En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© Reuters
Atlantico Business
Menaces de guerre : Xi Jinping, Donald Trump et Theresa May sombrent dans le chantage. Les européens en sont restés au stade des bisounours...
Publié le 19 janvier 2017
En moins d ‘une semaine, les relations mondiales se sont mises en mode "chantage". Ça promet.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
En moins d ‘une semaine, les relations mondiales se sont mises en mode "chantage". Ça promet.

En 24 heures, le Chinois Xi Jinping à Davos, Donald Trump à New-York, et Theresa May à Londres ont multiplié les menaces sur l’équilibre de la planète. Jusqu‘alors, les relations internationales se sont construites sur des accords bi latéraux, puis multilatéraux. L’OMC avait réussi à fixer des règles globales pour gérer les échanges. Alors l’OMC, na pas toujours pu les faire respecter, mais l’OMC à ouvert la voie à la globalisation permettant à des pays émergents comme la Chine d’amorcer un processus de développement et de trouver les portes de sortie de la misère où ils étaient enfermés depuis des siècles. La Chine, l’Inde, l’Amérique du sud sont passés du statut de pays sous-développés à celui d’émergents sur les grands marchés internationaux. L‘Afrique vient d’arriver sur la même route. Et c’est tant mieux. Ce schéma d’une mondialisation certes très fragile est désormais menacé par des réactions de protectionnisme venant des grands pays développés. Aux USA comme en Europe, les classes moyennes qui ont payé cher, en perdant des emplois, l’enrichissement des émergents, se rebellent et réclament autre chose qu’une mondialisation brutale sur le plan social.

Les réactions politiques passent par une offre de repliement et de chantage. Donald Trump, avant même d’entrer la maison Blanche a lancé les premières notes de musique dissonante. Il a, pêle-mêle sommé les constructeurs automobiles de transférer leurs investissements de production sur le territoire américain. Idem pour beaucoup d’industrie.

A la clef, il menace de mettre des droits de douanes dissuasifs à l’entrée des produits fabriqués à l’extérieur, au Mexique et en Chine dont on sait que les produits représentent l’essentiel de la consommation courante en Amérique. Parallèlement il envoie quelques scuds ou quelques tweets à l'adresse des autorités chinoises, et il bombarde de sms assassins l’Allemagne d’Angela Merkel, histoire de semer la zizanie en Europe.

Theresa May, première ministre de la Grande Bretagne a prouvé dans le même temps qu‘elle n’était pas la petite sœur de Mère Theresa, mais bien la fille cachée de Mme Thatcher et de M Trump. Elle a tout compris. Son discours a donc été bref. L’Angleterre d’abord, ça c’est le coté Thatcher, mais si les autres peuvent continuer à payer les factures, ça c’est le coté Trump.

Le Brexit se fera donc, un Brexit dur, puisque, la Grande Bretagne va donner un coup d’arrêt à la liberté de circulation des hommes, (donc plus de migrations, au passage il y a 300 000 français à Londres) on devrait fermer le tunnel. Et parallèlement, la Grande Bretagne va quitter l’union européenne et négocier des accords commerciaux qui pourraient être les mêmes qu’avant. Si les européens ne le veulent pas, elle menace de transformer la Grande Bretagne en paradis fiscal pour attirer le monde entier qui investit et ensuite dealer avec l’Amérique de Trump. Et réanimer les anciens comptoirs du Commonwealth. Pour un peu, on nous ramènerait à la guerre des Malouines.

Le président Chinois Xi jinping a donc trouvé en arrivant a Davos où il venait pour la première fois, un climat d’hostilité. Ca lui a plu ! Lui qui était habitué aux négociations feutrées et compassées de l’OMC, il a attaqué bille en tête l’Amérique de Trump. Il n’accepte pas les leçons de politique de Donald Trump, et il vient se plaindre de l’Etat déprimé dans lequel se trouve le capitalisme mondial. Ce système est malade et la chine se propose donc de le sauver en réanimant la mondialisation. « Par conséquent, dit-il, à Mr Trump, arrêtez de faire croire que Taiwan n’est pas la Chine, arrêtez d’attaquer la Chine, arrêtez de vouloir bouder les produits chinois, on doit pouvoir s’arranger. C’est dans l’intérêt du capitalisme mondial que nous chinois nous l’avons adopté comme système de progrès et que nous voulons le défendre »

Si le président Chinois s’était arrêté à cette leçon de capitalisme c’eut été assez cocasse, mais il est allé beaucoup plus loin, en menaçant l’occident de représailles en cas de protectionnisme. Représailles, à commencer par une dévaluation de la monnaie, une guerre des changes et des fiscalités pour, là encore, attirer l’épargne. Sans parler de la surenchère que les chinois peuvent faire sur les salaires qu’ils peuvent donner, aux stars occidentales, aux footeux, aux ingénieurs, aux meilleurs des occidentaux dans tous les domaines.

