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Comment la méritocratie a transformé nos vies en une (pénible) compétition sans fin

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L'armée syrienne est dépassée. Sans le soutien de l'air russe et des quelques 6 000 à 8 000 paramilitaires iraniens sur lesquels Assad se repose maintenant pour faire la guerre à sa place, Alep n'aurait jamais été reprise.
THE DAILY BEAST

Et le grand gagnant de la bataille d'Alep est... l'Iran. Que va donc faire Donald Trump ?

Publié le 16 décembre 2016
Donald Trump veut travailler avec la Russie. Il veut contenir l'Iran. Mais en Syrie et ailleurs, la Russie et l'Iran forment une seule et même équipe.
Michael Weiss est journaliste pour The Daily Beast.
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Donald Trump veut travailler avec la Russie. Il veut contenir l'Iran. Mais en Syrie et ailleurs, la Russie et l'Iran forment une seule et même équipe.

The Daily Beast - Michael Weiss

En 2007, une milice chiite soutenue par l'Iran appelée Asaib Ahl al-Haq a enlevé et assassiné cinq militaires américains dans une embuscade dans la ville irakienne de Kerbala. À l'époque, le secrétaire général adjoint du groupe était Akram al-Kaabi, un homme qui a, depuis, dit publiquement qu'il serait heureux de renverser le gouvernement irakien comme le chef suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, le lui demandait.

Aujourd'hui, al-Kaabi dirige une faction dissidente de sa milice d'origine. Connue comme Harakat Hezbollah al-Nujaba, elle fait partie maintenant des services de sécurité en Irak, mais elle combat en Syrie. Et les Nations unies viennent de l’accuser d'avoir participé, cette semaine, au massacre d'au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, dans l'Est d'Alep. Un massacre perpétré aux côtés d'autres alliés chiites de l'Iran et du dictateur Bachar el-Assad soutenu par l'Iran et la Russie.

L'armée syrienne en tant que force de combat est dépassée. Sans le soutien de l'air russe et des quelques 6 000 à 8 000 paramilitaires iraniens sur lesquels Assad se repose maintenant pour faire la guerre à sa place, Alep n'aurait jamais été reprise.

Les Iraniens ne cachent pas leur fierté d’avoir réussi.

"Alep a été libérée grâce à une coalition entre l'Iran, la Syrie, la Russie et le Hezbollah libanais", a proclamé ce mercredi le ministre de la défense de Téhéran, Seyed Yahya Rahim Safavi. "L'Iran est l'un des membres de cette coalition qui approche de la victoire et cela montre notre force. Le nouveau président américain devrait tenir compte du pouvoir de l'Iran".

Cette dernière phrase ne doit pas être lue comme un simple avertissement de pure forme pour le président élu Donald Trump. C’est un fait que Trump et son équipe doivent avoir en tête. Trump a clairement dit qu’il veut se placer du côté russe dans cette guerre, alors qu'il est farouchement opposé à l’Iran. Mais dans le monde réel, ils sont du même côté.

Le président élu a peut-être été incohérent sur un grand nombre de questions politiques tout au long de la campagne 2016 et pendant cette période de transition, mais il a été totalement cohérent sur un point. Il est absolument et catégoriquement opposé à laisser le champ libre à la République Islamique iranienne dans sa conquête du Moyen-Orient, au détriment des intérêts américains, comme l’a laissé le faire, selon lui, Barack Obama pendant huit ans.

Non seulement Trump a fulminé contre l'accord entre l’Iran et Obama - "l'une des pires négociations jamais réalisées par un pays dans toute l'histoire" -, mais il a promis soit de déchirer cet accord, soit de le renégocier, alors que tous ses principaux conseillers en matière de sécurité nationale sont des faucons opposés à l’Iran.

Le général en retraite James "Mad Dog" Mattis, par exemple, choisi par Trump pour être secrétaire à la Défense, a déclaré à un think tank de Washington en avril dernier que "parmi les nombreux défis auxquels est confronté le Moyen-Orient, le régime iranien est, de [son] point de vue, la menace la plus durable pour la stabilité et la paix au Moyen-Orient ".

