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Si on se fie uniquement aux votes des électeurs de la droite et du centre et qu'on enlève la gauche et le Front national, François Fillon est manifestement encore plus haut.
Dynamique

Primaire, l'effet de souffle : FN, gauche, Bayrou, Macron... personne ne peut en l'état résister à la vague Fillon

Publié le 02 décembre 2016
Alors qu'au second tour de la primaire, François Fillon a réalisé un score de plus de 68% auprès de 4 millions de votants, la droite dispose, en vue de l'élection présidentielle de 2017, d'une dynamique forte. Une situation qui contraste avec celle de la gauche, qui vit un état de tension et d'affrontement inédit.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
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Alors qu'au second tour de la primaire, François Fillon a réalisé un score de plus de 68% auprès de 4 millions de votants, la droite dispose, en vue de l'élection présidentielle de 2017, d'une dynamique forte. Une situation qui contraste avec celle de la gauche, qui vit un état de tension et d'affrontement inédit.

Atlantico : Quels effets a produit l'entre-deux tours sur le second tour de la primaire de la droite et du centre ? Quels sont les électeurs qui se sont mobilisés ?

Jérôme Fourquet : La participation est assez supérieure à celle du premier tour, ce qui montre que l'engouement de la primaire ne s'est pas démenti, en dépit du fait qu'un candidat important, Nicolas Sarkozy, a été éliminé, et que le score du premier tour laissait assez peu de suspens.

Le fait que Nicolas Sarkozy ait été battu aurait pu démobiliser une partie de l'électorat qui venait de la gauche et qui s'était rendu aux urnes pour le sanctionner. Par ailleurs, l'élimination de Nicolas Sarkozy, en dépit de son appel à voter pour François Fillon, aurait pu se traduire par une démobilisation de son électorat, de son fan club comme on l'avait appelé, qui ne se serait pas retrouvé dans l'offre du deuxième tour.

Avec une hausse de 4 à 5 points de la participation, ces phénomènes ont été largement contrebalancées par une dynamique et un engouement non démenti pour cette primaire. Cet engouement a nettement bénéficié à François Fillon, qui passe de 44% au premier tour à, d'après les estimations dont on dispose, 68%, soit un bond de 24 points, quand son adversaire passe de 28-29% à 32%, soit un gain de 3 à 4 points seulement, ce qui est très faible.

L'espoir caressé par certains juppéistes qu'une part significative des électeurs de gauche viennent rejoindre au deuxième tour ceux qui avaient déjà voté pour Alain Juppé au premier tour ne s'est pas produit.

Au regard des chiffres, on peut penser que les reports en provenance de l'électorat de Nicolas Sarkozy ont été de très bonne qualité. Par ailleurs, il apparait que le climat de l'entre-deux tours et les attaques d'Alain Juppé contre François Fillon ont eu un effet contre-productif pour celui qui les a proférées : ces attaques ont eu pour effet de souder l'électorat sarkozyste à l'électorat fillonien, et de susciter une réaction de mobilisation d'une partie de l'électorat de droite qui n'avait pas voté au premier tour pour venir soutenir leur champion, qui apparait comme le porte-drapeau de la vraie droite.

A la lumière des données sociologiques du premier tour, quels enseignements peut-on tirer des résultats du second tour ?

Il est encore un peu tôt pour le dire. Comme je l'avais déjà évoqué pour Atlantico, se dessine au sein des droites un rapport de force idéologique, très clairement en faveur de la droite "décomplexée", versus une droite plus humaniste, modérée. Nous avions montré que nous étions sur un rapport de 70 en faveur de la droite décomplexée à 30 : c'est à peu près le résultat du second tour, avec, rappelons-le, un score d'Alain Juppé qui tient en partie à l'immixtion dans cette primaire d'un contingent d'électeurs de gauche. Si on se fie uniquement aux votes des électeurs de la droite et du centre et qu'on enlève la gauche et le Front national, François Fillon est manifestement encore plus haut.

Entre le centre, le Front national, la droite et la gauche, et au regard de la situation du Parti socialiste, quelle est la dynamique qui se dessine pour l'élection présidentielle de 2017 ?

