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Valls ou la virginité miraculeuse
Publié le 09 décembre 2016
L'homme qui veut que nous sachions qu'il a de l'expérience comme il n'a pas manqué de le souligner dans sa déclaration de candidature à la présidentielle n'a curieusement aucun bilan à défendre.
Journaliste à Europe 1, BFM, ITélé, Maud Guillaumin suit pour le service politique de France-Soir la campagne présidentielle de 2007. Chroniqueuse politique sur France 5 dans l’émission Revu et Corrigé de Paul Amar, puis présentatrice du JT sur LCP,...
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L'homme qui veut que nous sachions qu'il a de l'expérience comme il n'a pas manqué de le souligner dans sa déclaration de candidature à la présidentielle n'a curieusement aucun bilan à défendre.

Atlantico : Alors que Manuel Valls a officiellement annoncé ce lundi son intention de participer à la primaire de la Belle Alliance Populaire, quelle est sa part de responsabilité dans l'échec du quinquennat de François Hollande ?

Manuel Valls : Pour ce qui est de sa responsabilité directe, on peut estimer qu'il a divisé la gauche. Son attitude avec les députés frondeurs et son utilisation massive du 49-3 ont vraiment déstabilisé les électeurs de gauche et ont encore plus déçu ceux qui étaient peut-être encore hésitants.

Une fois dit cela, on ne peut pas non plus tout lui imputer de l'échec de François Hollande, si ce n'est – comme le dénoncent Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lienemann – le virage néolibéral qu'il a pris et qu'il assume. Après tout, le Premier ministre conduit la politique décidée par le président de la République. Il n'est que "l'exécutant" (Nicolas Sarkozy parlant, lui, de "collaborateur" au sujet de François Fillon). C'est quand même le Président qui impulse le tempo et l'agenda des réformes.

Ses relations compliquées avec François Hollande et Emmanuel Macron ont-elles contribué selon vous aux difficultés rencontrées par le Président lors de ce mandat ?

Il est vrai que son rôle a été très important, notamment après l'épisode de Frangy-en-Bresse en 2014. Si Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filipetti ont quitté le gouvernement, c'est parce que c'est lui qui a vraiment mis la pression sur François Hollande. On le sait clairement aujourd'hui quand on lit le livre Un Président ne devrait pas dire ça de Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Il y a également eu un vrai problème avec Emmanuel Macron, qu'il a complètement court-circuité dans son action (ce dernier ne pouvant plus rien faire). On constate en réalité une tactique très bien réfléchie de la part de Manuel Valls. Il a savonné la planche de François Hollande ces derniers mois, de manière très nette, et on sent bien qu'il y a eu un jeu d'échecs entre les deux hommes.

Au-delà du "style Valls" et de certaines relations difficiles (François Hollande, Emmanuel Macron, certains députés socialistes, etc.), quels sont les épisodes marquants du quinquennat où le rôle et l'influence de Manuel Valls ont contribué à la coupure avec les électeurs de gauche, et les électeurs français plus généralement ?

Je parlerais surtout de la rupture avec les électeurs de gauche, car pour les électeurs français j'attends de voir.

Il est certain qu'après les attentats, l'épisode de la déchéance de nationalité a été extrêmement important. C'est une mesure qu'il a portée de bout en bout. François Hollande a admis récemment qu'elle faisait partie des choses qu'il regrettait, mais Manuel Valls, lui, a vraiment porté cette idée. Il y a eu ici une rupture nette.

Évidemment, on peut aussi citer ici la rupture avec les frondeurs sur bien des points, dont le paroxysme a été atteint au moment de la loi El Khomri. Les jeunes électeurs de gauche étaient dans la rue, où la gauche de la gauche se manifestait de plus en plus, et ce de manière irréconciliable avec Manuel Valls.

Manuel Valls pourra-t-il facilement se démarquer de ce bilan et de sa responsabilité dans celui-ci ?

Dans le discours de renonciation de François Hollande, il n'a fait aucune référence à son Premier ministre, ce qui confirme le froid entre les deux. En revanche, Manuel Valls a tout de suite défendu le bilan du Président. Forcément, il s'associera en partie à ce bilan en soulignant tous les points positifs sur lesquels ils ont tous deux travaillé. Sur les points négatifs, il insistera sur ce que nous avons vu précédemment, à savoir qu'il n'est pas responsable car il n'était "que" le Premier ministre.

