En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© John MACDOUGALL / AFP
Lorsqu’on discute avec des membres de l’establishment républicain, on constate qu’ils condamnent fermement la politique économique d’Angela Merkel même s’ils sont anti-Trump.
Pas si vite...!
L'Allemagne d'Angela Merkel porte-flambeau de la démocratie face au reste d'un Occident ravagé par le populisme ou l'impuissance ? Euh... non (sorry Mister Obama)
Publié le 25 novembre 2016
Lors de sa réaction à l'élection de Donald Trump, Angela Merkel s'est livrée à un vibrant plaidoyer pour les valeurs démocratiques occidentales. Un message tout sauf anodin, qui s'inscrit dans la realpolitik chère à la dirigeante allemande.
Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rémi Bourgeot
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lors de sa réaction à l'élection de Donald Trump, Angela Merkel s'est livrée à un vibrant plaidoyer pour les valeurs démocratiques occidentales. Un message tout sauf anodin, qui s'inscrit dans la realpolitik chère à la dirigeante allemande.

Atlantico : Dans sa réaction officielle à l'élection de Donald Trump aux États-Unis, Angela Merkel a nettement insisté sur les valeurs démocratiques et "le respect de la dignité de chacun quels que soient son origine, sa couleur de peau, son genre, son orientation sexuelle et ses opinions politiques". Doit-on voir dans ce que le Financial Times (lire ici) appelle une "leçon" de démocratie une volonté de la chancelière allemande de prendre le leadership moral des démocraties occidentales suite à l'élection de Donald Trump et à la poussée des populismes en Europe (Brexit, Pologne, etc.) ?

Rémi Bourgeot : Un certain nombre de thèmes, notamment xénophobes, utilisés par Donald Trump au cours de la campagne sont en contradiction avec la synthèse d’inspiration libérale sur laquelle s’est bâtie l’Allemagne fédérale dans l’après-guerre. Mais au-delà de cette lecture, l’élection de Donald Trump constitue avant tout un défi de nature politico-économique pour l’Allemagne.

D’un côté, Trump s’en est directement pris à la politique migratoire d’Angela Merkel au cours de la campagne, mais une fois passée l’élection, cela n’est pas central sur le plan bilatéral. Le rapprochement russo-américain est déjà plus problématique pour l’Allemagne en ce qu’il déstabilise l’influence du pays en Europe de l’Est. Mais de façon encore plus importante, la focalisation de Trump sur les questions commerciales tétanise l’establishment allemand et révèle une divergence beaucoup plus profonde. L’élite américaine, par-delà ses divisions idéologiques, rejette la politique économique allemande qu’elle tend à voir non seulement comme un exemple de manipulation monétaire et commerciale mais aussi comme dénuée de pragmatisme, vis-à-vis de la zone euro notamment. Lorsqu’on discute avec des membres de l’establishment républicain, on constate qu’ils condamnent fermement la politique économique d’Angela Merkel même s’ils sont anti-Trump.

La "leçon" de la chancelière relève d’une réaction stratégique tout à fait compréhensible. La meilleure défense, c’est l’attaque.

L'Allemagne - et Angela Merkel plus particulièrement - est-elle la mieux placée pour revendiquer ce rôle de leader moral des démocraties occidentales ?

Si l’on est à la fois proche de la culture allemande et ouvert aux diverses perspectives mondiales, on se rend compte que très peu de pays sont prêts à considérer l’Allemagne comme libérale. Le "couple" franco-allemand sous sa forme actuelle et la zone euro sont donc des constructions aussi fascinantes qu’improbables. Si beaucoup de responsables mondiaux reconnaissent le leadership de Merkel, l’opinion la plus répandue dans ces cercles est que sa gestion de l’économie européenne est désastreuse et contraire à l’esprit du libéralisme, sans même évoquer les éructations de Wolfgang Schäuble contre les démocraties nationales dans le cadre de la zone euro.

Quels sont les obstacles qui pourraient se mettre en travers de la route d'Angela Merkel dans cet objectif ? Quelle pourrait être la réaction des partenaires européens de l'Allemagne, et notamment la France, ainsi que de Donald Trump et des États-Unis eux-mêmes ?

Tout dépendra des initiatives de l’administration Trump. Si les Américains, dans leur tentative de relance de l’économie, haussent le ton face à la politique économique allemande, Angela Merkel entonnera à nouveau son refrain du "No pasaran", prétendument libéral. Si Trump se focalise plutôt sur la Chine, cela pourrait être plutôt bien vu par le gouvernement allemand étant donnée la confrontation actuelle entre Berlin et Pékin sur la question du dumping et des investissements industriels. L’establishment français semble, pour sa part, prendre le parti d’ignorer l’effort de remise en cause économique anglo-américain, qui va pourtant bien au-delà de Trump et des partisans du Brexit. Il continue à suivre le leadership allemand sur un mode somnambule en attendant que la situation politique européenne devienne hors contrôle.

Politiquement, qu'aurait à gagner Angela Merkel à s'installer dans ce "fauteuil" de leader démocratique du monde occidental ? Ses relatives difficultés sur le plan intérieur pourraient-elles être surmontées ? Quelle est l'opinion de la population allemande sur ce sujet ? Est-elle vraiment attentive à ce genre de discours ?

Angela Merkel est lucide. Elle sait que la réaction mesurée des commentateurs et des marchés à la victoire de Trump met à mal sa stratégie sur le plan international. Néanmoins, elle garde évidemment à l’esprit le jeu politique national. A cet égard, son discours sur les valeurs, même s’il est peu crédible à l’étranger, vise à limiter l’encouragement que la victoire de Trump peut représenter pour l’AfD, bien que ce dernier se révèle de plus en plus comme un parti non seulement populiste mais surtout d’inspiration néo-nazie.

Les relatives difficultés de Merkel proviennent notamment d’un certain rejet populaire de sa politique migratoire. En même temps, elle surfe depuis le scandale de la NSA sur une profonde et ancienne vague d’anti-américanisme au sein de la population allemande. Merkel peut ainsi être tentée d’inscrire, a posteriori, sa politique migratoire dans le cadre d’un clash moral avec l’Amérique de Trump afin de galvaniser son électorat.

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Public voit un nouvel homme dans la vie de Laeticia Hallyday; Angelina Jolie veut récupérer le sien; Brigitte Macron au chevet de l’AVC de Line Renaud; Ségolène Royal & François Hollande bientôt mamie-papy; Louis Sarkozy accouche d’une ligne de mocassins
02.
Le paradoxe des sacs plastiques ou quand le remède (de leur suppression) est pire que le mal
03.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
04.
De mystérieux investissements immobiliers de Qatar Charity en France
05.
Pourquoi la fonte du permafrost pourrait avoir des conséquences encore pires que prévues
06.
Notre-Dame : quand du recueillement on passe au cirque !
07.
Les vrais objectifs de la sulfureuse ONG Qatar Charity
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
04.
Faut-il craindre l'opération "Revanche pour le Sham" de l'EI
05.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
06.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Névroses nationales : et la France de demain, vous la voulez à l’identique ou conscientisée ?
Commentaires (11)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
JonSnow
- 21/11/2016 - 22:07
Les élites en perdition
Les élites qui ne comprennent plus le vote des peuples croient représenter la démocratie! Quelle ironie! Merkel a donné le coup de grâce à l'Europe avec sa décision irréfléchie d''ouvrir les frontières de l'Allemagne, imposant à l'Europe entière un flux migratoire énorme. J'espère pour l'Europe que Merkel sera battue. Quant au couple franco-Allemand, sous Hollande, il s'est désintégré.
hermet
- 20/11/2016 - 17:13
Merckel à bannir
Merckel est une catastrophe pour l'europe et l'allemagne, sa politique est à très coutre vue et populiste, comme on l'a vu avec le nucléaire, la Grèce et la crise migratoire, elle a tout faux. Elle n'a fait que bénéficier des réformes de Schroeder et pilote la politique Européenne dans le seul intérêt des grosses firmes allemandes au mépris de sa propre population et du reste de l'Europe. Si elle continue pas de doute l'UE explosera sous son prochain mandat.
MIMINE 95
- 20/11/2016 - 16:13
et vlan , t'es foutu .....et pour pas un rond !!!
".... l’AfD, bien que ce dernier se révèle de plus en plus comme un parti non seulement populiste mais surtout d’inspiration néo-nazie"]. Néo nazis et populistes, deux affirmations gratuites et parfaitement ridicules pour qui s'intéresse aux mouvements politiques Allemands
Le "néo nazisme" , "le "populisme", l' "extrême -droite" etc etc deviennent une obsession compulsive chez certains rédacteurs d'Atlantico ces derniers temps. Est ce parce ces mots évitent d'avoir à fournir une argumentation , mais peut-être n'est ce qu'une simple pathologie hivernale, ou alors un mantra pour effrayer le prospect béat ?