Le Républicain Mike Pompeo (élu du Kansas), critique virulent de l'Iran, a été choisi par Trump comme directeur de la CIA. Il a déjà appelé le Congrès à "agir immédiatement pour arrêter toutes les livraisons de pétrole à l'Iran, restaurer des sanctions économiques, et demander à ce que nos alliés fassent de même".

Pompeo a également lié le Joint Comprehensive Plan of Action, le nom officiel de cet accord, à l'expansionnisme iranien, notant que rien dans le protocole n’empêche Téhéran de "continuer à financer le financement des activités terroristes, du Hezbollah au Hamas, des Houthis au Yémen aux milices chiites en Irak".

John Bolton, pressenti par Trump pour être sous-secrétaire d'Etat, est d'accord avec Mattis sur le fait que l'Iran est la puissance la plus nuisible au Moyen-Orient, mais il va encore plus loin : le changement de régime, a-t-il déclaré au site de droite Breitbart, le mois dernier, est la "seule solution à long terme" .

Enfin, le conseiller de Trump en matière de sécurité nationale, le controversé lieutenant-général Michael Flynn, est également en faveur d’un changement de régime des "républiques islamiques" hostiles aux intérêts américains, comme il le dit dans son livre le plus récent, Field of Fight : How We Can Win the War Against Radical Islam.

Flynn a été limogé par Obama de son poste de patron de la Defense Intelligence Agency en 2014 , après avoir contesté la vision de l'état du djihadisme mondial de la Maison Blanche.

Maintenant, il accuse son ancien employeur de s’être retiré militairement d’Irak, permettant ainsi à l'Etat Islamique de prendre plus d'un tiers du pays et de céder le reste à des forces pro-iraniennes, dirigées par l'hyperactif et omniprésent Qassem Soleimani. Il accuse également Obama d'accueillir l'ennemi régional de l'Amérique dans une sorte d’alliance stratégique et cite des preuves de liens opérationnels de l'Iran avec divers groupes djihadistes sunnites responsables de la mort d'Américains : pas seulement Al-Qaïda et le réseau naissant du fondateur de l'Etat Islamique Abu Musab al-Zarqawi en Irak, mais aussi les Talibans en Afghanistan.

Pourtant, Flynn est un outsider dans cette équipe sur un point essentiel : sa proximité avec Moscou, qui a fait lever des sourcils dans les milieux conservateurs. Il était assis à côté de Vladimir Poutine l'an dernier, lors du gala d'anniversaire des 10 ans de RT (Russia Today), la chaîne d'Etat russe. Plusieurs de ses proches, qui ont parlé au Daily Beast, attestent qu’il considère que la Russie doit être amenée à participer à la lutte contre l'Etat Islaique. Mais lui-même reconnaît dans son livre ce que l’Iranien Rahim-Safavi a déclaré clairement : que les groupes soutenus par l’Iran sont alliés diplomatiquement et stratégiquement avec les Russes dans le monde arabe.

Là est la contradiction centrale qui relie comme un fil d'Ariane les objectifs de politique étrangère affichés par Trump. Il a dit à plusieurs reprises qu'il voulait travailler avec Assad et Poutine, qu'il admire, pour vaincre les sbires de l'EI. Peu lui importe qu'Assad et Poutine n’aient même pas protégé la ville antique de Palmyre contre celui-ci, trop occupés à combattre l'opposition non-Etat Islamique dans la ville la plus peuplée de Syrie, Alep. Comment pourrait-il le faire et en même temps et combattre l'Iran ?

De plus, même si par miracle il pouvait convaincre Poutine d'aider les États-Unis à éliminer le djihadisme, le président russe pourrait-il faire reculer son homologue chiite contrôlé par l’Iran ?

Les dernières 24 heures se sont révélées instructives, montrant le désordre au sein de la coalition qui soutient Assad.

Un cessez-le feu à Alep a été annoncé mardi soir et rompu très tôt mercredi matin avant d’être provisoirement rétabli mercredi soir. Il avait été négocié exclusivement entre la Turquie et la Russie et a été violé par le régime Assad et les milices iraniennes. Le mercredi, les bombardements des quartiers civils ont repris et les milices iraniennes ont refusé de permettre l'évacuation d’un convoi médical dans la ville, exigeant d'abord que les blessés de Fuah et Kefraya, deux petits villages chiites qui ont été ciblés par les rebelles, soient également évacués.

