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2017 l’élection de tous les dangers : les 5 éléments souterrains susceptibles de modifier le cours de la présidentielle d’ici 2 mois

Publié le 17 février 2017
A deux mois de l'élection présidentielle, les jeux sont loin d'être faits. Des mouvements en cours à droite comme à gauche pourraient réserver de grosses surprises.
Jean-Sébastien Ferjou est l'un des fondateurs d'Atlantico dont il est aussi le directeur de la publication. Il a notamment travaillé à LCI, pour TF1 et fait de la production télévisuelle.
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Jean-Sébastien Ferjou
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A deux mois de l'élection présidentielle, les jeux sont loin d'être faits. Des mouvements en cours à droite comme à gauche pourraient réserver de grosses surprises.

1) Une candidature Hamon renforcée par le fait que Jean-Luc Mélenchon ne serait finalement pas candidat

Jean-Sébastien Ferjou : Dans les couloirs de la gauche bruisse depuis quelques jours de manière insistante, l'idée que Jean-Luc Mélenchon n'aille finalement pas à la présidentielle. Jusqu'à présent, tout le monde voyait bien le potentiel électoral d'une alliance France insoumise- Front de gauche -communistes, -verts et PS hamonien puisque l'addition de leurs scores dans les sondages montre que le coup du 2ème tour est jouable contre toute attente pour cette gauche des déçus voire des orphelins du quinquennat Hollande. Et ce, même si les études sur les reports de voix indiquent qu'une part non négligeable des électeurs de Jean-Luc Mélenchon seraient prêts à se reporter sur Marine Le Pen.  

Ce que l'on peinait à concevoir en revanche était le modus operandi d'une telle alliance. Comment imaginer en effet que le show man à l'hologramme renonce ? Quant à un retrait à son profit de Benoit Hamon, quels qu'aient été les espoirs caressés par les Mélenchonistes à l'époque où les sondages les classaient de manière répétée devant le candidat socialiste au 1er tour de la présidentielle, ils n'ont jamais été que des chimères. Comment Hamon, candidat légitimé par une primaire et héritier de l'histoire et de la structure du PS aurait-il pu passer ces atouts par dessus bord pour les beaux mots du leader de la France insoumise ?

Et puis, eurêka, ils ont trouvé : pas besoin que Jean-Luc Mélenchon assume un retrait s'il y était finalement forcé en n'obtenant pas ses 500 signatures. L'idée ne relève d'ailleurs pas que de la manoeuvre tant les communistes -fournisseurs les plus évidents de signatures d'élus pour Mélenchon- ont conservé de frustrations de leurs relations avec lui. Complication supplémentaire entre les communistes et l'homme au col Mao, le mouvement de la France insoumise aurait décidé de présenter des candidats aux législatives contre les candidats communistes dans un certain nombre de circonscriptions. 

L'orgueil des parties en présence faisant largement partie de l'équation, tout reste à finaliser d'autant qu'EELV a annoncé ce vendredi que ses militants seraient appelé à voter la semaine prochaine pour se prononcer sur les négociations avec Hamon et Mélenchon. Pour autant, le résultat d'une candidature Hamon renforcée serait d'offrir à la gauche la divine surprise d'une qualification potentielle au second tour. Et quoiqu'en disent les sondages, un Benoit Hamon qui sait ancrer sa campagne dans des enjeux du quotidien qui parlent aux électeurs serait certainement un candidat tout aussi capable qu'Emmanuel Macron- voire plus- de résister une Marine Le Pen au 2d tour de la présidentielle. 

Même si ses discours sur les perturbateurs endocriniens ne convainquent pas les observateurs du microcosme qui peinent à se rendre compte que le "petit chose" qu'ils ont connu tout jeunot dans les couloirs du PS est devenu grand, Benoit Hamon saurait probablement bien mieux mobiliser la gauche contre la menace FN que le candidat d'En marche qui aura peine sur le long terme à échapper à son image de candidat de la mondialisation libérale dans une France où une majorité d'électeurs refusent plus d'ouverture des frontières qu'il n'y en a déjà.  . 

2) Une partie de la droite joue le sauvetage de la candidature Fillon tout en misant secrètement sur sa défaite

Jean-Sébastien Ferjou : Une partie des sakozystes a acté l'impossibilité d'imposer un plan B qui leur convienne. Finalement, une défaite de François Fillon pourrait leur offrir des scénarios pas si catastrophiques de leur point de vue. Ils tiennent en effet le parti que François Fillon n'a pas désarkoïsé après avoir remporté la primaire. En cas de victoire d'Emmanuel Macron, ils pourraient se préparer à 2022 ou même à une cohabitation si le leader d'En Marche ne parvenait pas à consolider une majorité parlementaire dans une France sociologiquement à droite. 

