En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© JIM WATSON / AFP
Chacun sa vision

Discours de Trump sur l'islam à Riyad : tout ça pour ça... ?

Publié le 22 mai 2017
En choisissant de prononcer son discours sur l'islam dans la capitale du wahhabisme, Donald Trump suscite un certain scepticisme chez certains, de même que son entreprise plus largement, la réforme de l'islam ne pouvant venir que de l'intérieur.
Malik Bezouh est président de l'association Mémoire et Renaissance, qui travaille à une meilleure connaissance de l'histoire de France à des fins intégrationnistes. Il est l'auteur des livres Crise de la conscience arabo-musulmane, pour la...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Malik Bezouh
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Malik Bezouh est président de l'association Mémoire et Renaissance, qui travaille à une meilleure connaissance de l'histoire de France à des fins intégrationnistes. Il est l'auteur des livres Crise de la conscience arabo-musulmane, pour la...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
En choisissant de prononcer son discours sur l'islam dans la capitale du wahhabisme, Donald Trump suscite un certain scepticisme chez certains, de même que son entreprise plus largement, la réforme de l'islam ne pouvant venir que de l'intérieur.

Que dire de la visite du président des États-Unis à Ryad ?  Avant toute chose, relevons l’inflexion du discours de Donald Trump qui, on s’en souvient, par sa brutalité, avait heurté, pour le moins, le monde islamique. Cela dit, on n’imaginait guère le chef d’État américain réitérer, à nouveau, ses réflexions à l’emporte-pièce devant un parterre de dirigeants musulmans. Pragmatisme oblige !

Venons-en au fond à présent. En premier lieu, notons que Donald Trump, fort de ses sources de renseignements, a avancé un chiffre à méditer profondément : 95% des victimes mondiales du takfirisme professé par Daech et consorts sont de confession musulmane ! Une donnée constituant un véritable camouflet pour les théoriciens du prétendu choc des civilisations qui, à l’instar des Zemmour, Rioufol et autres prophètes de la peur, diffusent à longueur de temps des informations faisant fi de cette donnée fondamentale. Et pour cause !  Celle-ci contredit, et de quelle façon !, leur thèse marquée au coin du simplisme intellectuel.

Au-delà, on reprochera au président américain - et c’est bien là le plus lourd des griefs qu’on peut lui faire - l’absence d’une réflexion globale sur les causes du terrorisme international. Certes, il convient, bien évidemment, de neutraliser ceux qui sèment l’épouvante et la mort au nom de leur lecture mortifère de la religion. Mais qui peut croire un seul instant que l’option militaire, seule, pourra endiguer un phénomène aux origines protéiformes ?

Or, l’une d’elles est le despotisme politique arabe qui afflige les masses arabo-musulmanes et, partant, fait le lit de toutes les radicalités. Car ces pouvoirs arabes, en confisquant la parole citoyenne, en étouffant toute tentative de discussion démocratique, en écrasant systématiquement les oppositions, par la violence, la torture, le crime politique, n’ont pas permis l’émergence durable de réformistes musulmans susceptibles d’offrir une lecture plus humaniste des Textes saints de l’islam, dont une partie - il faut le reconnaitre - contient des passages belliqueux dès lors que ceux-ci sont lus sans un travail de contextualisation et de distanciation. Pis encore : la politique ultra-répressive de ces régimes a favorisé l’apparition, dans les années 1970, du takfirisme, courant musulman extrémiste, inquisiteur et porteur d’une violence exacerbée, qu’un pluralisme démocratique arabe aurait pu absorber puis dissoudre dans la confrontation des idées si on avait laissé à ce pluralisme la possibilité de s’exprimer. Car la culture démocratique ne se décrète pas, mais s’apprend, se renforce, se cultive, pour devenir, au gré des alternances politiques, cette sève ardente et civilisatrice qui infuse dans toute la société l’acceptation de l’altérité, qu’elle soit politique, philosophique ou religieuse. Mais de tout cela, hélas !, le monde-arabo-musulman en a été privé. Les régimes arabes, foncièrement antidémocratiques, ont, de ce point de vue-là, une très lourde responsabilité dans l’irruption de la violence religieuse qui défraie la chronique.

