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C'est auprès de François Fillon que l'on constate une spécificité plus marquée. Il est soutenu par Sens Commun et a envoyé toute une série de messages à l'électorat catholique en abordant différents sujets (chrétiens d'Orient, racines chrétiennes...
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Sondage exclusif : et le candidat qui devrait le plus bénéficier à la primaire de droite du vote des partisans de la Manif pour Tous est...
Publié le 18 novembre 2016
Les électeurs de la Manif pour Tous semblent prêts à se mobiliser davantage que le reste des électeurs de droite à l'occasion des primaires de la droite et du centre, dont le premier tour aura lieu le 20 novembre. Il s'agit, pour eux, de peser sur l'élection pour faire valoir leurs positions, quitte à ne pas miser sur le cheval le plus emblématique de leur cause.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
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Les électeurs de la Manif pour Tous semblent prêts à se mobiliser davantage que le reste des électeurs de droite à l'occasion des primaires de la droite et du centre, dont le premier tour aura lieu le 20 novembre. Il s'agit, pour eux, de peser sur l'élection pour faire valoir leurs positions, quitte à ne pas miser sur le cheval le plus emblématique de leur cause.

Atlantico : Quels sont selon vous les principaux enseignements de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : Nous sommes dans le cadre de la primaire de la droite et du centre,  qui est une élection dans laquelle la capacité de mobilisation des différents segments va être décisive. Rappelons que près de 80% des électeurs de droite ne comptent pas aller voter à la primaire. Nous sommes donc sur un corps électoral restreint. Si certaines clientèles ou segments se mobilisent plus que d'autres, si un camp parvient à susciter une dynamique plus forte,  les effets risquent d'être assez conséquents. Ils seraient perceptibles et se distingueraient nettement… encore davantage que sur un scrutin classique où la participation est généralement plus forte.

Par conséquent,  quand une mouvance comme celle de la Manif pour Tous – qui a beaucoup fait parler d'elle ces dernières années et s'est rappelée au bon souvenir des candidats de droite en manifestant à Paris – prend position pour François Fillon, au moins au travers d'une de ses composantes (Sens Commun), il est intéressant d'aller regarder quelle serait sa propension à la mobilisation ; vers qui ses suffrages pourraient se porter.  C'est d'autant plus important qu'aujourd'hui, plus d'un tiers des sympathisants LR se disent proches de la Manif pour Tous. C'est un segment important dans l'électorat de droite. Evidemment, tous ces électeurs qui se disent proches du mouvement ne sont pas nécessairement allés défiler et n'ont pas tous fait un don. Il va de soi, donc, qu'ils ne seront pas forcément réceptifs aux consignes et aux messages passés. Cependant, cela donne une idée un peu plus précise de la sphère d'influence de ce courant. C'est un segment qui pèse relativement lourd à droite, dans un contexte où la capacité à se mobiliser – ou faire aller voter les différentes composantes de l'électorat de droite si l'on est candidat – est primordiale. Il est donc très utile d'aller constater ce qui se passe dans ce segment-là. Ça l'est d'autant plus qu'au sein même des sympathisants de droite, on constate une intention d'aller voter nettement supérieure (près de deux fois) à la moyenne dans l'électorat qui se dit proche de la Manif pour Tous. 

Une partie de ces électeurs s'est mobilisée et est allée défiler plus de quatre ans après les premières manifestations. Même s'il y avait moins de monde dans la rue, la capacité de mobilisation demeure à un certain niveau. Cet électorat a intégré l'idée qu'il fallait se mobiliser d'une façon ou d'une autre pour faire passer son message, réussir à faire peser ses idées. Certains ont choisi la stratégie de la manifestation de rue, qui correspond à une stratégie de l'influence. D'autres ont sans doute considéré que se mobiliser et aller voter à la primaire était un bon moyen de faire entendre sa voix. Parfois, certains ont peut-être envisagé les deux stratégies, les cercles peuvent donc se recouper. Les électeurs pro-Manif pour Tous iraient donc voter deux fois plus que leurs homologues de droites qui se sentent soit indifférents, soit éloignés de ces idées. 

