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Erdoğan continue à être populaire au sein des masses populaires qui louent les rééquilibrages en leur faveur qu’il a su mener depuis qu’il est aux affaires. Sur le plan du fonctionnement démocratique, il gagne toutes les élections.
Sultan tout seul
Et maintenant les médias étrangers : mais jusqu’où Recep Tayyip Erdoğan pourra-t-il pousser sa paranoïa sans se fragiliser ?
Publié le 17 novembre 2016
Médias étrangers, médias locaux, fonctionnaires, militaires, policiers... Peu de secteurs de l'économie et de la vie politique turque échappent désormais à la méfiance du président Recep Tayyip Erdoğan depuis le coup d'Etat manqué de juillet dernier. Reste à savoir si la dérive autoritaire du président turc ne peut pas, à terme, se retourner contre lui.
Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la...
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Alain Rodier
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Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la...
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Médias étrangers, médias locaux, fonctionnaires, militaires, policiers... Peu de secteurs de l'économie et de la vie politique turque échappent désormais à la méfiance du président Recep Tayyip Erdoğan depuis le coup d'Etat manqué de juillet dernier. Reste à savoir si la dérive autoritaire du président turc ne peut pas, à terme, se retourner contre lui.

Atlantico : Lors de l'inauguration officielle d'une nouvelle télévision d'Etat en langue anglaise, le président turc Recep Tayip Erdogan a une nouvelle fois fustigé les médias étrangers, coupables selon lui d'être trop partiaux dans leur traitement de l'actualité turque, en faveur de son adversaire politique Fethullah Gülen. En quoi cette dernière sortie médiatique et la création de cette nouvelle télévision d'Etat sont-elles l'illustration d'une reprise en main du pouvoir présidentielle sur les médias ?

Alain Rodier : Le président Erdoğan est entré - depuis un certain temps - dans une période de paranoïa exacerbée qui lui fait voir des ennemis partout. Cela peut se comprendre car il est désormais un homme très seul. Il a cassé volontairement toute la hiérarchie militaire, policière, judiciaire, éducative tout en s’attaquant aux partis qui lui sont opposés. Pour lui, tout ce qui risque de lui faire de l’ombre, même dans son propre parti, l’AKP, doit être neutralisé.

La presse est aussi l'un de ses bouc-émissaires prioritaires. Il est parvenu à neutraliser les médias turcs à grand renfort de fermetures d’organes de presse, voire au prix de l’emprisonnement arbitraire de tous ceux qui osaient - ou risquaient - le critiquer. C’est plus difficile avec la presse internationale qu’il ne peut atteindre directement. Il l’accuse d’être trop favorable au mouvement Gülen - ce qui est étonnant car nombre de journalistes étrangers non spécialisés ne connaissaient même pas l’existence de ce mouvement jusqu’à ces dernières années - et d’avoir donné trop de retentissement aux manifestations du parc Gezi de 2013. Bien sûr, la sympathie montrée vis-à-vis des "terroristes" kurdes du PKK et affiliés (particulièrement le PYD syrien) est dénoncée en permanence. Il est vrai que l’Occident, qui n’est pas à une contradiction près, reconnaît toujours officiellement le PKK comme un "mouvement terroriste" mais ne s’offusque guère de voir sur des vidéos de propagande diffusées en boucle par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qu’il soutient le portrait d’Abdullah Öcalan, le leader historique des séparatistes kurdes (1).

La création de la TRT World en anglais obéit à une logique offensive de la guerre psyops calquée sur ce qui a été fait par le passé, d’abord par les Américains du temps de la splendeur de l’empire soviétique (Voice of America) puis par la Russie (Russia Today et Sputnik) pour "porter la bonne parole" à l’étranger.

Atlantico : Lors de l'inauguration officielle d'une nouvelle télévision d'Etat en langue anglaise, le président turc Recep Tayip Erdogan a une nouvelle fois fustigé les médias étrangers, coupables selon lui d'être trop partiaux dans leur traitement de l'actualité turque, en faveur de son adversaire politique Fethullah Gülen. En quoi cette dernière sortie médiatique et la création de cette nouvelle télévision d'Etat sont-elles l'illustration d'une reprise en main du pouvoir présidentielle sur les médias ?

