En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© CIO
Orient Express
Sommet de la nouvelle route de la Soie : la Chine veut échanger avec l'Europe sans les Etats-Unis
Publié le 16 mai 2017
Une nouvelle autoroute commerciale allant de Pékin jusqu'à Londres : c'est le projet pharaonique que propose le gouvernement chinois à tous les pays du bloc eurasien.
Valérie Niquet est Maître de recherche et responsable du pôle Asie à la FRS.  Elle est l'auteure du livre "La puissance chinoise en 100 questions" aux éditions Tallandier.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Valérie Niquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Valérie Niquet est Maître de recherche et responsable du pôle Asie à la FRS.  Elle est l'auteure du livre "La puissance chinoise en 100 questions" aux éditions Tallandier.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Une nouvelle autoroute commerciale allant de Pékin jusqu'à Londres : c'est le projet pharaonique que propose le gouvernement chinois à tous les pays du bloc eurasien.

En quoi consiste concrètement cette nouvelle version du projet de "Route de la Soie" (appelé aussi par Pékin "Une Ceinture, Une Route", OBOR en anglais) présenté par Xi Jinping le week-end dernier et sensé concerner 65 nations de l'Asie à l'Europe, soit 60% de la population ?

Valérie Niquet : Plus qu’un nouveau projet , il s’agit plutôt d’un nouvel avatar du projet grandiose annoncé en 2013 et qui a depuis démontré ses difficultés à se mettre en place concrètement, y compris en termes de financements. Régulièrement, on voit de nouveaux effets d’annonce, cette année, Xi Jiping a promis un nouvel engagement financier de la Chine pour un montant de 113 milliards de dollars, assumé par les banques d’Etat chinoiseS, ainsi que de nouveaux fonds pour le corridor sino-pakistanais, qui constitue aujourd’hui la principale réalisation concrète  du projet.  Pour Xi Jinping, et la puissance chinoise, la dimension économique est importante, notamment parce qu’elle permet en partie d’exporter les surcapacités que l’économie chinoise - qui poursuit son ralentissement - n’est plus capable d’absorber. Mais la dimension politico-stratégique est au moins aussi importante pour Xi Jinping lui-même, qui défend aussi son statut de leader suprême incontesté à l’occasion du congrès du parti communiste qui aura lieu à Pékin au mois d’octobre. 

A ce titre, le sommet de Pékin sur la route de la soie est un évènement important, destiné au moins autant à l’opinion publique intérieure en Chine qu’à  l’extérieur. Les images et les chiffres comptent, même si en réalité la participation au plus haut  niveau se limite aux Etats proches de Pékin (Russie, Turquie, Pakistan), ou qui attendent la manne des investissements chinois. l’Inde, par exemple, en dépit des pressions chinoises, s’est placée en dehors du projet. des pays comme le Brésil, ont considérablement réduits leur engagement financier dans l’AIIB. En revanche, la participation de Matt Pottinger, conseiller pour l’Asie de la Maison blanche est un succès pour Xi Jinping, engagé dans une stratégie de deal avec le Président américain. 

Xi Jinping a appelé dans son discours à rejeter le protectionisme pour s'unir en un "vol d'oies sauvages". Quelle est la stratégie de Pékin dans la volonté de former une alliance continentale ? S'agit-il d'offrir une alternative stratégique à sa façade maritime, déjà suffisemment développée ?

Le projet de routes de la soie sert aussi les intérêts des provinces chinoises de l’intérieur qui, en utilisant ce label, peuvent espérer libérer l’octroi de nouveaux crédits,  pour des projets très divers et pas toujours cohérents, toujours dans les infrastructures ou l’immobilier. L’un des meilleurs exemples en est la multiplication de lignes de chemin de fer entre la Chine de l’intérieur et l’Europe, qui permettent d’offrir des images concrètes de  mise en oeuvre de la route de la soie, mais sont d’une rentabilité très limitée. Surtout, les pays inclus dans le projet en Asie centrale et en Asie du Sud font partie des plus fragiles politiquement et financièrement, offrant des opportunités de rentabilité très limitées pour les banques et entreprises chinoises. Par ailleurs, la reprise du symbole du vol d’oies sauvages par Xi Jinping est intéressante, c’est celui qui a été appliquée au modèle de développement japonais appliqué à l’Asie dans les années 1970-1980. En reprenant cette image, Xi Jinping veut imposer la Chine comme le nouveau leader économique de la région, reléguant définitivement - et symboliquement - la puissance japonaise à une place marginale. Là aussi, la dimension stratégique est au moins aussi réelle que la dimension économique.

Quels sont les dangers de cette nouvelle stratégie de la Chine ? Doit-on y voir une stratégie pour augmenter encore plus leurs exportations et inonder nos pays de marchandises chinoises ?

Plus que la menace d’invasion de produits chinois - qui s’est déjà produite - le principal danger que présente le projet de route de la soie est de susciter une adhésion  sans discernement. Pour les pays directement impliqués, les risques de déception, en matière d’investissements, peuvent être importants. Le passage sous la coupe de la puissance chinoise pour les pays les plus faibles est également réel. Au-delà, ce projet fait partie de la construction d’image d’une superpuissance chinoise incontournable, et adhérer à cette image pourrait avoir des conséquences fortement déstabilisatrices en encourageant Pékin dans ses ambitions d’affirmation de puissance, notamment en Asie. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
02.
Peut-on encore s’enrichir autrement qu’avec l’immobilier en France ?
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
France stratégie : le gaité fonction publique s’enferme dans ses dénis sur la dépense publique
05.
France/Allemagne, le match éco ou la preuve par 4 de l’inefficacité de la politique économique d’Emmanuel Macron
06.
Pourquoi la trahison d'Emmanuel Macron envers François Hollande pourrait bien lui revenir en boomerang le jour où il aura besoin d'appuis...
07.
« Mon Gilet jaune » est une marque déposée et appartient à une femme entrepreneur qui se frotte les mains
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
05.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
06.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
01.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
02.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
06.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
vangog
- 16/05/2017 - 11:36
Exporter vers les sous-capacités europeistes????
On comprend que depuis que les USA ont choisi un Président de combat économique et de reindustrialisation, après la carpette Obama adulée par les medias gauchistes, les Chinois ont besoin de trouver de nouvelles proies...cet état socialiste prédateur à accumule suffisamment de devises étrangères pour investir dans les ports, aéroports et urées moyens de communication complaisamment bradés par les gouvernements gauchistes précédents...la soumission de l'UE, dans cette guerre économique, est exactement du même ordre que celle qui rend l'Europe vulnérable à Daesch! Il faudra bien, un jour, cesser ce syndrome Munichois de collaboration avec les ennemis de l'Europe et rentrer en résistance...