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Entre irresponsabilité et mauvaise foi : comment les derniers papes ont progressivement abandonné la lutte contre l'islamisation de l'Europe

Publié le 14 janvier 2017
Dans cet ouvrage, Laurent Dandrieu dénonce le discours actuel du pape et des évêques sur la question de l'immigration : rappelant les impératifs de charité chrétienne, ils occultent la dimension politique du problème des migrants. Au risque du simplisme... Extrait de "Eglise et immigration, le grand malaise" de Laurent Dandrieu, aux Editions Plon.
Laurent Dandrieu est rédacteur en chef des pages "Culture" de Valeurs actuelles, pour lequel il suit également l'actualité religieuse. Il est l'auteur de plusieurs livres dont Woody Allen, portrait d'un antimoderne (CNRS Éditions),...
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Dans cet ouvrage, Laurent Dandrieu dénonce le discours actuel du pape et des évêques sur la question de l'immigration : rappelant les impératifs de charité chrétienne, ils occultent la dimension politique du problème des migrants. Au risque du simplisme... Extrait de "Eglise et immigration, le grand malaise" de Laurent Dandrieu, aux Editions Plon.

Comment est-on passé de Lépante à Lesbos, d’une papauté fer de lance de la résistance à l’avancée musulmane, à l’abandon par les papes de la résistance acharnée qu’ils ont menée durant des siècles contre toute velléité d’islamisation de l’Europe, au profit d’un accueil de l’autre érigé en impératif catégorique, en absolu tellement essentialisé, voire idolâtré, qu’il ne supporte plus la moindre restriction, autre que théorique ?

Certes, l’invasion dont parle le pape n’est pas militaire, les hordes sarrasines de Poitiers ou de Vienne ne sont pas directement à nos portes, et les médias ne se sont pas privés de souligner, par la diffusion massive, au mépris de toute décence, de la photo du cadavre du petit Aylan, cet enfant syrien retrouvé noyé le 2 septembre 2015 sur la plage de Bodrum en Turquie, qu’il ne s’agissait pas d’une conquête se faisant le cimeterre ou la kalachnikov en main. Nul ne nie la dimension tragique de ce qui se joue en Méditerranée, nul n’ignore les souffrances humaines qui sont souvent à l’origine du déracinement brutal que tentent les populations qui essaient coûte que coûte, au péril de leur vie, de la traverser – encore qu’il y ait quelque abus à les présenter exclusivement, comme le fait continûment le pape François, comme des réfugiés « fuyant la guerre et la faim », alors qu’il s’agit essentiellement d’hommes jeunes qui ont laissé femmes et enfants derrière eux.

Il est tentant d’en rester à l’émotion suscitée par des images comme celles du petit corps sans vie d’Aylan, par les statistiques affligeantes sur le nombre de migrants noyés en Méditerranée ou par les innombrables reportages diffusés sur ces périples à hauts risques. Il est évidemment plus facile de se situer sans autre question dans le camp des belles âmes qui prônent une générosité inconditionnelle à l’égard de ces migrants, que de risquer de passer pour un cœur sec en rappelant certaines évidences : qu’on ne résoudra pas les difficultés de ces étrangers en plongeant de manière irréfléchie un continent entier dans le chaos, où semble devoir inéluctablement le jeter l’arrivée massive de millions de migrants de culture étrangère dans des sociétés déjà durement touchées par la crise économique et le chômage, et en proie depuis des décennies à une crise identitaire profonde. Que le rappel de l’impératif de charité ne saurait occulter une réflexion politique, s’agissant d’un phénomène de masse qui ne saurait se résumer à une addition de cas particuliers.

Que le discours d’un pape, quand il porte sur des questions aussi éminemment politiques, ne peut sans une certaine mauvaise foi feindre de s’en tenir à une dimension purement humanitaire et caritative, et d’ignorer qu’il a une incidence manifeste tant sur les politiques publiques que sur la façon dont elles sont perçues par les opinions – pour être plus clair, que les appels répétés du pape et de l’Église à une générosité accrue dans l’accueil des migrants ne peuvent qu’être perçus par les Européens comme une condamnation au moins implicite – et très souvent explicite – de tous ceux qui entendent lutter, au nom de la survie de l’Europe, contre cette invasion migratoire. Qu’il est irresponsable de faire semblant de croire que l’on va pouvoir, avec un peu de bonne volonté, se donner les moyens d’intégrer aux sociétés européennes cet afflux sans précédent de migrants de cultures et de religion radicalement différentes des nôtres, quand la réalité prouve chaque jour un peu plus que nous avons échoué à intégrer les vagues précédentes d’immigration. Qu’il y a là une forme de mensonge, au moins par naïveté, tant vis-à-vis des populations européennes que des candidats à l’immigration, à qui on laisse espérer une prospérité rien moins que certaine, en oubliant systématiquement de les mettre en garde contre ce terrible appauvrissement que constituera leur déracinement.