Il n'était pas, de ce point de vue, totalement inutile pour les leaders de la Manif pour Tous de battre le rappel et de sonner la mobilisation à quelques semaines du premier tour de la primaire. C'est à cela qu'a servi l'organisation de cette grande manifestation parisienne. On peut tout à fait penser que cela à fait office de réveil ou de piqûre de rappel pour sonner la mobilisation dans les rangs de cet électorat. Il a manifestement entendu le message, puisqu'il serait enclin à se mobiliser deux fois plus que le reste de l'électorat de droite. C'est tout à fait décisif.

Là où cela devient intéressant, c'est quand l'on constate qu'il y a certes un degré de motivation bien plus élevé chez les électeurs de la Manif pour Tous mais que cela ne se fait pas pour autant au profit d'un candidat unique. Même ceux qui se disent très proches de la Manif pour Tous – tout en étant sympathisant LR – ne se disent pas prêts à voter comme un seul homme pour tel ou tel candidat.  C'est un élément très important, puisqu'à l'évidence plusieurs candidats trouvent grâce à leurs yeux. Cela se fait soit sur les seuls sujets défendus par la Manif pour Tous, soit parce que ces considérations pèsent significativement pour eux. Preuve en est, ils seraient prêts à se mobiliser. Cependant, elles sont en balances avec d'autres types de considérations – et là il est notamment question du terrorisme, des réformes économiques, etc. C'est pourquoi on peut retrouver, y compris chez les électeurs de la Manif pour Tous, des appréciations très divergentes et des choix très hétérogènes quant à leur champion.

On voit notamment que Nicolas Sarkozy, qui avait laissé un mauvais souvenir lors du meeting de Sens Commun, obtient un score tout à fait honorable parmi ces électeurs de droite proches de la Manif pour Tous. Alain Juppé n'est pas non plus rejeté par ces électeurs. C'est auprès de François Fillon que l'on constate une spécificité plus marquée. Il est soutenu par Sens Commun et a envoyé toute une série de messages à l'électorat catholique en abordant différents sujets (chrétiens d'Orient, racines chrétiennes de la France, place de l'islam en France, etc). Il recueillerait un score tout à fait honorable et significativement supérieur auprès de la frange des électeurs de la Manif pour Tous, en comparaison à son score moyen chez ceux qui en sont éloignés. Il a réussi à marquer des points dans cet électorat. Il n'en demeure pas moins qu'il n'est pas en tête dans ce segment-là.

Dernier élément sur ce premier tour, on s'aperçoit que Jean-Frédéric Poisson – dont d'aucuns disaient qu'il pouvait récupérer les suffrages de toute une partie de cette mouvance – est à la peine dans cet électorat, comme dans les autres composantes de la droite. Il s'agit peut-être d'un déficit de notoriété, en dépit de sa prestation lors des deux premiers débats télévisés. Cela dit également qu'en France le fait de se définir comme un candidat d'un parti chrétien n'est pas, aujourd'hui, la condition nécessaire pour produire automatiquement le ralliement des catholiques pratiquants. Les scores de Christine Boutin avec Force Vie en 2014 en attestent. C'est, finalement,  beaucoup plus compliqué que cela.