Alain Rodier : Le président Erdoğan est entré - depuis un certain temps - dans une période de paranoïa exacerbée qui lui fait voir des ennemis partout. Cela peut se comprendre car il est désormais un homme très seul. Il a cassé volontairement toute la hiérarchie militaire, policière, judiciaire, éducative tout en s’attaquant aux partis qui lui sont opposés. Pour lui, tout ce qui risque de lui faire de l’ombre, même dans son propre parti, l’AKP, doit être neutralisé.

La presse est aussi l'un de ses bouc-émissaires prioritaires. Il est parvenu à neutraliser les médias turcs à grand renfort de fermetures d’organes de presse, voire au prix de l’emprisonnement arbitraire de tous ceux qui osaient - ou risquaient - le critiquer. C’est plus difficile avec la presse internationale qu’il ne peut atteindre directement. Il l’accuse d’être trop favorable au mouvement Gülen - ce qui est étonnant car nombre de journalistes étrangers non spécialisés ne connaissaient même pas l’existence de ce mouvement jusqu’à ces dernières années - et d’avoir donné trop de retentissement aux manifestations du parc Gezi de 2013. Bien sûr, la sympathie montrée vis-à-vis des "terroristes" kurdes du PKK et affiliés (particulièrement le PYD syrien) est dénoncée en permanence. Il est vrai que l’Occident, qui n’est pas à une contradiction près, reconnaît toujours officiellement le PKK comme un "mouvement terroriste" mais ne s’offusque guère de voir sur des vidéos de propagande diffusées en boucle par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qu’il soutient le portrait d’Abdullah Öcalan, le leader historique des séparatistes kurdes (1).

La création de la TRT World en anglais obéit à une logique offensive de la guerre psyops calquée sur ce qui a été fait par le passé, d’abord par les Américains du temps de la splendeur de l’empire soviétique (Voice of America) puis par la Russie (Russia Today et Sputnik) pour "porter la bonne parole" à l’étranger.

Atlantico : Lors de l'inauguration officielle d'une nouvelle télévision d'Etat en langue anglaise, le président turc Recep Tayip Erdogan a une nouvelle fois fustigé les médias étrangers, coupables selon lui d'être trop partiaux dans leur traitement de l'actualité turque, en faveur de son adversaire politique Fethullah Gülen. En quoi cette dernière sortie médiatique et la création de cette nouvelle télévision d'Etat sont-elles l'illustration d'une reprise en main du pouvoir présidentielle sur les médias ?

Alain Rodier : Le président Erdoğan est entré - depuis un certain temps - dans une période de paranoïa exacerbée qui lui fait voir des ennemis partout. Cela peut se comprendre car il est désormais un homme très seul. Il a cassé volontairement toute la hiérarchie militaire, policière, judiciaire, éducative tout en s’attaquant aux partis qui lui sont opposés. Pour lui, tout ce qui risque de lui faire de l’ombre, même dans son propre parti, l’AKP, doit être neutralisé.

La presse est aussi l'un de ses bouc-émissaires prioritaires. Il est parvenu à neutraliser les médias turcs à grand renfort de fermetures d’organes de presse, voire au prix de l’emprisonnement arbitraire de tous ceux qui osaient - ou risquaient - le critiquer. C’est plus difficile avec la presse internationale qu’il ne peut atteindre directement. Il l’accuse d’être trop favorable au mouvement Gülen - ce qui est étonnant car nombre de journalistes étrangers non spécialisés ne connaissaient même pas l’existence de ce mouvement jusqu’à ces dernières années - et d’avoir donné trop de retentissement aux manifestations du parc Gezi de 2013. Bien sûr, la sympathie montrée vis-à-vis des "terroristes" kurdes du PKK et affiliés (particulièrement le PYD syrien) est dénoncée en permanence. Il est vrai que l’Occident, qui n’est pas à une contradiction près, reconnaît toujours officiellement le PKK comme un "mouvement terroriste" mais ne s’offusque guère de voir sur des vidéos de propagande diffusées en boucle par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qu’il soutient le portrait d’Abdullah Öcalan, le leader historique des séparatistes kurdes (1).

La création de la TRT World en anglais obéit à une logique offensive de la guerre psyops calquée sur ce qui a été fait par le passé, d’abord par les Américains du temps de la splendeur de l’empire soviétique (Voice of America) puis par la Russie (Russia Today et Sputnik) pour "porter la bonne parole" à l’étranger.

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