En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
© Reuters
Rêve giscardien
Derrière l’alliance avec Emmanuel Macron, le projet non-exprimé de François Bayrou de recréer l’UDF
Publié le 23 février 2017
En se ralliant à Emmanuel Macron, François Bayrou ne se cantonne pas à un simple calcul électoral. Le maire de Pau espère aussi réussir à faire triompher libéralisme, centre et modernité...comme Valéry Giscard d'Estaing au temps de l'UDF.
Xavier Chinaud est ancien Délégué Général de démocratie Libérale et ex-conseiller pour les études politiques à Matignon de Jean-Pierre Raffarin.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Xavier Chinaud
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Xavier Chinaud est ancien Délégué Général de démocratie Libérale et ex-conseiller pour les études politiques à Matignon de Jean-Pierre Raffarin.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
En se ralliant à Emmanuel Macron, François Bayrou ne se cantonne pas à un simple calcul électoral. Le maire de Pau espère aussi réussir à faire triompher libéralisme, centre et modernité...comme Valéry Giscard d'Estaing au temps de l'UDF.

Atlantico : L’offre d’alliance faite par François Bayrou et acceptée par Emmanuel Macron n'est-elle pas un simple calcul entre un président du modem crédité de 6% et un candidat au coude-à-coude avec François Fillon, ou va-t-elle au-delà ?

Xavier Chinaud : Se limiter à une lecture de calcul serait une erreur. Si la droite filloniste rejette François Bayrou pour avoir refusé de soutenir Nicolas Sarkozy en 2012, le président du Modem n’en est pas moins le tenant d’un centre indépendant, démocrate-chrétien. Emmanuel Macron porte lui une forme de libéralisme et tous deux partagent l’envie de transformer l’offre partisane actuelle si rejetée dans le pays. L’alliance entre libéralisme, modernité et centre c’était la « Démocratie Française » portée par Valery Giscard d’Estaing, elle a présidé à la formation de l’UDF à l’époque et visait le rassemblement de deux Français sur trois dans l’organisation d’un grand pôle stable et central dans la vie politique française ayant vocation à former des majorités d'idées, c’est l’idée de cette construction qui transparait dans cette alliance aujourd’hui.

Il n’y a donc aucune incohérence de fond à ce que se rejoignent des hommes incarnant cette alliance libérale sociale et européenne et la   volonté partagée de bousculer le système partisan gauche/droite.

Oui, Macron a vécu une mauvaise semaine dernière. Oui, Bayrou n’était pas le favori des sondages, oui ils avaient tous les deux besoin d’air ou d’un élan. Mais s’arrêter à ce qui les distingue voir oppose, y compris dans les mots qu’ils ont prononcé l’un vis à vis de l’autre serait un peu court,  la violence de certains commentaires venant de LR comme des soutiens de Benoît Hamon et du FN est l’illustration d’un tournant dans cette présidentielle folle.

N’y a t-il pourtant pas plus de contradictions que de cohérence dans ce tandem face à une droite ressoudée derrière François Fillon et un FN au plus haut derrière Marine le Pen ? François Bayrou avait soutenu Alain Juppé dans la primaire, aujourd’hui il rejoint Emmanuel Macron ?

L’affrontement gauche droite et l’inefficience des quinquennats successifs récents ont généré une extrême droite aujourd’hui en mesure de l’emporter. L’offre d’un renouvellement de la vie politique émanant d’Emmanuel Macron faisant prévaloir une ambition collective à celle personnelle de Bayrou a du sens. 

Cessons l’hypocrisie, il y a une semaine, nombreux étaient ceux qui envisageaient de lâcher François Fillon à cause des affaires, dans les soutiens d’Alain Juppé, beaucoup ont déjà choisi de rejoindre Emmanuel Macron de par le programme défendu par François Fillon, il reste 60 jours avant le 1er tour, et personne n’a de certitude quant à la physionomie du 2eme tour excepté la présence de Marine le Pen :  qu’il y ait une clarification des projets et des candidatures au moment où va réellement démarrer la campagne et la cristallisation est plutôt une bonne nouvelle.

La contradiction majeure dans notre démocratie si malade, c’est qu’une majorité d’électeurs aujourd’hui ne savent pas pour qui ils vont voter.

Pensez-vous que d’autres tournants, d’autres ralliements sont à attendre dans les semaines à venir ?

Nous vivons depuis des semaines des tournants et des retournements. A droite, on ne sait ce que donneront les investigations du parquet financier. A gauche, on ne sait si Hamon et Mélenchon in fine se réuniront. Mais on peut penser que s’interrogeront les centristes, les radicaux, les modérés au sein des républicains quant à cette recomposition; si les élus sortants sont par nature soucieux de leurs ré-investitures, les sympathisants, les électeurs se reconnaissant dans ces courants de pensées pourraient bien reprendre leur liberté.

S’ouvre dans quelques jours la séquence des parrainages nécessaires à toute candidature définitive. Après le 17 mars, les choses seront clarifiées. 60 jours dans une telle campagne, c’est très long et je n’imagine pas qu’elle devienne un long fleuve tranquille.

Les enjeux qui sont ceux de cette élection pour l’avenir de notre pays, pour l’Europe, après l’élection de Donald Trump et le Brexit sont historiques. Qu’ils provoquent des réactions, des évolutions dans le paysage politique, a quelque chose de positif, et les Français trancheront.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
02.
Ces éléments qui viennent perturber l'idée que le chômage serait revenu à son plus bas niveau depuis 10 ans
03.
Comment Donald Trump est en train de se sortir des soupçons qui pèsent sur lui d'une collusion entre la Russie et sa campagne électorale de 2016
04.
Et les pays qui participent le plus à l’extension des forêts sur la planète sont…
05.
Le coffre-fort d'Alexandre Benalla aurait été déplacé par Chokri Wakrim, le compagnon de l'ancienne cheffe de la sécurité du Premier ministre
06.
François Ruffin craint d’être visé après les perquisitions chez Mediapart et La France Insoumise
07.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Il faut détruire Jean-Luc Mélenchon et le secret de l’instruction avec…
03.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
04.
Laeticia Hallyday s'ennuie à L.A; Johnny Depp craque pour la fille d'un vieux pote; Dany Boon veut que vous sachiez qu'il est amoureux (pour vous faire oublier ses impôts); Nicolas S. & Carla B. qu'ils étaient à Venise pour leur anniversaire de mariage
05.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
06.
55% des Français continuent à soutenir les Gilets jaunes : pourquoi s’imaginer que la fin de la crise est en vue est un fantasme dangereux
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
03.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
04.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
05.
55% des Français continuent à soutenir les Gilets jaunes : pourquoi s’imaginer que la fin de la crise est en vue est un fantasme dangereux
06.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires