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Génération Révolution
La génération Y va redessiner l’Europe
Publié le 17 mars 2012
Résignées, indignées, les jeunes générations, celles que l'on dit "Y", ne croient guère en l'action politique ordinaire. Dans son essai politique "Révolution Y", Rafik Smati trace les contours d'un projet révolutionnaire qui pourrait être porté par la jeunesse (Extrait 1/2).
Rafik Smati dirige le groupe Aventers. Il a publié Vers un capitalisme féminin (avril 2010) et Eloge de la vitesse : La revanche de la génération texto (mars 2011) aux éditions Eyrolles. Il est le fondateur du mouvement politique Objectif France. 
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Rafik Smati
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Rafik Smati dirige le groupe Aventers. Il a publié Vers un capitalisme féminin (avril 2010) et Eloge de la vitesse : La revanche de la génération texto (mars 2011) aux éditions Eyrolles. Il est le fondateur du mouvement politique Objectif France. 
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Résignées, indignées, les jeunes générations, celles que l'on dit "Y", ne croient guère en l'action politique ordinaire. Dans son essai politique "Révolution Y", Rafik Smati trace les contours d'un projet révolutionnaire qui pourrait être porté par la jeunesse (Extrait 1/2).

Nous sommes en 1788. Une règle de physique énonce le principe selon lequel « les mêmes causes produisent les mêmes effets ». Or il se trouve que le monde d’aujourd’hui contient en germe les mêmes éléments qui ont conduit à la révolution française de 1789 : la crise économique, la famine, les inégalités, des régimes politiques déconnectés des réalités.

Il y a en revanche un élément nouveau dans la révolution que tu porteras : Internet. Comme toute la jeunesse du monde, tu es désormais connecté, tu t’informes et communiques en temps réel et tu passes un temps considérable à naviguer sur les réseaux sociaux. C’est ton espace de liberté. Autrefois, pour renverser un régime, il fallait prendre les armes et risquer sa vie. Aujourd’hui, l’information devient l’arme absolue. Et cette information, elle est diffuse, non canalisée, dispersée. Elle appartient aux réseaux. Elle t’appartient.

Une révolution peut ainsi naître à tout moment et en tout lieu, y compris là où l’on ne l’attend pas. Qui aurait cru, quelques semaines avant les révolutions arabes de l’année 2011, que l’immolation d’un vendeur de légumes en Tunisie pourrait déstabiliser les régimes autoritaires d’Afrique du Nord au point de renverser des dictateurs en place depuis plusieurs décennies ? L’exemple des révolutions arabes démontre à quel point une révolution peut désormais se répandre à une vitesse exceptionnelle : quelques semaines, voire quelques jours. Elle peut même prendre une dimension planétaire.

L’argument viens d’énoncer est sans doute parlant pour toi. Mais je dois reconnaître qu’il est en partie fallacieux. Pourquoi que je donc ? Parce qu’aussi pertinent et puissant Internet soit-il, il est loin de faire une révolution à lui seul. La Révolution française de 1789 n’a pas eu besoin d’Internet pour se propager en quelques mois. Un rappel rapide de la chronologie des événements en atteste : 5 mai 1789, ouverture des États généraux à Versailles ; 9 juillet 1789, proclamation de l’Assemblée constituante ; 14 juillet 1789, prise de la Bastille ; 4 août 1789, abolition des privilèges ; 21 octobre 1790, instauration du drapeau tricolore ; 21 septembre 1792, Première République française ; 21 janvier 1793, décapitation de Louis XVI. Il en est de même pour la deuxième révolution française de 1848, ou même pour les révolutions russes du début du vingtième siècle…

De plus, tu as pu constater que les révolutions arabes, si rapidement déclarées et propagées, n’ont guère un abouti à véritable changement.

D’un côté, donc, tu as une révolution française menée avec des moyens de communication archaïques, mais dont les conséquences bénéfiques se font encore sentir aujourd’hui ; de l’autre tu as devant toi la possibilité d’engager une révolution d’un nouveau genre, une révolution « 2.0 », mais dont on peut penser que son effet sera limité dans le temps.

Quel est donc l’élément qui fait défaut ?

Dans une célèbre scène des Misérables de Victor Hugo, le petit Gavroche improvise un refrain, tout en s’amusant sur les barricades lors d’une révolte à Paris : « Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire. Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau. »

Comme le sous-entend la formule de Gavroche, la Révolution française de 1789 n’a pas débuté en 1789. Ni même en 1788. Elle a puisé ses fondements dans ce que l’on a appelé la philosophie des Lumières, courant porté notamment par Voltaire et Rousseau. Les pulsions révolutionnaires des Français n’ont pas été improvisées. La passion pour le modèle républicain n’a pas été le fruit d’une génération spontanée. La Révolution française de 1789, à l’image de toutes les grandes révolutions de ces derniers siècles, a d’abord puisé sa force dans une idéologie puissante, un objectif, une orientation majeure, que les peuples se sont ensuite appropriés.

_________________________

Extraits de Revolution Y, Eyrolles (1 mars 2012)

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Commentaires (1)
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ropib
- 17/03/2012 - 12:40
bof
Pas Voltaire ni de Rousseau sans l'imprimerie et ses effets. Le web n'est pas Rousseau, et toute l'idée du web c'est justement une diffusion en réseau qui n'entraînera par définition l'émergence d'aucun Rousseau.
La comparaison avec 1789 ne tient pas en effet, il n'y aura sans doute pas de changement de régime décisif (plutôt la continuité de l'éclatement des compétences et des responsabilités, quelque chose de soft). Je lui préfère la comparaison avec la Guerre de Cent Ans, qui fait suivre la monarchie à la monarchie, mais qui marque un changement de civilisation, du Moyen Age à l'actuelle. Et comme à l'époque, ou certains n'ont pas accepté la déterritorialisation de l'économie, le capitalisme et l'industrie, aucune guerre, même de destruction massive ne pourra nous faire revenir aux années 50.