Pour la droite, il y a une vraie dynamique : faire un score de plus de 68% auprès de plus de 4 millions de votants, c'est une force propulsive tout à fait importante. Les juppéistes vont jouer le jeu du rassemblement, même s'il y a de la déception et du désarroi dans leurs rangs. François Bayrou hésite encore. Il semble que cette ligne à droite toute est une mauvaise nouvelle pour le Front national puisque cela va réduire significativement la progression du parti. Par ailleurs, cette dynamique et la légitimité très forte dont va bénéficier François Fillon vont jouer en contraste avec ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux à gauche. En effet, la gauche est à deux doigts d'une crise gouvernementale, avec un divorce entre le Président et son Premier ministre et pourquoi pas un affrontement entre les deux premiers personnages de l'Etat et de la gauche dans la primaire socialiste qui se tient dans deux mois.

La gauche fait face à un état de tension, d'affrontement et de fracture inédit. A droite, même si les tensions de l'entre-deux tours laisseront des traces, un candidat a réalisé un score de 68% sur une base électorale de 4 millions de votants. François Fillon a là une force importante, à la fois en absolu, et en relatif. 

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Leucate
- 29/11/2016 - 14:19
@chamouton.
"""La victoire de François Fillon sonne le glas à un système fondé sur la manipulation médiatique et la pensée unique de gauche. Les réactions violentes et sectaires d'un microcosme déboussolé et outré en est la preuve."""
Peut-être, mais cela ne concerne que le RPR.UMP.LR qui, depuis Chirac quand il n'a plus été cornaqué par Marie France Garaud et Pierre Juillet, a sacrifié à la pensée unique élaborée par les socialistes soixant'huitards. Dès qu'un UMP.LR était accusé de "dérapage", il baissait la tête honteusement et faisait ses actes de contrition publiques pour éviter d'être condamné par un "tribunal populaire".
A contrario, le FN depuis sa création, a attaqué bille en tête la bien pensance sans aucune crainte, ce qui lui a valu sa "diabolisation", terme bien trouvé évoquant les procès jugés par la Sainte Inquisition de la Perversité Hérétique.
Fillon a gagné sur qui ? sur ceux de LR qui se mettent encore à plat ventre devant la Pensée Unique de la Gauche (a)morale c'est à dire une bonne partie des candidats qui lui étaient opposés.
Pour ce qui concerne le FN composé d'anciens RPR, UMP dégoutés, cela est certes intéressant mais ne les concerne plus.
vangog
- 29/11/2016 - 10:54
Ceci écrit...Francois Fillon a été 1er ministre 5 ans...
S'il n'a pas réussi à faire une politique -comment vous dites, déjà?...libérale?....(56% du PIB en dépenses étatiques, libéral? ooouuuaarff!), pourquoi le réussirait-il mieux demain?...l'alternance, depuis quarante ans, c'est une alternance de loosers, ceci expliquant peut-être cela...
chamouton
- 28/11/2016 - 22:43
Liberté égalité, fraternité
La victoire de François Fillon sonne le glas à un système fondé sur la manipulation médiatique et la pensée unique de gauche. Les réactions violentes et sectaires d'un microcosme déboussolé et outré en est la preuve. Sans même qu'il l'ait voulu, Fillon redonne leur sens à nos 3 devises : Liberté, égalité, Fraternité. La liberté de pouvoir vivre conformément à nos convictions, sans être traité de facho ou de réactionnaire et pour ceux qui le veulent, la liberté d'entreprendre et de réussir. L'égalité des chances pour tous et l'égalité face à la loi qui ont été polluées par l'égalitarisme qui ne supporte pas ceux qui prennent des risques et qui gagnent. Enfin la fraternité qui a perdu de sa grandeur d'âme en sombrant dans l'assistanat et l'état oprovidence. Tout ce qui a été dit après cette grande victoire, est une réaction violente contre ce nouveau modèle de société qui s'installe dans le pays. Nos experts de la pensée unique ne cessent de dire que le programme de François Fillon est impossible à appliquer, c'est un peu le cri agonisant d'un vieux système né en 1968, et qui ne veut pas mourir. Ce nouveau modèle puise ses forces dans notre civilisation judéo chrétienne