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Fausse bonne conscience

CDS sur la dette grecque : les marchés ont-ils été touchés par la grâce ?

Publié le 02 mars 2012
Les membres de l'ISDA, l'organisme qui régit les CDS (Credit Default Swap) - ces contrats d'assurance sur les dettes des Etats - ont décidé de ne pas les déclencher. Cette décision inquiète et rassure à la fois. Un nouveau pragmatisme financier serait-il de mise sur les marchés ?
Paul Jorion est Docteur en Sciences sociales et enseignant. Il a aussi été trader et spécialiste de la formation des prix dans le milieu bancaire américain.
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Les membres de l'ISDA, l'organisme qui régit les CDS (Credit Default Swap) - ces contrats d'assurance sur les dettes des Etats - ont décidé de ne pas les déclencher. Cette décision inquiète et rassure à la fois. Un nouveau pragmatisme financier serait-il de mise sur les marchés ?

Atlantico : Comment peut-on analyser la décision que vient de prendre l'ISDA (International Swaps and Derivatives Association) de ne pas déclencher les CDS sur la Grèce ?

Paul Jorion : Cette décision est à la fois scandaleuse et rassurante.

Scandaleuse, parce que manifestement un petit groupe de gens intéressés, qui en fait représentent les deux parties dans les accords contractuels (même si en fait ce sont des paris) décident entre eux de la façon dont les choses vont s'organiser. Ce comité est clairement traversé par des conflits d’intérêts. Normalement ça ne devrait pas être un comité de ce type-là, représentant l’ensemble des partis, qui devrait en juger. Il devrait y avoir une décision objective venant d'une tierce partie capable d’arbitrer. Mais actuellement, c’est le rapport de force entre les deux camps qui a décidé de l’issue.

La représentation des marchés dont on a l'habitude correspond en principe à l'image d'un secteur équilibré dans les points de vue du fait d'un consensus. Dans le cas présent, on a plutôt l'impression d'assister à une cuisine intérieure, et la société se retrouve à dépendre des décisions qui seront prises. De plus, les délibérations sont gardées secrètes car ils ne veulent pas qu’on sache ce qui motive leurs décisions. C’est l’arbitraire absolu.

Toutefois, cette décision est également rassurante car ils se neutralisent de cette façon-là. Ils se mettent eux-mêmes dans une position de spéculateurs et par la même, ils se mettent sur la touche. C’est une bonne nouvelle pour l'équilibre du secteur de l’économie et la finance mais on aimerait quand même que les choses se passent différemment.

Que révèle cette décision sur le monde de la finance ?

En 2008, on a vu des gens dans la finance parier sur l’effondrement du système parce qu’ils pensaient qu'ils pourraient encore gagner de l’argent de cette manière-là.  Cette fois-ci, ils se rendent compte que le problème n’est pas qui va gagner si le système s’effondre mais bien comment on va réussir à préserver ledit système. C’est un fait rassurant. Cela montre qu’une espèce de notion du Bien commun commence à intervenir et que la notion de risque systémique commence à être prise au sérieux.

On peut en déduire que la décision prise par l'ISDA ne tient qu'à du pragmatisme économique ?

C’est mon sentiment, même si on ne saura jamais ce qui a vraiment motivé cette décision. Ils ont certainement regardé les chiffres et vu qu’il y avait plus à perdre en déclarant un évènement de crédit qu’à décider qu’il n’y en avait pas. De toute façon, dans leur rapport de force avec les Etats ils avaient l’avantage, donc les Etats n’ont pas pu leur imposer cette décision.

Ce n’est que du pragmatisme financier. Cet événement montre que le marché des capitaux est clairement désorienté. Cela trahit aussi l’affolement qui commence à s’emparer du système.

 

Propos recueillis par Priscilla Romain

 

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Mots-clés :
Grèce, dette, banques, crédit, cds, isda
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Robert Marchenoir
- 03/03/2012 - 13:19
Paul Jorion, pipologue et néo-marxiste
Tiens, un accès d'honnêteté dans la biographie de Paul Jorion ? Présenté sur tous les médias comme "économiste", il n'est plus décrit ici que comme "docteur en sciences sociales".

C'est un progrès, car Jorion n'est pas plus économiste que mon boulanger (et probablement moins).

On remarquera que ses qualifications sont variables d'un média à l'autre. Souvent, il se décrit comme "économiste et anthropologue". Ici, l'anthropologue a lui aussi disparu.

M'est avis qu'il est surtout pipologue, et en tous cas néo-marxiste. Je m'étonne qu'un site de droite donne la parole à quelqu'un qui se présente comme spécialiste de la crise économique, et qui, sur son propre blog (lourdement censuré), quand on lui demande quelles solutions il propose à la crise, répond en substance qu'il ne sait pas, puis demande à ses lecteurs de fournir la solution eux-mêmes, en ouvrant un "forum citoyen".
Le vieux truc de tous les pseudo-révolutionnaires gauchistes quand on les met au pied du mur : moi je suis pas un facho, c'est au peuple de décider...
PASCONTENT
- 02/03/2012 - 13:19
Il ne faut pas rêver ,
ce fric qui provient de nos caisses est perdu et encore plus celui donné à lé Grèce . Nos politiques nous sacrifient à leur fantasmes; nous sommes la viande Halal de l'Europe et de l'Euro;
laurentso
- 02/03/2012 - 10:17
C'est beau votre conte de mars
On en pleurerait, ces gentils spéculateurs touchés par la Grâce...