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Des efforts pour rien
Pas de baby-boom en Chine malgré la fin de la politique de l'enfant unique : le début du déclin est là
Publié le 27 février 2017
En 2015, le taux de natalité chinois s'élevait à 12,1 naissances pour 1 000 habitants, alors qu'il était de 21 naissances pour 1 000 habitants en 1960. Un chiffre qui se rapproche du taux de natalité italien et japonais, établi à 8 naissances pour 1 000 habitants selon les données de la Banque mondiale.
Professeur à l'Institut Catholique de Paris, spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est également Rédacteur en chef de la revue Asia Focus (IRIS).
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Professeur à l'Institut Catholique de Paris, spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est également Rédacteur en chef de la revue Asia Focus (IRIS).
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En 2015, le taux de natalité chinois s'élevait à 12,1 naissances pour 1 000 habitants, alors qu'il était de 21 naissances pour 1 000 habitants en 1960. Un chiffre qui se rapproche du taux de natalité italien et japonais, établi à 8 naissances pour 1 000 habitants selon les données de la Banque mondiale.

Atlantico : Plus d'un an et demi après la fin de la politique de l'enfant unique en Chine, les premiers chiffres émanant des enquêtes de population annuelle réalisées par les administrations provinciales révèlent qu'aucune hausse significative de la natalité n'a été observée depuis. Comment peut-on interpréter ce faible taux de la natalité en Chine à l'heure actuelle ? Quelles en sont les causes ?

Emmanuel Lincot : Rappelons tout d’abord que la population chinoise reste la première au monde avec 1 milliard 357 millions d’habitants (recensement de 2013) et que nombre d’experts estiment que la fin de la politique de l’enfant unique permettra d’ici 2019 la naissance de 50 millions d’enfants supplémentaires. C’est toutefois un chiffre insuffisant pour enrayer le vieillissement accéléré de la population chinoise.

Plusieurs facteurs  expliquent ce phénomène : l’enrichissement général de la population tout d’abord. Atteindre un certain seuil de bien-être matériel prévaut sur toute autre considération et d’entre toutes, assumer le renouvellement des générations futures. Ne sous-estimons pas non plus le coût, en constante augmentation, que représente la scolarisation d’un enfant. Dans un pays où le système de sécurité sociale est pratiquement inexistant, ces sacrifices sont de plus en plus difficilement acceptés. Enfin, le faible taux de natalité est peut-être un indicateur conjoncturel sur l’incertitude que connaît la Chine concernant son développement économiquemais aussi le contexte environnemental qui est catastrophique. Nombre de couples vivant dans les villes refusent tout simplement de mettre au monde un enfant dans une société aussi polluée, donc dangereuse.

D'un point politique, économique et social, quelles sont les conséquences du ralentissement démographique chinois ?

J’y vois malgré tout plusieurs conséquences positives : la baisse des avortements due à la réglementation ; de même que le déséquilibre entre les sexes devrait être affecté positivement. Mais globalement, les plus de 65 ans, qui représentent aujourd’hui à peine plus de 10 % de la population, seront 18 % en 2030. A l’horizon de 2050, le nombre de seniors devrait dépasser le quart de la population, comme au Japon aujourd’hui. Bref, selon la formule déjà bien connue "la Chine sera certainement vieille avant de devenir riche". C’est un problème grave et qui sera sans doute abordé lors du XIX° Congrès du PCC à l’automne prochain car concrètement, dans les décennies à venir, le financement des retraites et le poids grandissant des dépenses de santé pèseront de plus en plus sur l’ensemble du système. Les troubles encourus remettraient en cause la légitimité du Parti.

Face à ce qui apparaît être un échec de la fin de la politique de l'enfant unique sur la natalité chinoise, quelles autres solutions les autorités pourraient-elles mettre en oeuvre ? 

Le risque serait un désengagement de l’Etat au profit d’une privatisation grandissante des services de soins et de sécurité pour les retraites futures. D’après la démographe Isabelle Attané, à partir de 2030, la population chinoise perdra plus de cinq millions d’habitants chaque année, soit l’équivalent de la moitié de la population de la Belgique. Entre temps, la population de l’Inde, rivale de la Chine, l’aura dépassée. Le problème n’est donc pas que local. C’est un enjeu pour l’avenir même de la puissance chinoise à l’international, vis-à-vis de son rival indien notamment. Une chose est sûre : le poids du nombre pour la Chine deviendra, dans les décennies à venir pratiquement, un mythe. Les autorités recourront-elles à l’immigration pour pallier à ce déficit ? Nul ne peut y répondre pour le moment. En tout cas l’économie n’est pas la seule à s’essouffler….

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Commentaires (4)
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valencia77
- 27/02/2017 - 18:56
quelle logique!
L'inde comme example pour la Chine? Pas de limitations de naissances est un example suivre? probablement l'ideal pour un catholique, des masses misereuses guidees par l'eglise catholique priant Jesus.
raisongarder
- 27/02/2017 - 14:56
Merci la Chine !
Enfin un pays qui a décidé d'arrêter l'expansion folle de la fourmilière humaine. Malthus avait globalement raison mais pas sur la nutrition : il n'y aura pas de manque de nourriture sur terre, mais un trop plein de déchets (à enfouir ou brûler) et de tout ce qui accompagne la production et la consommation de nourriture : gaz à effet de serre, polluants... C'est vrai que les Chinois y sont allés franco ! Mais comment faire respecter la limitation des naissances dans un pays de plus d'un milliards d'habitants ? Il y a eu des enfants cachés, mais est-ce pire que les 3 milliards d'Africains qui vont naitre d'ici 2100 sans avoir de quoi se nourrir ? Deng Xiao Ping est le plus grand homme politique du XXe siècle et la Chine le pays où la politique est la plus raisonnée du monde. Son processus d'enrichissement mondialiste est le plus logique : fabriquer cheap pour vendre à des riches qui augmentent ainsi leur pouvoir d'achat et leur permet de produire moins cher avec des composants importés de Chine (Apple...). Tout le monde y gagne à condition que le niveau technique de l'Occident évolue pour produire du plus haut de gamme : vive l'école de qualité ! Et l'Inde ? Saura-t-elle suivre ?
ikaris
- 27/02/2017 - 14:43
Un bon mondialiste diraient ...
que la Chine doit accepter l'immigration en provenance d'Inde !!! Merci à M. Lincot dont les vidéos qu'il publie par ailleurs sont toujours à la fois courtes et très intéressantes. Assez troublant de l'entendre parler de la pollution ... si seulement la révolution de ce côté là pouvait venir de la Chine !