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THE DAILY BEAST
Le Soudan du Sud est au bord du génocide... nous pouvons l’empêcher si nous le voulons
Publié le 31 décembre 2016
A plus de 10 000 km de la Trump Tower, un conflit meurtrier peut se transformer en génocide. Toute la question est de savoir si nous souhaitons vraiment l'éviter.
John Prendergast est le fondateur et directeur du projet Enough Project. Il est aussi co-fondateur de The Sentry. Il contribue pour le Daily Beast.
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A plus de 10 000 km de la Trump Tower, un conflit meurtrier peut se transformer en génocide. Toute la question est de savoir si nous souhaitons vraiment l'éviter.

The Daily Beast par John Prendergast

C’est un symbole qui montre le manque réaction internationale face aux génocides et aux massacres de masse. Après près de trois ans de guerre fratricide, et au vu des résents avertissements des fonctionnaires, normalement très prudents, des Nations Unies qui évoquent l'imminence d'un génocide au Soudan du Sud, on constate qu'il n'y a pas de mécanisme diplomatique légitime pour répondre aux menaces des différentes parties belligérantes et de leurs milices qui sévissent par procuration dans le plus jeune pays du monde. L'accord signé en 2015 apparaît mort et enterré, et le processus de paix semble tout aussi condamné.

Ce qui est nécessaire c’est quelque chose qui puisse remettre en cause le statut quo mortel et l'inertie qui conduit les deux parties vers une dangereuse escalade. Cela nécessite une nouvelle initiative diplomatique majeure avec quelques nouvelles personnalités de très haut niveau pour détourner des énergies désormais axées uniquement sur la guerre afin qu’elles se concentrent plutôt sur la recherche de solutions possibles via un processus de négociation.

Ce n’est pas la première fois que des belligérants disent qu'ils ne veulent pas négocier directement. Par exemple, dans la guerre meurtrière entre l'Éthiopie et l'Érythrée entre 1998 et 2000, les deux parties sont restées face à face pendant deux ans dans une guerre de tranchées rappelant la première guerre mondiale. Dans le cadre de l'équipe conjointe de négociation africaine et américaine, mes collègues et moi-même avons fait la navette entre les parties, mené des pourparlers de proximité sur le terrain, mis sur pied une coalition internationale pour faire pression et aboutir à un compromis jusqu'à ce qu'un accord de paix soit finalement signé. L'idée qu’il suffit que les dirigeants du Sud-Soudan – le président Salva Kiir et son ancien vice-président devenu le chef rebelle, Riek Machar – doivent se rencontrer face à face pour réaliser des progrès est fausse, et cela ne suffirait pas certainement pas.

Pour compléter le travail de son ambassadeur et actuel envoyé, le président Obama devrait envoyer, directement depuis de la Maison Blanche un représentant très haut de haut niveau dans la région, pour qu’il travaille jusqu'à la fin de cette administration Obama, pendant les vacances, au moment où les bellicistes opportunistes profitent de l’inattention de la communauté internationale pour perpétrer les pires violences.

Il faut quelqu'un qui soit considéré comme crédible par les deux parties, et qui aurait la possibilité de rester au sein de la nouvelle administration Trump pour éviter que les dirigeants du Soudan du Sud ne le voient comme un canard boiteux qui ne fait que passer.

L’envoyé spécial du président et l'équipe diplomatique américaine pourraient travailler en étroite collaboration avec l’équipe africaine existante pour créer une nouvelle dynamique dans le processus de paix. Un effort diplomatique efficace pourrait modifier la situation et provoquer de nouvelles interventions des Etats de la région. Si la situation actuelle perdure sur le front diplomatique, cela condamne le Soudan du Sud à une quasi certaine escalade encore plus meurtrière.

Pourquoi les dirigeants (dont les forces brûlent les villages, recrutent des enfants soldats, commettent des viols en masse, et bloquent l'aide alimentaire qui est pourtant vitale) seraient-ils prêts à faire des compromis à la table de négociation ou à modifier leurs pratiques en matière de droits de l'homme ? La seule façon de s’assurer de leur bonne volonté consiste à modifier le rapport entre les avantages et les inconvénients afin que la guerre commence à leur coûter personnellement plus que la paix. Cela exige que les États-Unis et les autres pays intéressés créent un effet de levier pour soutenir l'action diplomatique.