Il défendra ce bilan pour ce qui est de la réaction aux attentats, la défense de la laïcité, peut-être même les chiffres du chômage si l'évolution bénéfique vue depuis le mois de mars se confirmait. Il s'intègrera à ce bilan en mettant en avant une lecture différente : il insistera – et on l'a vu dès son discours de candidature lundi soir à Evry – sur le fait qu'il est un homme d'action, énergique, sur le qui-vive, sur le pied de guerre, etc. Une image dynamique qui l'oppose, presque physiquement et visuellement, à François Hollande.

Doit-on s'attendre à voir Manuel Valls attaqué sur ce bilan par ses adversaires de gauche ?

Bien sûr. On a très rapidement vu dès que François Hollande a annoncé qu'il ne se représentait pas que les premiers mots d'Arnaud Montebourg étaient pour dénoncer le virage libéral, qui n'était pas la politique du Président mais celle du Premier ministre. La cible a vite changé. Pour eux, l'échec de François Hollande lors de ce quinquennat est très clairement imputable à ce virage libéral : c'est ce virage qui est la cause de tout, donc c'est Manuel Valls qui est la cause de tout…

En revanche, il faut bien garder à l'esprit que beaucoup de proches de François Hollande s'intéressent à la candidature de Manuel Valls (Jean-Yves Le Drian, Michel Sapin, Bernard Cazeneuve…). C'est quand même symptomatique. N'oublions pas l'interview dithyrambique de Michel Sapin dimanche dernier, pour dire que Manuel Valls serait une bonne doublure de François Hollande, lui qui a été un excellent Premier ministre. Hollande a été poussé à ne pas se représenter, mais on voit bien que certains de ses proches avaient déjà bougé leurs pions.

Pour Manuel Valls, le gros problème s'appellera Emmanuel Macron, plus que la gauche de la gauche. C'est bien pour cela qu'il veut pousser le maximum d'électeurs, même non socialistes, à venir voter à la primaire. Cela lui permettrait, s'il l'emportait, de s'imposer comme LE candidat de gauche et de pointer le vote Macron comme un risque potentiel de 21 avril-bis.

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bd
- 11/12/2016 - 18:07
Macron plus moderne... et avec un vrai programme!
«La vérité est un miroir brisé, et chacun en possède un petit morceau», chantait le poète mystique persan Rumi.

Emmanuel Macron est le seul des candidats qui a eu le courage de sortir de son positionnement historique (de gauche) pour aller puiser les meilleures solutions partout et les combiner en un programme humaniste, démocrate, très complet et crédible.
http://vision-macron.fr/

Lors de son discours, il a surpris tous ceux qui le trouvaient atone en révélant un vrai talent de tribun.
Son "En Marche" est encore plus fort que le "Mangez des Pommes" de Chirac en son temps.
Il est sans aucun doute le plus moderne de tous les candidats à la présidence.
Il y a du John Kennedy à la française chez Emmanuel Macron.

Grâce à tout ça, il emportera l'adhésion des Français en mai.
Il peut créer la surprise.
S’il est élu, il sera certainement le premier président appartenant vraiment au troisième millénaire.
vangog
- 06/12/2016 - 14:57
1 million 150 000 chômeurs supplémentaires pour Valls-la-führer
les divisions à gauche, on s'en fout! Par contre, les chômeurs de gauche, les Français ne s'en foutent pas...
lafronde
- 06/12/2016 - 12:36
Valls, responsable du bilan, et progressiste inquiétant.
Mr Valls, comme sa Majorité, son Gouvernement, son Président n'ont pas compris que l'emploi vient des entreprises privées en phase de croissance, lesquelles nécessitent entrepreneurs et investisseurs, qui n'entreprennent ou n'investissent qui s'ils c'est rentable pour eux. Or la fiscalité d'entreprise et la fiscalité des personnes est confiscatoire et non-concurrentielle. Nouvelles entreprises et emplois sont créés à l'étranger. Tout politicien sait que les Etats sont en compétition fiscale, mais certains politiciens se font élire sur la redistribution. Ils veulent taxer au maximum pour faire payer aux producteurs de ce pays leur promesses électorales. Les moins bien lotis au plan professionnel : non fonctionnaires et moins qualifiés sont voués au postes précaires pénibles ou sous-payés, pire au chômage de longue durée pour les seniors, aux stages à répétition pour les jeunes. Voilà où nous mène la démagogie électorale, à la misère. C'est le lot du socialisme français. Pour le logement la loi Duflot a aggravé la pénurie et le mal-logement. Les loi SRU servent à collectiviser un besoin universel : se loger pas trop cher.
La solution libérale : www.objectifliberte.fr/logement/