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Discours de Trump sur l'islam à Riyad : tout ça pour ça... ?
Publié le 22 mai 2017
En choisissant de prononcer son discours sur l'islam dans la capitale du wahhabisme, Donald Trump suscite un certain scepticisme chez certains, de même que son entreprise plus largement, la réforme de l'islam ne pouvant venir que de l'intérieur.
Malik Bezouh est président de l'association Mémoire et Renaissance, qui travaille à une meilleure connaissance de l'histoire de France à des fins intégrationnistes. Il est l'auteur des livres Crise de la conscience arabo-musulmane, pour la...
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En choisissant de prononcer son discours sur l'islam dans la capitale du wahhabisme, Donald Trump suscite un certain scepticisme chez certains, de même que son entreprise plus largement, la réforme de l'islam ne pouvant venir que de l'intérieur.

Que dire de la visite du président des États-Unis à Ryad ?  Avant toute chose, relevons l’inflexion du discours de Donald Trump qui, on s’en souvient, par sa brutalité, avait heurté, pour le moins, le monde islamique. Cela dit, on n’imaginait guère le chef d’État américain réitérer, à nouveau, ses réflexions à l’emporte-pièce devant un parterre de dirigeants musulmans. Pragmatisme oblige !

Venons-en au fond à présent. En premier lieu, notons que Donald Trump, fort de ses sources de renseignements, a avancé un chiffre à méditer profondément : 95% des victimes mondiales du takfirisme professé par Daech et consorts sont de confession musulmane ! Une donnée constituant un véritable camouflet pour les théoriciens du prétendu choc des civilisations qui, à l’instar des Zemmour, Rioufol et autres prophètes de la peur, diffusent à longueur de temps des informations faisant fi de cette donnée fondamentale. Et pour cause !  Celle-ci contredit, et de quelle façon !, leur thèse marquée au coin du simplisme intellectuel.

Au-delà, on reprochera au président américain - et c’est bien là le plus lourd des griefs qu’on peut lui faire - l’absence d’une réflexion globale sur les causes du terrorisme international. Certes, il convient, bien évidemment, de neutraliser ceux qui sèment l’épouvante et la mort au nom de leur lecture mortifère de la religion. Mais qui peut croire un seul instant que l’option militaire, seule, pourra endiguer un phénomène aux origines protéiformes ?

Or, l’une d’elles est le despotisme politique arabe qui afflige les masses arabo-musulmanes et, partant, fait le lit de toutes les radicalités. Car ces pouvoirs arabes, en confisquant la parole citoyenne, en étouffant toute tentative de discussion démocratique, en écrasant systématiquement les oppositions, par la violence, la torture, le crime politique, n’ont pas permis l’émergence durable de réformistes musulmans susceptibles d’offrir une lecture plus humaniste des Textes saints de l’islam, dont une partie - il faut le reconnaitre - contient des passages belliqueux dès lors que ceux-ci sont lus sans un travail de contextualisation et de distanciation. Pis encore : la politique ultra-répressive de ces régimes a favorisé l’apparition, dans les années 1970, du takfirisme, courant musulman extrémiste, inquisiteur et porteur d’une violence exacerbée, qu’un pluralisme démocratique arabe aurait pu absorber puis dissoudre dans la confrontation des idées si on avait laissé à ce pluralisme la possibilité de s’exprimer. Car la culture démocratique ne se décrète pas, mais s’apprend, se renforce, se cultive, pour devenir, au gré des alternances politiques, cette sève ardente et civilisatrice qui infuse dans toute la société l’acceptation de l’altérité, qu’elle soit politique, philosophique ou religieuse. Mais de tout cela, hélas !, le monde-arabo-musulman en a été privé. Les régimes arabes, foncièrement antidémocratiques, ont, de ce point de vue-là, une très lourde responsabilité dans l’irruption de la violence religieuse qui défraie la chronique.

 

Les chancelleries occidentales sont loin d’être exemptes de tout reproche. En soutenant, parfois ouvertement, ces modes de gouvernance marqués au coin du totalitarisme, elles ont contribué à faire resurgir, des tréfonds de l’histoire arabo-musulmane, ce mouvement éminemment fanatique, le takfirisme, qui ne connaît que le rapport de force brutal. A ce sinistre tableau, il faut ajouter l’interventionnisme soviétique en Afghanistan et américain en Irak qui sèma les ferments du jihadisme contemporain. Enfin, comment éteindre le feu du jihadisme takfiriste sans penser la question sunnite en Irak, le drame du peuple syrien victime du boucher de Damas, la guerre dévastatrice au Yémen et le conflit israélo-palestinien, enfin, à grande portée symbolique ?

Bref, c’est poursuivre une vaine chimère que de croire que l’on viendra à bout du jihadisme takfiriste en continuant à jeter un voile discret sur les causes profondes qui le nourrissent. Justice, liberté, transparence, souveraineté, alternance politique ! Voilà ce que clament désespérément, de temps immémorial, les sociétés civiles arabo-musulmanes ! Mais qui les entend ? Certainement pas Donald Trump. Soucieux de ne pas allumer le courroux de ses hôtes saoudiens, ce dernier a sacrifié sur l’autel des intérêts commerciaux le seul remède capable, à moyen terme, d’en finir avec le terrorisme : la démocratie !

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J'accuse
- 22/05/2017 - 18:23
Inversion des causes et des effets
Pas de doute pour M. Bezouh, le despotisme des régimes arabes (et des autres pays musulmans) est en grande partie à l'origine de la violence de l'islam. Je crois que c'est plutôt l'inverse: l'islam est une religion de soumission, créée pour favoriser et pérenniser les dictatures, autant que pour soumettre la femme à l'homme.
moneo
- 22/05/2017 - 18:14
pas guerre de civilisation?
Alors disons une guerre de reconquête religieuse .les musulmans n'ayant jamais admis de s' être fait virer de l'Espagne par Isabelle et Ferdinand .

on peut aussi dire que 99 %des attentats en europe provient des musulmans
il y a désormais un diction qui dit 100%des musulmans ne sont pas des terroriste mais 100% des attentas sont faits par des musulmans

comme il existe quelque nazis,ou d'héritiers de l bande Baader on va dire 99%.
si nous-sommes en état d'urgence ,la faute à qui?
Tous ce gens ex colonisés sont indépendants pourquoi venir chez nous pour imposer leurs coutumes et visions de l'au delà
Des pays arabes y en a plein ;pourquoi ne pas s 'exiler vers l'Arabie saoudite, le Quatar?
nous les avons exploité parait il (confirmé par Macron) c'est du masochisme que de venir chez leurs supposé bourreaux .
Djib
- 22/05/2017 - 17:36
Monsieur Malik Bezouh,
peu me chaut que 95% des victimes de Daech soient des musulmans. Ca ne me fait pas pour autant apprécier les voilées et les barbus en qamis qui pullulent dans nos rues et qui peuvent aussi bien se retrouver comme moi victimes d'un attentat (encore que au Bataclan, il semblerait que les tueurs auraient eu la gâchette sélective) tout en étant la partie immergée de l'iceberg Daech, complices au mieux passifs d'un islam arrogant, envahissant, haineux et rétrograde.