Nous savons ce qui ne fonctionne pas : les déclarations publiques destinées à faire honte aux dirigeants en cause, les menaces non suivies d'actes, les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies qui ne prévoient pas d’imposer des mesures en cas de non respect des dites résolutions, et les missions d’observations des violations des droits humains sans mesures de rétorsion. Tout cela peut être important pour la sensibilisation et la démonstration de la culpabilité, mais à moins que cela ne soit lié à des mesures énergiques, les dirigeants sud-soudanais y voient d'innofensifs aboiements, des menaces sans conséquences.

Pour agir efficacement, il faut identifier les points faibles qui influeraient vraiment sur les comportements. Après un gros travail d’enquête financière, The Sentry, le groupe que j’ai cofondé avec George Clooney pour tarir les sources de financement de cette violence en Afrique, a constaté que ce qui détruit le Soudan, ce sont les flux d'argent illégaux issus de la corruption qui sont blanchis et cachés à l'étranger par les dirigeants.

Les faiseurs de guerre du Sud-Soudan ne gardent pas leur argent sous leur matelas, ils le placent dans des paradis fiscaux et ils le blanchissent dans de l'immobilier, des entreprises, ou l'abritent dans des comptes bancaires. Parce que le dollar américain est leur devise préférée pour les opérations de corruption des dirigeants et des rebelles du Sud-Soudan, le gouvernement américain est compétent, et il peut agir sur ces délits financiers.

Les États-Unis peuvent utiliser un cocktail de mesures, comme ils le font dans la lutte contre le terrorisme, contre la prolifération des armes nucléaires, ou le crime organisé, avec des sanctions très ciblées contre ces réseaux mafieux, pas seulement contre quelques individus. Non seulement cela gèle des actifs illégaux, mais cela empêche ces réseaux de continuer à utiliser le système financier international.

Le Sud-Soudan est au bord de commettre le pire des crimes contre l’humanité dans le monde actuel. Si des outils politiques permettent de lutter contre le terrorisme, pourquoi ne le serraient-ils pas pour empêcher un génocide ?

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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jc0206
- 31/12/2016 - 21:55
Non !
Nous n'y pouvons rien ! Le génocide est dans leurs gènes.
vangog
- 31/12/2016 - 13:48
Les gauchistess'entretuent pour le pétrole du sud-Soudan...
quelle nouvelle intervention inefficace de l'ONU pourrait calmer leurs ardeurs guerrières? laissons-les faire...
J'accuse
- 31/12/2016 - 12:10
Le fardeau de l'homme blanc
Comme le disait Kipling et comme on semble le croire encore aujourd'hui, l'Occidental (blanc) aurait un devoir envers ses congénères inférieurs (noirs et jaunes): ils ne peuvent malheureusement pas s'en sortir sans nous, et nous devons en permanence, par devoir moral et religieux, nous occuper d'eux. C'est-à-dire les prendre en tutelle, et cela nous donne évidemment le droit d'exploiter leurs richesses. Ainsi, le pauvre Soudanais meurt, et nous en sommes au moins en partie responsable si nous ne faisons rien. Cela rappelle l'Arche de Zoé (au Tchad, pas très loin), association persuadée qu'on ne pouvait "sauver" des enfants africains qu'en les faisant adopter par des Européens. C'est bien sûr du racisme sous couvert d'action humaniste: personne n'a jamais eu l'idée d'aller chercher des Africains ou des Chinois pour empêcher les conflits en Europe... Nous n'avons pas à nous ingérer dans leurs affaires (avec souvent des arrières-pensées inavouables), ce qui en général fait empirer les choses. Restons dans la logique Croix-Rouge, totalement apolitique, avec pour unique mission de secourir ceux qui en ont besoin, sans nous croire "appelés" à jouer les gentils parents protecteurs.