mettre un terme au conflit au Yémen. Un e-mail qui a fuité -par le biais de personnel diplomatique américain - révèle que le nouvel homme fort du Royaume chercherait à apaiser les tensions dans la région du Golfe.

Atlantico : Selon des emails révélés par le site 'the middle east eye", Mohammed ben Salmane, nouvel homme fort du Royaume, souhaiterait mettre fin au conflit au Yemen. Dans le même temps, une amélioration des relations avec le Qatar est en cours, l'Arabie Saoudite ayant ré-ouvert ses frontières aux pèlerins souhaitant se rendre à la Mecque. Comment comprendre ces deux changements de cap, faut il y voir une nouvelle stratégie de Riyad ? 

Roland Lombardi : Effectivement, ce sont de nouveaux signes supplémentaires confirmant les changements de la politique de Riyad dans la région. Dans la crise qui oppose le royaume saoudien et le Qatar, et ce dès le début des tensions, au mois de juin dernier, j’avais déjà annoncé que l’issue serait inévitablement l’apaisement. Il ne faut pas oublier aussi l’invitation, il y a quelques semaines, par les autorités saoudiennes, de l’éminent dignitaire chiite irakien, Moqtada al-Sadr. Visite qui faisait suite à celle du Premier ministre irakien en personne, Haïder al-Abadi (un chiite lui aussi) en juin. Cette volonté manifeste de normaliser ses relations avec l’Irak, démontre également les nouvelles inflexions diplomatiques de l’Arabie saoudite que j’avais évoquées dans une précédente interview. Quant au Yémen, face à l’enlisement du conflit, il est normal que Mohammed ben Salmane, le prince héritier et pourtant l’un des principaux (si ce n’est le principal) responsables de l’intervention saoudienne, cherche à présent une porte de sortie acceptable.

Alors comment comprendre ces revirements ? Et bien, lorsque les vents sont contraires, on perd son temps et son énergie à naviguer à contre-courant. Les Saoudiens ont fini par l’accepter. Car au final, ils ont bel et bien perdu leur bras de fer avec l’Iran (perte d’influence au Liban, en Syrie et en Irak…) et l’échec de leur politique régionale est patent (déconvenue au Yémen, fiasco total de sa politique régionale de soutien aux salafistes et aux jihadistes, limites de sa diplomatie du chéquier, discrédit dans les opinions du monde arabe…).

Quelles seraient les conditions permettant d'obtenir une fin de conflit au Yemen ? Quels sont les obstacles qui s'y opposent encore ? 

Le Yémen connaît la guerre depuis plusieurs années. De fait, après deux ans et le début de l’intervention de la coalition guidée par Riyad pour appuyer les loyalistes face aux Houthis (les rebelles se réclamant du zaïdisme, une tendance de l’islam chiite) la situation du pays s’est considérablement détériorée. Les « bavures » de la coalition emmenée par les Saoudiens se sont multipliées sans pour autant émouvoir certains responsables occidentaux qui pourtant n’hésitaient pas à verser leurs larmes de crocodile sur le prétendu « massacre » d’Alep perpétré par l’armée russe ! D’après l’ONU, près de 10 000 personnes sont mortes, majoritairement des civils, et il y aurait plus de 40 000 blessés. C’est une véritable crise humanitaire qui touche le pays puisque la famine et les maladies (comme le choléra) s’y développent à grands pas.

Or, malgré l’ardeur et les millions dépensés, les Saoudiens n’arrivent toujours pas à venir à bout des Houthis. Véritablement enlisé jusqu’au cou, le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, ministre de la Défense et grand superviseur de l’opération Tempête décisive, cherche dorénavant une sortie diplomatique à cette guerre. Pour cela, je pense que le prince Salmane espère une sorte d’« internationalisation » quant à l’issue du conflit en sollicitant davantage les Etats-Unis et les Nations Unies. Un peu comme l’avaient fait les Israéliens lors de la seconde guerre du Liban en 2006.

Faut il voir dans cette volonté un aveu de faiblesse économique de la part du Royaume ? Ne sous estime t on pas les difficultés économiques que traverse le Royaume, dans un monde ou le prix du pétrole est attendu durablement bas ? 

Il y a plus d’un an, j’avais déjà évoqué les difficultés économiques du royaume saoudien. Depuis, et en dépit de certaines réformes structurelles, pour l’instant sans grands résultats, les problèmes financiers demeurent (revenus pétroliers toujours en forte baisse, pauvreté galopante…). Toutefois, ce sont loin d’être les seuls facteurs d’inquiétude pour le royaume et le futur roi… Car, au-delà des erreurs et des revers de sa diplomatie, traités plus haut, et malgré le « nouveau » soutien américain et de l’administration Trump (à la condition de combattre réellement le djihadisme), la monarchie saoudienne est également confrontée à des crises internes. D’abord, et on en parle peu, l’est du royaume, là où la minorité chiite est importante, est le théâtre de graves troubles et de violences et ce, depuis plusieurs mois, notamment près de la ville de Aouamia. Ensuite et surtout, les tensions et les rivalités, entre les diverses tribus et jusqu’au sein du pouvoir et de la famille royale, n’ont jamais été aussi vivaces. Sous une pression américaine inédite et sous la houlette du jeune prince Salmane, le nouvel homme fort du régime, les puissants services de sécurité du royaume, entreprennent une terrible répression dans les milieux religieux les plus extrémistes. De même, ils traquent impitoyablement les rares opposants ainsi que les princes « dissidents » sur le territoire mais également à l’étranger (« disparitions » de princes en exil). Tout cela engendre frustration, rancœur et fait de nombreux mécontents parmi les élites et les notables écartés du pouvoir. La « révolution », lors de la nomination par le roi de son fils, Mohammed, comme prince héritier, et justement les nouvelles orientations économiques, politiques et diplomatiques prises par ce dernier, n’ont fait qu’envenimer les choses…

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