En direct
Best of
Best Of
En direct
© LOIC VENANCE / AFP
Tiens, tiens...
Fincantieri, STX, et les conflits d’intérêt de l’équipe d'Emmanuel Macron
Publié le 26 juillet 2017
Bruno Le Maire vient d'annoncer que la France rachèterait STX si Fincantieri ne se contentait pas des 50% que la France est prêt à lui concéder (l'italien détient déjà 48% des chantiers navals). Un dossier qui a glissé au coeur du capitalisme de connivence français.
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bruno Le Maire vient d'annoncer que la France rachèterait STX si Fincantieri ne se contentait pas des 50% que la France est prêt à lui concéder (l'italien détient déjà 48% des chantiers navals). Un dossier qui a glissé au coeur du capitalisme de connivence français.

Tiens! l'affaire STX et son lot de conflits d'intérêts ressort du chapeau. On la suivra avec attention, puisqu'elle résume assez bien toutes les ambiguités de la Macronie triomphante.

STX, objet de haute convoitise

On ne peut rien comprendre à l'affaire STX si l'on oublie que cette version remixée des chantiers navals de Saint-Nazaire revêt un intérêt stratégique majeur. Il s'agit en effet du seul chantier naval où la France pourrait, le jour J, construire les plus gros navires de guerre. Impossible, donc, d'en céder la propriété à un groupe étranger...

Dans la guerre entre Fincantieri et MSC

Lors des déboires en justice de la maison mère (coréenne) de STX, Fincantieri a donc raflé 48% du groupe pendant que l'État en prenait 33%. Le compromis obtenu par le précédent ministre de l'Industrie, Christophe Sirugue, comportait toutefois une clause (en principe de 60 jours), avec un droit de préemption de l'État sur les parts de Fincantieri. 

C'est cette clause que Le Maire annonce vouloir faire jouer. 

Ce que ne dit pas Le Maire, c'est que la France est liée aux conditions de commande par le croisiériste armateur MSC de gros paquebots à STX. En son temps, MSC a exigé de pouvoir faire construire ses plus beaux bateaux par un chantier qui ne soit pas sous la coupe de Fincantieri, lié à un concurrent de MSC (Carnival). 

De là à penser que l'intérêt objectif de Fincantieri est de couler STX pour favoriser Carnival, il n'y a évidemment qu'un pas. 

Le rôle complexe d'Alexis Kohler 

Jusqu'ici, donc, personne ne peut reprocher à Bruno Le Maire de prendre les positions qu'il prend, et d'annoncer aux Italiens que la France conservera au moins 50% de STX.

Le problème est dans la suite prévisible du dossier. Bruno Le Maire a annoncé qu'il vendrait des participations de l'État dans des entreprises pour financer un plan d'innovation à 10 milliards. Quelques jours plus tard, il propose un mouvement inverse: nationaliser des chantiers navals. Où est la cohérence?

C'est que... Une fois l'État devenu propriétaire, sa tentation sera de revendre ses parts, comme ce fut évoqué au premier semestre, à MSC. Rappelons là encore que le croisiériste italien avait envisagé de candidater au rachat de STX devant la justice coréenne, dans un consortium intégrant le néerlandais Damen. Pour des raisons non expliquées, cette offre n'a pas été présentée.

En revanche, il est très probable que, en cas de rachat de 100% de STX, l'État réalise l'opération prévue de longue date. Or... l'ancien directeur financier de STX n'est autre qu'Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, à qui l'on attribue désormais de nombreux ratés macroniens (notamment la petite crise d'autorité vis-à-vis du général de Villiers).

Où l'on retrouve la déontologie des hauts fonctionnaires en première ligne

Et voilà donc comment la boucle est bouclée. Alexis Kohler, avant 2015, fut administrateur de STX au titre de la représentation de l'État. Lorsque Macron s'est mis en marche, il a cumulé les fonctions de directeur financier de MSC et de soutien actif du futur président. Et hop! le voici secrétaire général de l'Élysée à un moment où MSC pourrait bénéficier d'une mesure favorable de l'État. 

On comprend pourquoi le gouvernement a exigé que les hauts fonctionnaires ne soient pas concernés par les dispositions de la loi sur la moralisation concernant les conflits d'intérêt. 

Cet article a été initialement publié sur le site d'Eric Verhaeghe

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
02.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
03.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
04.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
05.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
06.
Electricité : le record de production par les éoliennes battu le 14 mars est un faux espoir
07.
L'identité de Jack l’Eventreur dévoilée
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
06.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Révolution, le retour : le scénario d’un vrai dérapage insurrectionnel est-il en train de devenir possible en France ?
03.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
04.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
05.
Grève mondiale des élèves pour le climat : 5 éléments pour déterminer s’il faut s’en réjouir ou... s’en inquiéter sérieusement
06.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Danper
- 27/07/2017 - 17:10
Macron le faux européen
En fait l'européen Macron se comporte comme tout ultra-nationaliste français. Il piétine les règles européennes quand ça l'arrange et les utilise quand il s'agit d'acheter des entreprises à l'étranger, particulièrement en Italie. L'inverse n'est évidemment pas permis, honneur national (mal placé) oblige. Ce qui est est curieux c'est que l'on a laissé faire aux Coréens ce que l'on ne veut pas laisser faire aux Italiens. C'est l'Europe à l'envers. Il faut dire que le mépris affiché par Macron, fort de son allégeance à Merkel, vis-à-vis des Italiens est incroyable. Abuser de la force procurée par sa maîtresse pour accomplir ses méfaits ne lui portera pas bonheur à long terme et encore moins à l'Europe dominée par l'Empire Allemand soutenu par son acolyte français. Que dire de leur position sur l'immigration: Macron et Merkel croient-ils que faire exploser l'Italie leur sera vraiment bénéfique ? Je pense que c'est regarder les choses par le petit bout électoraliste et nationaliste de la lorgnette qui a déjà créé pas mal de dégat dans le passé. Aucun pays européen ne veut devenir une colonie franco-allemande.
Idea
- 27/07/2017 - 09:50
Mais qui est Macron ?
Ce qui est certain c'est que le comportement du gouvernement français dans cette histoire est perçue comme assez minable et offensante. Comment avoir accepter que les Coréens prennent 66,6% de STX et refuser aux Italiens,voisins européens qui ont accepté des prises de contrôle d'importantes sociétés transalpines par des Français sans mettre leur veto ? Marron est européen quand ça l'arrange, libéral quand ça le sert, nationaliste si ça lui est utile, communautaire s'il peut gagner des voix...
vangog
- 27/07/2017 - 00:30
Et le libéralisme dans tout ça?...
On a bien compris que l'état macroniste était essentiellement corporatiste et socialiste (tiens, tiens...), et qu'il développe très vite des réflexes nationo-socialistes...Qu'il ait des réflexes nationaux ne nous dérange pas, nous les patriotes, car nous sommes heureux que Macron se range aux avis de Marine Le Pen concernant des nationalisations partielles permettant de sauver des entreprises stratégiques de prédateurs étrangers...mais que Macron associe au nationalisme les borborigmes malsains du socialisme, là ça fait peur...