On peut également penser peut-être que si ces électeurs de la Manif pour Tous sont beaucoup plus déterminés que les autres, ils sont peut-être aussi sensibles à la logique d'influence. Ils sont minoritaires, certes, mais ils peuvent tenter de se sur-mobiliser et de peser aussi lourd que possible pour orienter les grandes lignes de la droite. Dans cette situation, il peut y avoir un candidat de cœur, qui serait Jean-Frédéric Poisson, mais il doit faire face à un objectif de résultats et au calcul stratégique qui s'opère. L'électorat de la Manif pour Tous pourrait tout à fait être en train de se demander sur quel cheval miser pour faire avancer sa cause : soit celui qui défend le plus emblématiquement ses positions, soit celui qui les défend de façon nette et affichée mais qui pourrait en plus avoir la capacité de s'inviter au deuxième tour. C'est probablement la raison de la prime à François Fillon. Pour ceux qui votent en priorité pour Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, on peut légitimement penser qu'ils s'estiment proches des idées de la Manif pour Tous, sans pour autant se définir sur ces seules idées. On peut avoir des électeurs de droite très enclin avec la Manif pour Tous, mais qui pensent que la priorité est le redressement économique du pays qu'il faudrait réformer. Ceux-là iront plutôt chez Alain Juppé. D'autres peuvent juger que la lutte contre le fondamentalisme islamiste ou la menace terroriste doit être la principale préoccupation en France. Dans ce cas-là, ils se tournent davantage vers Nicolas Sarkozy.

Sur le deuxième tour, on constate le même genre de schéma : un électorat pro-Manif pour Tous de droite qui ne vote pas pour Alain Juppé ou pour Nicolas Sarkozy comme un seul homme. Les scores sont relativement partagés. Auprès des sympathisants LR, Nicolas Sarkozy arrive en tête dans l'hypothèse d'un deuxième tour contre Alain Juppé. C'est également le cas auprès de l'électorat proche de la Manif pour Tous. Encore une fois, rappelons-nous du moment très compliqué pour l'ancien président de la République qu'était le meeting de Sens Commun. Guillaume Peltier, un de ses lieutenants, s'était fait copieusement huer lors de sa prise de parole à l'occasion du dernier défilé de la Manif pour Tous. Toute une partie de la base de ce mouvement qualifiait de reniement la position de Nicolas Sarkozy. Sur le papier, il n'est pas du tout le favori. Pour autant, dans un second tour face à  Alain Juppé, il arriverait en tête dans cet électorat. Cela dit que, encore une fois, l'électorat Manif pour Tous ne se décide pas uniquement sur les considérations qu'il défend. Même si Nicolas Sarkozy n'est pas leur tasse de thé première, certains le préfèrent tout de même à Alain Juppé. Enfin, il faut faire la différence entre les gens qui se disent proches, très proches (même si cela commence à devenir sérieux à partir de là) et ceux qui défilent. Si on travaillait sur un schéma de cercles concentriques, ce sont les adhérents, les militants et les sympathisants les plus durs qui défilent. Les électeurs "très proches" ont pu défiler pour certains, mais pas dans leur majorité. Les électeurs "proches" se disent en accord avec les idées du mouvement. Plus vous vous éloignez du cœur, plus les consignes ou les messages passés vont perdre en intensité. Le noyau le plus militant ne votera pas – ou assez peu – pour Nicolas Sarkozy. Cependant, les gens que nous avons interrogés correspondent à un tiers de l'électorat LR, qui lui-même représente à peu près 20% de la population. Concrètement, environ 3 millions d'électeurs de droite se disent proches des idées de la Manif pour Tous pour environ 9 millions d'électeurs de droite au total. Ces trois millions d'électeurs font descendre 200 000 personnes dans la rue. Les résultats à l'applaudimètre ont montré que le rapport de force des candidats à la primaire était très différent parmi les manifestants, de ce que nous mesurons-là dans ce sondage dans des cercles plus élargis. Cela n'empêche évidemment pas une prime à François Fillon.

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Fran6
- 14/11/2016 - 21:20
lol
dans le premier poste, j'ai eu le nez fin avec du café à moudre pour Ganescha, merci l'ami, ce fut du grand art
Liberdom
- 14/11/2016 - 20:10
Mais non !
Ganesha tu nous manquerais tellement.
ajm
- 14/11/2016 - 15:23
Ganesha
Qui pourrait nous débarrasser de ce blog ce gros ....de Ganesha ?