Le président Chinois n ‘est donc pas passé inaperçu. Il a tapé fort en espérant être entendu. La Chine a besoin des pays occidentaux pour écouler ses produits. Elle souffre d’ailleurs du fléchissement de la croissance mondiale. Le président de la Chine, dans son One man Show à Davos, ne manifestait aucune hostilité particulière, Il défendait ses intérêts, comme quand Donald Trump défend ceux de ses électeurs et Theresa May aussi.

En attendant que les esprits de calment et se mettent autour d’une table pour bien mesurer l impact de telle changement, on est entré cette semaine au cœur d’une guerre de chantage, qui peut prendre la forme au départ d’une guerre des changes. La livre sterling a commencé à baisser, le dollar aussi. Mais qu’en sera-t-il quand les Chinois fractureront leur monnaie pour franchir les murs de protections.

Tous les économistes savent à quoi mène une guerre des changes ... elle conduit à creuser des foyers de misère, dans les pays occidentaux (à cause de d’inflation) elle conduit aussi à des délocalisations en masse et dans toutes les directions. Bref, une guerre des changes est ingérable sur le long terme, elle débouche sur une guerre économique et sociale.

Le plus curieux, le plus étonnant et le plus inquiétant dans cette affaire, c’est le silence assourdissant des européens. En toute logique, ils ne peuvent pas accepter de se faire traiter de voyous par Donald Trump, ils ne peuvent pas être menacés d’un chantage fiscal par Theresa May. Les européens sont obligés de réagir.

Soit de menacer à leur tour de s’enfermer dans l’espace Schengen. Apres tout, cet espace Schengen est le seul espace du monde qui pourrait parfaitement vivre en autarcie. Nous n’aurions besoin de personne d’autre, pas même de la Chine. Ou bien si l'Europe ne fait rien et reste en stage au pays des bisounours, elle va éclater. La bombe Brexit pourrait être une bombe à fragmentation. Gare aux éclats !!! 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
La vraie raison qui pousse Apple à multiplier le nombre d’Iphones qu’ils veulent lancer chaque année
02.
1er Mai : les Gilets jaunes se préparent pour l'"acte ultime"
03.
Ce rapport du Conseil national de productivité rédigé par des proches d’Emmanuel Macron préfigure-t-il le vrai tournant du quinquennat ?
04.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
05.
Les effroyables supplices infligés à Ravaillac, l’assassin du "bon roi" Henri IV
06.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
07.
Ces risques malheureusement ultra prévisibles liés au retour de l’encadrement des loyers à Paris
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
03.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
04.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Semper Fi
- 20/01/2017 - 03:28
@vangog
Je plussoie. M. Sylvestre confond liberté de circulation et contrôle des mouvements. La liberté de circulation dans l'Europe de l'Ouest a toujours existé depuis 1945... pour toutes les personnes qui pouvaient justifier de leur identité au passage de la frontière. Ceci est d'ailleurs la norme dans tout le reste du monde : l'espace Schengen est une exception. M. Sylvestre trouve aussi normal que les émergents imposent systématiquement leurs conditions dans les échanges commerciaux alors même qu'ils pratiquent aussi le protectionnisme, mais oublie que la casse sociale que l'expansion des émergents a provoqué est à la charge des pays occidentaux. Trump et May ont décidé que la récréation était finie et que désormais ce serait donnant donnant !!!
Deudeuche
- 19/01/2017 - 18:12
L'Europe est un club
D'alcooliques anonymes en besoin de liquidités pour survivre. Elle ne réagira pas car c'est contraire à sa nature.
vangog
- 19/01/2017 - 11:01
Encore une fois, vous confondez tout, Sylvestre!
La GB n'a pas donné un coup d'arrêt à la libre circulation des européens, mais à celle des clandestins, amenés complaisamment en UE laxiste par les immigrationnistes. Et c'est la principale raison du brexit! Si les journaleux; comme vous, n'aviez pas mélangé, à dessein, migrants, clandestins et djihadistes-touristes syriens, la GB n'aurait peut-être jamais réclamé son brexit....