Ni Damas ni Téhéran n’étaient parties prenantes des négociations turco-russes. Elles ont entrepris de réécrire les termes de l'accord à leur manière, par la force.

Les premiers signes de la rupture de la trêve sont venus immédiatement après que l'accord a été signé, selon Faruq Abu Bakir, le fonctionnaire rebelle en charge des négociations et l'un des signataires avec des représentants russes et du régime. Il a dit à la chaîne pro-rebelle Orient TV que les rebelles avaient apporté certains des blessés à un passage d’Alep tenu par les forces gouvernementales, mais des membres de la milice chiite les ont bloqués. La scène s’est répétée à un deuxième point de contrôle.

80 000 civils ou même plus sont encore coincés dans la zone bombardée avec presque pas de nourriture, sans électricité, ni chauffage. Il y a un nombre énorme de blessés attendant d'être évacués et d'autres sont encore coincés sous les décombres. Un deuxième cessez-le-feu avait été annoncé mercredi soir, mais il n'y avait guère de garantie que celui-ci se révèle plus efficace que les précédents.

Le cabinet de Trump n’est pas nécessairement dans l'erreur quand il évalue l’influence néfaste de l'Iran dans la région, bien que curieusement il n'ait pas, récemment, utilisé la catastrophe en Syrie comme un argument supplémentaire.

Les hommes d’Obama ont clairement reconnu que la recherche d'un accord nucléaire avec Téhéran avait été l'une des principales raisons de leur réticence à participer davantage à la guerre civile syrienne aux côtés de l'opposition. La chute d'Alep est une conséquence directe de ce choix. Respecter les "positions iraniennes" dans le Levant, comme Obama lui-même l’a déclaré, faisait partie intégrante de ce règlement politique insaisissable longtemps recherché depuis cinq ans et demi. Ce qui a conduit à choisir de ne pas engager le combat avec Qassem Soleimani et à accepter un certain nombre de tensions entre John Kerry et Sergei Lavrov en Suisse.

Les "positions iraniennes" tuent les femmes et les enfants dans les rues d’Alep tandis que l’US Central Command fonctionne comme leur allié de facto dans la guerre en cours contre l'Etat Islamique en Irak.

L'ironie d'une politique étrangère conduite par Trump pourrait bien être que les rodomontades du candidat et sa condamnation de la prudence d'Obama face aux ennemis iraniens de l'Amérique, ajoutées à la confusion de ses idées géopolitiques, pourraient aboutir au même résultat que celui qu’a obtenu Obama, son prédécesseur : un échec.

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Citoyen Ordinaire
- 17/12/2016 - 11:45
compliqué...
La seule chose que l'on peut dire c'est que l'oeuvre Américano Occidentale pour amener la "Démocratie" amène des fous furieux bien pires que ceux en place...
Je commence à me demander si ce n'est pas voulu en ce sens.
gerint
- 16/12/2016 - 16:43
L'Iran est le moteur de l'Islamisme
L'élaboration intellectuelle de l'islamisme djihadiste a commencé en Iran, inspiré les Frères Musulmans d'Egypte avec Sayyid Qutb comme théoricien majeur ("A l'ombre du Coran"), et lancé à l'exportation massive par Khomeiny. A cet égard les ponts entre Chiites et Sunnites sont nombreux. Le double langage très élaboré de l'Iran, bien au-delà de la fameuse Taqiya, a trompé les Occidentaux. Georges W. Bush au lieu de se jeter sur l'Irak aurait mieux fait d'éradiquer les mollahs d'Iran qui eux étaient en connivence avec Al Quaïda et non Saddam Hussein. La jeunesse iranienne étant pro-occidentale et le pays quasiment totalement chiite, les USA auraient sûrement eu l'aide d'une grande partie de la population et pas de guerre civile, et ce n'est pas l'Irak qui les aurait gênés bien au contraire. Quant à Obama il a eu une politique catastrophique dans la région et je crois que les Américains le savent bien et en ont été plus sensibles aux messages de Trump, n'ayant pas d'espoir du côté de Clinton.
cloette
- 16/12/2016 - 12:26
Poutine l'a dit
Assad sera démis en temps voulu ( il trouvera asile ailleurs )