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© capture d'écran Public Senat
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François Kalfon: “En 2011, Arnaud Montebourg était dans les déclarations d’intention; aujourd’hui, nous proposons de véritables outils.”

Publié le 23 décembre 2016
Candidat de la démondialisation en 2011, Arnaurd Montebourg sera, pour 2017, celui de la protection des Français face à une mondialisation malheureuse, mais aussi de la libération des Français face à tout ce qui les entrave dans leur vie.
François Kalfon
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Francois KALFON est conseiller régional d'Ile-de-France et membre de la direction collégiale du PSIl a publié avec Laurent Baumel un Plaidoyer pour une gauche populaire : La gauche face à ses électeurs, Editions Le Bord de l'eau (novembre 2011).
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Candidat de la démondialisation en 2011, Arnaurd Montebourg sera, pour 2017, celui de la protection des Français face à une mondialisation malheureuse, mais aussi de la libération des Français face à tout ce qui les entrave dans leur vie.

Atlantico : Ce samedi, la Haute autorité du PS a officiellement reconnu éligibles sept candidatures pour la primaire, dont celle d'Arnaud Montebourg. La campagne est donc officiellement lancée. En 2011, celle d'Arnaud Montebourg était centrée sur le thème de la démondialisation. De quoi sera-t-il le candidat cette fois-ci ?

François Kalfon: Il sera le candidat de la protection des Français face à une mondialisation malheureuse, mais aussi de la libération des Français face à tout ce qui les entrave dans leur vie, tout cela sous l’égide du Made in France, de notre capacité à produire, à maîtriser notre destin collectif tant sur le plan de la décision que de la production.

En 2011, nous étions dans les déclarations d’intention; aujourd’hui, Arnaud Montebourg propose des solutions. Sur l’Union européenne, la suspension unilatérale de la directive des travailleurs détachés , la mise en œuvre de taxes carbone aux frontières de l’Union, et pour le Made in France - qui n’était pas en soit un thème de campagne en 2011 - la mise en place des 80% de marchés publics pour les PME-PMI françaises; en outre, un plan de relance de 20 milliards d’euros d'infrastructures pour notre économie. Cette étape supplémentaire constitue un véritable plan de reconquête de notre souveraineté politique et économique.

Les différences politiques sont bien marquées entre Arnaud Montebourg et Manuel Valls, mais qu'est-ce qui le distingue vraiment de Vincent Peillon ou de Benoît Hamon, qui ont été tous deux ses alliés dans le passé ? 

J’ai le sentiment que Vincent Peillon veut incarner une sorte de programme d’équilibre ce qui relève d’un registre de congrès du PS, et non pas des choix d’option des Français qui sont, eux, beaucoup plus tranchés. Ce sera donc à Vincent Peillon de déterminer s’il souhaite être mieux compris. 

En ce qui concerne Benoît Hamon, il n’y a pas de secrets : face au libéralisme, à une méthode de gouvernement brutale, il existe une analyse et une appréciation communes, même si des différences sont toutefois apparues dans le temps de campagne durable. Les différences essentielles résident sur les modèles de développement. Nous pensons, nous, que pour répartir les richesses, il faut les créer. Certes, c’est le statut qui a évolué, mais dans notre modèle de développement, il y a une place finalement pour la création de valeur, même si celle-ci a changé dans son contenu – c’est ce qu’on appelle la croissance. Ce qui nous distingue aussi, c’est la question de la société du travail, et de l’encouragement de l’effort et du risque, par rapport à l’installation de ce que nous voyons dans les thématiques de Benoît Hamon, qui sont une certaine forme de dépassement du travail à travers cette vision du revenu universel dans lequel nous ne nous retrouvons pas pour notre part. Nous préférons parler de sécurité économique qui est le pendant de la société du travail plutôt que du revenu universel. Nous apprécions à la fois la dimension du RMI dans ce qu’elle a de généreux, mais nous voyons aussi les effets pervers de la dimension insertion qui n’a jamais vraiment été mise en œuvre de façon satisfaisante. 

Avec le recul, qu'aurait fait différemment Arnaud Montebourg au cours du quinquennat sur le point de s'achever ?

Selon moi, il aurait agi différemment sur deux choses : le rapport à la mondialisation via l’Union européenne, qui est une vision plus équilibrée – je pense notamment au plan de sauvetage de la Grèce, et puis sans doute dans le mix entre déficits publics et plan de relance; la deuxième chose concerne les plans de compétitivité et d’emploi en France : il y aurait sans doute introduit des contreparties en termes d’emplois ou de salaires pour le monde du travail, qu’il s’agisse du CICE ou du Pacte de responsabilité. Cela aurait été une différence essentielle, sans compter les aspects moraux liés à la déchéance de nationalité. 