 

Les chancelleries occidentales sont loin d’être exemptes de tout reproche. En soutenant, parfois ouvertement, ces modes de gouvernance marqués au coin du totalitarisme, elles ont contribué à faire resurgir, des tréfonds de l’histoire arabo-musulmane, ce mouvement éminemment fanatique, le takfirisme, qui ne connaît que le rapport de force brutal. A ce sinistre tableau, il faut ajouter l’interventionnisme soviétique en Afghanistan et américain en Irak qui sèma les ferments du jihadisme contemporain. Enfin, comment éteindre le feu du jihadisme takfiriste sans penser la question sunnite en Irak, le drame du peuple syrien victime du boucher de Damas, la guerre dévastatrice au Yémen et le conflit israélo-palestinien, enfin, à grande portée symbolique ?

Bref, c’est poursuivre une vaine chimère que de croire que l’on viendra à bout du jihadisme takfiriste en continuant à jeter un voile discret sur les causes profondes qui le nourrissent. Justice, liberté, transparence, souveraineté, alternance politique ! Voilà ce que clament désespérément, de temps immémorial, les sociétés civiles arabo-musulmanes ! Mais qui les entend ? Certainement pas Donald Trump. Soucieux de ne pas allumer le courroux de ses hôtes saoudiens, ce dernier a sacrifié sur l’autel des intérêts commerciaux le seul remède capable, à moyen terme, d’en finir avec le terrorisme : la démocratie !

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Seniors : cette méthode qui vous permet de profiter pleinement de votre retraite

02.

Lateticia Hallyday boit dans la mer (mais pas la tasse) ; Voici trouve Macron très beau en maillot, Point de Vue trouve Brigitte mirifique ; Tout sur le mariage de Jenifer sauf des photos ; Crise de libido royale pour William et Kate

03.

Tempête dans les bénitiers : qui de Salvini ou du pape est le plus catholique ?

04.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

05.

Arrêt de l’enquête dans les maternités de Fukushima : un non-lieu sanitaire pour le nucléaire ?

06.

Le G7 du blabla politico-diplomatique qui ne sert à rien, sauf à permettre aux dirigeants de se parler et ça, c’est primordial

07.

Le général iranien Qassem Souleimani, maître de guerre sur le front syro-irakien

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

03.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

04.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

05.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

06.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

03.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

04.

Rencontres diplomatiques : Boris Johnson pourrait-il profiter du désaccord entre Paris et Berlin sur le Brexit ?

05.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

06.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
J'accuse
- 22/05/2017 - 18:23
Inversion des causes et des effets
Pas de doute pour M. Bezouh, le despotisme des régimes arabes (et des autres pays musulmans) est en grande partie à l'origine de la violence de l'islam. Je crois que c'est plutôt l'inverse: l'islam est une religion de soumission, créée pour favoriser et pérenniser les dictatures, autant que pour soumettre la femme à l'homme.
moneo
- 22/05/2017 - 18:14
pas guerre de civilisation?
Alors disons une guerre de reconquête religieuse .les musulmans n'ayant jamais admis de s' être fait virer de l'Espagne par Isabelle et Ferdinand .

on peut aussi dire que 99 %des attentats en europe provient des musulmans
il y a désormais un diction qui dit 100%des musulmans ne sont pas des terroriste mais 100% des attentas sont faits par des musulmans

comme il existe quelque nazis,ou d'héritiers de l bande Baader on va dire 99%.
si nous-sommes en état d'urgence ,la faute à qui?
Tous ce gens ex colonisés sont indépendants pourquoi venir chez nous pour imposer leurs coutumes et visions de l'au delà
Des pays arabes y en a plein ;pourquoi ne pas s 'exiler vers l'Arabie saoudite, le Quatar?
nous les avons exploité parait il (confirmé par Macron) c'est du masochisme que de venir chez leurs supposé bourreaux .
Djib
- 22/05/2017 - 17:36
Monsieur Malik Bezouh,
peu me chaut que 95% des victimes de Daech soient des musulmans. Ca ne me fait pas pour autant apprécier les voilées et les barbus en qamis qui pullulent dans nos rues et qui peuvent aussi bien se retrouver comme moi victimes d'un attentat (encore que au Bataclan, il semblerait que les tueurs auraient eu la gâchette sélective) tout en étant la partie immergée de l'iceberg Daech, complices au mieux passifs d'un islam arrogant, envahissant, haineux et rétrograde.