En cas de victoire de Marine Le Pen, ils pourraient miser sur le chaos politique que son élection provoquerait probablement dans le pays pour instrumentaliser une recomposition du paysage politique français et tout particulièrement de la droite -ou des droites- à leur profit. Et l'on peut même imaginer certains capables de se risquer à concevoir la stratégie d'un retour éventuel de leur champion, jouant le Recours face à un risque d'effondrement du pays. 

Mention spéciale pour Laurent Wauquiez dont on peut imaginer qu'il voit dans son for intérieur un intérêt particulier à une victoire d'Emmanuel Macron puisque cela lui dégagerait la route pour la mairie de Lyon qu'il a en ligne de mire mais que Gérard Collomb semble décidé à transmettre au candidat d'En marche s'il n'était pas à l'Elysée. S'il se présentait à Lyon, Emmanuel Macron serait bien mieux adapté à la sociologie, à la culture politique et aux réseaux lyonnais que le droitier Wauquiez, tout président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qu'il soit.

Le calendrier judiciaire pourrait faciliter la tâche de cette droite des hypocrites puisqu'il se murmure que le renvoi de François Fillon devant un juge d'instruction pourrait être décidé par le parquet national financier aux alentours du 21/22 février.   

3) Rapprochement de la droite « hors les murs » et de Marine Le Pen

Jean-Sébastien Ferjou : La scène que les millions de téléspectateurs de France 2 ont eu la stupéfaction de découvrir en voyant Patrick Buisson entrer sur le plateau de L'Emission politique pour servir de contradicteur à Marine Le Pen valait son pesant de cacahuètes. Ces deux figures de la droite dure voire très dure n'ont jamais eu de débordements d'affection l'un pour l'autre, loin de là. 

Longtemps proche du père de Marine Le Pen, Patrick Buisson a longtemps considéré cette dernière comme une grande gueule sans véritable colonne vertébrale idéologique. L'héritière du FN, elle, avait toujours trouvé que l'expert en opinion s'inscrivait beaucoup trop dans la tradition idéologique de l'extrême droite chimiquement pure -obsessions barbouzardes et paranoïaques incluses- pour qu'elle ait envie de compliquer sa stratégie de dédiabolisation en s'affichant avec lui. Sans parler de la solide image de traître qu'elle lui collait. Car chez Le Pen, Patrick Buisson, n'est pas l'homme qui enregistrait Sarkozy mais celui qui a trahi le patriarche -trahissant Philippe de Villiers avec qui il était allié à l'époque par la même occasion- en lui volant son logiciel rhétorique. C'est avec les mots de Le Pen que Buissson avait tant contribué à l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007.

Jeudi soir, loin d'afficher leur mépris ou leur hostilité réciproques, la candidate du FN et l'ancien conseiller politique de Nicolas Sarkozy se sont livrés l'un envers l'autre à un véritable duo de danse du ventre. Un grand numéro de séduction mutuel que les questions apparemment -mais apparemment seulement- piquantes de Buisson peinait à masquer. Rien ne garantit qu'une suite concrète sera donnée à cet échange sous les sunlights mais l'intérêt théorique à le faire est grand. 

Jusqu'à présent, la droite "hors les murs" du pôle Buisson Villiers Zemmour entretenait des contacts, des affinités et même des fantasmes (d'union des droites) avec Marion Maréchal Le Pen mais peu avec sa tante. Marine Le Pen sait maintenant qu'elle est plus proche des portes du pouvoir qu'elle ne l'a jamais été, Par leur puissance stratégique et médiatique, les piliers de la droite dure pourraient être des prises de guerre précieuses. Quant à eux, qui se sont fermés la plupart des portes de la droite classique, un retour au pouvoir avec le Front national pourrait être une divine surprise. D'autant que Marine Le Pen ne s'en cache pas, elle sait que même élue Présidente de la République, elle n'aurait pas de majorité à l'Assemblée nationale sans alliance.Le pôle de la droite hors les murs, qui n'a par ailleurs jamais rompu les ponts avec Laurent Wauquiez sait le rôle stratégique qui pourrait être le sien dans une telle configuration.  

Résultat potentiel : un affaiblissement supplémentaire de la candidature Fillon

4) Et si François Bayrou était finalement le plus à même de tenter une stratégie à la Giscard de conquête de l’Elysée par le centre ?