Les derniers sondages, et notamment la dernière enquête du Cevipof-Ipsos pour Le Monde parue ce mercredi, montrent qu'Arnaud Montebourg est derrière ses principaux rivaux socialistes, sous la barre des 10% (entre 6 et 7% selon l'enquête Cevipof-Ipsos pour Le Monde). Comment espère-t-il remonter ?

Comparaison n’est pas raison : un sondage Ifop, la même semaine, place Arnaud Montebourg troisième personnalité préférée des Français, avec une progression significative puisqu’il gagne cinq points, tandis que Manuel Valls en perd cinq. Ce que nous sentons de notre côté, c’est que la campagne de Manuel Valls patine sacrément puisque celui-ci s’est renié sur le 49.3. De notre côté, notre campagne est marquée par la cohérence ; elle est itérative et permet de tracer un chemin lisible pour les Français. Le reste ne nous intéresse pas beaucoup.

Pour ce qui est de l’appréciation par les Français de l’ensemble des candidatures issues du camp socialiste, leur mesure n’a pas beaucoup d’intérêt car il y a une vertu auto-réalisatrice de la primaire, avec un avant et un après si celle-ci a du succès et qu’elle atteint un niveau satisfaisant de participation que nous escomptons, c’est-à-dire au-delà des deux millions de votants. 

Par quel moyens Arnaud Montebourg pourrait parvenir à séduire une partie des électeurs de gauche, notamment ceux qui, le plus souvent, sont des cadres qui bénéficient de la mondialisation, à la différence des classes plus défavorisées, perdantes de la mondialisation ? 

Aujourd’hui, l’électorat socialiste, y compris les centres urbains qui étaient dans le cœur du PS en 2012, est lui-même décroché par le parti. Arnaud Montebourg dit qu’il est attentif à tous ceux qui sont les décrochés de la mondialisation, mais c’est aussi un tenant du socialisme dit de production qui a été attaché à Dominique Strauss-Kahn. Je disais tout à l’heure que nous étions sensibles à un socialisme, certes de la redistribution, mais nous sommes aussi sensibles à un socialisme entrepreneurial. C’est dans cette mesure-là que nous pouvons retrouver un public de cadres. La seule distinction que nous pouvons avoir concerne les cadres dirigeants des grands groupes. Les thèses d’Arnaud Montebourg sont compatibles avec 99% de ceux qui constituent les collaborateurs des entreprises, y compris les dirigeants. Ce que nous n’acceptons pas dans le capitalisme, c’est la dimension du capitalisme financier, qui est fâché avec la production. 

Quel que soit le résultat de cette primaire de la gauche et de la présidentielle, comment Arnaud Montebourg envisage le PS après 2017 ? Que propose-t-il pour son parti ? 

Nous n’en sommes pas là encore. Le projet d’Arnaud Montebourg est un projet de redressement de la France par la gauche. Si nous n’y parvenons pas – cela paraît possible même si le chemin est escarpé – alors il n’y aura pas d’avenir pour le PS. Si nous y parvenons en revanche, il y aura la nécessité d’une refondation de la gauche, mais il est bien trop tôt pour en parler. 

Face à Emmanuel Macron qui se pose en alternative avec son "ni de gauche, ni de droite", quelle réponse peut être apportée par le PS ? Comment ce dernier peut-il être sauvé ?

Je pense qu’à terme – mais auquel ? – Emmanuel Macron va rencontrer des difficultés politiques. Nous produisons l’analyse que les soubassements sociologiques de la gauche et de la droite ne sont pas dépassés puisque dans le rapport de production, il y a bien encore et toujours une opposition capital-travail qui demeure ; des antagonismes qu’on aurait appelé par le passé des antagonismes de classe, qui, certes, dans leur expression politique, n’apparaissent plus de façon évidente aux salariés. Ceci s’explique par le fait que la gauche politique ne représente plus les intérêts du monde du travail. Il y aura toujours, de notre point de vue, une gauche et une droite. L’essentiel, c’est que l’adéquation entre la gauche politique et la gauche sociale puisse se faire de nouveau.

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zouk
- 19/12/2016 - 10:18
A. Montebourg
S'il veut vraiment libérer les Français et leurs initiatives, qu'il les laisse faire, et surtout s'abstienne de les "protéger", en lanagage politique cela se traduit immanquablement par des contraintes. Nous mourons déjà d'un excès de contraintes