Que la chrétienté, et le monde en général, n’ont rien à gagner à l’islamisation de l’Europe, et que celle-ci a le droit, et le devoir, de s’en défendre. Qu’à l’heure où l’Europe tout entière, et la France en particulier, est soumise aux assauts répétés d’un terrorisme islamique qui ne recule devant aucune horreur, l’arrivée massive sur le continent de populations essentiellement musulmanes incite doublement à la méfiance : d’abord à cause du risque avéré que des meurtriers se soient glissés sur le continent européen parmi la foule récente des réfugiés – comme les récents attentats l’ont prouvé (l’enquête policière a démontré que plusieurs des auteurs des massacres du 13 novembre 2015 avaient pénétré en Europe par ce biais). Ensuite en raison de celui, tout aussi avéré – comme le révèle le parcours des autres terroristes récents, descendants d’immigrés nés en France ou en Belgique, qui n’avaient développé avec le pays qui était censé être le leur que des rapports de mépris et de haine –, qu’un tel afflux ne fasse qu’accroître le vivier d’illuminés, de fanatiques ou de déçus de la société occidentale où la barbarie islamiste puisera demain de nouveaux auxiliaires meurtriers.

Extrait de "Eglise et immigration, le grand malaise" de Laurent Dandrieu, aux Editions Plon.

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Olivier62
- 15/01/2017 - 22:05
Le Vatican n'est plus qu'un appendice du nouvel ordre mondial
Cela fait longtemps que les carriéristes en soutane du Vatican ont abandonné non seulement l'essence même du catholicisme traditionnel, mais aussi les peuples originellement chrétiens, à leur triste sort. Leur vision du monde est "sociétale" et progressiste. Leur rôle est de donner une onction "pseudo-religieuse" et "pseudo-christique" aux dérives de la société libéralo-matérialiste. Peu leur importe les églises et les séminaires vides, l'invasion islamique et les carnages qu'elle provoque : tout ce qui peut liquider la société traditionnelle dont ils ont été autrefois les piliers est bon à prendre !
Anguerrand
- 15/01/2017 - 17:54
Le dogme du christianisme
appelait les chrétiens a l'amour du prochain, la charité, l'amour de l'autre, etc , et durant des siècles cela représentait les belles Valeurs de notre civilisation la plus belle manière de vivre ensemble . Mais ça c'était avant l'arrivée rapides haineuse et violente d'une religion qui ressemble à une secte sur notre territoire et en Europe. Je ne comprend même pas que même les anti islamistes ne dénoncent pas certaines Haddiths comme celle du Prophète ( 56,2-1) dans le " Saint " Coran qui affirme qu'un bon musulman est un djihadiste. Ce n'est pas rien, alors pourquoi taire toutes les Haddiths qui démontrent la haine de l'islam contre les " croisés " que nous sommes tous.
Alors quand j'entends MLP affirmer que l'islam est compatible avec la république, il faudrait qu'elle lise le Coran, Juppé avait reconnu ne pas l'avoir lu, ce qui peut aussi expliquer le laxisme des chrétiens, agnostiques ou athées vis à vis de cette religion qui fabrique de la frustration et le crime pour mettre à ses pieds le monde entier.
clint
- 14/01/2017 - 21:12
Vatican 2 "officialise" que le dieu de l'islam est le même !
Dans ce cas on ne peut pas se mettre en travers de Dieu ! Je conseillerais à certains de bien vouloir relire les paroles de Jésus dans les évangiles : la papauté semble aussi depuis quelques temps en tenir compte. Apparemment le pape François ne se fait aucune illusion sur la profondeur possible des échanges théologiques avec l'islam, comme Benoit XVI qui était bien plus direct dans le discours de Ratisbonne (qui, hasard ?) a été beaucoup plus mal perçu en France que dans le reste de l' Europe.