Jean-Sébastien Ferjou : Emmanuel Macron ne se décidant pas à trancher entre droite et gauche et les transferts massifs de parlementaires ou d'élus venus d'un camp ou de l'autre ne s'étant pas produits, François Bayrou qui envisage de plus en plus sérieusement de se lancer pourrait bien piquer le mistigri de la recomposition par le centre droit au leader d'En Marche. C'est bien parce qu'il avait su rallier à lui 43 parlementaires et ministres UDR que Valéry Giscard d'Estaing avait éliminé le candidat officiel de la droite gaulliste. 

Le marais des députés du Centre ou des Républicains qui se fichent des calculs machiavéliques de ceux des chapeaux à plumes de la droite qui miseraient sur une défaite de François Fillon pour mieux asseoir leurs desseins personnels pourrait rallier un Bayrou décidant d'assumer un positionnement de centre droit. Ce que l'existence d'Emmanuel Macron lui facilite puisque tout central qu'il soit, il paraît plus à gauche -ou moins à droite- que lui. L'argument d'une "candidature de la morale" indépendante des "puissances de l'argent" et qu'il a déjà avancé cette semaine pourrait être développé. François Bayrou pourrait en outre tenter de séduire des fillonnistes sincères en leur rappelant qu'il avait construit sa campagne de 2007 sur le défi de la dette publique française et la nécessité de la maîtrise des dépenses publiques. 

Difficulté majeure de ce scénario : que Bayrou trouve les mots pour justifier ce positionnement assumé de droite, fusse-t-il de centre droit. Et que les parlementaires n'aient pas peur de l'image du maire de Pau auprès de leur électorat qui n'a pas oublié, voire pas digéré les trahisons du leader du Modem en 2007 et 2012. 

5) L’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle et de supposées révélations à venir sur Emmanuel Macron au moyen d’éléments trouvés dans les e-mails d'Hillary Clinton.  

Jean-Sébastien Ferjou : La semaine passée, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks déclarait au quotidien russe Izvestia qu'il était en possession d'informations intéressantes concernant le candidat d'En Marche en ajoutant que les données proviennent des emails privés d'Hillary Clinton. Cette déclaration avait ensuite été traduite en français et relayée par Sputnik, l'un des sites de propagande russe très actifs sur la toile francophone.

Qu'il s'agisse d'une simple manipulation médiatique ou d'une menace sérieuse, pas besoin de scandale avéré -et encore moins de faits qui relèveraient de la justice- pour causer du tort à Emmanuel Macron. La circulation d'informations repackagées sous forme de propagande ou de rumeurs dans les réseaux de la sphère de la réinformation (aussi connue à gauche sous le nom de fachosphère) pourraient suffire à produire l'effet recherché, Sans abattre le candidat d'En Marche, l'affaiblir de quelques points afin de lui barrer la qualification pour le second tour serait tout aussi satisfaisant pour ceux qui se donneraient pour objectif de lui empêcher l'accès à l'Elysée. 

D'autant que le maître du Kremlin se satisferait certainement d'une victoire de Marine Le Pen en cas de décrochage de François Fillon.

Principale inconnue dans tout ça : François Fillon sera-t-il encore le candidat de la droite lors du premier tour de l'élection présidentielle le 23 avril prochain. 

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superliberal
- 13/02/2017 - 10:22
Fillon évidement...
Au moins avec Fillon on sait ou on va, c'est une politique à l'Allemande sans l'immigration. Macron, on attends le programme. Les 3 autres c'est l'aventure du grand n'importe quoi dirigée par des sous-doués, eux mêmes une fois élu seraient bien emmerdés !
ikaris
- 12/02/2017 - 21:52
arcloe34 : : le monopole de la démocratie ...
le moins que l'on puise dire c'est que les partis actuels ne l'ont pas : fraude massive à chaque élection interne, mensonges énorme à chaque élection (Hollande et la fiance, Sarkozy et le Karcher) , obstination à ne pas respecter la volonté populaire (traité de Lisbonne après le référendum de 2006, ouverture à l'immigration contre l'avis des français), utilisation de l'appareil d'état contre ses adversaires politiques (persécution du FN, propagande "antiraciste", répression de la manif pour tous, judiciarisation de l'affaire Fillon), restriction des libertés individuelle en commençant par la liberté d'expression. Sur tout ces sujets le FN ne peut qu'être plus démocratique que tous vos partis !
kelenborn
- 12/02/2017 - 18:50
r cloette
Melenchon a déclaré qu'il avait ses 500 signatures il y a deux semaines!
Il semble que ce soit comme pour la mort de Dieu! Atlantico n'a pas reçu le faire-part